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Réalisme/Historique
antares77 : Stan
 Publié le 26/04/09  -  7 commentaires  -  17930 caractères  -  35 lectures    Autres textes du même auteur

"Mais elle n'est pas née ici et maintenant... comme toi" (JJ goldman)


Stan


Stan était un petit garçon de huit ans plutôt calme. Il adorait passer de longues heures à contempler l'extrême complexité de la nature, seul, dans le petit jardin. Il fixait longuement les colonnes structurées des fourmis, les vols chaotiques des papillons à la recherche des fleurs les plus colorées ou les plus sucrées, l'étrange immobilité des pucerons suspendus à leurs tiges comme si elles représentaient leur unique chance de survie, les araignées qui tissaient avec soin de grandes toiles en dessinant dans l'espace d'étranges arabesques, les oisillons qui piaillaient d'impatience pour presser le retour des parents nourriciers, les abeilles et les bourdons affairés tout autour du vieux noisetier en fleurs.

Le linge encore humide suspendu sur le fil dansait doucement au gré du vent, et attirait de nombreux insectes sur les tissus multicolores, des punaises se nichaient sous les manches ou dans les cols, des araignées sauteuses couraient le long des pans des vêtements pour mieux surprendre les mouches, les abeilles ou les guêpes venues se rafraîchir à cette source d'eau providentielle.


Stan ramassait parfois un caillou et s'amusait à le poser délicatement à l'entrée d'une fourmilière. Quelle joie de voir soudain l'affolement se propager parmi les fourmis. Il adorait voir la subite désorganisation des insectes qui, coupés d'une partie de ceux restés sous terre, devenaient immédiatement de ridicules robots sans coordination. Puis la colonie reprenait le dessus, et les fourmis, comme commandées télépathiquement par un immense cerveau, agissaient soudain d’un seul homme : elles aménageaient alors d'autres entrées tout autour du caillou ou faisaient glisser la pierre en enlevant la terre qui la soutenait.

D’autres fois, il s'amusait avec un bâton à détruire fil après fil les grandes toiles que les demoiselles noires s'évertuaient à tisser. Il s'imaginait qu'elles avaient au sein de leur abdomen un gigantesque rouleau, une sorte de pelote infinie de fil gluant.

Il n'osait pas trop s'approcher du noisetier, impressionné par le bruit que faisait la danse enivrante des centaines d'abeilles autour. À croire vraiment que ces petits insectes avaient hiberné tout l'hiver sans avaler un gramme de nectar. Dès que l'arbre s'était paré de ses premières boutures, les abeilles s'étaient précipitées dessus, comme si un invisible cuistot avait sonné une petite cloche et annoncé "le nectar de ces demoiselles est servi". Cela faisait au moins deux semaines que l'arbre était pris d'assaut de la sorte, et il craignait que le pauvre noisetier ne dépérisse jour après jour, desséché par l'appétit vorace de ces bruyantes danseuses.

Mais aujourd'hui, il avait envie de voir ce que ces abeilles étaient prêtes à faire pour défendre leur festin. Les fourmis n'étaient pas vraiment belliqueuses, elles se contentaient de réparer le mal qu'on leur faisait et continuaient leur bonhomme de chemin. Mais les abeilles ? Combien de fois avait-il entendu sa mère le prévenir qu'une abeille attaquait lorsqu'on l’importunait.

Il n'avait jamais été piqué, et ne pouvait qu'imaginer la douleur que provoquait le venin. Une fois, c’était arrivé au petit Jérémie. Une guêpe. Il avait gonflé, presque triplé de volume, et le maître avait dû l'envoyer à l'hôpital en appelant le S.A.M.U. Le pauvre Jérémie pleurait toute l'eau de son corps et souffrait le martyr. Il avait entendu dire aussi par le vieux voisin, monsieur Francis, qu'il suffisait de se faire piquer par trois guêpes ou six abeilles pour mourir (selon une règle à lui dans le décompte de la mortalité, une guêpe valait deux abeilles). Il s'imaginait mal comment même six petits insectes aussi ridicules pouvaient arriver à faire mourir une grande personne. Il n'accordait qu'une confiance limitée à ce que pouvait dire monsieur Francis, il disait que son propre père était mort d'un rhume ! On a beau être en CE2 et n'avoir que huit ans, on ne peut pas faire croire pour autant qu'un homme de la campagne puisse mourir d'un rhume.


