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Aventure/Epopée
Velias : Braconnage
 Publié le 23/02/17  -  14 commentaires  -  9302 caractères  -  96 lectures    Autres textes du même auteur

Début du XXe siècle dans le sud de la France, Augustin, jeune paysan et braconnier à ses heures...


Braconnage


Augustin quitte la maison au moment où la nuit devient bleue et où les étoiles s'endorment. Un quignon de pain fourré à la hâte dans sa musette, il emprunte le chemin en direction des collines. Il avance d'un pas alerte et léger s'arrêtant à peine pour cueillir quelques « gratte-cul » qu'il prévoit d'enfiler dans le col du gamin tout à l'heure quand il rentrera. Au bout du chemin, il enjambe la Parpaille, le ruisseau presque à sec en cette fin d'été, pour emprunter le sentier qui mène aux terres de Malimberte. C'est un raidillon étroit qui serpente le long de la colline en face des ruines de la tour.

En passant, il jette un coup d’œil aux vestiges encore debout. Chaque fois qu’il revient de la ville voisine, la vision de l’ancien château s’offre à lui. Juché sur une colline arrondie, avant-garde des Monts du Matin, ça lui évoque toujours un vieux chicot esseulé et abîmé, perché sur une gencive. Comme l’unique dent de la mère Évodie, cette vieille sorcière, qui passe son temps à ramasser les simples dans les prés et les bois.

Pierre, le frangin, dit toujours que ça lui fait penser au téton de la Marie Bourgeaud, « pour ce qu’il a dû en voir ! » rigole intérieurement Augustin.

Le frangin ! Fort de gueule et de corps ! Toujours des tas d'histoires à raconter ! Surtout sur l'Afrique ! D'ailleurs, au village on l'appelle « barbe d'Afrique ». Ça fait bien dix ans qu'il y part tous les hivers. En Algérie ou en Tunisie. Il y fait la taille des vignes, la cueillette des olives. Il en raconte ! Pour aller là-bas, le Pierre lui a expliqué qu'il faut descendre le Rhône jusqu'à Marseille et traverser la mer. Un sacré voyage ! Là-bas, les gens on les appelle indigènes et ils ont la peau foncée comme le brou des noix. Il paraît même que les femmes sont toutes voilées ! De la tête aux pieds. Même les hommes portent des robes. Des grandes gandouras blanches, qui leur couvrent le corps en entier. Il paraît que c'est à cause de la chaleur. Augustin ne croit qu'à moitié tout ce que lui raconte son aîné. Mais cette année il a promis à son jeune frère de l'emmener. Augustin a bien l'âge de partir, il a seize ans depuis quelques jours.

La montée terminée Augustin fait une halte. Il cueille les fruits d'un prunier sauvage. Il n'a pas faim, c'est juste pour sentir la saveur âcre et sucrée des fruits dans sa bouche. D'un regard il englobe le paysage. « Tiens, en parlant de la mère Évodie, la voilà là-bas cette vieille « fouâle » en train de ramasser des herbes. Ces herbes, elle aurait dû en faire profiter Mélina, ma sœur, qui s'est fait engrosser par le Gabriel. En plus, il a refusé de la marier. À moins que ce soit elle qui ait refusé. Mauvais comme il est, ça vaut bien mieux, avait dit la mère. »

Le garçon ne s'attarde pas, il bifurque vers le sud laissant les terrains vallonnés arides et secs de l'ancien pâturage communal pour se rendre plus loin au gour du Chambrenet. Il espère qu'elle sera encore là la fario qu'il a aperçue il y a deux jours de cela. Elle doit faire au moins trois livres ! Mais il lui faut être prudent ! Le père Riorin, le garde-champêtre, l'a à l’œil. Augustin le sait :

« Rien qu'à la façon dont il me lorgne chaque fois que je le croise, le drôle me réserve un mauvais tour ! »

C'est pour cette raison que le garçon fait un détour aujourd'hui. Augustin n'a pas de permis de pêche. Il n'en a ni les moyens ni l'envie. Les permis de pêche et de chasse c'est bon pour les bourgeois et les gens de la ville. Quand on est né pauvre et paysan on se passe d'un permis de quoi que ce soit. Augustin a de la terre qui coule dans les veines. La terre et la condition de paysan c'est son sang à lui.

