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Horreur/Épouvante
Blitz : Éternelle idylle [concours]
 Publié le 14/02/16  -  15 commentaires  -  12982 caractères  -  170 lectures    Autres textes du même auteur

C'est la Saint-Valentin et le compte Viktor va retrouver son amour secret.


Éternelle idylle [concours]


Ce texte est une participation au concours n°20 : Larcin Valentin ! (informations sur ce concours).



Le moteur capota et de grosses bulles remontèrent à la surface. Le comte Viktor avait coupé le contact et le petit vaporetto glissa sans bruit vers l’embarcadère. Une fois le bateau accosté, Viktor fit une double clé avec la grosse corde de chanvre fixée à l’avant. Il sauta prestement sur le ponton, une petite valise dans une main et un gros bouquet de roses rouges dans l’autre. Il allait s’éloigner lorsqu’il sembla se rappeler quelque chose. Il retira soigneusement trois fleurs de son bouquet et les jeta à l’intérieur de l’embarcation. Puis il s’engagea joyeusement dans une des ruelles de l’île San Michele. Il faisait froid et il y avait du vent, mais le ciel était bleu, sans nuage et la nuit ne tomberait que dans une heure. Viktor croisa quelques touristes qui se pressaient pour prendre la navette du soir qui allait les ramener sur la place Saint-Marc en traversant la lagune de Venise.

Il tourna à gauche, puis deux fois à droite, en rasant les murs pour se protéger des bourrasques qui s’engouffraient dans les moindres recoins et chassaient, comme tous les soirs, les intrus qui s’attardaient et troublaient la sérénité retrouvée de l’île.

Le comte Viktor s’arrêta en face d’une porte. Il sortit de sa pelisse une petite clé ronde. Camille lui avait permis de faire un double. Il pouvait ainsi entrer sans bruit, sans risque de se faire remarquer en frappant au battant métallique. À l’intérieur, le vent ne se faisait plus sentir et la température était nettement plus clémente. Il ouvrit une seconde porte et enfila quelques marches d’un pas enjoué.

Camille l’attendait. Elle était assise silencieusement, dans la demi-pénombre. Elle savait que c’était son heure. Viktor était très ponctuel. Il venait toutes les semaines, le même jour à la même heure.

Il défit son lourd manteau, s’approcha et l’embrassa sur le front.


– Pour toi ma Valentine !


Camille huma les roses rouges, toujours sans rien dire, en souriant, sans quitter du regard son amant, celui avec lequel elle se sentait redevenue femme.

Le comte alluma une à une les bougies qui parsemaient la pièce. Il pouvait sentir Camille qui le regardait, amusée lorsqu’il se brûlait les doigts en essayant de faire durer les allumettes. Viktor prenait son temps, savourant par avance le moment où, en se retournant, il la découvrirait, parée des bijoux qui renvoyaient la lueur des bougies comme des rayons de lune.

Camille était pour le comte Viktor la plus belle des femmes qui ait jamais existé. Cette fois-ci encore il resta sans voix devant la sérénité et la grâce qui se dégageaient de la jeune fille. Il s’assit en face d’elle et la contempla en faisant durer cet instant d’extase comme un moment d’éternité. Il aimait les longs silences complices qui régnaient entre eux. Ils n’avaient pas besoin de se dire bonjour ou de peupler leurs conversations de niaiseries pour le simple motif de maintenir la communication. Non, ils pouvaient s’en passer tant leurs regards suffisaient pour dire combien ils s’aimaient.

Ils parlèrent enfin. Du temps qu’il faisait dehors, des derniers morts dans le milieu du cinéma, du drame du Word Trade Center qui avait pourtant eu lieu l’an passé mais qui allait changer le monde pour toujours. Un des voisins de Camille avait d’ailleurs péri dans la catastrophe.

Camille ne sortait pour ainsi dire jamais. Elle préférait le confort douillet de son intérieur décoré de fleurs soigneusement arrosées. Camille connaissait tout des fleurs, elle pouvait deviser des heures sur les orchidées de Thaïlande ou les jonquilles du Canada. Viktor en était ravi car les fleurs étaient également sa passion. Il avait même une gigantesque serre dans son palais du Cannaregio. Un jour il emmènerait Camille la visiter. Mais pas tout de suite, pas dans sa situation de notable connu de Venise. Il s’en excusait presque, mais Camille le rassurait toujours, lui disait qu’elle comprenait parfaitement et qu’ils avaient tout leur temps. Elle préférait rester à San Michele de toute façon. Elle se sentait en sécurité ici.