Il avança doucement vers l'arbre. Le bourdonnement s’intensifiait au fur et à mesure qu'il s'approchait, et il pouvait maintenant distinguer chacun des insectes à la portée de ses yeux : les abeilles à la recherche de fleurs, celles qui avaient trouvé et qui semblaient avoir du mal à se stabiliser, tanguant de gauche à droite devant la corolle de fleurs blanches, et les autres, plus adroites ou plus chanceuses, dont on ne voyaient plus que le bout de l'abdomen strié de jaune et de noir, la tête entièrement plongée dans le pistil gorgé de nectar. Des bourdons noirs volaient autour de l'arbre comme s'ils en assuraient la surveillance, soit pour protéger les abeilles de toute intrusion étrangère, soit pour contraindre leurs dames ailées à s'appliquer au travail. Il prit un gros caillou, de la taille de celui que le petit Grégory s'était reçu en pleine tête parce qu'il venait de le traiter de Pucelle, il n'avait pas bien compris le sens mais ça semblait injurieux vu les rires des autres garçons de la classe.

Il brandit son arme devant lui, et se mit dans la position du lanceur de javelot. Fallait surtout pas louper l'arbre, les carreaux des fenêtres de l'appartement en dessous du sien étaient directement dans la ligne de mire. Puis fallait aussi s'assurer une sortie rapide en cas de réaction violente des insectes. Si le petit Francis avait triplé de volume avec une piqûre, il se fit le pari qu'il se transformerait en éléphant s'il ne déguerpissait pas assez vite, dans le cas où les abeilles étaient plus susceptibles que prévu.

Au moment où il visait et planifiait sa tactique générale, il entendit la fenêtre du premier étage s'ouvrir. Sa mère sortit sa tête de l'embrasure, et comme à l'accoutumée, l'appela pour manger. Il jeta de toutes ses forces le caillou dans l'arbre et démarra un cent mètres endiablé. Il passa sous la fenêtre où se trouvait sa mère à toute allure :


- J'arrive ! cria-t-il vivement.


Il se dit qu'il venait de faire plaisir à sa maman. C'était la première fois qu'elle le voyait mettre autant d'entrain à venir prendre son repas, lui qui traînait toujours la patte pour venir s'installer à table.

Il grimpa trois à trois les marches de l'escalier en faisant grincer de douleur les vieilles marches en bois, ouvrit la porte d'entrée non sans une certaine violence, pour la refermer tout aussi sèchement. Il se risqua à jeter un œil par le trou de la serrure, juste histoire de s’assurer qu'il n'y avait pas un nuage de monstres à dard derrière. Fort heureusement, la cage d'escalier était vide, l'ennemi avait certainement décidé de reporter l'attaque vengeresse. Il eut un sourire victorieux : après tout, le repas était peut être aussi sacré pour ces petites bêtes qu'il l'était pour sa mère.

Les odeurs de cuisine vinrent exciter ses papilles nasales. Il huma avec délice l'atmosphère de la maison toute emplie des parfums de cuisson et reconnut l'odeur d'un de ses plats préférés : le foie de veau à l'ail.

Il entra dans la cuisine, l'œil plein de fierté : il venait tout de même d'affronter face à face une horde haineuse d'abeilles venimeuses, qu'il compara à des mygales ailées, et se dit qu'il était temps que le guerrier profite des plaisirs de la table. Il avait entendu un jour l'expression "le repos du guerrier" et se dit que cette expression convenait très bien. Il s'installa à table, alors que sa mère posait devant lui son assiette, la tranche de foie de veau fumante, tout juste sortie de la poêle, accompagnée de petits carrés de pommes de terre légèrement braisés saturés par l'odeur de foie et d'ail dans lesquels ils venaient de revenir. Il prit en main sa fourchette et son couteau, et commença à nourrir son corps de petit guerrier.

Il se souvint qu'il avait déjà mangé de la viande hier.



* * * * * *



Franjo regardait avec un certain amusement passer les cars vides. Ces cars étaient pourtant bondés : il y avait à l'intérieur des enfants, comme lui, des adultes et des personnes âgées. Il les devinait. Il savait que, chaque fois que le bus empruntait cette longue avenue aux larges trottoirs et aux vastes places bordées d'immeubles, tous les passagers se couchaient sur le lino sale du plancher de l'autocar, tous se serraient les uns contre les autres par terre, en évitant de relever les têtes pour ne pas provoquer les tireurs.

Les snipers.

Ces dingues qui tiraient à l'aveuglette sur les passants. Ces barbares qui instillaient la mort dans les rues, non pas comme un obus dans un marché, violent, soudain, massif, mais comme un super loto qui désignait chaque jour l'heureuse victime d'une vieille balle rouillée.