Sur le sentier poussiéreux, jalonné de cailloux, ses godillots usés jusqu'à la corde dérapent dans la pente, soulevant de petits nuages de terre. Des touffes d'herbes parsemées ici et là s'écrasent sous ses pieds. Le pantalon relevé à mi-mollet laisse entrevoir les muscles sollicités par l'effort.

Il a laissé derrière lui l'ancienne forteresse. Le voilà sur le chemin qui délimite le village. De l'autre côté, Combovin . « Un village de culs bénits, comme dit le père. D'ailleurs, ils y font grises mines depuis que la loi sur la séparation des Églises et de l’État a été votée début juillet. Les curés, va falloir qu'ils se nourrissent eux-mêmes ! Bien fait pour eux ! Remarque, le père Tardy, avec la « biasse » qu'il a, il a des réserves pour au moins trois hivers ! »

Occupé par ses pensées, il se retrouve à l'embranchement des Durons, la piste qui mène en direction du Vercors. Il entame alors la descente vers le hameau des Faures. Des crottes de lapins s'alignent sur le sentier et s'égarent dans le thym sauvage comme des petits morceaux de réglisses. En passant prés d'un bosquet de genêts un groupe de cailles s'enfuit à son approche. Il a oublié ses pièges, c'est dommage. Tant pis il reviendra demain.

Depuis le dernier orage, le talus, que soutenait un mur de pierres sèches, vomit son ventre sur le chemin. Il aperçoit plus loin le père Brun en train d'atteler ses bœufs. Ils se saluent amicalement de la main.

Le voilà enfin à destination. Il s'étire, ôte sa chemise et s’accroupit au bord du gour. À cet endroit le ruisseau saute les pierres pour tomber plus bas, s'encastrant dans les roches de calcaire. Il forme ainsi une vasque naturelle où l'eau limpide laisse entrevoir un fond sablonneux. Surplombant le lieu, des arbres forment un toit végétal. Ici des noisetiers sauvages, là des sureaux aux fruits trop mûrs qui répandent leur parfum douceâtre.

Augustin observe les mouvements fluides et vifs de la truite qui ondoie dans ce bassin naturel. La bête est de belle taille. Elle a le corps élancé et fuselé des nageurs rapides et la tête charnue des carnassiers. Son ventre nacré, moucheté de rouge, reflète par intermittence les rayons du soleil qui se fraient un passage à travers les branchages. Augustin regarde, hypnotisé, les allées et venues de l'animal dans l'eau. Enfin lasse, la fario se glisse sous un bord du ruisseau, là où la terre creusée par l'eau forme un surplomb. C'est le moment qu'il attend. Avec précaution, il met la main dans l'eau. Sa fraîcheur le surprend. Avec un geste lent et précis il glisse le bras sous la cavité. Il sent sous ses doigts le ventre de l'animal qui n'émet aucun signe d'inquiétude, habituée qu'elle est aux effleurements des herbes et de ses consœurs. Retenant son souffle, il glisse la main un peu plus en avant jusqu'à sentir les ouïes palpitantes. D'un geste adroit il y insère ses doigts, empoigne le poisson et sort sa main engourdie par le froid. Il ne peut s'empêcher de pousser un cri de triomphe. Enfin, il l'a !

