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Aventure/Epopée
troupi : Alyia
 Publié le 01/09/16  -  7 commentaires  -  6923 caractères  -  52 lectures    Autres textes du même auteur

Écrit suite à la visite de la grotte Chauvet en Ardèche.
Ceux qui ont la possibilité d'aller l'admirer ne devraient pas s'en priver, ces ornements, deux fois plus anciens que ceux de Lascaux m'ont inspiré cette histoire.
Aucune vérité scientifique, juste un peu d'imagination.


Alyia


Sa mère connaissait des secrets ; ceux des plantes qui protègent la vie, et beaucoup d'autres encore plus mystérieux.

Alyia est issue d'une longue lignée : " Celles qui savent " et pour cela sont craintes et respectées.

Aujourd'hui Galia – sa mère – n'est plus et toute la survie du clan repose sur elle.

Son pouvoir l'isole, ils sont peu nombreux à oser l'aborder.

La crainte d'interrompre un dialogue avec les esprits ?

Qui peut savoir...


Une racine bleue entre les pierres chaudes lentement se délite, renaîtra en élixir qu’Alya utilise quand elle voyage dans les entrailles sacrées de "Terre-Mère".

Patiemment, près du feu elle écrase des ocres, tendres sous les galets arrondis par l'usage.

Perdue dans ses pensées, sur des carrés de peaux elle dépose le jaune, puis le rouge et ferme les étuis à gestes mesurés.

Elle veille au feu où rougeoient des bâtons, du plus fin au plus gros : précieux charbons de bois.

Et le regard d'Amok participe.


Amok c'est son loup. Son totem. Son frère animal choisi par Galia.

Galia ; déchirée par une meute hurlante dont elle arracha ce lambeau en frissons qui deviendrait Amok, énorme et protecteur.


Galia se traînant jusqu'au clan malgré ses blessures l'avait sorti de ses peaux pour l'offrir à sa fille, puis s'était effondrée ; avait agonisé longtemps auprès d’Alya impuissante à la secourir.

Amok : la transition entre le passé et le futur.


Cette nuit quand le clan dormira, sous la lune complice, Alyia s'en ira.

Pour embrasser la Terre et s'emplir de son âme, pour la sentir vibrer, l'honorer de musique et de signes sacrés, alors, "Terre-Mère" apaisée protégera le clan pour les lunes prochaines.

Amok silencieux la suivra, sans écouter les siens qui hurleront dans les sombres montagnes.

Amok le fidèle sera dans les pas odorants qui le précèdent et pas un bruit, pas un effluve traînant ne lui échappera.

Alyia le sait, et dans ces bois où le danger veille elle avance confiante : l'esprit de Galia n'est jamais loin.

La marche est épuisante, et lourd le sac de peaux qui contient la résine, les bâtons à musique, les ocres sacrés, les élixirs qui animent les esprits et les torches nombreuses, indispensables pour ouvrir le chemin des artères souterraines.

Il faut escalader les roches millénaires que les vents ont polies, parfois se raccrocher aux buissons d'yeuses noires qui découpent la peau comme autant de silex.


Ouverte par la faune une sente offre un peu de confort. Alyia en profite pour souffler et observer cette nuit des étoiles qui l'interroge et guide ses pas.


Enfin l'antre apparaît.


L'ouverture béante éclairée par la lune évoque une bouche édentée. Presque un cri !


Alyia ne ressent aucune inquiétude, en cette saison les ours ne hantent plus les cavernes depuis des mois et Amok ne flaire que d'anciens ossements éparpillés au sol.

La plupart viennent d'ours justement, mais morts depuis longtemps des rigueurs de l'hiver ou de vieillesse car nul prédateur aussi puissant soit-il n'oserait s'attaquer à un ours des cavernes.

Parmi les hommes, seuls les chamans utilisent les crânes d'ours pour invoquer les esprits de "Terre-Mère" au cours de cérémonies rituelles dans les grottes sacrées.


La jeune femme assise au sol ouvre son sac, en sort plusieurs branches résinées qu'elle enflamme en choquant ses "pierres à feu", les dispose soigneusement et comme toujours la magie opère dans l'instant.

Alyia reconnaît d'abord les draperies qui pendent jusqu'au sol.