Camille était, il est vrai, un peu fragile. Elle supportait mal les voyages. Sa frêle silhouette laissait deviner une santé délicate, séquelle d’une mauvaise grippe, contractée bien des années plus tôt. Viktor ne voulait surtout pas la brusquer. Il évitait de la toucher mais la prenait quand même dans ses bras, quelquefois. Elle semblait alors aux anges, enlacée par cet homme puissant, plus âgé qu’elle visiblement, mais qui avait des attentions de petit enfant. Les élans de tendresse qu’ils se permettaient n’allaient cependant jamais plus loin. Leur amour était trop pur, trop intense pour le gâcher dans des ébats déplacés entre une jeune femme et un monsieur aux tempes grisonnantes.

Viktor ouvrit sa petite valise de cuir et sortit une bouteille de champagne. Sans nul doute un bon cru. Le comte pouvait se le permettre, surtout pour la Saint-Valentin. Il alla prendre deux verres sur une étagère en acajou délicieusement sculptée. Il connaissait l’endroit par cœur et se sentait chez lui.

Ils trinquèrent. À eux, à leur éternelle complicité, à leur amour qui durerait toujours. Le comte avait des mots doux toujours nouveaux pour Camille. Avec le champagne, il devenait un bavard intarissable et se perdait en louanges un peu pompeuses. La jeune fille écoutait en baissant la tête, ravie d’être adorée sans réserve par quelqu’un d’aussi exceptionnel. Il descendait quand même d’un des doges de Venise !

Le comte sortit soudain de sa poche un étui noir et brillant qu’il posa sur la table et qui s’alluma de lui-même. C’était un téléphone portable. L’objet faisait totalement anachronique dans cet intérieur si désuet. Camille ne s’était toujours pas habituée aux gadgets électroniques et elle ouvrait des yeux avides, impatiente de voir à quel point le monde du dehors avait évolué. Viktor tapota maladroitement sur l’écran et, après quelques essais infructueux, de la musique se fit entendre. Le son remplit immédiatement la pièce, un son un peu caverneux mais on distinguait bien la mélodie que soulignait un tempo vif et gracieux. C’était un tango argentin, un des plus connus, le Libertango d’Astor Piazzolla. Le comte Viktor était devenu totalement obsédé par cet air, il l’écoutait toute la journée, depuis une semaine.


– Vous dansez mademoiselle ?


Camille ne refusa pas. Elle espérait ce moment qui, comme toutes les semaines, allait la rendre encore plus femme, encore plus belle et elle se sentirait totalement comblée. Le comte la prit dans ses bras et lentement, au rythme du tango, commença sa parade nuptiale.

Ils dansèrent, dansèrent. Ils semblaient animés d’une fièvre infernale et les bougies qu’ils frôlaient adroitement faisaient se mouvoir les ombres autour d’eux, comme une cour de danseurs fantômes. On aurait dit que toute la pièce dansait. Camille suivait les pas de Viktor qui la soulevait et la projetait délicatement d’un côté ou l’autre de ses jambes. Par moment, le comte avait la tête renversée et fermait les yeux. Il imaginait les doigts longs et nerveux de l’artiste sur les touches de nacre qui faisaient pleurer le bandonéon. Il était complètement saisi par l’air hypnotique. Camille également. Elle était soumise à cet homme qui faisait un avec son corps et la faisait vibrer jusqu’aux plus profond de son âme. Sa robe délicate en taffetas blanc virevoltait et venait frotter le visage de Viktor quand celui-ci se penchait d’un mouvement soudain pour la tenir à l’horizontale une fraction de seconde avant de se redresser brusquement et repartir à longues enjambées souples et rythmées.