Tout occupé par sa prise, il n'a pas entendu le père Riorin arriver. Depuis quelques minutes, le garde-champêtre, caché dans un fourré, l'épie sans faire le moindre bruit. Ce dernier l'apostrophe en lui mettant la main sur l'épaule :

« Cette fois c'en est fait de toi mon garçon! Je te tiens enfin ! »

La riposte est à la mesure de la surprise causée par le gêneur. Le garçon lâche sa prise au-dessus de l'eau, la rendant ainsi à son habitat naturel. Se relevant d'un coup, de son poing fermé, il envoie toute sa colère et sa déconfiture dans la figure du garde-champêtre. Avec un bruit mat, son poing s'abat violemment sur la pommette droite laissant une empreinte là où les phalanges sont entrées en contact avec la peau. Il le bouscule violemment, le projetant cul par-dessus chemise, dans les ronces. Ramassant son vêtement qu'il a laissé au bord de l'eau, il s'enfuit à toute allure se maudissant d'avoir été aussi distrait.

Augustin court du plus vite qu'il peut. Il lui faut s'échapper, mettre de la distance avec le « père-Bâton ». Il dévale les sentiers, saute par-dessus les roches. Il se déchire les joues et les bras dans les buissons. Au passage, des mûres marquent sa peau d'empreintes violettes, signes de son forfait. « Pourvu qu'il m'ait pas reconnu ! » s'angoisse le garçon. Exténué par sa course folle et à bout de souffle, il trouve refuge au pied d'un peuplier centenaire. Le garçon s'assoit dans un creux de l’arbre, les genoux repliés contre son torse. La tête posée contre le tronc il écoute les plaintes de l'arbre secoué par le vent. Il attend que les battements de son cœur s'apaisent.

Il n'en mène pas large. Il sait ce qui l'attend s'il est pris : les gendarmes, l'amende, la maison de correction et la honte pour les siens. Dans ce nouveau siècle, comme dans l'ancien, on ne plaisante pas avec l'ordre établi. Le braconnage c'est interdit et c'est sévèrement puni. Frapper un représentant de la loi, c'est encore bien pire.

Augustin est amer : quel idiot ! Se faire surprendre ainsi ! Il lui faut réfléchir. Il ne peut rentrer chez lui. Une idée germe alors dans son esprit. Il ira se réfugier chez sa sœur Lydie, qui habite Combovin, depuis qu'elle s'est mariée. Une fois là-bas, son beau-frère, le Jacques, ira prévenir le père et la mère de ne pas s'inquiéter. Dans quelques semaines quand l'histoire sera oubliée il pourra rentrer chez lui. À moins que... ! Ragaillardi par l'idée qui lui traverse l'esprit, le garçon se lève, une étincelle brillante dans ses yeux azur. Son frère part pour l'Algérie dans quelques semaines. Augustin sourit : « Il sera bien obligé de m'emmener cette fois ! »



 
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   plumette   
30/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une bien agréable lecture qui m'a transportée dans un autre temps.
Avec habileté et savoir faire, le narrateur nous emmène dans un joli coin de France ou le rapport à la nature est encore très fort pour le jeune Augustin. son regard sur le paysage environnant, son attention à ce que la nature peut offrir, son excitation à l'idée d'aller braconner dans le torrent cette belle truite qu'il a repéré, le récit de la pêche à la main, tout cela est fort bien rendu, le vocabulaire utilisé est en phase avec le récit.

Et puis, il y a cette allusion à L'Algérie avec ces émigrations temporaires et peut-être définitive pour Augustin!

un très bon moment de lecture.

je signale des détails que j'ai trouvé un peu inutiles parce qu'ils ne servent pas l'histoire: la mère Evodie et la soeur Mélina. Ou encore le fait d'annoncer la surveillance du père Riorin.

Plumette

   socque   
2/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé la manière dont, peu à peu, vous posez le contexte ; le récit, d'intemporel, se précise à mesure qu'on avance, jusqu'à offrir une période précise : fin d'été - automne 1905.

Je m'étonne un peu qu'à cette époque de jeunes Métropolitains aillent faire les saisonniers dans les colonies maghrébines (j'aurais vu plutôt l'inverse), mais je ne connais pas suffisamment cette époque. Je serais curieuse de savoir si ce détail historique est authentique ou si vous l'avez inventé...

