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Sentimental/Romanesque
antonio : L'abri de jardin
 Publié le 25/05/16  -  8 commentaires  -  12647 caractères  -  61 lectures    Autres textes du même auteur

Trois visages de l'amour :
– celui exalté d'une adolescente
– celui impossible d'un homme mûr
– celui profond et tendre d'une épouse.


L'abri de jardin


Nous habitons une petite ville où il ne se passe jamais rien. Elle somnole à l’ombre de ses vieux clochers et l’on a l’impression qu’il ne se passera rien de plus demain qu’aujourd’hui, et c’est très bien ainsi.

Dans notre ménage, c’est la même chose. Cécile et moi, malgré le temps, nous nous aimons toujours, d’un amour profond, différent peut-être de ce qu’il était il y a trente ans, mais plus solide sans doute, plus définitif.

Pourtant, l’an dernier, un vent d’orage a soufflé sur cet amour inscrit dans le marbre, construit si patiemment au long des mois et des années, et j’ai pu croire un moment que le bel édifice ne résisterait pas. Pourtant aussi, ce vent d’orage, cet ouragan était né comme une si légère brise que personne, personne ne se serait méfié.


Lorsque les Astier sont partis, il y a quinze ans, nous avons été vraiment navrés. Ils étaient plus jeunes que nous, mais c’étaient de bons amis, sûrs et dévoués, de ces gens rares qui réussissent à être aussi sincèrement présents dans les mauvais jours que dans les bons, discrétion en plus, et chez lesquels vous chercheriez vainement ne serait-ce que la trace d’un défaut majeur. Lui, Luc, travaillait dans l’importation et venait d’être nommé en Guinée à des conditions qui, après la médiocrité des débuts, paraissaient mirifiques et ne laissaient pas place à l’hésitation chez un couple qui venait à peine d’atteindre la trentaine et devant lequel, comme on dit, s’ouvrait l’avenir. Elle, Mado, paraissait encore plus enthousiaste que lui. Il n’y avait rien à dire. Ils étaient donc partis tous les deux, avec leur petite Sophie sur les bras.

On s’était écrit, très souvent d’abord, moins souvent ensuite ; au début, ils envoyaient des photos, pittoresques et pleines de contrastes. Ils découvraient, ils s’habituaient, ils étaient contents. Un peu moins, peut-être, vers la fin. Ils sont revenus l’an dernier. Honnêtement, il faut le dire, quand ils ont débarqué à la gare, n’eût été leur teint un rien plus brun et cette élégance coloniale un peu désinvolte, confortable, nous ne les aurions pas reconnus. Ce qu’on peut changer en quinze ans !… Mais bien sûr, nous leur avons souri comme si nous les avions quittés de la veille et ce n’est que plus tard, beaucoup plus tard, que j’ai pu, sans je crois les froisser, faire remarquer à Luc qu’il avait pris de la brioche et dire à Mado qu’elle était toujours belle, ce « toujours » évoquant une notion de durée, donc d’âge irréversiblement pris.


Et puis derrière eux, à la gare, il y avait un être inconnu, petite fille ou jeune fille, comment le dire ? Petite fille sûrement, par la taille, mais jeune fille par la tournure et par ce je ne sais quoi dans le regard qui vient s’y nicher. Elle avait de longs cheveux bruns qui tombaient librement sur son dos, presque jusqu’à la ceinture. Ses yeux, bruns également, étaient très veloutés, son nez légèrement retroussé, sa bouche un peu large. Elle gardait quand même dans tous ses traits quelque chose d’enfantin.


– Mais oui ! C’est Sophie ! Elle a changé, hein ?


C’est peut-être pour cela qu’ils ne nous avaient pas envoyé de photos récentes, pour ménager ce plaisir qu’ils se donnaient de notre surprise.


Ils étaient de nouveau en France, près de nous, et tout recommençait comme avant. Oui, nous n’avons pas tardé à reprendre nos anciennes habitudes. On se voyait tous les quinze jours d’abord, tantôt chez eux, tantôt chez nous, et bientôt, l’été arrivant, dans notre petite maison de campagne pour des dimanches à la fois joyeux et tranquilles. Il n’y avait pas de programmes établis et, au contraire, nous nous efforcions de varier les plaisirs pour meubler ces longs après-midi d’été. Nous proposions chacun quelque chose et nous n’étions pas toujours d’accord, mais je ne tardais pas à remarquer que mes propositions recueillaient invariablement au moins un accord enthousiaste : celui de Sophie. Nous jouions souvent à des jeux d’équipes qui nécessitaient donc la formation de couples. Or, elle ne se mettait jamais, ni avec Bernard notre fils, ni avec l’un de ses parents, mais toujours avec moi. Et avec la spontanéité de la jeunesse, elle n’y mettait pas de formes, elle me choisissait la première, d’autorité : « Moi, je suis avec Alain ! » C’en était un peu gênant, surtout pour son père. En même temps, je reconnaissais que cela me flattait.


