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| Luz
16/11/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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J'ai beaucoup aimé ce journaliste et ce pécheur au bord de l'océan de l'ouest.
Il y a de la poésie et de l'humour (le whisky bien tassé, les poissons : "ces bêtes visqueuses toutes mouillées"). L'écriture est rapide et belle, intelligente. Bravo ! Luz |
| Robot
1/12/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Un conte joliment poétique où l'imagination impose ses images, ses paroles et son décor. Le pêcheur nous emporte dans sa réalité et le lecteur se prend au jeu. Le journaliste comme faire valoir apporte le contrepoint de lucidité qui ne parvient pas à s'opposer à l'idée du pêcheur. le lecteur entend l'appel des sirènes qui l'attire petit à petit jusqu'à la fin du récit.
Une belle légende. |
| EtienneNorvins
3/12/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Un récit fantastique qui transforme une scène banale en allégorie, où l’absurdité le dispute à l’espoir. Le pêcheur, qui se dit « plus futé que les autres » parce qu’il reste à terre, se bat en fait lui aussi pour une chimère. Le narrateur, d’abord sarcastique, est finalement saisi par cette "magie", comme si la folie du pêcheur était contagieuse. La fin ouverte, où le dicta(to ?)phone est abandonné pour se joindre au pêcheur, suggère que le vrai récit n’est pas celui qu’on lit, mais celui qui sera vécu — même au prix d'une forme de folie. Cela suggère une sorte de "morale de la fable" : tout naïf qu'il semble être, est humain celui qui refuse la résignation ? Que vaut en effet une vie de labeur, si ce n’est pour croire, même déraisonnablement, en une forme de graal ?
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| Louis
3/12/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Ce joli conte est d’abord une histoire d’écoute.
Le journaliste, protagoniste de ce récit, n’écoute pas les gens. Il n’écoute que lui-même : « j’écoute mon dictaphone (…). Puis je ponds l’un de ces textes d’anthologie (…) qui ont fait ma célébrité et ma fortune ». Il observe la vie des gens, sans communication avec eux, sans interlocution. Il est un observateur très subjectif et son point de vue se tient dans un « hautain mépris » : « je jette des impressions en vrac dans mon micro puis je rentre chez moi ». Il ne rend compte que de l’effet produit sur lui par ce qu’il perçoit de l’activité des hommes, il ne cherche pas à la comprendre, n’essaie pas d’en pénétrer le sens et le vécu. Il perçoit le monde à partir de ses aprioris. Un trait marquant de sa pratique : le refus de l’interlocution ; il écrit des articles, communique unilatéralement, ne dialogue pas. C’est une scène tout à fait inhabituelle dans sa fonction de journaliste que rapporte ce récit. Il voudrait écrire sur « les métiers de la mer ». Il est en "reportage", non sur des événements ponctuels, non sur des faits divers, mais, dans le genre documentaire « antitouristique au possible », sur le métier traditionnel des marins du côté de « l’océan de l’ouest ». Sur une plage maussade, le journaliste observe un homme dont l’activité lui semble « bizarre ». Il ne cherche nullement le contact pour comprendre en quoi consiste son occupation : « Je n’ai l’intention ni de l’aborder ni de l’interviewer, évidemment. ». Le "reporter", comme à son habitude, parle à son dictaphone, il ne parle qu’à lui-même, mais, par on ne sait quel prodige, il est entendu par l’homme du bord de mer. Et cet homme lui parle. Lui impose un dialogue. Lui impose une interlocution, malgré ses efforts pour le nier en tant que personne douée de parole, en tant que virtuel interlocuteur, et le chasser de la sphère du langage, qu’il veut occuper exclusivement : « Mais à qui parle-t-il, lui ? Il n’existe pas. C’est moi qui raconte. » L’homme a l’audace de cet affront par lequel il quitte le statut d’image muette, pour se porter à son niveau forcément "supérieur" d’usager spécialiste de la parole et de la narration. Objet de la représentation verbale, le voilà qui se porte à la position d’un sujet. Comme si l’objet de l’œuvre d’un peintre se mettait subitement à discourir avec lui, son auteur qui le représente, sur la manière même de le représenter. L’homme, le « pêcheur », s’impose dans ce monde des mots, non pas comme causeur y faisant irruption de façon impromptue, mais comme être disert, perpétuellement loquace. Il fait la leçon au journaliste, car lui aussi se parle à lui-même, mais, ajoute-t-il : « je