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Réflexions/Dissertations
Camille-Elaraki : 14 juillet [Sélection GL]
 Publié le 04/09/16  -  8 commentaires  -  3698 caractères  -  148 lectures    Autres textes du même auteur

Le 14 juillet 2016. Un jour où tout change. Pour la France, bien sûr. Mais aussi pour moi, qui rentre d'Erasmus.


14 juillet [Sélection GL]


14 juillet 2016. À 14 h 20, mon avion décolle d'Olbia, en Sardaigne. Direction Paris Orly. Mon année Erasmus, commencée en septembre dernier, s'achève officiellement, après un voyage de transition. Rentrer en France directement me paraissait être un événement trop brutal. Presque violent. Et me faire violence, je n'en avais pas envie. Une année, passée à une vitesse incroyable, s'achève. Assise dans cet avion, je ne peux pas m'empêcher de penser à cette jeune fille de vingt-deux ans, qui s'apprêtait à atterrir à Jerez de la Frontera, il y a plus de dix mois. Une jeune fille qui me ressemble beaucoup. Mais qui, aujourd'hui, m'est complètement étrangère. Je repense à toutes ces différences entre la Normandie et l'Andalousie, à toutes ces composantes culturelles, qui ont articulé le mouvement de mon quotidien. Et nostalgique, je souris. Je me souviens qu'en voyage à Lisbonne, un tag me disait « Erasmus is not one year of your life, it is your life in one year ». J'espère que c'est faux. Mais je me reconnaissais dans cette phrase. Poussé du nid, on est convaincu que l'on va s'écraser sur un sol dur de goudron. Pourtant, on s'envole. On se découvre cette capacité insoupçonnée qui est en chacun de nous : celle de la liberté. Et dire que si personne ne m'avait jamais poussée, je n'aurais pas même essayé de comprendre à quoi servent des ailes !


14 juillet 2016. Je rentre le jour de la Sainte-Camille (c'est mon prénom) et surtout, le jour de la fête nationale. Ce soir, des feux d'artifice adouciront l'amertume de mon retour. La France sera belle et fière. Elle m'accueillera de ses bras tricolores, chantera à la gloire de son hymne et de sa devise. Elle me fera oublier, le temps d'une nuit, le soleil et les couleurs chaudes de l'Andalousie. 14 juillet. Une bonne date pour revenir.


14 juillet 2016. Je ne le sais pas encore, mais ce soir, la violence et la terreur abattront une main lourde de deuils et de mauvais souvenirs sur Nice. On nous interdira de chanter notre joie enfantine, qui se réveille devant des feux multicolores. Le 14 juillet. Un symbole. Pour moi, comme pour les meurtriers cagoulés. 14 juillet 2016. Je rentre d'Erasmus. Je ne le sais pas encore, mais c'est dans un pays en guerre que je reviens. Dans un pays où lorsqu'on allume la télévision, on ne peut voir que des morts, des pleurs et des incompréhensions. On nous parle de l'État islamique, on nous parle des Arabes et des musulmans, communauté de plus en plus suspecte sur le territoire de France. On nous parle de la peur. On nous parle par la peur. Mais je ne le sais pas encore.


14 juillet 2016, je suis assise dans un avion. Il atterrira à Paris Orly dans moins d'une demi-heure. Et en me dirigeant vers la sortie, je passerai sous des photographies géantes de boulangers, de mannequins, de cyclistes qui me souriront en riant en cœur « Bienvenue en France ! ».


Ce soir, plus que jamais, je me rendrai compte quel cadeau fut cette année d'Erasmus. Une année où la liberté, l'égalité, la fraternité, par-delà les différences culturelles, religieuses et linguistiques, ne sont plus seulement des mots que l'on déclare fièrement, mais des expériences effectives et humaines. Je me rendrai compte de son importance à l'heure où les Anglais se féliciteront d'avoir quitté cette Europe, cible de tous les complots. Je penserai à l'Union, négligerai les extrêmes qui se renforcent, et plus que de la peur je ressentirai de la gratitude. Je ressentirai la nécessité de passer un message à la jeunesse française. Celle qui commence à céder à la terreur et aux facilités de jugement. Je ressentirai la nécessité de prôner l'ouverture d'esprit. L'ouverture à l'autre. La véritable fraternité.