Le morceau était programmé en boucle et dura un temps interminable. Ce n’est que lorsque le comte fut à bout de souffle qu’il éteignit cérémonieusement l’appareil. Il reposa alors délicatement Camille sur son banc matelassé et s’assit à son tour pour reprendre sa respiration et admirer sa partenaire qui continuait à lui sourire en le fixant d’un air enamouré. Elle n’avait pas besoin de repos car elle ne faisait pour ainsi dire pas d’effort. Comme Viktor était beaucoup plus grand, il l’avait littéralement portée tout le temps. Et cette fois-ci, il avait mis un point d’honneur à durer plus longtemps que d’habitude.

C’était la Saint-Valentin, c’était donc un moment exceptionnel.

Puis la magie disparut. Cela avait été une soirée parfaite mais ils n’avaient plus rien à se dire. Tout au moins pour ce soir.

Le comte Viktor regarda brusquement sa montre et, sans préambule, comme le client d’une prostituée qui se rhabille à la hâte, annonça à Camille qu’il devait partir. Un banquet de vieux notables agonisant. Une fête lugubre à mourir d’ennui, mais à laquelle il ne pouvait se soustraire compte tenu de son rang dans la société vénitienne.

Il mentait.

Après avoir quitté Camille, le comte Viktor irait voir Carlotta. Il s’en voulut soudain de penser à l’autre, comme s’il avait peur que Camille puisse lire dans ses pensées. Il tenta de refouler les images qui venaient à lui, pour éviter de se dévoiler. Il devait se concentrer sur Camille en ce moment. Ne rien laisser filtrer. Il n’aurait pas supporté que la jeune fille sache, cela lui aurait fait trop de mal. Et puis Carlotta, ce n’était pas pareil. Viktor avait un autre type de relation avec elle. Une relation plus… charnelle. C’était une simple couturière qui était arrivée sur l’île trois mois plus tôt. Elle demeurait à quelques ruelles de Camille. C’est d’ailleurs en quittant celle-ci un soir qu’il avait croisé Carlotta. La pauvre ne connaissait personne ici et elle s’était abandonnée sans résistance dans les bras de Viktor. Depuis, le comte la voyait régulièrement et passait des moments intenses avec elle. Mais c’était une attraction totalement physique, rien de spirituel comme avec Camille. Rien de profond ou sentimental. Simplement des bons moments toujours ponctués d’ébats coquins dans lesquels se rassasiait Viktor. Cela semblait convenir aussi à Carlotta et les escapades friponnes et très secrètes de Viktor, au rythme d’une visite par semaine environ, les satisfaisaient tous les deux et permettaient à leurs chairs de reposer en paix. Du moins c’est ce qu’avait ressenti le comte. Mais avec Camille c’était très différent. Il n’aurait jamais osé les attouchements qu’il se permettait avec Carlotta. Cette pensée même le révulsait. Il avait trop de respect pour Camille. Aussi il ne se sentait pas coupable de partager son temps et ses passions entre deux femmes. Il avait le cœur assez grand pour les aimer toutes les deux, mais de manières très différentes. Il assumait totalement cette dualité. Carlotta était comme une vieille amante avec laquelle on peut assouvir ses fantasmes sans devoir assumer les regards désapprobateurs de son entourage sur une relation… inappropriée. Camille était comme son double spirituel, celle avec qui il se sentait faire un.

La jeune fille n’avait rien ressenti des brèves pensées coupables de Viktor. Ou tout au moins ne laissait rien paraître. Ils bavardèrent encore un bref instant, sur la montée des eaux dans la lagune et sur le climat qui semblait définitivement changer. Le comte finit sa deuxième coupe de champagne et se leva. Il s’approcha de Camille et effleura ses longs cheveux en désordre. Il aimait aussi cet aspect négligé de la jeune fille qui la faisait paraître plus espiègle, plus mutine. Plus vive.

Camille ne bougea pas et le regarda s’éloigner, sans manifester d’émotion. Cela se passait toujours ainsi. Les bons moments avec le comte avait toujours une fin. Mais il revenait chaque semaine, même si cela représentait pour Camille une éternité. Et ils riraient encore ensemble en devisant comme de vieux complices qui partageaient exactement les mêmes passions et les mêmes plaisirs sobres d’une intimité absolue.