Au début de septembre, peu avant la rentrée, les Astier durent faire un voyage à Paris pour je ne sais quelle affaire de succession. Il fut question d’emmener Sophie, bien sûr, mais celle-ci pressa ses parents de la laisser chez nous pendant leur absence, afin qu’elle puisse profiter, avant de reprendre la classe, des derniers beaux jours à la campagne. Cécile insista pour la garder et je me surpris à joindre ma voix à la sienne pour persuader les parents. Ainsi fut fait.


Dans les premiers jours de notre cohabitation, il ne se passa rien de particulier. J’avais entrepris la construction, au fond de notre jardin, d’un abri pour ranger les outils et, comme je n’avais plus moi-même que deux semaines de liberté devant moi, je me consacrais du matin au soir à ce travail, aidé en cela par « mes femmes », qui ne renâclaient pas à la besogne et poussaient la brouette de sable ou gâchaient le ciment comme de vrais maçons…

Nous travaillions dans la joie, chansons, plaisanteries et rires allégeaient l’effort et chassaient la fatigue. Pourtant quand Cécile s’éloignait, appelée par des tâches domestiques à la maison ou au village, le silence s’établissait aussitôt sur notre petit chantier. Alors, Sophie travaillait plus près de moi, tenant l’échelle sur laquelle j’étais grimpé ou m’aidant même à soulever les parpaings. Elle portait un blue-jean et une chemisette légère dont les deux boutons du haut n’étaient pas fermés, de telle sorte que, lorsqu’elle se penchait, le tissu bâillait sur sa jeune gorge et j’étais obligé de détourner la tête. Le silence aggravait le côté troublant de la situation et je finissais par dire n’importe quoi pour dissiper ma gêne. Mais Sophie ne répondait guère et restait grave et tendue.

J’étais soulagé quand Cécile venait reprendre place à nos côtés.


Ce fut, je crois, le cinquième jour que l’incident se produisit. Cécile, ce matin-là, se réveilla toute courbaturée et le front un peu chaud. Elle avait trop tiré sur ses forces ces derniers temps et je lui conseillai de rester au lit. Une grasse matinée lui ferait le plus grand bien. Après tout, nous étions en vacances et d’ailleurs, la construction avait avancé plus vite que prévu et, même sans elle, tout pourrait être terminé dans les quarante-huit heures. Après le petit déjeuner, je me remis donc au travail avec Sophie seule. J’en éprouvais, à la fois, de la satisfaction et de l’inquiétude et, pour la première fois, je fus assez lucide pour décider d’être vigilant.


La première partie de la matinée se passa très bien. Mais vers onze heures, comme je redescendais de mon échelle, je la trouvais debout, dans l’embrasure de la porte, bras ballants. Quand nos regards se rencontrèrent, elle se tourna d’un seul coup, et, coude replié sur la figure, elle éclata en sanglots.

J’en fus d’abord tout interdit, puis je posais gauchement ma main sur sa tête en murmurant : « Allons, allons mon petit, qu’est-ce qu’il y a ? »…

Je me sentais, avant tout, embêté, comme l’on dit, et c’était bien le mot qui convenait, mais j’étais aussi assez ému car je devinais bien la cause de cette explosion de chagrin. Je passai mon bras autour de ses épaules et la forçai à me regarder. Son visage était noyé de larmes. Elle cria : « Vous ne comprenez pas ! Vous ne voulez pas comprendre ! », puis brusquement, elle vira sur ses pieds et s’enfuit à travers le jardin.

Je la vis disparaître dans la maison, mais je n’osais la suivre et je restai là, assez décontenancé.

À midi, elle se présenta à table en retard. Elle avait les yeux rouges et je vis Cécile sur le point de la questionner, mais elle ne dit rien et se contenta, au cours du repas, de jeter de fréquents coups d’œil à notre jeune pensionnaire. Celle-ci n’ouvrit pour ainsi dire pas la bouche et je dus faire toute la conversation, avec une animation forcée et comme si je ne m’apercevais de rien.