Assis sur la façade détruite d'un grand immeuble qui avait pris désormais une forme vaguement pyramidale depuis qu'une bombe serbe s'était écrasée dessus, Franjo dominait tout le boulevard Tito. Le trafic était réduit à son minimum, alors que les deux aiguilles de sa montre s'apprêtaient à embrasser Midi. À cette heure-ci, quelques années plus tôt, régnait dans cette partie de la ville une grande animation, de grands flux noirs de voitures, camions, bicyclettes et piétons se croisaient et s'entrecroisaient sur l'asphalte de l'avenue. Encore qu'il ne se souvenait pas vraiment, il était alors tout jeune. Son enfance à lui, c'était la guerre.

Il remuait ses jambes dans le vide, à quelques dix mètres au-dessus du sol. Il était dans les ruines d'une petite pièce, les cloisons et les murs avaient volé en éclat, mais leurs emplacements étaient encore visibles sur le sol et le plafond. Le papier peint, là où il n'avait pas complètement brûlé, indiquait qu'il se trouvait dans une ancienne chambre. Il s'imaginait qu'elle ressemblait à ce que sa mère lui racontait, lorsqu’elle et son père macédonien étaient étudiants, insouciants, et qu'ils vivaient dans un petit studio insalubre et mal équipé, faisant office tout à la fois de bureau, de chambre, de salle de bain et de W-C. Franjo se trouvait dans un de ces petits appartements, sans être tout à fait sûr. Il pensa au jeune couple qui devait vivre ici. Étaient-ils dans leur lit, enlacés, le soir où la bombe avait frappé l'immeuble ?

Alors qu'il essayait de trouver quelques indices sur cet appartement et ses occupants, une détonation déchira l'espace. Ce n'était pas un obus ou une bombe, il s'était habitué à leurs explosions sourdes, et savait qu'elles faisaient un bruit qui faisait vibrer l'estomac. La détonation qui se perdait maintenant en ricochant sur les façades criblées des immeubles était celle d'un coup de fusil, peut-être une carabine de chasse. Elle provenait d'un immeuble un peu plus sur sa droite, pas bien loin.

Encore un.

Un Sniper. L'onde de choc se propagea à travers les civils comme si un démiurge puéril jouait aux dominos avec les gens. Ils se couchaient tous à plat ventre en une vague circulaire chaotique. Il voyait jusqu'à la place Tito, et s'amusa à voir tout le monde s'aplatir par terre.

Il regarda en bas. Des militaires aux casques bleus, bien cachés derrière leurs sacs de sable, ne se rendaient même pas compte qu'ils tournaient le dos au danger. Il savait très bien que le tir provenait du côté de la rue où il se trouvait, alors pourquoi ces soldats se protégeaient-ils du côté opposé ? Le tireur pouvait les viser et les tirer comme des lapins.

Enfin. L'un des trois soldats mit en marche son téléphone, quoique Franjo trouva ce machin vert foncé un peu gros pour être appelé téléphone, puis tous se ruèrent à l'intérieur du petit cercle formé par les sacs de terre, en se protégeant de toutes les directions possibles. Le petit garçon eut un léger rictus. Y a pas à dire, heureusement que les américains et les français nous ont envoyé ces types, ils sont parfois utiles : les tireurs les prennent quelquefois pour cible, comme ça, ça évite que des bosniaques soient abattus dans les rues.


Franjo eut beau scruter l'avenue, ses trottoirs, sa chaussée, il ne voyait pas trace de blessé. Ce tireur était un Sniper serbe, autrement dit, doté de deux bras gauches. Se terrer des jours entiers dans un trou, dans le blizzard et le froid réputés de Sarajevo, préparer son arme et ses balles des heures entières, viser lâchement au travers d’une lunette, et ne pas être capable de toucher quelqu'un, même pas un soldat au casque bleu, pourtant bien visible, fallait vraiment être né serbe pour ça. Quand il serait grand, Franjo avait décidé avant-hier qu'il serait Sniper à Belgrade. Il n'avait vu la ville qu'une fois, il y a longtemps, et dans les souvenirs qu'elle lui avait laissés, les rues étaient beaucoup plus étroites qu'ici. Mais qu'importe, il n'était pas né Serbe et était persuadé que même dans les gorges de la Drina il toucherait une truite dévalant les rapides.

