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Sentimental/Romanesque
BigSur : Le partage des eaux
 Publié le 22/02/17  -  11 commentaires  -  4459 caractères  -  87 lectures    Autres textes du même auteur

Tiré d'un étrange rêve. Une rencontre entre le « vous » qui souffre, et celui qui a survécu.


Le partage des eaux


Les yeux gonflés et saccagés par les images qui défilent à l'écran, je n'ai même plus la force de pleurer. C'est à moitié mort et l'âme noircie par le chagrin que mon corps maigre se glisse dans le lit, le drap jusqu'au cou. Mon esprit, qui était autrefois le jardin de mes distractions, ne peut désormais plus me procurer le réconfort que je lui trouvais. C'est aujourd'hui un champ de terre labouré par les bombes et la pluie que je m'efforce de défigurer en l'imaginant théâtre d'un conflit qui m'est propre, substitut me permettant d'oublier ne serait-ce qu'un instant le chagrin venu m'épier aux portes du sommeil. Une nuit d'été, une de plus, à trouer le sol et à maudire la vie, bercé par les bombes et le chant des crapauds.


La lumière s'ouvre sur un mardi de novembre, aux alentours de 13 heures. Je suis assis sur le banc d'un village vauclusien, le mistral souffle entre les corps. Je suis assis sur ce banc, je porte une veste de marin en laine noire, une écharpe de couleur inconnue et des chaussures marron. J'ai, posé sur mes genoux, un sablé au beurre dans un sachet en papier. Les arbres ont revêtu leurs parures d'automne en jaune et rouge et le vent fait virevolter les feuilles, c'est un magnifique spectacle. J'aperçois le partage des eaux, la vase qui s'est incrustée contre la pierre, j'imagine la fraîcheur de l'eau en cette saison. Je ferme les yeux, le vent me caresse le visage. Je l'entends, ses pas résonnent sur le sol et écrasent les feuilles mortes. Il s'assoit sans un mot sur mon banc et je le sens attraper le petit sachet posé sur mes genoux. Toujours sans un mot, et moi gardant les yeux fermés, je l'entends ouvrir le sachet et manger bruyamment son contenu. Je sais que je ne peux les ouvrir car je sais qui il est et je sais ce qu'il va me dire, je ne veux pas l'entendre.


– Il va bien falloir que tu finisses par ouvrir les yeux.

– Pourquoi ?

– Parce qu'il le faut, tu sais comme moi que tu ne peux pas rester comme ça indéfiniment.

– Je sais, mais je n'en peux plus. Alors si tu es là pour me dire ce que je sais déjà, tu peux t'en aller.


Il me sourit, comme je le fais souvent, et il repose le sachet sur mon genou.


– Tu sais bien que non. Je suis là parce que tu as besoin de moi, et cela même si tu refuses de l'admettre. Je suis là parce qu'il en va de ta santé. Demain tu ne te souviendras pas de notre rencontre, encore moins de mes mots. Mais demain quand tu te réveilleras tu pourras sentir en ton cœur un poids retiré.

– Alors pourquoi es-tu là ?

– Je suis là pour te donner espoir. Tu sais qui je suis ?

– Oui, je le sais.

– Alors qui suis-je ? Dis-le.

– Tu es lui.

– Non, je suis toi. Je suis toi dans quelques mois, je suis toi après la tempête.

– Si tu dis être ce que tu es, pourquoi je ne me vois pas en toi ?

– Car il est trop tôt, mon frère. Il est trop tôt mais je suis là pour que tu saches, il faut que tu me croies : les choses vont s'arranger d'elles-mêmes. Les blessures guérissent, les cœurs et les corps guérissent, les vies guérissent, et même la tienne, même la nôtre.

– J'aimerais te croire.

– Alors fais-le. Regarde-moi, regarde-les ! À l'heure où je te parle je dors paisiblement dans l'appartement que tu vas t'empresser de rejoindre dans quelques mois. Je suis allongé dans le noir mais je ne vois plus les bombes, je ne laboure plus les champs, mes jours et mes nuits sont tranquilles. Je suis en paix et je suis plus fort. Je ne dis pas que ça sera facile ou sans peine, non. Je suis porteur de cicatrices mais je suis en vie et je suis debout, je ne vacille plus.


Au son de ces mots, j'ai ouvert les yeux. Il avait cette étincelle dans le regard, j'ai voulu le croire alors j'ai regardé. Il avait repris des couleurs et me souriait avec empathie. Je pouvais pourtant voir à travers ce sourire les facettes d'une souffrance partagée, et sur son visage, les marques d'usure d'un été trop long. J'ai refermé les yeux quelques instants pour essayer de contenir mes larmes et j'ai pris une grande inspiration en prenant le temps d'écouter le chant de l'eau. Le silence était presque absolu.


– Vas-tu aussi bien que tu en as l'air ?


Il a de nouveau souri et m'a répondu que oui. Je n'ai pu m'empêcher de laisser échapper un léger rire d'approbation, comme de ceux que l'on fait quand un soulagement vient nous trouver dans notre peine et que, sans forcément en être libéré, on vient vous en annoncer le départ prochain. C'était aussi simple que ça.


