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Sentimental/Romanesque
arnotikka : L'importance de garder des traces du passé
 Publié le 08/12/10  -  7 commentaires  -  3018 caractères  -  112 lectures    Autres textes du même auteur

Évasion après une séance de cinéma…


L'importance de garder des traces du passé


LE FILM.

Le film est terminé. J’ai dit :


- C’est qui le réalisateur déjà ?


C’était bien. C’était long. Ça se décantait doucement. On avait le temps d’apprécier. C’est souvent comme ça les bons films, il y a une phase d’introduction ou de présentation des faits (appelez ça comme vous voulez) assez longue. Elle m’a parlé de cette scène à la fin où l’homme dit qu’il s’est toujours senti différent des autres - déjà tout petit sa mère disait de lui qu’il avait un côté féminin - aller à l’usine c’est comme aller à la morgue - il ne peut imaginer ne plus avoir ses moments de solitude - côté décalé pour mieux apprécier les saveurs du monde - aime pas les mêmes choses que les autres - trop sensible - c’est un défaut. Elle dit que cela lui fait penser à moi. Le même.


DE L’IMPORTANCE DES VOYAGES RETOUR.

Le voyage retour avec notre nouvelle voiture s’est bien passé. Aussi bien qu’à l’aller. Confortable. Trop même. On n’entend que légèrement le bruit du diesel. En plus, on a mis un CD de musique classique. En fond. Le son sort des quatre coins. Magnifique.

Je lui fais donc part de mes réflexions sur notre vieille auto. Je lui dis que la nouvelle n’a pas de défauts. Je veux parler d’un point de vue visuel. Elle a un côté bourgeois, un peu à droite je pense. Je lui dis qu’elle ne porte pas notre histoire. Je lui dis qu’elle nous isole de l’extérieur et qu’il me sera désormais impossible d’apprécier nos voyages, moi qui regarde pendant que toi tu conduis, la nuit dans Paris, alors que les gens dorment.

Elle me répond que ce doit être une question d’habitude. L’autre fut également en son temps une voiture moderne. Je pense que oui. Je réagis souvent comme cela face à la modernité. Je me méfie des nouvelles choses et crains qu’elles ne m’ôtent quelque ressenti agréable. Alors j’appréhende. Oui finalement. Notre découverte de cette nouvelle voiture, c’est un peu comme le film que nous venons de voir. Phase d’observation, on se vouvoie. On hésite et on repense à son ancien compagnon. On se respecte, c’est physique. On accélère, on se teste, c’est le début. On se quitte sans se dire mot et demain on recommencera. Peut-être on finira par s’attacher l’un à l’autre.


… ET DE L’IMPORTANCE DE GARDER DES TRACES DU PASSÉ.

Objets. Au cas où le quotidien prenne trop de place. Au cas où la routine s’installe. Pour se remémorer. Nous cacherons notre vieille voiture qui est hors d’usage pour la ressortir bien plus tard, lorsque nous l’aurons presque oubliée. La mettre dans un champ. La couvrir et planter des arbres qui poussent vite autour. Organiser une vie avec jardin et poules qui picorent afin qu’elle disparaisse. Puis, un jour, quand les enfants seront grands, se souvenir. Et un dimanche après-midi, alors qu’on ne sait pas quoi faire, dans un moment de folie, tout arracher. Pour revoir. Pour se souvenir.

Ainsi, de fil en aiguille, discussion qui n’en finit pas, on avance, on recule, on tourne à droite, nous nous mîmes à revivre notre première fois. Envie de l’autre.


 
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   misumena   
21/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai été sensible à votre texte, peut-être parce qu'en ce moment revient régulièrement dans mes rêves ma vieille Super 5 five, vendue il y a 15 ans, et qui me manque.
Cependant :
- le premier paragraphe me gêne. J'ai bien compris votre volonté de présenter le narrateur, mais l'exposition de sa sensibilité particulière est à mon avis en trop : on l'aurait devinée à lire le reste.
- de même, cette phrase :"Notre découverte de cette nouvelle voiture, c’est un peu comme le film que nous venons de voir. Phase d’observation, on se vouvoie". On vouvoie qui ? Le film ? L'ancien compagnon ? Ce n'est pas clair.
- "Je lui dis qu’elle nous isole de l’extérieur" : n'est-ce pas le propre d'une voiture (en plus de permettre le déplacement) ?

Il me manque, un peu comme dans "la première gorgée de bière", un peu de récit... une histoire.

   Anonyme   
22/11/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte étrange par sa brièveté, son rythme lent mais saccadé, le rendu d'une certaine atmosphère.

J'ai préféré le premier paragraphe aux suivants. Il a quelque chose de plus, comment dire, spontané, inspiré. Il semble réellement "sous influence" du film.

Une chose m'a dérangée, c'est le mélange des registres. Exemples :

1.
"aime pas les mêmes choses que les autres"
"on a mis un cd "

2.
"L’autre fût également en son temps une voiture moderne"
"nous nous mîmes à revivre notre première fois"


Le contraste est trop prononcé, ca crée un décalage, une perte de crédibilité.

Quelques formulations sont carrément fausses :

"Peut-être on finira par s’attacher l’un à l’autre."
Il manque un qu'.

"Au cas où le quotidien prenne trop de place"
Le verbe n'est pas conjugué au bon mode.


Il y a de bonne choses dans ce texte : l'ébauche d'un style, des idées. Bonne continuation.

   Perle-Hingaud   
29/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’aime beaucoup l’ambiance de cette micro-nouvelle. Quelques traits esquissés, et nous y sommes. J’aime les exemples choisis, l’intimité de la voiture, la nuit. J’aime tout ce qui n’est pas dit : l’imaginaire fonctionne, pour moi. Les tableaux sont bien structurés, le tout se tient, la dernière phrase me plait. Au plaisir de vous relire (un peu plus long ?) !

   doianM   
1/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien
"Sentimental-romanesque- voisin d'une petite dissertation sur les souvenirs et les objets capables d'en conserver les traces.
Intéressant.

Le narrateur aurait pu développer davantage partant de l'anecdote vers l'idée.

Cependant il réussit à nous conduire jusqu'à la fin qui est bien trouvée.

Bonne continuation

   alvinabec   
8/12/2010
Le récit est tout aussi touchant que pudique. Qqes points à voir: trop de tirets au premier §; "c'est un peu comme le film" inutile ds le texte; quotidien 'prenne', routine 's'installe' est-ce là le temps le plus approprié? A vous lire...

   Anonyme   
15/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Le style est efficace, cette écriture fonctionne par upercuts et empêche le lecteur d'arrêter de lire. C'est ce genre de style qu'on trouve dans les livres aujourd'hui. N'est-ce pas une qualité première ? Donc : des éléments fugaces, des éléments comme des particules. Il manquerait un peu d'émotion, disons un peu plus d'émotion, même si on peut penser que toute l'émotion se contient ici dans ce style.

   caillouq   
25/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime beaucoup le style de cette nouvelle, dont l'ellipticité fait gamberger.
En quelques mots, plusieurs histoires parallèles sont bien suggérées.
Je regrette néanmoins l'avant-dernière phrase, dont le passé simple tranche désagréablement avec la simplicité des phrases précédentes (sans compter le "ainsi" un peu maladroit, après l'autorité - agréable - du reste du texte). Pour une nouvelle aussi courte, c'est vraiment dommage de finir sur ce qui est, à mon sens, une fausse note.
N'empêche, l'essai donne envie d'une transformation un peu plus longue !


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