Mais ces pensées s'arrêtèrent là. Il vit les soldats aux casques bleus sortir de leur tanière de sable et ramper à toute vitesse vers le milieu de la chaussée. Franjo n'avait pas fait attention à cette petite bicyclette noire renversée sur l'asphalte de l'avenue, ni à ce petit corps étendu. Les militaires s'en approchèrent en rampant, se relevèrent avec précaution et soulevèrent une forme sans vie. Il reconnut une petite fille de son âge, sa voisine. Une large empreinte rouge marquait l'endroit précis où elle était tombée. Les soldats traînèrent le corps jusqu'à leur emplacement protégé, dans un silence total. Franjo regardait ce petit être souillé par les saletés de la rue agglutinées au sang, sa tête dodelinant à chaque pas des soldats. Lorsqu'ils arrivèrent près de leur tanière, la petite fille se mit soudainement à gesticuler dans tous les sens, comme violemment électrocutée. Les militaires, bien qu'ils fussent deux et bâtis comme des montagnes, eurent toutes les peines du monde à la maintenir pour ne pas la lâcher.

Puis plus rien. La folle énergie dépensée par la petite fille ne fut qu'une étincelle, elle retomba dans son état premier, une immobilité moribonde. Ils amenèrent finalement l'enfant à l'intérieur de leur ridicule camp, et firent une série de signes à d'autres militaires cachés non loin de là.

Franjo comprit vite la signification de cet échange de gestes. Les militaires d'en dessous faisaient comprendre aux autres que ce n'était pas la peine de bouger. La petite fille venait de mourir.

Quelle chance. Une fois, il avait vu un vieux monsieur touché en haut d'une jambe. Il était couché sur le sol. C'était un jour où il y avait quatre snipers pas bien loin les uns des autres, et les militaires aux casques bleus n'avaient pas osé sortir pour aller chercher le monsieur. Cela avait duré longtemps, en fait, assez longtemps pour que le pauvre papi meure dans d'atroces souffrances, Franjo avait entendu ses cris jusqu'ici, et il avait parfois l'impression, lorsqu'il s'endormait, d'entendre encore la respiration sourde et haletante du vieil homme en train d'agoniser. Au moins sa petite voisine avait eu plus de chance.

Ils avaient été à l'école ensemble, au tout début de la guerre, lorsque les croates avaient commencé à faire exploser des bombes à Belgrade. Emiljia était brune avec des grands yeux bleus, comme l'eau de l'Adriatique. Son père aussi avait été tué à la guerre, quelque part entre Sarajevo et Mostar. Aujourd'hui, c'était elle, demain ce serait peut-être lui.

Il avait envie de parcourir les quelques immeubles et d'aller voir le tireur, mais il avait certainement dû déjà changer de place. Il commençait à bien connaître les tireurs, leurs coins, leurs emplacements et leurs habitudes. Il savait par exemple que celui-ci n'avait pas tiré depuis quelques mois, sans doute était-il à la recherche de munitions, denrée maintenant presque aussi rare que le pain, ou l'eau à certaines périodes.


Il se saisit d'un morceau de fer, et visa les casques bleus au-dessous de lui. Il ne les aimait pas, ces types, avec leurs airs de Superman et leurs quelques dinars de courage et d'intelligence. Si l'un d'entre eux se prenait ce morceau de fer en pleine poire, cela les feraient réagir et ils monteraient peut-être dans les immeubles. Il s'était déjà reçu une gifle par un de ces gars, parce qu'il avait osé ricaner devant un de ces soldats blessé au tibia par un tireur embusqué. On avait le droit de leur tirer dessus mais pas de se moquer d'eux.

Il leva la main et brandit le bloc de métal vers le vide. Vu le poids de son projectile, valait mieux que ces types soient casqués. Il savait qu'il risquait que les militaires le trouvent et qu'ils lui infligent une bonne correction. Mais si à sa place ils trouvaient le tireur ? Aurait-il droit à une bonne correction, lui aussi ?


Il entendit la voix stridente de sa mère l'appeler, à travers les cloisons ajourées de l'étage. Depuis que l'immeuble avait été déserté, comme on déserte un endroit maudit, beaucoup de sans abris avaient trouvé refuge ici. Même si le chauffage et les vitres aux fenêtres brillaient par leur absence, cet immeuble offrait un toit, par endroit, et les jours de pluie ou de neige, c'était plutôt appréciable.

Il fallait aller manger.

Il visa une dernière fois et jeta dans les airs son morceau de ferraille.

