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Banshee : Le chal, chalouffe, chalala... Kezako ?
 Publié le 06/04/07  -  2 commentaires  -  10331 caractères  -  2332 lectures    Autres textes du même auteur

N'avez-vous jamais, de vos doux appendices auditifs, ouï prononcer le mot chal ou chalouffe ?
N'avez-vous jamais vu l'un de vous se faire traiter ainsi alors qu'il remettait sa mèche d'un revers de main ?
Vous ne connaissez donc pas donc pas ce curieux animal, si particulier et typique de la faune parisienne ! Il est grand temps de le découvrir !
Voici, pour la première fois et en - quasi - exclusivité, produit devant vous un reportage scientifique sur cet animal unique en son genre qu'est le calus.


Le chal, chalouffe, chalala... Kezako ?


Après moult questions et réflexions de la part de nombreuses personnes non-originaires de Paris, il m'est apparu nécessaire de pondre une fiche technique sur cette question, cruciale s'il en est :

« Qu'est-ce qu'un chal ? »



* * * * *



Le chal (alias, sous différents déguisements pour capter l'attention de l'ennemi shal ou chale ou chalouffe) est – comme la crevette – un animal qui vit en groupes sociaux et lieux bien délimités.

Actuellement n'ont été portés à la connaissance des scientifiques que deux espèces de chal :


- le calus vulgus, ou chal commun, espèce que l'on rencontre le plus fréquemment, vit en bandes dans les hauts-fonds parisiens, à savoir le sud du XVIe arrondissement et l'espace délimité par la rue du Sentier. On le trouve également en forte densité dans d'aimables bourgades du département des Hauts-de-Seine (92), telles que Rueil-Malmaison où il « zone » abondamment à la sortie du lycée Passy-Buzenval.


- le calus nobilis, aussi appelé calus neobessebegus, ou chal néo-BCBG, en parler vulgaire, se concentre dans des endroits tels que le nord du XVIe arrondissement, la ville de Versailles (celle où il y a un château) et, en général, la ceinture ouest de la banlieue, à savoir les abords de la ville de St-Germain-en-Laye.



I – Historique du chal


D'après un article paru dans le Figaro Magazine en 2005, journal éminemment reconnu pour sa rubrique scientifique, les jeunes d'aujourd'hui se diviseraient en groupes sociaux très strictement définis par des codes vestimentaires : les plus courants sont les skaters, les gothics...

Le chal, ici appelé shalala, n'est qu'un de ces groupes, ou disons, la frange sociale supérieure de cette population. Ce look fut lancé à l'origine par de jeunes Juifs (ou Feujs, comme disent ces jeunes personnes branchées). Ses caractéristiques seront détaillées ci-après.

Une sous-espèce dissidente est cependant apparue à l'intérieur de ce groupe, ayant pour origine une hybridation entre des jeunes au look « classique » et les chals. Le résultat en a été les néo-BCBG, mouvement qui est apparu dans les années 1990 et a très vite trouvé à redire au look chal dont il s'est singularisé.

Nous sommes donc en présence de deux mouvements contestataires qui, s'ils ont un nom en commun, n'ont guère de choses en plus. Il est à noter cependant que ces deux mouvements touchent aussi bien filles que garçons.



II – Le diptyque du chal


1 – Le chal commun


Ce type de chal est le plus commun. Rencontré dans les endroits que nous avons évoqués plus haut, il hante cependant, de plus en plus régulièrement, d'autres hauts lieux parisiens. On lui connaît comme lieux de prolifération principaux des boîtes de nuit comme les Planches, la Loco ou le Plazza, ou bien le coin de l'avenue Victor-Hugo, ou encore la sortie du lycée Janson-de-Sailly.


Le chal commun a une vie nocturne des plus actives, ce qui explique l'air endormi et bovin qu'arborent la plupart de ses spécimens durant la journée. Il aime « clubber » ou sortir avec des copains pour aller fumer une « garro », acronyme désignant tout simplement une cigarette.