Le comte Viktor sortit et le vent vif de février le frappa en pleine face. Il remonta le col de son long manteau. La Lune était pleine et projetait des ombres grotesques sur tous les murs qui le cernaient. Sans y prêter attention, Viktor referma soigneusement à clé la lourde porte qui protégeait son amour secret. Il lui fallait maintenant récupérer les trois roses qu’il avait réservées pour Carlotta, sa maîtresse libertine. Trois roses comme autant de mois depuis leur rencontre.

Avant de s’engager sur l’allée de graviers, il caressa de la main l’inscription sur le mur. Il faisait ce geste après chaque visite à Camille, comme un regret de partir trop tôt et la laisser seule. Un jour il viendrait pour de bon à San Michele, et dans sa dernière demeure, reposerait près de Camille. Ses doigts se détachèrent enfin des lettres en or gravées dans le marbre et il s’éloigna sans un regard. Sur le mur était écrit :

Camille Manciatti

1889 – 1913


 
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   hersen   
5/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Histoire étrange que l'on ne comprend qu'à la fin et qui tout du long, nous plonge dans une atmosphère étrange. Qu'elle se passe à Venise et qu'il s'agisse d'un comte renforce encore cet aspect.

La "passivité" de la femme que le comte visite interpelle et on se demande pourquoi la visite n'est pas plus "chaude", d'autant plus que c'est la Saint-Valentin.

Il nous faudra la plaque et l'allée de gravier...et les trois roses.

Histoire très bien menée, très bien écrite.

   vendularge   
5/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

J'aime beaucoup cette histoire, d'abord parce que j'aime Venise et cette soirée près de Camille m'évoque certaines soirées dans certains palais, le mystère que l'on y suppose et les étoffes que nous pensons voir.

La chute est délicieuse.

Un grand merci

   carbona   
5/2/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Arggh, je suis déçue par la fin. Dommage car j'ai vraiment apprécié votre écriture qui m'a plongée avec plaisir et facilité dans le récit.

A plusieurs reprises je me suis interrogée sur Camille, je l'ai imaginée telle une poupée de chiffon.

Mais ce qui me déçoit ce sont toutes les passages qui trompent le lecteur "Il pouvait sentir Camille qui le regardait, amusée lorsqu’il se brulait les doigts ", "Elle savait que c’était son heure", "Ils parlèrent enfin. "... Cela m'empêche d'adhérer.

Cric alors car c'était plutôt un bon moment.

Carbona

   Anonyme   
6/2/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Cette histoire a un côté fantastique pas désagréable mais guère portée par une écriture trop sage. Quand on aborde du surnaturel - car c'est bien de celà qu'il s'agit au fond - il faut que le style suive et s'échappe de la conformité, qu'il entraine le lecteur dans une spirale déroutante en secouant les lignes. Or rien de tout ça !
Sans vous offenser l'ensemble fait trop scolaire. Tout est dit, décrit, expliqué, aucune place à l'atmosphère, au travail de l'imagination. Du coup l'intensité dramatique se dégongle totalement. Dommage car je le répète, l'idée était franchement bonne.

   Anonyme   
10/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé l'atmosphère d'étrangeté qui règne sur la nouvelle. Toutefois, je pense que celle-ci relève plus du fantastique que du gore ou de l'épouvante, car même si "épouvante" ne rime pas avec hémoglobine, l'aspect terrifiant n'est pas du tout mis en avant.

De plus le thème du "larcin" n'est pas vraiment respecté dans la mesure ou Viktor sait qui est Camille. Il sait donc à qui il a affaire et n'est pas du tout abusé.

Le tout reste quand même correct.

Wall-E

   Vincendix   
14/2/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Sachant qu’elle est la particularité de l’ile San Michèle de Venise je n’ai pas attendu la chute pour comprendre.
C’est peut-être cette absence de suspense qui m’a permis de ressentir, dès les premières lignes une réelle émotion. Le récit de cette visite à une maîtresse disparue est poignant, j’imaginais la scène du tango dans cet endroit lugubre.
Très bel écrit d’une plume que j’ai déjà appréciée.
Je m’interroge tout de même sur la date gravée dans le mur, si Camille est morte en 1913, quel âge a le comte, sachant que l’action décrite se passe en 2002 ?

