Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Réalisme/Historique
calouet : Quintes et raclements
 Publié le 16/09/09  -  14 commentaires  -  11919 caractères  -  86 lectures    Autres textes du même auteur

Une nouvelle qui n'en est pas vraiment une, presque un billet d'humeur... Écrite dans un train, comme beaucoup de mes productions d'alors.


Quintes et raclements


Les transports en commun sont pratiques, chers et chiants. Et dangereux. Insidieusement, ils nous emmènent non seulement à bon port, mais aussi sur la route fatale de la normalité. Après quelques années passées à prendre le train matin et soir pour aller gagner, sinon ma vie, du moins le droit d’y croire, j’ai fini par me rendre compte que je commençais à ressembler à ces monstres sans visage qui m’avaient tellement marqué lorsque pour la première fois je suis monté dans un métro parisien. Peu à peu, malgré moi, j’étais devenu comme tous les autres, un de ces chiens de Pavlov qui remuent la queue d’impatience à la moindre minute de retard, qui montent dans les wagons de tête pour ne pas avoir à marcher longtemps sur les quais surpeuplés du terminus, qui se collent immuablement la truffe contre la fenêtre sans pour autant avoir envie de regarder le paysage. Le train attaque la nature humaine dans ce qu’elle a de plus beau, dans son imprévisibilité.


Une fois que l’on a investi le corps du long ver de métal, que les narines se sont accommodées aux odeurs de vestiaires qui embaument sempiternellement un wagon digne de ce nom, il faut trouver une place assise. Pas à côté de quelqu’un, si possible. Toutes les places vont par deux, voire par quatre. Pourtant tout le monde veut voyager seul. Le monde est mal fait, alors les trains aussi, et c’est comme ça : on propose depuis des lustres de partager un moment de relative intimité – deux culs qui se touchent sur une banquette c’est quand même vachement intime – à de parfaits inconnus qui n’ont qu’un désir, le rester.


Parfois pourtant, toutes les rangées de sièges sont constellées de voyageurs, plus une place double – une pour le cul, l’autre pour la veste et le sac – n’est libre, il faut bien se résoudre à cohabiter pour quelque temps avec quelqu’un. Là, le choix est crucial. Une erreur, et c’est le calvaire assuré pendant des kilomètres… Pour résumer, bien que cette liste d’écueils ne soit pas exhaustive, en s’asseyant à côté de quelqu’un on peut redouter : sa conversation (dont le débit est souvent homothétique à la connerie), son baladeur poussé à fond (même de la bonne musique devient infernale quand on se fait violer les tympans), son chien miniature planqué dans un panier sous la banquette (version haletante du diable à mauvaise haleine et à ressort dans sa boîte, qui sort toujours par surprise), sa propension à étaler sa matière dans un milieu réduit, qu’il s’agisse des coudes, des jambes, de la tête lorsqu’il s’endort tout près de votre épaule, voire même d’une paire de fesses par trop adipeuses (oui le cul, encore, on y revient souvent dans la vie) qui vient dévorer la moitié de votre espace au fil des tressaillements du rail, et enfin l’odeur… Pas besoin d’explications pour ce dernier point, toute personne ayant un jour pris dans sa voiture un auto-stoppeur estival et malchanceux me comprendra, par exemple…


Un de mes souvenirs les plus cuisants de transports en commun est d’ailleurs la cohabitation rapprochée que m’imposa un jour un jeune curé, qui se coiffait comme un champion départemental de club Pyramide mais qui sentait pareil que s’il sortait du sarcophage de Toutankhamon… Quand on est doté de tels effluves naturels, le vœu de chasteté ne représente peut-être pas un si grand sacrifice que ça. De là à dire que tous les ecclésiastiques puent volontairement pour ne surtout jamais se faire draguer, il y a un pas énorme, et je ne me sens ni la souplesse ni l’expérience suffisante… Mais revenons-en à notre putois. Le type nullement gêné, se permettait même un nombre incalculable de mouvements et autres réajustements de position, autant d’initiatives malheureuses car brasseuses d’air, qui à chaque fois manquaient de me décoller le pancréas, à moi qui avais pourtant le front fixé à la vitre glaciale, le nez collé par le givre à la grille d’aération…


Mais ce jour-là, comme je suis sans doute trop poli ou trop con pour me lever et aller m’asseoir plus loin, j’ai dû composer avec le manque d’hygiène et les sécrétions épouvantables du cureton, près d’une heure durant. Plus jamais je ne me suis laissé prendre.