À quoi ressemble-t-il cependant, car c'est là la question la plus importante ?


Il fait usage d'énormément de gel pour plaquer sa mèche fournie et donner un aspect savamment négligé à sa tignasse, qu'il porte bien sûr mi-longue. Il porte en général des pièces d'habillement assez disparates, juste assez cependant pour qu'on puisse remarquer qu'il a de l'argent à ne plus savoir qu'en faire : jean slim taille basse Levi's ou Diesel, ceinture Dolce & Gabanna (parce qu'il y a un gros D&G rutilant à la place de la boucle) pour faire tenir le jean, mais pas trop, car il s'agit de montrer le caleçon à carreaux Calvin Klein, T-shirt et sweat moulants à rayures horizontales, Converse (en cuir, si possible, c'est plus cher) élimées ou chaussures pointues à fioritures appelées Schmooves, et pour couronner le tout, qu'il pleuve ou qu'il vente, d'inévitables lunettes de soleil avec des verres de quinze centimètres de diamètre Gucci ou Ray Ban.

L'habillement est assez unisexe, ce qui fait ressembler les garçons à des filles et les filles à aucune espèce classifiée. Signalons toutefois que pour le sexe féminin, le jean slim est réellement de rigueur, même s'il arrive qu'il moule des formes... généreuses, et que le port d'un serre-tête ou d'un bandeau à pois est répandu, ainsi que les T-shirts à paillettes fluorescentes.


Généralement « fils à papa », le chal commun est pourri d'argent, le sait et le montre par des marques ostentatoires : son budget vestimentaire couvre inévitablement 100% de son argent de poche mensuel.

On peut donc le considérer sans risque comme un animal nuisible, chose dont il se contrefout royalement, prenant toute l'existence avec légèreté, sachant qu'il n'a pas de souci matériel à se faire grâce à la générosité paternelle. Sa verve, que lui considère comme relevant du plus haut esprit et les autres comme de la connerie intégrale, est essentiellement dirigée contre la seconde espèce de chals, appelée par lui chabert ou bercha, qu'il ne peut généralement pas encadrer, car ils représentent des valeurs et un goût dont il est absolument dépourvu.


2 – Le chal néo-BCBG


Cette sous-espèce de chal, issue d'un croisement heureusement réussi entre le classique et le chal commun, se rencontre dans les endroits cités plus haut, tels que Versailles ou le XVIe nord.

Il fréquente les établissements comme Stanislas, rue de Rennes à Paris, ou Saint-Jean de Passy. On le rencontre peu dans les rues, car il n'aime guère se mêler aux gens qui ne sont pas de son milieu. De vie nocturne également active, il semble cependant en supporter les effets avec vaillance – s'il n'est pas rare de croiser un chal versaillais revenant de soirée, vous le verrez rarement fatigué.


Si certains scientifiques ont pu le déclarer similaire au chal commun, on peut avancer sans craindre de se tromper qu'il n'a de commun avec lui que la mèche de cheveux passablement fournie – sans gel cette fois. Un geste caractéristique du Versaillais est un petit mouvement de tête sur le côté, ou le passage de la main sur le front, pour rabattre la mèche hors des yeux.

Il est généralement habillé avec élégance mais goût, sans ostentation particulière : mocassins en cuir Tod's ou Weston's ou Converses de toile, polo (rose ou à rayures horizontales) ou chemise (à rayures verticales) Ralph Lauren avec le col sorti sur le pull (à col en V) Celio* ou Ralph, écharpe écossaise Burberry, ou bien, à la place du pull et de l'écharpe, un simili-treillis militaire et un chèche bleu.

Les filles portent souvent des ballerines à la place des mocassins.