J'ai lu sans déplaisir cette histoire, où vous savez ménager les effets ; je trouve assez peu vraisemblable qu'un jeune homme sans histoires du début du vingtième siècle pète la gueule avec une telle spontanéité à un représentant de l'ordre, parce qu'effectivement à l'époque ça rigolait pas avec l'ordre et la délinquance, mais pourquoi pas, si Augustin a le sang chaud ?

J'ai trouvé fort bien enlevée la description de la pêche à la truite à la main.

Concernant
Augustin a de la terre qui coule dans les veines. La terre et la condition de paysan c'est son sang à lui.
, autant j'aime la première phrase et son image toute simple et frappante, autant je déplore celle qui suit, qui ne fait qu'expliquer de manière un peu lourdaude cette image si bien trouvée et ainsi tue l'effet ! Avez-vous craint que le lecteur ne saisît pas votre intention ?

Un texte dépaysant dont j'ai plutôt aimé la lecture, même si je le trouve anecdotique. Il n'aurait pas fallu faire plus long, à mon avis ; ça tombe bien, ça ne l'est pas.

   silvieta   
4/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poésie, tous nos sens en éveil, âme neuve encore enfantine, plaisir de la pêche, "course folle et à bout de souffle" dans une fuite éperdue, la lecture de ce texte évocateur qui nous entraîne est un pur bonheur champêtre.

Le charme du roman régional, d'un roman régional très réussi. A propos de roman j'imaginerais encore plus cette nouvelle en extrait de roman car la chute n'en est pas vertigineuse ( "il sera bien obligé de m'emmener cette fois" ), c'est une toute petite chute mais c'en est quand même une.

Cette lecture m'a bien plu.

   Ludi   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Velias,

Bon, je ne crois pas que j’en lirais beaucoup plus long, mais mon dieu que c’est bien écrit. J’avoue ne pas bien connaître les écrivains méridionaux de la première moitié du XXe, genre Pagnol ou autres, mais j’imagine aisément que votre texte soit un excellent pastiche de l’un deux.

J’ai apprécié la simplicité narrative des vrais conteurs de la garrigue, des bois et des rivières. Le style est à la fois sobre dans l’expression et précis dans la description. Le débouclage final indique bien « la révélation personnelle » d’Augustin, et ce nouvel équilibre qui va probablement influencer son avenir.

Je vous trouve même davantage un talent de romancier que de nouvelliste. Pour moi ça ne va pas assez vite et Augustin est un peu effacé sous les détails de la nature.

Bravo Velias.

Ludi
braconnier de pépites

   Jano   
23/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai davantage été charmé par l'écriture que par le sujet en lui-même qui n'est pas d'une grande originalité. Un braconnier qui se fait surprendre par le garde-champêtre, rien de bien renversant, où alors il aurait fallu que ce soit plus long. En fait l'intérêt arrive à la fin, avec cet éventuel départ en terre algérienne, mais vous arrêtez là !

J'ai noté une petite incohérence ici. Le garde-champêtre dit « Cette fois c'en est fait de toi mon garçon! Je te tiens enfin ! », et peu après le héros « Pourvu qu'il m'ait pas reconnu ! ». Tout semble croire pourtant qu'ils se connaissaient bien.

   Anonyme   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'aime cette écriture. Il ne se passe pas grand chose et c'est précisément ce que je trouve excitant ; me poster l'air de rien au creux de la page pour juger de l'écriture : vérifier qu'elle sache nous emmener en douce partout, même et peut-être surtout là où il ne se passe pas grand chose. Ce texte répond à mon caractère de lecteur contemplatif ; nul besoin d'actions d'éclat, mais qu'au moins la langue soit travaillée. C'est ici le cas.
Je ne comprends d'ailleurs pas cette obsession pour "qu'il se passe quelque chose" que je relève dans nombre de commentaires — pas seulement ici — alors que l'on est en droit d'attendre d'un texte qu'il soit simplement "écrit".