Aujourd’hui, je suis devenu un bon petit robot. Je ne connais pas vraiment les gens qui prennent le train avec moi, pourtant je sais lesquels sont à éviter à tout prix lorsque les places se font chères. D’abord, l’espèce de vieux clodo parfumé au cendar qui squatte les wagons jusqu’à ce qu’on le foute dehors. Lui, il est plutôt sympa, surtout quand il ne demande pas de thunes, le souci majeur est olfactif. Redoutablement agressif, corrosif pour ainsi dire, là où le cul bénit se faisait remarquer par des remugles à la fois rances et douceâtres.


Ensuite, il y a cette jeune fille très bavarde et très moche, qui ne semble pas tout à fait finie. Ou alors très mal. Elle n’est pas foncièrement désagréable, elle ne sent que rarement la sueur, mais je ne paye pas mon abonnement pour admirer les essaims d’énormités qui patrouillent dans son cerveau lacunaire. J’ai bien conscience d’être un salaud en disant ça, mais je le serais encore plus en profitant de sa conversation surnaturelle pour écrire des best-sellers. Non merci, pas de ce pain-là. J’aime mieux écrire des merdes comme celle qui retient votre attention en ce moment, et ne me remerciez pas c’est cadeau.


Dans le même ordre d’idées, il y a la petite bande de blaireaux de chez Épéda. Un moustachu libidineux et une demi-douzaine de victimes de la mode sur le retour. Un banc de thons bariolés, quoi. Là encore c’est le haut du panier niveau connerie et certitudes, un cocktail détonnant entre l’art de paraître ridicule et le fait de ne pas s’en rendre compte. Fort heureusement, ce fretin ne se déplace guère qu’en bancs, moyen de défense anti-prédation classique, leur permettant sans doute de survivre correctement au milieu de gens normalement intelligents.


Il y a les deux institutrices aussi. Deux petites jeunes, si ça se trouve ce ne sont que des élèves de l’IUFM, même si à les entendre elles n’ont plus rien à apprendre de la vie. Là, le danger n’est pas direct, puisqu’elles sont toujours côte à côte, mais le risque de dommages collatéraux est certain. Je peux vous assurer qu’écouter à longueur de trajet les théories ronflantes de ces deux greluches sur l’éducation vous permettra de mieux juger en quoi les générations futures sont déjà périmées avant même d’avoir pu sortir du frigo, et comment le système éducatif français se fout le doigt où je pense… C’est-à-dire dans l’œil, bande de petits vicelards.


Et enfin, la star du TER, la Némésis du voyageur dilettante, j’ai nommé l’Homme qui tousse ! Comme son nom l’indique, c’est un pur phénomène de foire, les restes lamentables d’un type sans doute normal jadis, que le temps et la maladie ont transformé en un monstre goitreux et crachotant. Ce type est un genre d’homme-orchestre, une réaction en chaîne et en costard à lui tout seul, qui ne s’accorde pas la moindre seconde de répit. Ronflements caverneux, pets convulsifs – et vice versa, renvois mal contrôlés, raclements de gorge gluants – et vice versa, quintes de toux damocaméliesques, miasmes éruptifs, curages de pif carnassiers, sifflements asthmatiques, crachats corrosifs… Bref, l’Homme qui tousse n’a aucune pitié pour ses voisins, comme si la certitude de crever prochainement des affres d’une longue maladie – un tel tsunami symptomatique ne saurait être parfaitement anodin – l’autorisait à se comporter comme un porc… Comme si le confort des trains régionaux, mille fois vanté par la S.N.C.F. était à ce point remarquable que le simple de fait de s’y asseoir donnait le privilège à l’Homme qui tousse de faire comme s’il était dans ses propres chiottes…