   Pepito   
14/2/2016
Bonjour Blitz,

"Le moteur capota" nous sommes au Québec je suppose...
"une petite valise dans une main et un gros bouquet de roses rouges dans l’autre" " Il sortit de sa pelisse une petite clé ronde." "Il défit son lourd manteau," tadam, sans rien lâcher entre temps !
"faisant durer cet instant d’extase comme un moment d’éternité." > "Ils n’avaient pas besoin de se dire bonjour ou de peupler leurs conversations de niaiseries" effectivement, le narrateur l'a déjà fait pour eux.
"séquelle d’une mauvaise grippe, contractée bien des années plus tôt." ?! ho cela met la puce à l'oreille... hahaha...

"Il évitait de la toucher mais la prenait quand même dans ses bras, quelquefois." celle là est géniale ;=) je me demande s'il a lâché la valise entre-temps ?

"À l’intérieur, le vent ne se faisait plus sentir" c'est même pour ça qu'on l'a inventé, "l’intérieur"
"à leur amour qui durerait toujours." > "Le comte avait
des mots doux toujours nouveaux" ha, si l'auteur avait pu faire de même...
"Il descendait quand même d’un des doges de Venise !" Viktor étant le diminutif italien de Vitorino je suppose
"Et cette fois-ci, il avait mis un point d’honneur à durer plus longtemps que d’habitude." heureusement qu'il s'agit d'amour platonique, j'aurai pu me méprendre...

Bon, à partir de Carlota j'ai survolé, j'avais ma dose de bons sentiments...

"faisaient se mouvoir les ombres autour d’eux, comme une cour de danseurs fantômes" bien vu l'image

Le texte semble avoir été écrit depuis un bail, rajout de 2 ou 3 phrases pour faire St Valentin... je me trompe ?

En attendant, j'ai bien rigolé, merci pour la lecture.

Pepito

   veldar   
14/2/2016
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
RE bonjour Blitz

J'ai effacé mon premier commentaire.
L'impression générale reste identique.
Je trouve cette histoire peu crédible - elle l'est à la base, c'est une évidence mais ici l'écriture ne porte pas l'histoire. C'est très linéaire. Il n'y a pas un pli qui dépasse, le décor et la situation sont réglés au millimètre et rien n'y manque.
Trois broutilles, au passage :
"sembla se rappeler" ou il se rappelle, ou il ne se rappelle pas
"visiblement plus âgé" elle devrait le savoir avec certitude
et cette répétition de faire "faisait avec son corps la faisait vibrer"

Viktor est passablement secoué, ce qui au final le rend simplement pathétique alors qu'il aurait pu être sympathique.
J'aime les persos bien secoués et s'ils sont pathétiques, ma foi, c'est parce qu'ils sont humains.
Alors l'histoire serait devenue intéressante. J'ai relu quatre ou cinq fois le texte pour y trouver ce qui me manque, je ne l'ai pas vu. Quoi, qu'est-ce, d'où vient Camille ? Où se sont-ils rencontrés, dans quelles circonstances ? Un peu d'émotion, de chair, un éclairage biseauté aurait mieux rempli ce texte plutôt que de se concentrer sur le décor et les attitudes.
J'ai cherché, j'ai lu, relu, rien trouvé qui me contente.
Un jour prochain sans doute.

