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AUSK : Histoire courte & fatale : Jane
 Publié le 09/09/07  -  8 commentaires  -  2982 caractères  -  37 lectures    Autres textes du même auteur

Jane n'est pas heureuse.


Histoire courte & fatale : Jane


Elle transpirait énormément. Toutes les mauvaises eaux, tout l’alcool de mauvaise qualité qu’elle avait ingurgités ce jour-ci, se répandaient sur son corps par tous les pores de sa peau.

Elle avait beaucoup bu et se sentait mélancolique et nauséeuse. D’ailleurs elle vomit entre deux voitures. Elle vomit. Comme un sale ivrogne, comme un pauvre clochard, elle vomit. Si bien qu’elle eût tout de suite honte d’elle-même.

C’était pourtant une fille magnifique avec de superbes yeux et de très belles formes. Nombreux étaient les hommes qui s’étaient intéressés – et s’intéressaient parfois encore - à elle. Elle avait fréquenté certains d’entre eux mais pourtant, jamais aucun n’avait pu la garder à ses côtés. En réalité, elle était comme de la fumée. Comme de la fumée blanche de cigarette… On ne pouvait l’attraper, on ne pouvait la contrôler, on ne pouvait que la contempler.

Vraiment, tout était magnifique chez elle. Même son prénom l’était. Pourtant, elle, le détestait. Elle s’appelait Jane… Jane. C’était sa mère qui avait choisi ce prénom. En même temps, cela aurait difficilement pu être son père, il s’était enfui avant sa naissance. Lâche, saleté de lâche tout juste bon à fuir. Forcément, elle le détestait et du coup c’était en grande partie à cause de lui qu’elle était incapable de faire confiance aux hommes, quels qu’ils soient. D’un autre côté, elle détestait sa mère aussi. En fait, elle détestait presque tout.

Pourtant elle n’était pas malheureuse et ne l’avait jamais vraiment été. Seulement, un jour au réveil, elle s’était levée en décidant que ce monde n’était pas pour elle et plutôt que de l’aimer, elle préférerait le détester.


Après être restée sur le trottoir pendant dix minutes, perdue dans ses pensées, elle finit par renter chez elle et s’affala sur le canapé déchiré de son salon. Elle alluma la télévision et se mit à regarder une triste et pathétique émission du genre de celles que regardait en permanence toute la population sale et pauvre qui grouillait dans son quartier et en composait la plus grande partie.

D’un œil morne, elle fit le tour de la pièce et contempla sans même les voir l’amoncellement de vaisselle sale et éméchée, le sol couvert d’ordures et de bouteilles vides, le lit défait et aux draps repoussants de saleté…

Elle resta ainsi durant deux minutes puis son regard s’illumina. Ce qu’elle cherchait était là, posé sur la table basse bancale, à moitié recouvert par de vieux magazines. Elle se leva, saisit l’objet, et retourna s’asseoir devant son poste.

Elle l’examina longtemps, mi-étonnée, mi-admirative comme si elle le voyait pour la toute première fois. Elle l’avait volé à sa mère qui elle même l’avait dérobé à son mari… C’était au final tout ce qu’elle possédait de son père.

Tout en réfléchissant, elle finit par éteindre la télé et ferma les yeux...


Elle attendit une heure ou deux et c’est à moitié endormie qu’elle se tira une balle dans la tête avec le revolver de son très cher père.


 
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   Bidis   
9/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Efficace.
J'ai lu deux fois ce texte, avec à chaque fois le coeur "poigné".
Peut-être un peu court...

   macalys   
9/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
La rapidité de la fin est en concordance avec celle de la nouvelle, mais cette même rapidité m'a empêchée de ressentir des émotions lors de la lecture. En effet, je n'ai pas réussi m'attacher au personnage et sa mort m'a laissée indifférente, tout comme ses problèmes. Mais peut-être était-ce le but ?

Beaucoup d'informations ou d'actions arrivent trop rapidement, sans développement et sans transition (par exemple on passe d'un moment où l'héroïne vomit à un moment où on décrit son physique, même si c'est pour créer un effet de contraste, je trouve que c'est amené un peu maladroitement). On "zappe" d'un élément à un autre, et personnellement, cela m'a un peu dérangée.

Donc à mon avis, cette nouvelle gagnerait à être plus étoffée, d'autant plus qu'elle compte de beaux passages, comme la description de Jane.

   macada   
9/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
très intéressant mais le dégout de jane pour le monde aurait pu etre davantage développé ainsi que le degout d'elle même. pour se flinguer, il faut ne plus se vouloir et pas juste ne plus vouloir les autres. en meme temps, le titre annonce "histoire courte" alors...

   Aliceane   
10/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu
En effet, c'est très court et ça manque cruellement de détails. Le sujet aurait dû être développé, ainsi on a trop l'impression de déjà vu et on passe à côté du principal : l'émotion.
Je peux dire que dès la première ligne de la nouvelle, je savais comment elle allait finir. Il n'y a pas de surprises.
Et on ne comprend pas vraiment ce que le personnage reproche à la vie.

   Anonyme   
11/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bon Dieu cette fin...

Elle m'évoque les âmes grises, et assurément celle de Jane l'est.

Une courte histoire, certes et qui mériterait approfondissement... Parce que tout y est de l'incapacité à faire confiance, de l'abandon et de sa peur, du dégout de soi... jusqu'au rejet de toute forme d'amour... Le suicide psychologique entraînant la fin

Mais même courte elle est tres bien traitée... cette courte histoire

J'aime bcp

   papyrus   
25/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
c'est vrai que c'est un peu court j'ai aime l'histoire car elle est proche de la realite que vivent beaucoup je lui aurai donne une chance a cette pauvre fille ceci dit j'ai aime

   Anonyme   
23/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Tout à fait le genre d'histoire que j'aime. Mais vraiment trop de raccourcis là pour saisir la psychologie du personnage. Deux ou trois explications bateaux balancées à la va-vite et hop, l'affaire est faite. ça manque cruellement d'épaisseur je trouve et la fin, forcément dramatique, ne sauve pas l'ensemble.

   jaimme   
27/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un texte tout en force. Mais non, cela n'a pas pris. Je suis resté trop étonné par la fin: il n'y a pas assez, pas de quoi, pas de raisons suffisantes pour dire "je n'en peux plus". Ou alors les suicides seraient légions.
En dehors de ce point (capital quand même) je trouve le texte vraiment bien écrit. Et vraiment trop court.
Une remarque sur l'association pauvreté/saleté: il faut lire Vigarello!


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