Régulièrement, je vois des victimes se faire avoir, car l’Homme qui tousse est un redoutable chasseur : derrière sa peau basanée par les traitements de cheval, palpite l’âme d’un vieux lion dont les crocs certes usés savent encore se planter dans la croupe d’une gazelle sans défense… Et le salaud ne s’y trompe guère, puisque ce sont très fréquemment de jolies jeunes filles qui assistent aux premières loges à ses concerts de glaires. Il arrive en général au dernier moment, faisant irruption dans la cage alors que de nombreux voyageurs sont déjà installés. Facile de le reconnaître, même sans le voir, tant sa respiration frénétique et sifflante tend à faire croire qu’il vient non seulement de se faire le rallye des sables mais qu’en plus il en est revenu à pied en fumant des Gauloises sans filtre pour se donner du courage… À chaque fois, je ne peux m’empêcher de jeter un œil à la donzelle, dès lors que le concert commence. Dans le contexte étouffant imposé par le Maestro, les filles se ressemblent toutes : livides, les yeux faussement détachés, signe de la plus haute concentration, les mâchoires serrées par le dégoût. C’est dur pour elles, et même si l’Homme qui tousse est certainement le plus à plaindre dans l’affaire, j’ai toujours une petite étincelle de compassion en direction de ces jeunes femmes innocentes jetées en pâture à la bête, comme d’innocentes pucelles offertes à un dragon boulimique…


Avec le temps, et à ma grande surprise, j’ai remarqué que l’Homme qui tousse jouissait d’une aura toute particulière, qui ne pouvait raisonnablement pas être attribuée à ses prouesses gutturales... Ce type, quel que soit le genre d’épave qu’il est devenu, est quelqu’un de connu et d’apprécié. Au moins pour le souvenir. Régulièrement, des voyageurs le saluent, voire même s’arrêtent à sa hauteur pour discuter. En général, le goitreux leur répond avec une vivacité rare, excepté les quelques fois où l’encombrement de son pharynx empêche toute discussion… L’autre jour, un jeune homme s’est même assis à côté de lui ; un étudiant peut-être, ou bien un tout jeune salarié. J’étais assis tout près de là, involontaire embuscade qui m’a permis d’en déduire que l’Homme qui tousse était sans doute un formateur. Il s’est en effet lancé dans une série de tirades fort impressionnantes pour le profane que je suis, d’une voix suffisamment haute pour que l’ensemble du wagon soit au courant de ses préoccupations du moment. Derrière la gangue de mucus dans laquelle à n’en pas douter ses cordes vocales baignaient, on devinait nettement les restes faiblissants d’un organe de tribun, ce qui m’a un peu plus encore conforté dans l’idée que ce gars avait sans doute eu à une époque pignon sur rue à Orléans… Avec un savant mélange de persuasion et de vivacité d’esprit, il expliquait au jeune gars les tenants et aboutissants d’un texte de loi pour le moins obscur, dont la révision promettait visiblement d’être musclée à l’Assemblée nationale… De dos, rien qu’à l’entendre réciter les articles, je le voyais persuader l’autre de la fiabilité de ses pronostics, ses lèvres bougeant à peine sous le passage des mots qu’il prononçait. Chacune de ses paroles semblait résonner très fort dans la tête de son interlocuteur, tant ce dernier semblait pendu aux lèvres violettes du ventriloque… Jusqu’à ce qu’une imparable quinte n’assaille à nouveau le stentor, le condamnant brutalement non pas au silence – ce qui eût été un moindre mal – mais à une discussion entrecoupée d’une multitude de secousses glaireuses.