Veldar

   Bidis   
14/2/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
J’ai aimé le décor, Venise, et le charme suranné de cette nouvelle mais j’ai trouvé beaucoup d’imprécisions tant dans la forme que dans le fond.
- « Il retira soigneusement trois fleurs de son bouquet et les jeta à l’intérieur de l’embarcation » : on vient de dire que le personnage tient une petite valise d’une main et un gros bouquet de l’autre. A mon avis, il faudrait lui faire déposer sa valise avant d’enlever les fleurs du bouquet.
- « Elle savait que c’était son heure. » : l’heure de qui ? Grammaticalement, c’est l’heure du dernier sujet, donc de « Elle » mis pour Camille. Mais d’après le sens, je suppose que c’est de l’heure du ponctuel Viktor dont il s’agit
- « et l’embrassa sur le front » : toujours un peu de flou avec un pronom personnel trop éloigné de son sujet. C’est le lecteur qui doit, consciemment ou non, faire les liens.
- « Camille ne sortait pour ainsi dire jamais. Elle préférait le confort douillet de son intérieur décoré de fleurs soigneusement arrosées. Camille connaissait tout des fleurs,… » : la répétition de « Camille » devient gênante. On peut dire « la jeune femme », ou (plus joli) « la jeune Vénitienne » ou « la jolie Vénitienne » pourquoi non ? D’autant que cela ne s’arrange pas. Un peu plus loin, en 64 mots, il y aura trois fois « Camille ».
- « Leur amour était trop pur, trop intense pour le gâcher dans des ébats déplacés entre une jeune femme et un monsieur aux tempes grisonnantes. » Ouche ! Je veux bien que ces deux-là soient d’incurables romantiques, cela existe et a son charme. Mais dit ainsi, il y a comme un jugement ou une évidence. Pour moi, rien n’empêche un amour pur et intense d’être aussi sacrément charnel. D’autant que plus loin, il y aura la « femme facile » pour dire cela élégamment. On est en plein cliché, là ! Quand on sait le mal que ce genre de catégorisation a pu faire, je trouve que cela ôte de la poésie au texte au lieu de lui en apporter.
- « Il descendait quand même d’un des doges de Venise ! » : il faudrait peut-être expliquer ce nom de Viktor qui pour moi prend des consonances russes ou roumaines.
- « L’objet faisait totalement anachronique » : « faire anachronique » n’est peut-être pas une faute, mais je ne trouve pas cela très joli comme expression.
Et enfin, l’âge des protagonistes. Camille est née en 1889. Or, l’attentat aux tours jumelles a eu lieu en 2001, l’histoire ici se passe un an plus tard, soit en 2002. Elle aurait donc 113 ans. Or elle est morte à 24 ans, et même si Viktor était plus jeune qu’elle, ce ne pourrait être que de quelques années. Donc, Camille n’est pas un amour de jeunesse. Mais alors qui est-elle ? Ça c’était intéressant.

   Blitz   
15/2/2016

   Automnale   
15/2/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
J’ai lu cette histoire hier au soir, tard. Or, je constate que l’auteur a déjà ouvert un forum pour fournir des explications. Préférant mille fois me faire une idée par moi-même, je n’ai lu, malencontreusement, qu’une seule ligne des explications fournies. C’est encore de trop, car le charme est rompu. Dès lors qu’il s’agit d’une Nouvelle publiée dans le cadre d’un concours, je vais, quand même, donner mon avis (après avoir posté mon commentaire, j’irai poser mes yeux sur le forum).

Cette « Eternelle Idylle » ne manque pas de susciter l’intérêt. Au fil de l’eau, au fil des mots, l’auteur fait planer un esthétisme certain, une ambiance « Mort à Venise », une atmosphère feutrée, un côté bien mystérieux. Le sujet est traité avec beaucoup de subtilité, d’intelligence. Les indices sont semés exactement comme il convient… Or, en dépit des indices, j’ai, pour ma part, mordu de bout en bout à l’hameçon. C'est dire si je me suis posée des questions ! En découvrant l’inscription finale - quelle chute originale ! - : « Camille Manciatti/1889-1913 », j’ai enfin compris où je me trouvais.

Oui, j’ai eu le temps de m’interroger ! Qui était cette Camille, pourquoi ne sortait-elle pour ainsi dire jamais ? Comment pouvait-elle se sentir comblée, à San Michele, juste en dansant un tango dans les bras d’un comte, si séduisant soit-il ? Quant à cette Carlotta, rencontrée depuis trois mois seulement, où était-elle vraiment installée ?

Tous les éléments se trouvaient pourtant réunis pour m’aiguiller : un intérieur décoré de fleurs, des bougies, une allée de graviers… Elle se sentait en sécurité, Camille - elle qui ne connaissait pas les téléphones portables -, dans sa demeure… Pour y arriver, il fallait tourner à droite, puis deux fois à gauche (eh oui !). Et Carlotta, la petite couturière, résidait quelques ruelles plus loin… L’une et l’autre ne manifestaient que peu d’émotion… Je veux bien le croire !

In fine, je m’interrogeais encore. Elle ne serait plus toute jeune, avec ses 24 printemps auxquels nous ajouterions 89 ans - cette jolie Camille ! Mais qui était-elle, alors, pour le Comte Viktor, me demandais-je ! J’ai quand même saisi très vite que tout ne tournait pas rond dans la tête de ce descendant d’un des doges de Venise !