 
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   vendularge   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup de difficultés à lire, voir, entendre ce 14 Juillet 2016 sans pleurer comme une enfant (que je ne suis plus depuis longtemps) Autour de moi, peu de gens parlent de ce jour là, comme si la peine était trop grande et les larmes inopportunes. Mettre des mots, c'est important pour vous et pour nous, merci de les avoir choisi sobres, intelligents et fraternels.

Vendularge

   Robot   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sans fioritures, sans un mot plus haut que nécessaire, voilà un texte dont la réflexion est empreinte d'humanisme. Une expérience culturelle mise en comparaison avec la barbarie de cette terrible journée. C'est comme un bouffée d'intelligence fraîche qui nous est servie.

   plumette   
25/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
très beau texte, sincère et fort qui part de l'intime pour aller vers l'autre et délivrer un message de fraternité et d'espoir.

l'écriture est belle, au service de ce message qui m'a beaucoup touchée.

Bravo et à vous relire sûrement

   Alphekka   
4/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Damned j'avais presque réussi à oublier ce triste épisode... ça y est j'ai le cafard maintenant! Bien joué!

Bon je vais quand même essayer d'émettre un avis un peu plus neutre sur votre texte.
Pour commencer le contraste entre l'année erasmus et le retour fonctionne très bien.
Mais le début n'est pas très clair : retour de Sardaigne ou d'Andalousie? J'ai du relire deux fois ce passage pour comprendre la logique...
Et certains passages sont un peu lourd notamment celui à propos de" la saint camille (c'est mon prénom )" qui je pense aurait pu être tourné de manière plus légère...

Enfin je comprends la déprime de rentrer dans un tel contexte mais bon je trouve que vous surdramatisez un peu trop l'événement... je ne veux évidemment pas dire que "ce n'est pas si grave " hein!
Simplement je vis à paris, pas très loin du bataclan... mais je ne me suis pas dit "oh mon dieu nous sommes en guerre vite planquons nous" après les attentats.
Oui ce sont des événements grave mais pas au point de s'arrêter de vivre. Ce serait même jouer le jeu de ces crétins de terroristes...
Je ne veux pas lancer de polémique mais à la lecture de ce texte je ne pouvais pas ne pas en parler.

   MissNeko   
4/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un beau texte chargé d'émotions.
Pas facile d écrire sur ce sujet. Votre témoignage est touchant et juste.
Merci pour ce partage

   Rain   
7/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Joli texte, bien construit, clair, honnête, tangible . Vous nous confortez dans la démarche à suivre, malgré une fin modérée, ce qui permet à votre "nouvelle" de passer. Sinon elle était vouée à la corbeille.
Du journalisme en son sens le plus noble.
Vous auriez pu rappeler qu'il n'est de fraternité sans réciprocité, seule carence en votre magnifique nouvelle.
A vous lire. A

   FABIO   
11/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Un peu perdu par le début Sardaigne, Andalousie.
je pense que il aurait fallu être plus clair.
Ceci dit ça se lit bien , mème si l'émotion qui est la mienne
est un peu contrastée.

   Lulu   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

je n'ai pas accroché à ce texte, Camille, contrairement au précédent qui coulait simplement. Ici, on sent un effort de composition, mais le premier paragraphe me semble confus. Comme d'autres, je n'ai pas compris d'où la narratrice part. Elle semble partir de Sardaigne (première phrase), puis, plus loin, d'Andalousie, où elle a fait son année Erasmus. Par ailleurs, la narratrice évoque une jeune fille qui lui ressemble - toujours dans le premier paragraphe - et qui lui serait devenu étrangère. Pourquoi l'évoquer ? Cela, je ne l'ai pas du tout compris. Qui est-elle ? Qu'apporte-t-elle au récit ? Parle-t-elle d'elle-même ? En fait, ce n'est pas bien clair...

On savait que vous évoqueriez l'attentat au vu du titre et de l'événement, mais peut-être manque-t-il ici un peu de recul pour pouvoir rendre compte de cette journée particulière ?

Du coup, j'ai l'impression globale d'un texte trop hâtivement écrit. Cela est d'ailleurs sensible dans le style. Vous évoquez "un événement trop brutal" dans le premier paragraphe. Puis, vous ajoutez "Presque violent". Pour moi, cela relève quasiment d'un pléonasme... Vous répétez le verbe "s'achever" à peu d'intervalles ("s'achève officiellement", puis "Un année, passée à une vitesse incroyable, s'achève").

Si l'intention de votre texte était bonne, le texte lui-même me semble largement perfectible.


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