 
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   Anonyme   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà, je trouve, une jolie allégorie sur la détresse, le "syndrome de stress post-traumatique" et ce que les psychologues appellent la "résilience", la capacité de l'esprit à se reconstruire. J'aime que ce texte soit à la fois très sombre et porteur d'espoir, l'équilibre me paraît bien ménagé.

Selon moi, l'avant-dernière phrase est trop longue et lourde, ce qui affaiblit l'impact de ce qui est dit. Le dialogue aussi gagnerait peut-être à être plus lapidaire. Affaire de goût, bien sûr.

Ah oui, et cette image de la "ligne de partage des eaux" me plaît beaucoup ! Le bassin verseur du désespoir fait place à celui de la guérison...

   Donaldo75   
28/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Mes remarques, à la volée:

(+) des dialogues sobres, avec d'un côté des phrases longues, de l'autre phrases courtes
(+) une narration douce, qui donne bien l'impression d'un univers de rêve, pas complètement attaché à la réalité

(-) des phrases longues, qui perdent de leur force et le lecteur dans la foulée
(-): une ponctuation pas toujours judicieuse; beaucoup de "et"

Au final, j'avais peur de tomber dans l'abscons ou le métaphysique. Ce n'est pas le cas. La sobriété du dialogue rend le rêve agréable.

Merci pour la lecture,

Donaldo

   silvieta   
30/1/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Les histoires de bilocations sont déjà compliquées, pas la peine de les compliquer davantage avec des maladresses.

Je situe difficilement la période. Il s'agit d'un village du Vaucluse qui est la cible de bombardements. Bon. Alors nous sommes dans les années 40...Ah mais non puisque juste avant d'aller se coucher le narrateur visionne "les images qui défilent à l'écran". Les télévisions étaient pourtant rares dans les chaumières durant la seconde guerre mondiale !

Si l'on souhaitait lier l'idée de bombardements a celle d'un monde contemporain il existe suffisamment de régions dans le monde pouvant offrir le cadre d'un tel récit.

L'aspect pompeux des descriptions en souligne les maladresses de style et le côté hâtif des juxtapositions.
Quelques exemples : "( mon esprit ) c'est un champ labouré par les bombes et la pluie que je m'efforce de défigurer en l'imaginant théâtre d'un conflit..."= ???
" bercé par les bombes ..." ( on connaît de plus douces berceuses ) "une nuit d'été à trouer le sol et à maudire la vie" ( pourquoi le narrateur se met-il à trouer le sol? il est devenu lui-même une bombe? ou est-ce une taupe ? )

Le dialogue comporte de nombreuses répétitions et du verbiage "qui suis-je? dis-le. Tu es lui? non, je suis toi. je suis toi dans quelques mois ? pourquoi je ne me vois pas en toi? parce qu'il est trop tôt, mon frère". Hum...Pourtant ne dit-on pas "si ce n'est toi c'est donc ton frère ?"

Les verbes ne brillent point par la variété : trop de verbes " être ", " avoir " " faire ".

La grammaire parfois approximative, comme l'orthographe ( confusions entre imparfait et passé simple ) et les coquilles non corrigées ajoutent encore au casse-tête de lecture.

Et dire que d'habitude j'aime beaucoup les histoires de doppelaganger, de bilocations, d'avenir qui se fond au passé...Eh bien, pas cette fois.

Conseils : utiliser un dictionnaire, soigner davantage l'écriture, varier les verbes et ne pas oublier de se relire plusieurs fois.

   plumette   
30/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le paragraphe d'introduction nous présente un narrateur très déprimé. J'ai failli renoncer dés les premières phrases que j'ai trouvé lourdes et morbides mais voyant que le texte s'aérait, j'ai poursuivi ma lecture.

l'incipit prévient qu'il s'agit d'un rêve, et j'en déduis que ce rêve commence au deuxième paragraphe.

Après, je crois comprendre qu'il s'agit de la mise en scène d'un dialogue entre le narrateur déprimé et le narrateur qui espère, qui sait au fond, tout au fond de lui qu'il sortira de cet état et que la lumière peut revenir.

cette tentative pour attraper et transcrire un mouvement interne est intéressante. Est-elle vraiment réussie? je reste un peu sur le bord, mais je crois que l'exercice est très difficile.

Plumette

   Robot   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a vaguement un lieu, vaguement un temps, pour une sorte d'introspection suscité par l'imprécision du rêve, pour conforter le récit.
Je trouve bien rendu cette confrontation entre deux "moi". Celui qui , est "au fond du trou" et celui qui veut se relever. Pour sortir de la dépression une sorte de lutte qui s'achemine vers une convalescence quand enfin l'espoir anime le visage.
Le récit exprime juste ce qui est nécessaire pour créer le trouble chez le lecteur et le plonger dans cette atmosphère ambiguë.