L’après-midi et les jours suivants, Cécile se tint à l’écart de moi. Elle s’était un peu étonnée de ce soudain détachement de la petite pour notre œuvre commune. La construction de l’abri était presque terminée.


Quant à moi, pendant ces jours-là, je pouvais peut-être donner le change, être naturel en apparence, mais mon imagination, elle, se donnait libre cours comme une folle cavale. Je ne pouvais détourner un instant mon esprit de Sophie, qu’elle soit présente ou absente. J’en rêvais encore chaque soir dans mon lit, mais qu’on ne s’y trompe pas, ça n’était pas à la façon d’un vieillard lubrique, il n’y avait pas, je l’affirme, dans mes songeries, la moindre trace de sensualité.

Non, simplement je redécouvrais avec émotion et tendresse mon cœur d’adolescent, je retrouvais des états d’âme oubliés dans les profondeurs du temps. J’étais à nouveau ce petit jeune homme qui rêve à sa belle, attend un billet doux, espère un rendez-vous mais n’ambitionne rien d’autre que frôlements de main, sourires entendus, caresses des cheveux et, audace ultime, peut-être le vol d’un baiser.


Les parents de Sophie avaient prévu une absence de dix jours. Il fut convenu que je raccompagnerais Sophie le soir même à sa maison. Depuis la scène de l’abri, je n’avais plus guère eu de contact avec Sophie. Mais j’espérais toujours que je ne sais quelle occasion se produirait. Et puis, elle était là, sous mon toit.

Je la voyais aux repas, et si elle ne disait pas grand-chose, je jouissais au moins de sa présence.

La matinée se déroula comme celle des jours précédents, Sophie était partie faire un tour, Cécile faisait le ménage, je bricolais dans la maison.

L’après-midi, Cécile partit faire des courses au village. Sophie monta dans sa chambre. J’errais dans la maison comme une âme en peine. J’avais l’impression d’être en train de laisser passer une occasion unique, mais une occasion de quoi faire ? Ce qui me liait à Sophie n’avait pas de nom, peut-être pas de réalité et sûrement pas d’avenir. Le peu qui s’était passé entre nous avait été dû au hasard de l’instant et n’avait pu être que fortuit. Rien dans pareille aventure, ne pouvait être déterminé.


Plusieurs fois, je me retrouvais le pied sur la première marche de l’escalier qui menait aux chambres mais je battis chaque fois en retraite.

Une fièvre de plus en plus forte s’emparait de moi et mon esprit était en plein désarroi. J’allais et venais dans la salle à manger, quand j’entendis craquer les marches. Je me dirigeai vivement vers le hall. Sophie descendait l’escalier. Elle s’arrêta soudain en me voyant. Nous nous regardâmes l’un l’autre, immobiles et muets, pendant plusieurs secondes, mais ce silence était plus lourd de sens que toutes les paroles que nous aurions pu prononcer. Enfin elle dévala les dernières marches qui nous séparaient et se jeta dans mes bras. Je la pressai contre moi avec force. En un instant, je n’étais plus le collégien amoureux et la petite, d’un seul coup, devenait une femme. Nous n’étions plus que des amants épris qu’une même passion fondait l’un dans l’autre et pour lesquels plus rien n’existait alentour.

Nous restâmes ainsi un long moment, serrés l’un contre l’autre et bouches confondues. Nous ne nous détachâmes qu’en entendant la porte se refermer. Cécile était là, debout, à nos côtés, son imperméable gris ouvert sur sa robe mauve, les mains serrées sur son sac, silencieuse, presque impassible, le visage à peine plus coloré qu’à l’ordinaire.

Et puis, Cécile fit un signe vers l’escalier : « Monte dans ta chambre, Sophie, il est temps de faire ta valise. »


C’est Cécile qui a ramené Sophie chez ses parents. Avant comme après, il n’y a pas eu de scène, même pas de discussion. Quand j’ai essayé plus tard de m’expliquer, Cécile m’a interrompu en mettant sa main sur ma bouche, avec un léger sourire.


Après un certain temps d’une sorte de convalescence, je crois sincèrement que notre couple a retrouvé tout son équilibre, toute sa sérénité. Et puis, à Noël, la petite fête prévue a bien eu lieu chez nous. Les Astier sont venus, mais ils sont arrivés à quatre. Un petit jeune homme les accompagnait, il fut présenté comme un camarade de Sophie. Ils semblaient, l’un et l’autre, s’entendre parfaitement.