Ce texte est à classer au rayon "écriture", il possède une âme, nous enchante avec un vocabulaire soigné et ne fait pas l'impasse sur la poésie de la langue vernaculaire [ biasse ] sans pour autant pratiquer l'esbrouffe. On accompagne le héros dans sa quête de la fario, et les personnages de second plan, bien mis en place, servent habilement le récit. Il y a là un côté photographique intéressant où les "seconds rôles" [ la mère Evodie, le père Brun, le Père Tardy ] esquissés à traits légers n'affaiblissent pas la lumière portée sur les personnages principaux. La focale est parfaitement au point dans ce texte et le paysage bien rendu avec des plans bien nets : ([...] l’ancien château s’offre à lui. Juché sur une colline arrondie, avant-garde des Monts du Matin,etc.)
De même, ( [...] le talus, que soutenait un mur de pierres sèches, vomit son ventre sur le chemin. ) nous donne à pressentir que les actes du héros ne seront pas sans conséquences. Aucun débordement, aucun excès ne saurait être exonéré de sa pénitence ( l'exil volontaire peut-être )

Ici, un mot pour cet auteur que je découvre avec plaisir, nous sommes chez un tisserand qui prend soin de donner de l'élasticité à l'armure du texte et de croiser habilement les fils de sa trame avec un savoir-faire artisanal remarquable. Nous ne sommes pas au rayon "tissus industriels", de ceux qui ne passent pas l'épreuve d'un premier essorage.

NB : J'ai relevé moi aussi cette toute petite faiblesse à propos du héros et du garde-champêtre tout à la fin mais peu importe, le récit est là. Bravo


Heureux de vous avoir lu.


Grange

   Solal   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'apprécie les histoires campagnardes. Surtout quand elles sont incarnées.("Augustin a de la terre qui coule dans ses veines" ou "le talus (...) vomit son ventre sur le chemin" belles pépites)
J'ai immédiatement plongé dans ce décor bucolique bien amené par vos descriptions et votre lexique "rustique". Bref l'ambiance est bien enracinée.
Oui mais... malheureusement votre texte souffre aussi de cette description.
Elle ne laisse pas beaucoup de place à la narration. Au final, j'ai l'impression de contempler un tableau, très beau, représentant un promeneur au milieu de la campagne du début du XXs. Seulement l'image reste figée.
Et quand, enfin, les péripéties débutent et bien votre texte se finit.
Quel dommage !

Solal

   vendularge   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Velias,

J'aime beaucoup cette description du parcours, le suis allée voir en images cette région près de Valence, elles sont moins belles que celles qui nous viennent en lisant le texte. Quelle jolie promenade, si j'ai bien compris on est dans les années 1906. Cette écriture est particulièrement soignée, précise. C'est l'essentiel du texte et ça me va comme ça. Il y a là pas mal de travail.
C'est vrai que le garde pêche, d'après le texte, le surveille depuis un petit moment, donc il le reconnaît forcément, un détail..

Merci pour la balade
vendulrage

   hersen   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
j'ai aimé cette écriture tout à fait adéquate pour nous immerger dans un sud d'un autre siècle.

L'histoire n'est en elle-même pas si originale puisque le garde-champêtre devait souvent faire des prises, dans une campagne où l'on braconnait pour manger ou bien gagner quelques sous.

Je suis très étonnée de lire que des français allaient, à cette époque, travailler comme saisonniers au Maghreb. Il me semblait plutôt que des fermes d'européens trouvait sur place de la main-d'oeuvre si bon marché que je ne vois guère l'intérêt pour un français de travailler à ce cours !

ce point mis à part (mais il conditionne la fin de l'histoire), même si je ne comprends pas que le garde-champêtre, qui à mon avis l'a forcément reconnu, ne saura le retrouver chez sa soeur, l'accent est mis sur la relative gravité du délit, surtout pour quelqu'un en condition de pauvreté, et l'importance de la conséquence : s'expatrier.

Tout ceci recadrer dans son époque, les voyages n'étant pas chose facile, donnent un certain recul et j'aime bien cela.