   PierrickBatello   
22/2/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Heureusement, le texte est court car sinon je n'aurais pas dépassé le premier paragraphe qui est d'une lourdeur confondante.
"C'est aujourd'hui un champ de terre labouré par les bombes et la pluie que je m'efforce de défigurer en l'imaginant théâtre d'un conflit qui m'est propre, substitut me permettant d'oublier ne serait-ce qu'un instant le chagrin venu m'épier aux portes du sommeil. " Quand je lis cette phrase pour la première fois, je n'y comprends rien. Je la relis deux, trois fois, et enfin le sens me vient et je la trouve superfétatoire (pour rester dans votre style).
La suite est dans un style plus léger mais je n'y vois pas beaucoup d'intérêt. L'incipit nous éclaire sinon j'étais largué. Désolé, je n'ai pas accroché du tout. Que voulez-vous apporter au lecteur avec ce texte?

   Anonyme   
22/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'ai proprement adoré ce texte!
je veux bien tempérer un peu mon enthousiasme en concédant par exemple que l'on pouvait facilement commencer la nouvelle à partir de [ La lumière s'ouvre sur un mardi de novembre, etc. ] proposant là un incipit beaucoup plus accrocheur (les incipits sont ma marotte, enfin chez les autres...) et se passer du premier paragraphe sans autre forme de procès.
Pour le reste, j'aurais volontiers allégé certaines phrases mais le propos est tellement prenant par ailleurs que je pardonne tout.
Le passage qui m'a littéralement emporté est celui où le narrateur est assis sur le banc avec, posé sur ses genoux, un sablé au beurre dans un sachet en papier. A ce moment-là, j'ai quitté ma lecture pour aller vérifier si j'étais bien dans la catégorie des nouvelles ou dans la catégorie poésie en prose. C'est dire !!
Je n'aime pas commenter les commentaires ; néanmoins il semble que la beauté de ce texte n'ait pas convaincu ici des gens dont j'aime également l'écriture (ils/elles se reconnaîtront). Dommage !

Encore merci pour cette belle page. Vraiment !

   vendularge   
22/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir,

Plusieurs choses m'intéressent dans ce petit texte;

Le ton que je trouve poétique, il se dégage de ce personnage presqu'enfantin sur son banc, une candeur touchante

L'idée que le personnage va chercher au delà du chagrin actuel (que ce soit une guerre ou autre chose), le moyen de survivre.

Et que ce moyen ne peut lui être donner que par lui-même, sous la forme d'un rêve ou d'une hallucination.

Les premières phrase méritent d'être un peu allégées:

"Mon esprit, qui était autrefois le jardin de mes distractions, ne peut désormais plus me procurer le réconfort que je lui trouvais"

Et puis je ne comprends pas cette histoire de "partage des eaux". Pourriez-vous nous l'expliquer?

Merci

vendularge

   Tadiou   
22/2/2017
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Récit de souffrance, trop hermétique,à mon sens, pour être émouvant.

Surtout il me semble qu'il y a de nombreuses maladresses d'écriture, de nombreuses incorrections, avec des phrases alambiquées, qui ont rendu ma lecture pénible.

J'en indique quelques-unes:

"une nuit d'été, une de plus, à trouer le sol " (??)

"La lumière s'ouvre sur un mardi de novembre, aux alentours de 13 heures." (il faisait nuit jusqu'à 13 heures?)

"le mistral souffle entre les corps."

"Je suis assis sur ce banc" (cela vient déjà d'être indiqué...)

"couleur inconnue" : cela me laisse perplexe.

"J'aperçois le partage des eaux" : je sais ce que signifie "ligne de partage des eaux"; ici je ne comprends pas.

"Il me sourit" : mais comment le narrateur le sait-il? il est écrit qu'il a les yeux fermés

"un léger rire d'approbation, comme de ceux que l'on fait..." : on fait un rire??

Il me semble que ce texte nécessite un gros travail de réécriture pour pouvoir être crédible.

Les personnages sont à peine esquissés, restent en transparence.
On est dans le flou et l'hermétisme.

Dommage, car le fond semble très intéressant, constitué d'un immense drame.

Tadiou

   Leverbal   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai réussi à passer outre la quasi totalité des approximations du texte, mais une m'a vraiment fait tiquer : "Je ferme les yeux, le vent me caresse le visage. Je l'entends, ses pas résonnent sur le sol et écrasent les feuilles mortes."
Dans la 2e phrase, ce n'est pas le vent qu'on entends, c'est un nouveau personnage. "Je ferme les yeux, le vent me caresse le visage. J'entends des pas qui résonnent sur le sol et écrasent les feuilles mortes."
Maladresses mises à part, l'idée du texte m'a bien plu.

   thea   
11/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'idée ...je crois qu'il m'est arrivée un peu quelque chose de similaire, cela doit porter un nom en psy..

"Je suis là pour te donner espoir."
" Je suis toi dans quelques mois, je suis toi après la tempête."
oui intéressant.

par contre l'écriture n'est pas à la hauteur. Le dialogue aurait pu être plus étoffé, plus fort.

étrangement malgré la faiblesse de l'écriture j'ai bien aimé..L'idée prime mais je reste sur ma faim

   BigSur   
2/5/2017
Commentaire modéré


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