parle de ce que je fais, pas de ce que j’aurais pu faire (…) On raconte mieux les rêveries que la réalité. » Le pêcheur prétend ne pas se raconter d’ "histoires", lui, et s’il parle, c’est de la réalité ; il agit et parle, sa parole accompagne ses actes. Pourtant, c’est de cette parole qui prétend coller à la réalité des actes que va surgir un fantastique étonnant, alors que celle du journaliste qui, par "facilité", « parle de ce qu’on n’a pas fait », ne raconte que « rêveries », commence par s’en tenir à un plat et banal "réalisme". Un faux dialogue s’instaure, dans lequel le journaliste ne s’adresse pas au pêcheur qui, lui, persiste à placer le reporter en position d’allocutaire, tout en énonçant des commentaires sur son monologue. Le journaliste découvre alors ce qu’il ne pouvait ni observer ni même imaginer à partir de ses aprioris. Il a devant lui un "pêcheur" qui ne va jamais en mer. Il apprend de lui que la mer est la grande « patiente », une immensité d’où l’on ne revient pas, qui guette chacun, et finit toujours, non par provoquer une « mort », mais par faire « périr », c’est-à-dire "se perdre" ou "disparaître". Il apprend, stupéfait, parce que tout à l’opposé de ses idées toutes faites, qu'en général un pêcheur « ne s’intéresse pas aux poissons, "ces bêtes visqueuses toutes mouillées". Un pêcheur n’affronte pas « la peur de l’eau, le sel qui vous bouffe la peau, et l’humidité, et le vent, et le froid » … juste pour du poisson. Sa quête est autre. Il ne peut braver tant de dangers sur l’océan, produire tant d’efforts, défier tant de situations rudes et hostiles, pour si peu. Ce serait de sa part « folie » ou « imbécilité », explique l’homme du bord de mer. Quel désir serait alors assez puissant pour pousser marins et pêcheurs à « endurer » les difficultés si grandes de leur "métier", et partir sur la mer si dangereuse ou tendre des filets sur les plages, opération qui n’est ni sans risques, ni facile ? « L’amour » seul, selon le pêcheur des plages, peut être cette puissance suffisante, autrement dit celle du désir de retrouver en mer les « sirènes », et les « châteaux et trésors » qui lui sont associés. Le poisson ne constitue pas une motivation assez forte, il faut associer le féminin à « ces bêtes visqueuses toutes mouillées » pour la comprendre, et reconnaître ainsi que ce sont les "sirènes", synthèses du poisson et du féminin, synthèses de réel et d'imaginaire, qui poussent à braver tous les dangers. Seul, le chant merveilleux des sirènes peut attirer un pêcheur. Les femmes des marins le comprennent, qui ne seraient pas « jalouses ». Sans doute par ce que leurs maris cherchent au loin, dans l’immensité de l’océan, le trésor du principe féminin qu’incarnent les sirènes, duquel pour une part elles participent. Il faut toutefois, selon le malin pêcheur sur la plage, avant de partir en mer, capturer au préalable le « triton ». Il ne s’agit pas de l’animal amphibien, mais du « mâle de la sirène ». Le discours du pêcheur oscille entre la référence à la légende d’une pluralité des tritons ( mais il en resterait un seul, « le dernier ») ou l’unique, dieu marin de la mythologie grecque, fils de Poséidon et d'Amphitrite. Le triton, maître des flots, et mâle dominant, veut garder pour lui toutes les sirènes. Il doit être rendu inoffensif, et pour cela le prendre dans ses filets. Ainsi le pêcheur, par sa parole, montre au journaliste ce qu’il ne sait pas voir par son observation. Il lui fait voir ce que recèle cet océan d’abord décrit comme « gris et moche », les trésors merveilleux et les châteaux qu’il renferme, les êtres enchanteurs qui en ont fait leur royaume. Mais surtout, à celui qui ne voulait écouter que lui-même, il l’entraîne à écouter le chant des sirènes, au point de le conduire à quitter sa posture d’observateur passif, et de le faire participer à l’activité rêveuse du marin-pêcheur. Une parole autre s’est imposée, et le journaliste extérieur au monde de la mer et de ses « métiers » finit par entrer dans l’imaginaire qui fait le réel des pêcheurs. Merci Animal pour ce joli récit. |
| Pepito
22/12/2025
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Bonsoir Animal,
Forme : Très bonne kriture, style au top. "ce troisième article sur les métiers de la mer va faire couler de l'encre." ...petit jeu de mot mine de rien. "Elle a la couleur sale de la douleur." ...très belle image. ... Fond : bon là, j'avoue avoir décroché en cours de route. Trop poétique et évaporé pour mon pôvre gout très terre à terre. Merci pour la lecture. |