L’Homme qui tousse est une énigme pour moi. Et ça restera sans doute ainsi, désormais. Je ne l’ai plus revu depuis un bon mois. Il a sûrement cassé sa pipe, ou est sur le point de le faire, emportant avec lui ses mystères opaques, son charisme étonnant, et ses écœurantes expectorations… Le wagon est étrangement calme sans lui, comme un stade sans sportifs, comme un clafoutis sans cerises… C’est assez angoissant parfois, le silence relatif que nous impose son absence…


Hier, une fois n’est pas coutume, je me suis assis à côté de la cruche. La mal finie. Volontairement. On a un peu parlé… Elle est gentille, mais vraiment conne. Mais elle est gentille.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Selenim   
16/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ah comme c'est méchant, gratuit, caustique. Une vraie bouffée d'air frais. Ça fait du bien de se sentir humain.
Si tu pouvais faire la même chose dans une discothèque, un H&M, une FNAC et pour finir la salle d'attente d'un médecin généraliste, ce serait un pur délice.
Le vécu qui dégouline de ce texte est tellement délectable que j'ai les doigts qui colle en rédigeant mon commentaire.
L'auteur fait preuve d'un sens de l'observation dont le résident du 221b Baker Street serait jaloux.
La lecture est jubilatoire, les saillis percutantes, les images désopilantes. Juste quelques phrases un peu longuettes et des adverbes un rien trop présents.
L'homme qui tousse aurait mérité un traitement plus raccourci, car il étouffe la fin du texte de sa souffreteuse présence.

un texte qui pourrait selon moi mieux se classer en humour/détente tant son humour est féroce.

Merci

Selenim

   Anonyme   
16/9/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour

une galerie de portraits assez vachards, mais pas plus que ça finalement et c'est sans doute ce que je reprocherai à ton texte. Je trouve personnellement que ça manque cruellement d'inventivité dans la description, et de précision surtout. Sur les instits, par exemple, presque aucun détail, même chose pour la fille moche, rien ou presque à se mettre sous la dent. Du coup, le texte perd en force, il n'est en plus pas très drôle (à mon sens naturellement).
En plus, je pense qu'il y a un problème de construction dans ton récit. Tu sembles avoir voulu privilégier un personnage. Très bien, mais alors, à quoi sert le reste ? Tu aurais pu, selon moi toujours et je peux naturellement me tromper, te concentrer exclusivement sur ton héros qui là, donne un peu l'impression de voler la vedette aux autres sans y être vraiment autorisé (mais peut-être est-ce voulu). De plus, pourquoi le gratifier d'une maladie qui le rend presque sympathique ? Comme si son comportement ne pouvait s'expliquer autrement... Tu es trop tendre sur ce coup-là je trouve, je t'aurais voulu plus jusqu'au boutiste.
Bonne continuation.

   jaimme   
16/9/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Sans la dernière phrase... heureusement qu'il y a la dernière phrase. N'empêche je reste sur un goût très amer. Cette tirade, plutôt bien écrite est tellement misanthropique que le sel de l'humour s'est fondue très rapidement dans mon envie d'arrêter la lecture. Je suis, je l'espère, assez consciencieux, et heureusement, car je suis arrivé à l'humanité de la dernière phrase.

J'aime: "Le train attaque la nature humaine dans ce qu’elle a de plus beau, dans son imprévisibilité." Je déteste le train, le métro, le RER et consorts; les enfants qui hurlent pendant des heures, non pardon les parents qui laissent leurs gamins pleurer ou hurler pendants des heures. Mais c'est tout. Le reste c'est l'humanité, qui a ses certitudes de jeunesse, ses péroraisons qui la rassurent.
En définitive, non, la dernière phrase tendrait à tolérer l'humanité parce qu'elle est pire que la solitude.
Talent d'écriture, certes. Mais le contenu ne me plaît pas. Même pour un billet d'humeur.