On rencontre une sous-catégorie du chal versaillais assez récurrente dans certains milieux, le catho tradi, extrêmement reconnaissable à son crâne aux tempes rasées pour-faire-style-je-suis-à-Saint-Cyr, son pantalon de toile, son caban ou treillis ou pull à col rond sur une chemise à carreaux, son chèche blanc ou kaki et ses chaussures bateau fatiguées. Il arbore quelquefois un ceinturon scout, comme signe de son appartenance à ce mouvement. Sous ces extérieurs que l'on peut trouver ridicules, il est l'un des seuls à cultiver des vraies valeurs et une ligne directrice dans sa vie. On le rencontre aux Frat', aux JMJ ou chez son « père spi » (entendez l'abbé qui le suit dans sa foi chrétienne).


Le chal versaillais, s'il ressemble vaguement à cela et feint extérieurement d'avoir les mêmes valeurs, a un habitat et un mode de vie très différents.

Adepte, non pas du « clubbing » mais des soirées rallye chez la Comtesse Un-Tel de Machin, il peut se révéler assez snob et attaché aux valeurs « Vieille France » comme la particule (pour ceux qui ne savent pas ce que c'est qu'une soirée rallye, il s'agit de soirées organisées par des personnes à l'aise et « nobles », chez qui l'on se rend en costume et robe de soirée pour danser le rock. Ce sont les parents qui invitent par carton – très appréciable et apprécié si l'on est dans le milieu, mais on peut concevoir que cela soit critiquable aux yeux d'observateurs extérieurs). Il arrive cependant que les soirées rallye aient lieu aux Planches ou à la Loco, auquel cas le chal commun se trouve confronté sur son territoire au chal versaillais et le regarde d'un œil meurtier. Les soirées rallye sont censées être « tenues » moralement, en fait beaucoup de convives finissent ivres ou déniaisé(e)s avant la fin de la soirée.


Pour de plus amples informations, on pourra regarder le documentaire très intéressant et instructif (bien que datant un peu) sur la question réalisé par les Inconnus : Auteuil-Neuilly-Passy.

Le chal versaillais diffère donc par de nombreux côtés du chal commun, chose qui ne fait qu'aggraver les tensions créées entre eux, le chal versaillais étant souvent – ou feignant de l'être pour faire plaisir à Papa/Maman – catholique et le chal commun – pour une partie – juif.



Le calus est donc un animal, qui selon les espèces et les croyances, peut évoluer extrêmement différemment. Suivant les théories de Darwin, il s'adapte et développe un comportement extérieur conforme à son environnement immédiat. Animal souvent, non pas craintif, mais dédaigneux, spécifique à la région parisienne, il se peut rencontrer dans des endroits divers mais affectionne particulièrement les climats tropicaux intra muros et la température agréable de l'Ouest. Par ailleurs fort amical s'il vous reconnaît comme l'un de ses congénères, il se déplace en groupes compacts.



* * * * *



Voilà ! J'espère que mon exposé scientifique sur cet animal curieux vous a plu. Étant donné la diffusion de ce phénomène et le peu de traitement qu'il a reçu sur le Net (à part des rumeurs erronées émises par des gens qui « ont entendu que ») malgré de nombreuses questions, il m'a paru nécessaire d'en faire une brève présentation.


À bientôt dans notre chronique scientifique pour suivre le prochain article sur le geek (gicus informaticus adductus), un oiseau rare qui se nourrit de pixels !


 
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   Maëlle   
21/11/2007
 a aimé ce texte 
Pas
Je dois être trop vieille, ou alors, c'est que je n'ai pas assez fréquenté Versailles, mais je trouve ce texte à la fois ennuyeux et fat. C'est apparement parodique, mais ça ne m'a même pas fait sourire.

   Anonyme   
21/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Moi suis pas trop vieux et j'me souviens bien de
l'apparition des chals, en ce qui me concerne, surtout
ceux du troisième arrondissement... (Le sentier, Arts et métiers,
réaumur sébastopol...)

Bon ce n'est certes pas un sujet d'une haute portée
métaphysique, il n'y a pas non plus d'intrigue haletante,
ni de fées, de farfadets...

Un bon documentaire au second degrès... Quoi que...


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