Et finalement, j'aimerais aussi connaître la suite des aventures d'augustin.

Merci de cette lecture.

hersen

Edit : je vois que c'est votre premier texte publié sur oniris, alors bienvenue velias et à vous relire avec plaisr

   Tadiou   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ca sent bon la campagne, la ruralité, les petites gens, une vie simple, "la France d'en bas" du début du XXème (on est en 1905 juste après la Loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat). Récit plein de charme et de fraîcheur, servi par une écriture soigné, légère, alerte et vive. Les descriptions des paysages sont bien maîtrisées, permettant de bien les visualiser, les rendant présents. C'est truculent et plein de sève.

Le personnage d'Auguste est bien campé et m'est sympathique et attendrissant (malgré ses coups de poings et son braconnage). Son cheminement, ses rencontres, la pêche, le garde-champêtre, la fuite, les projets qui s'en suivent, tout est rendu bien vivant par l'élégance et la finesses de l'écriture.
On souhaite "bonne chance et belle vie à Augustin!"

Texte qui m'évoque Giono et Michelet : belles références!!!

Au grand plaisir de te relire.

Tadiou

   PierrickBatello   
24/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Quel dommage de ne pas avoir exploité l'idée du départ en Algérie! Voilà qui aurait donné un angle intéressant. Sans cela, on se retrouve avec l'histoire simple(tte) d'un braconnier qui se fait prendre par le garde-champêtre, c'est un peu court. Le style sent la poussière, j'ai failli éternuer sur les tournures de phrase du genre "ça lui fait penser au téton de la Marie Bourgeaud" ou "ça lui évoque...". Pour moi, la nouvelle prend de l'intérêt à partir de la chute, qui devrait en être le point de départ.

   Velias   
25/2/2017

   Novi   
13/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai lu votre nouvelle il y a déjà deux semaines, et qu'elle me revienne en tête si souvent pour que la réminiscence me pousse aux commentaires, prouve la qualité de votre écriture.

L'histoire, quant à elle, ne m'a pas renversée. C'est un événement anodin dans une vie anodine qui tend, dans son final, à être le prélude d'une histoire plus profonde, pleine de contemplations, de récits de voyages, de télescopages de cultures ; votre nouvelle est un brouillon d'un destin prolétaire, l'esquisse d'un fil conducteur qui pourrait nous amener à un récit charmant, pourquoi pas pathétique, et en tout cas rempli de sobriété.

Belle écriture, un champ lexical maitrisé, ça porte, ça vibre l'imaginaire. Mon esprit ne s'est empêcher de peindre le tableau de ce forfait campagnard.

A très vite j'espère,

   Alexan   
5/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette nouvelle m’a fait vivre un délicieux moment !
Tout d’abord, une belle écriture aussi rustique que soignée, avec un effort sur la précision dans laquelle chaque détail compte et apporte une image, une sensation, une odeur ; je parierai bien que l’auteur a roulé sa bosse au sein de ces bois, champs et ruisseaux.
De formidable métaphores avec, a juste titre, la nature comme source d’inspiration, ou l’on ressent toute la poésie qu’il y a dans la rudesse des gens du cru.
Des métaphores qui d’ailleurs, pourrait faire un peu penser à celles de Jean Giono, que j’aime beaucoup.
Et pour continuer dans les comparaisons aux écrivains célèbres (les grands maitres me le pardonnent !), quand Augustin passe devant les « culs-bénis » de Combovin, on imaginerait bien une rixe d’enfants à la manière de Louis Pergaut !
Et puis on rencontre cet humour pittoresque et craquant de la campagne, qui mêle bon sens et candeur, avec toujours une teinte d’ironie et d’humble fatalité.
Je trouve que Velias a réussi à faire passer tout cela admirablement. En tout cas, je me suis bel et bien senti transporté aux côtés d’Augustin, de ces réflexions, conjectures, et turpitudes. Et c’est avec excitation que j’ai découvert la fin en songeant aux aventures qui l’attendent en Algérie.


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