   Automnale   
16/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Quintes et raclements" ! J'ai voulu voir ce qui se cachait derrière ce titre. J'ai vu ! Autrement dit, si l'éventuel lecteur a l'estomac un peu barbouillé, qu'il passe son chemin...

Dès la première ligne, nous savons que les transports en commun sont "chiants". Le ton est alors donné ! Et, justement, que d'odeurs dans ce récit : la mauvaise haleine du chien, les sécrétions du jeune curé, non du "cureton", les remugles du clodo... (ne nous plaignons pas, l'auteur le trouve sympa !). Et, outre les senteurs, règne, également, la "connerie" ! Celle, notamment, des "blaireaux de chez Epéda" ! Mais pas seulement !

Ouf ! Une jeune fille arrive. Elle va peut-être sauver la situation. Mais non, elle est "moche", des "énormités patrouillent dans son cerveau lacunaire" ! Tiens ! Le narrateur dit, de lui-même, qu'il écrit des "merdes"... Le lecteur ne se permettra pas de dire la même chose.

Et voilà deux institutrices... Zut ! Ce sont des greluches !
Pour finir, l'homme qui tousse, et ses secousses glaiseuses, a dû, malgré tout, fort intriguer l'auteur car le lecteur, lui, en a pour son argent ! A ce point qu'il voudrait, même, entendre parler de quelqu'un d'autre.

Quant à la chute consistant juste à s'asseoir à côté de la jeune fille, vous savez la "conne", simplement pour avoir confirmation que la "connerie" et la gentillesse s'accordent bien, elle déçoit un peu.

Conclusion - Le récit décoiffe. Est-ce suffisant ? Peut-être... Et la question se pose de savoir ce que pense les passagers, eux, de cet usager des transports en commun, sensible aux odeurs, qui griffonne... Le saurons-nous un jour ?

Je reconnais que lorsque Calouet publiera un autre récit, je le lirai ! Parce que, finalement, je monte dans le train régional avec le sourire !

   florilange   
17/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ma foi, pour 1 billet d'humeur, c'en est 1 bon.

On a bien le droit, de temps en temps, d'avoir ses humeurs & de les exprimer. Surtout aussi bien. Ça soulage tant, parfois, de croquer 1 peu de son prochain... Ça permet de reprendre le cours de ses trajets & de ses idées.

Alors, la prochaine fois, nous aurons peut-être la face B, avec de jolies jeunes filles intelligentes, des profs binoclars discrets, des étudiants potassant leurs notes, etc.

Quand?
Florilange.

   Anonyme   
17/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai vraiment aimé le début, le premier paragraphe, tout cela est très bien vu et décrit de façon agréable.Je retiens cette phrase:" Le train attaque la nature humaine dans ce qu'elle a de plus beau, dans son imprévisibilité."Les folles aventures du RER. Ou TER pitête. On est loin de la vision "poétique" de nos chers quais de gare... Moi j'aime bien cet angle.
Par la suite j'avoue avoir trouvé quelques longueurs deci delà.
J'estime en outre que l'auteur abuse un peu du mot "cul" et de ses dérivés. (N'entrera point dans mon décompte le saint postérieur du cureton... Amen)
L'expression générale me plaît bien, entre "familiarité" et "profondeur": un peu la marque de fabrique de Calouet.
Dans l'ensemble j'ai plutôt adhéré à la vision de l'auteur, sans concession, mais non dénuée d' une certaine "tendresse". Personnellement je n'ai ressenti aucune misanthropie là-dedans.

Voilou, une lecture agréable.

   Anonyme   
17/9/2009
Bonjour Calouet

Un billet d'humeur qui met fichtrement mal à l'aise. Bien senti, c'est le cas de le dire.
Qui tombe mal aussi, parce que les transports en commun, quels qu'ils soient, qu'on le veuille ou non, vont devenir le seul moyen - devoir civique oblige - de se déplacer du point A au point B.