Puis il déguerpit. Il passa à travers les portes : même s'il n'y avait plus vraiment de cloison, il tenait à passer aux endroits où le sol indiquait les emplacements des anciennes portes, et se retrouva dans la partie arrière de l'étage, là où les murs n'avaient pas été soufflés. Il pénétra dans cette petite pièce, autrefois un débarras, sans doute, et s'assit sur le tapis, qui servait de couverture la nuit. Sa mère lui amena son assiette, un des rares objets sauvés de l'incendie de leur ancienne maison. Du bon riz blanc fumait abondamment dans le froid ambiant, comme s'il voulait à lui seul réchauffer les quelques degrés que le soleil au zénith consentait à offrir. Il trempa ses doigts dans la salière, et saupoudra le petit monticule blanc de gros sel.

Dire qu'il y a encore quelques mois, il mangeait du riz deux fois par jour.



 
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   Anonyme   
26/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A l'issue de la première lecture, j'ai l'impression d'avoir lu deux nouvelles différentes.
Avec d'ailleurs beaucoup d'intérêt. L'auteur a une jolie plume et sait fort bien l'utiliser.
Il y a forcément un lien. J'imagine que Stan est le sniper.
En tout cas, j'ai passé un très bon moment et je salue l'arrivée sur Oniris d'un auteur de qualité.

   Menvussa   
26/4/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
« dont on ne voyaient plus que le bout de l'abdomen strié de jaune et de noir, » Ce sont des guêpes alors, pas des abeilles.

Extrêmement troublant ce parallèle établi entre ce petit garçon qui avec précaution dérange des insectes et autres petites bêtes pour pouvoir observer leurs réactions, leur façon de s’organiser pour faire face à l’intrusion ; petit garçon chez lequel on ne voit pas trace d’animosité sauf quand on apprend qu’il a jeté une pierre à la tête d’un camarade qui l’aurait injurié, et quelle injure… dont il n’a même pas compris le sens. Et ces snipers qui, bien cachés, tirent sur tout ce qui bouge, sans raison apparente et cet autre garçon qui va jusqu’à répéter le geste du « premier » mais sur des hommes avec une certaine forme de haine, avec, à peine suggérée, l’idée de leur montrer d’où venait le tir.

Texte bien écrit mais qui laisse le lecteur dans l’expectative, lecteur qui cherche ce lien invisible, ce fil tissé entre les destinées.
J’y vois une dénonciation de la violence sous toute ses formes. Agir sans raison réelle au détriment d’une vie si petite soit-elle, est une forme de violence qu’il faut bannir.

On peut remarquer également que pour le sniper, les gens dans la rue ne sont que de grosses fourmis.

J’ai eu l’impression de lire un extrait de quelque écrit plus complet et reste un peu sur ma faim.

Après lecture du commentaire de Pierre, on peut effectivement imaginer que Stan est devenu ce sniper, autres temps, autres cibles. Et qu'avec Franjo, l'histoire va se répéter.

Assez sinistre.

Stan peut aussi avoir été victime et c'est à se demander si on est pas tous, à la fois, le sniper et la cible.

   Flupke   
26/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Antares77,

J'ai bien aimé le parallèle entre les deux histoires. J'ai du écouter la chanson de Goldman pour bien confirmer le parallèle. Fondamentalement, j'adore ce genre d'exercice. La même histoire, sous un angle différent, personnage différent, endroit différent, mais quand même la même. En plus je trouve cela bien écrit.
Bravo.
Amicalement,
Flupke

   liryc   
29/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour ma part j'ai identifié un lien dans le repos des deux guerriers, repris de la même façon dans chaque partie avec le repas qui suit le dernier lancé d'un projectile. La richesse et la subtilité d'une telle approche, deux récits qui se complètent, est qu'elle rend possible toute interprétation. Et pour cette performance et l'écriture qui la sert : Bravo.

   Anonyme   
2/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vraiment un superbe écrit, subtile et agréable à lire... Il n'y a rien d'autre à dire à part peut-être bravo et merci.

   horizons   
4/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau texte, 2 univers "si différents", une écriture très agréable...on a envie de poursuivre car des questions demeurent: est-ce seulement un parallèle entre 2 enfants ? Stan est-il le sniper?
ça pourrait vraiment être le début d'un roman...

   Acratopege   
26/1/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Émouvantes, ces deux histoires en parallèles. Ainsi donc, enfants, nous avons tous été des snipers cruels et fiers de leur héroïsme quand ils rentrent à la maison prendre le "repas du guerrier". Quelle différence, au fond, entre jeter un caillou sur une fourmilière ou un bout de métal sur un casque bleu? Et bien racontées, la première dans un style impeccable et efficace, la deuxième, il m'a semblé, avec une syntaxe et un rythme plus démantibulés en accord avec le propos.


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