C’est après leur départ que je ressentis pour la première fois ce serrement de cœur que j’éprouve encore de temps en temps maintenant, surtout chaque fois que j’entre dans mon abri de jardin.


 
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   hersen   
29/4/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Je ne suis pas spécialement emballée par cette nouvelle dont j'ai l'impression d'avoir lu la trame déjà plein de fois.

Ce n'est pas spécialement que l'écriture soit mauvaise, ça se lit assez bien, mais je ne me suis guère émue de ce papy et de cette adolescente.

De plus, au début, l'histoire se perd dans une sorte d'historique des voisins qui n'apporte pas grand-chose et fait qu'on décroche.

le point intéressant qui n'a pas été assez développé, d'après moi, est cet amour de l'adolescente pour ce déjà vieux monsieur.

l'auteur le narre comme une suite de faits, cela aboutira au baiser, le seul de l'histoire, mais le tout reste superficiel dans les sentiments de la jeune fille. Et c'est ce point qui me semblait être le plus intéressant, parce que découverte de l'amour avec les aléa que cela comporte.

par contre, l'émoi du monsieur est davantage décrit. mais on reste
toujours un petit peu au bord, j'ai l'impression. l'auteur ne met pas assez de "niaque" dans son histoire.

Sa femme lui pardonne, parce qu'elle l'aime. Là encore, pas beaucoup d'émoi.

je suis donc restée au bord de l'histoire, je n'y ai pas vu une passion démesurée, ça reste assez propret dans l'ensemble. Mais pas emballant.

   socque   
2/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte me laisse un sentiment ambivalent ; certes, le narrateur est bien sympathique, et pour ma part je crois comprendre l'enchaînement qui l'a mené au bord de l'acte interdit, mais enfin je m'étonne un peu qu'un homme mûr et selon toute apparence raisonnable, sain, se retrouve prêt au détournement de mineure parce qu'une fraîche gamine s'est entichée de lui et qu'elle n'insiste même pas tellement.

C'est cela, en fait, qui coince pour moi : on ne peut pas dire que Sophie en fasse des tonnes, et je me dis que le narrateur cède bien facilement ; du coup, le message véhiculé par le texte me paraît être que c'est pas si grave de se taper une petite jeune fille à la première envie, voire que c'est tout naturel. Message (hypothétique) avec lequel je ne suis pas d'accord.

Heureusement, Cécile intervient à temps et, heureusement encore, elle est très compréhensive, ce qui évite au narrateur de plonger dans une spirale de l'interdit d'autant plus tentant. La fin du texte confirme que la lubie de Sophie pour le narrateur n'était qu'une passade et qu'il aurait été catastrophique pour tout le monde qu'elle débouchât qur un acte sexuel concret. Tout est bien qui finit bien.

Cela dit, je me pose la question : en fin de compte, le serrement de cœur du narrateur dans son abri de jardin serait-il du regret ? Si oui, ben je me dis qu'il ne tire pas vraiment la bonne leçon de cette mini-aventure...

Au final, comme je disais, je trouve ce texte chargé d'ambiguïté, ce qui lui confère, sous des apparences anodines, une sorte de charme vénéneux, malsain. Cela, à la fois, me plaît et me met mal à l'aise.

   Charivari   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour. Un texte bien écrit, ça se laisse lire sans problème et on conçoit très facilement le cadre. Pour ce qui est de l'histoire, je la trouve un peu banale, peut-être, mais après tout, pourquoi pas. Le personnage narrateur, on le comprend très bien, pas de fausses notes dans le tableau psychologique, cependant, il lui manque un peu de corps, de personnalité je trouve... Donc, un texte qui se laisse lire, et asez plaisant. Je regrette cependant que la psychologie des personnages autor du narrateur ne soit pas plus fouillée, la femme du narrateur par exemple, mais surtout la gamine dont il est question. Elle n'existe pour ainsi dire pas. La chute me paraît un peu trop abrupte, d'autre part. Ce baiser aurait pu être amené d'une autre manière.