Bref, j’ai beaucoup apprécié, pour sa beauté, son originalité, son suspense, ce récit, à l’image d’un autre texte, bien différent, de Blitz : « Stairway to Heaven » (que je n’avais pu, lors de sa publication, commenter).

Tous mes compliments, Blitz ! Je ne sais évidemment pas ce que seront les autres Nouvelles publiées dans le cadre du concours, mais je n’oublierai pas cette étrange « Eternelle Idylle ». Je conserve à présent, grâce à vous, l’espoir que, même inanimée pour l’éternité, je pourrai encore être follement aimée… C’est une grande satisfaction !

   macaron   
16/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une atmosphère étrange réussie pour une petite histoire romantique en diable. Pas très italien ce comte Viktor mais pragmatique avec ses deux amours, pour le passé et le présent. Une lecture agréable, on devine un peu le chemin que l'on prend, mais on se laisse aller, sans réticence.

   Ananas   
17/2/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Connaissant l'île pour l'avoir visitée, je n'ai pas été prise par le suspense de la nouvelle.
Et du coup, je pense qu'il manque une bonne dose de second-degré pour rendre l'histoire crédible. Une montée en puissance de la folie, des sarcasmes, de l'humour noir, des indices pour aiguiller le lecteur qui ignorerait qu'il se trouve dans un cimetière vers la déviance dont souffre Viktor.

Ensuite, il y a des 'incohérences dans le texte.
Je pense en premier lieu que sauf momification ou travail sur les articulations il est impossible qu'un cadavre enterré début des années 1900 soit en état de danser en l'an 2002, surtout quand on sait les méthode d'embaumement utilisées à l'époque...

Les différentes actions du "conte" également (quand il sort ses clés ou les trois roses alors qu'il tient sa valise et ses fleurs).

Le style quant à lui est assez plat, morose, répétitif, et ne parvient pas à poser une ambiance qui convienne au récit.
On a l'impression qu'un vieux monsieur vient rendre visite à une vieille dame et sorti des gâteaux secs qu'ils suceraient ensemble après avoir retiré leurs dents (haha) l'auteur ne nous épargne aucun cliché, aucune banalité commune à toutes les histoire sentimentalo-romantiques. C'est mièvre, mais sans avoir ce malaise correspondant à ce que l'auteur nous raconte.
L'apogée se situe dans les aveux du conte concernant ses visites à Carlotta.

Tout ceci manque franchement de folie et pourtant le sujet est tellement propice à la folie (quoi de plus dingue qu'un nécrophile infidèle...?) que ça m'a personnellement totalement gâché l'histoire. Je m'attendais à quelque chose de plus déstructuré, de plus noir, de plus déjanté.

Je respecte néanmoins le choix de l'auteur que je remercie pour la lecture.
Bonne chance pour le concours.

   Pouet   
25/2/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Si ce n'est la chute assez surprenante, je dois vous avouer que je me suis ennuyé assez prodigieusement lors de cette soirée entre Camille et le comte Viktor. L'écriture est certes soignée mais ne m'a pas du tout emporté.

Je ne sais pas bien comment définir cela, j'ai trouvé cela bien trop "classique", sans surprise, sans folie. Rien n'a retenu particulièrement mon attention si ce n'est la fin évidemment.

Voilà je ne prétends pas que votre texte n'a pas de qualité mais simplement que ce n'est pas mon style.

   jfmoods   
1/3/2016
"World Trade Center"

Au-delà du caractère fantastique de ce récit (mise en abyme de l'enfermement : "l'île", "la clé", rituel routinier : "toutes les semaines, le même jour, à la même heure", et dépourvu de toute cohérence temporelle : "du World Trade Center qui avait pourtant eu lieu l’an passé", "1893-1913"), c'est le titre de la nouvelle, paradoxal (Éternelle idylle"), qui nous guide vers son véritable enjeu : celui du coeur insondable de l'homme. Camille et Carlotta figurent les deux faces d'une même pièce, celle de la fantasmatique masculine. Combat incessant, insoluble, entre désir de l'éternité et éternité du désir.

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
21/4/2017
Commentaire modéré


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