Jusqu'à "un de mes souvenirs les plus cuisants" la lecture se poursuit agréablement, ensuite c'est plus difficile à encaisser.
En ce qui concerne l'écriture, franchement je n'ai rien à dire, de plus je l'envie.

La difficulté réside dans ce qui est dit. Un commentateur y voit de la tendresse, moi pas du tout et je ne trouve pas que la dernière phrase rachète la dureté des propos.
Je suis vraiment très partagée, parce que j'aime les textes écrits avec de la soude caustique, mais ici, franchement, je ne trouve aucune échappatoire, aucune issue de secours.

Tout le monde y passe, sauf le narrateur. Personne n'a grâce à ses yeux, les vieux, les jeunes, les midinettes, les curés, les chiens, tout le monde est servi, que se soit au niveau olfactif, physique ou mental, sauf le narrateur qui ne doute de rien, ne renifle pas par exemple le col de son manteau pour savoir si lui aussi ne dégage pas une petite odeur qui pourrait indisposer son voisin - trop d'after shave par exemple - (ou pas assez).

Un gramme de tendresse, que je n'ai pas ressentie, m'aurait permis de respirer un peu, ou de me sentir (on y revient toujours) moins agressée dans ma condition humaine pas différente de celle de ces autres.

Le titre est interpelant, mais d'un autre côté, la partie réservée à l'homme qui tousse est un peu longue. D'autre part, aucun détail ne m'a été épargné, et j'ai vraiment eu hâte de sortir de ce train et de quitter ce souffreteux.
C'est donc quelque part très réussi.

Le billet est talentueux. L'écriture sans défaut, sans faille.
Les images percutantes. Mais c'est sans concession aucune.

Je ne vais pas noter, je regrette trop ce manque d'humanité.
J'y reviendrai certainement, parce que la vérité vraie c'est que chacun de nous, appelé à user de ces transports, pense la même chose, mais quand même, une note positive, un soupçon de compassion ou même un petit soupir d'espoir, n'aurait pas nui à ce billet.

   victhis0   
17/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
c'est du cynisme assumé, servi par une plume précise, méchante et savante : il en résulte un résultat qu'on peut vomir tellement il est méprisant !
Ou adorer si on aime se complaire dans ce texte homogène et intelligent qui n'épargne rien ni personne. On s'y croit, nous avons tous (du moins moi c'est sur) pondu en pensée ce genre de dégoût de l'humanité, égo compris.
Je salue les talents d'écriture de Calouet et j'ai jubilé avec lui d'un rire jaune et grinçant, pas si éloigné d'un désespoir et d'un renoncement à toute ambition personnelle (ça c'est plus regrettable mais ne concerne point la littérature).

   Anonyme   
17/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Complètement partagée sur ce coup là.
Vraiment aimé les deux premiers paragraphes, ce personnage se coulant dans la tombe de son quotidien avec beaucoup trop de lucidité, me plaisait bien.
Cette conscience du fonctionnement aberrant du monde et la manière avec laquelle il l'exprime :
"pour aller gagner sinon ma vie, du moins le droit d'y croire"
me rapprochait de plus en plus de la fan pathétique (mais pas conne, non, non^^)...
Et puis, bon, même si j'ai souri à quelques bonnes formules "quand on est doté de tels effluves naturels, le voeu de chasteté ne représente peut-être pas un si grand sacrifice que cela" (tout en étant sceptique... parce-que perso le voeu de chasteté ou du moins d'abstinence chronique passagère, c'est moi qui l'aurait si je croisais un prêtre beau comme un Dieu... mais en décomposition avancée !) donc, disais-je, même si j'ai souvent sourit quand même, parce-que c'est bien écrit et avec intelligence... Le type là, le personnage, il a fini par m'exaspérer un peu, et puis beaucoup.
A tout vouloir disséquer tout le temps et surtout tout le monde, c'est clair qu'il s'isole vraiment, et on fini par se dire, bien fait pour lui ! mérite que ça ! -
Bref, son humour sarcastique manque peut-être un peu trop d'humanité pour moi...
Mais bon, c'est peut-être fait exprès, pour nous démontrer qu'à trop vouloir juger les défauts du monde, et des gens, on fini par devenir la propre caricature de ce que l'on dénonçait obstinément ?

   mousange   
21/9/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↑
je rejoins le commentateur "coquillette" sur cette nouvelle. Je n'ai pas aimé ces réflexions haineuses et emphatiques. Mais je dois dire que l'auteur écrit très bien. dans le style du pamphlet.