   Robot   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Dire que cette nouvelle m'a passionné serait exagéré. Il y manque pour mon goût une force de sentiment que je n'ai pas ressenti. C'est difficile à expliquer. J'ai lu comme un fait banal. La faute n'en est pas à l'écriture qui me paraît excellente mais peut être à la rédaction linéaire, sans surprise. Je dirais que l'on sait déjà ce qui va advenir. Peut-être est-ce trop sage. Voilà, c'est cela, trop policé comme pour éviter de choquer la morale. Bien sûr je ne demande pas à l'auteur de réécrire "lolita" mais il aurait pu pigmenter son texte peut être en donnant à chaque personnage des caractères plus marqués, introduire un conflit plus visible.

   plumette   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ce texte, bien écrit, me laisse une curieuse impression.
Il y a comme un décalage entre l'annonce d'un vent d'orage mettant en péril son couple et cette bluette qui transforme un homme d'expérience en adolescent. Mais pourquoi pas? j'ai du mal toutefois à me projeter dans cette histoire qui ne choisit pas son camp.
On est dans le point de vue d'un homme vieillissant ( entre 55 et 60 ans si l'on relève un amour de 30 ans partagé avec Cécile) qui nous raconte son trouble, provoqué semble-t-il par le trouble qu' une jeune fille ( 16 ou 17 ans, encore lycéenne)ressent pour lui.
Cet homme dit qu'il ne pense pas à mal, mais la proximité physique de l'adolescente le perturbe, à cause d'un décolleté qui laisse voir la naissance d'une jeune gorge... Oui, je crois que ce qui m'a gêné, c'est que le narrateur minimise son rôle dans ce jeu de séduction " incestueux". Le désir du narrateur se révèle pourtant clairement à l'occasion du baiser: " nous n'étions plus que des amants épris qu'une même passion fondait l'un dans l'autre
et pour lesquels rien n'existait alentour "
L'histoire aurait sans doute gagnée en intensité à être raconté de manière plus "hard"!
j'ai bien aimé l'intervention de l'épouse, sa manière de faire "comme si de rien n'était", son silence sur l'incident qui oblige le narrateur à "digérer " cet épisode dans la solitude.

j'ai envie de dire bien pour le style, c'est l'histoire et son traitement qui me laisse un peu sur ma faim.

Plumette

   Vincendix   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une situation qui n’a rien d’exceptionnelle, le comportement d’une jeune allumeuse consciente ou inconsciente, je pense que beaucoup d’hommes « mûrs » l’ont connu et en particulier les enseignants.

Je comprends le narrateur, pour un homme « normalement constitué », il est évident que ce jeu de la séduction pose un réel dilemme, comment réagir ?
Mettre tout de suite une barrière au risque de passer pour un « dégonflé » ou laisser faire et voir jusqu’où la demoiselle est capable d’aller ?

Dans cette histoire, il y a l’épouse, les femmes comprennent vite ce qui se passe et sans brusquer, elle va s’arranger pour éviter que son mari se retrouve seul avec la fille, et puis l’homme se sentant surveillé, s’il tient à converser la paix dans son ménage, il ne dépassera pas le stade du baiser.

Sans savoir ce qui se passe réellement dans la tête de l’allumeuse, je pense qu’elle teste ses capacités de séduction et qu’elle n’ira pas jusqu’à l’acte sexuel…Quoique, si cette supposition était valable il y a quelques décennies, je doute qu’elle soit entièrement plausible maintenant.
En conclusion, je trouve ce récit authentique, c’est ce qui le rend finalement assez banal, l’auteur ne cherche pas à choquer ni à émouvoir, il décrit simplement une situation qu’il a connue.
Le souvenir qu’il en garde évoluera au fil des années, tout d’abord quelques regrets, (ils se ressentent ici) ensuite il aura la satisfaction d’avoir réagi comme il le fallait.

   Anonyme   
1/6/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
Cette nouvelle se laisse lire, malgré qu'il y ait parfois de ci, de là, quelques lourdeurs, des longueurs.
Sans lire l'incipit, très vite, on sait ce qui va se passer. La gamine a grandi, elle est allumeuse, l'homme, un peu trop mûr tout de même pour avoir si peu de sagesse, et qui se laisse séduire sans installer d'emblée de jeu une frontière infranchissable. J'ai eu beaucoup de mal à me laisser séduire moi-même, et par cette gamine, qu'on ne visualise guère d'ailleurs autant physiquement que moralement (quels sont ses goûts, ses rêves, ses folies ?), et par cette histoire banale. La réaction de l'épouse est trop plate pour sembler vraiment réelle.
En conclusion, cette nouvelle, peut-être un souvenir, n'a rien de très bouleversant et ne m'a pas apporté d'émotion. Désolé.

   MissNeko   
22/6/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J ai tout de suite pensé à "Lolita".
Ce genre d histoires me plait et me met mal à la aide en même temps.
On sent rapidement ce qu il va se passer: c est un peu convenu.
Mais c est bien écrit, la lecture est fluide. Bref on passe un bon moment.


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