   BAMBE   
20/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé le style, la qualité et la fluidité de l'écriture, le début m'a accrochée cependant je me suis un peu noyée dans "l'odeur de sainteté" et plus encore dans les postillons du tousseur.

   widjet   
24/9/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Après "cris et chuchotements", "Stupeurs et tremblement"...voici "Quintes et raclements" ;-)

Forcément, pour prendre les transports tous les jours, le texte interpelle le quidam que je suis (ah quand je pense à tous ceux qui ne laissent jamais descendre pour se ruer les premiers sur les sièges ! ça me tueeeee !!!!) et l'ensemble m'a plutot fait sourire.

Mine de rien, le métro, RER, TER...contient une source assez conséquente d'informations sur nous mêmes, notre humanité. L'auteur l'a bien compris et son oeil a noté avant de croquer de façon féroce ces illustres inconnus et particulièrement celui qui tousse qui est le portrait le plus réussi et le plus riche. L'auteur est toujours aussi à l'aise avec les mots (il y a comme une impression de facilité avec l'écriture de calouet), ça coule tout seul comme si c'était écrit d'une traite, et son humour un peu caustique voire corrosif (en plus d'être pince sans rire) fait mouche à plusieurs reprises (en revanche j'aurai retiré le "C’est-à-dire dans l’œil, bande de petits vicelards" qui n'est pas utile). Reste que j'aurai bien aimé d'autres portraits aussi significatifs que celui qui tousse (comme par exemple celui ou celle qui raconte sa vie en détail au téléphone portable)...mais peut-être y aura t-il une suite ?

Plaisant et fédérateur !

W

   Anonyme   
17/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte m'a bien plu. D'abord avec sa première partie "généraliste" où le ton est donné d'entrée dès la première phrase : un style incisif et sans concession (du moins le croit-on).
S'ensuit la description d'une ribambelle de personnages, plus ou moins attachants, plus ou moins pittoresques. Je trouve le passage sur l'Homme qui tousse un peu trop long, un peu trop appuyé, un peu lassant. L'ensemble est bien tourné, avec ces impertinentes parenthèses de la "liste d'écueils" qui m'ont fait sourire, ou des expressions comme "aller gagner, sinon ma vie, du moins le droit d'y croire" ; "un cocktail détonnant entre l’art de paraître ridicule et le fait de ne pas s’en rendre compte" ; "calme (...) comme un clafoutis sans cerises" etc.
Je me suis laissée agréablement surprendre par la chute : non, ce voyageur n'est pas si désabusé, si aigri, si enferré dans sa solitude ; finalement, la "cruche" est gentille. Tout n'est pas si sombre ... Reste à espérer de prochains voyages plus souriants, avec d'autres rencontres peut-être ...
Un agréable voyage, merci !

   Anonyme   
8/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,
C'est étonnant mais on doit prendre le même train et je dirais même plus le même wagon...
Bravo pour les descriptions, du vécu bien vu !
de l'humour percutant et des exemples truculents !
une excellente manière de faire participer le lecteur on s'y croirait jusqu'aux odeurs !
J'ai un peu été déçue par la dernière phrase ..peut être que dans toute cette galerie de portraits hautes en couleurs et en odeur, il manque un voile de tendresse, car tout compte fait même si ils peuvent être insupportables nous sommes tous pauvres humains dans la même galère (ou le même train).
A bientôt
Bellaeva


Oniris Copyright © 2007-2020