Tout à l'heure elle invoquera les esprits. Son chant et les "bâtons à musique" joueront une lente mélopée sur les voiles de calcaire et dans la nuit de pleine lune des ombres danseront animées par les flammes.

Mais d'abord Alyia doit se préparer à éveiller l'âme des anciens. Le breuvage de racines l'ouvrira à leur monde. Alors, accompagnée, elle pourra aller au fond de la caverne où l'énergie est la plus forte, elle embrasera d'autres torches et longtemps se recueillera face aux nombreux crânes disposés en cercle autour d'une pierre plate, l'autel d'Ursus où repose le plus massif des crânes d'ours trouvé ici, le vrai détenteur de la puissance de ces lieux. L'intermédiaire entre elle et "Terre-Mère".

Il importe d'obtenir son accord avant de convoquer l'âme des nombreux chamans qui ont œuvré ici depuis des temps immémoriaux.

Eux qui ont écrit le livre de la vie sous forme de "fresques-prières" qu'Alyia poursuit à chacune de ses visites.


Elle lit, sur les parois humides, les peintures ocrées, l'ombre des bois brûlés, les mains projetées en négatif des chamans qui l'ont précédée. Elle refait aisément le chemin de Galia, retrouve les messages appris lors de son initiation.

Alyia espère un signal pour choisir un endroit où poursuivre l'histoire. Elle n'est pas pressée, avance au plus près des parois pour ressentir la moindre vibration.

Sous la lumière tremblée les lions, les bisons, les rhinocéros laineux se meuvent lentement.

Ils sont vivants ! Alyia le sait !

Pas de la vie qu'elle leur connaît à l'extérieur, bien sûr, mais ici, les peintures chamaniques ont été investies de pouvoirs peu après leur création.


Soudain une paroi vierge l'attire irrésistiblement.


Alyia fébrile saisit l'ocre broyé, l'incorpore à la graisse animale, en fait une pâte onctueuse et d'un geste précis trace la courbe d'un rein, remonte vers la tête.

Une oreille, un œil, une gueule entrouverte, un croc !

Elle reproduit trois fois la même scène, et trois lions en chasse apparaissent.

Ils sont à la poursuite de quelques bisons et rhinocéros appliqués autrefois.

Soudain, comme prise de frénésie Alyia projette sur le mur un autre, puis deux puis trois lions !

Elle ne peut s'arrêter qu'au bout de longues heures passées à peaufiner les ombres, les modelés des corps, les regards fous de chasse et au final, comme sortie d'un songe, elle est face à une meute sauvage qui tremble de puissance contenue.


Un incroyable tableau prend vie sous ses yeux.


Effrayée Alyia recule et la scène fantastique s'enveloppe de nuit.

Sa communion avec les esprits prend fin, elle les a apaisés en les matérialisant sur les parois de la caverne mais elle sait aussi qu'elle ne doit pas s'attarder.

Les longues heures de transe l'ont épuisée et c'est en titubant qu'elle rejoint l'entrée de la caverne où l'attend Amok.


Le jour se lève, Alyia se repose quelques instants auprès de son loup.

Elle contemple l'immense paysage qui s'étend à perte de vue, puis elle entreprend de descendre dans la vallée où son peuple l'attend.

Elle sait que dans les jours qui viennent "ses lions" seront visités.

Elle sait qu'ils abriteront les esprits errants des lions des cavernes.

"Terre-Mère" sera satisfaite et Alyia, rassurée pour son clan, pourra s'isoler pour remercier Galia de lui avoir offert tant de pouvoirs avant de quitter ce monde.

Ces pouvoirs qui lui permettent d'assurer la survie de son clan.


 
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   hersen   
15/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Cette nouvelle, très courte, est pour moi beaucoup trop romancée. Sur du si court, je m'attends davantage à lire quelque chose de percutant.

L'auteur nous dit que c'est en référence à la grotte de Chauvet. Soit. Mais ça ne m'empêche pas de penser que le texte est très édulcoré et on peut dire qu'on ne sait pas grand chose de l'art rupestre.

Je comprends l'idée de l'auteur, de mettre en mots ce qu'elle a vu de ces peintures, il précise qu'elles sont deux fois plus vieilles que celles de Lascaux. Mais rien dans le texte ne m'image cela. La vie a l'air même bien douce et je n'y crois pas un instant.

De plus, nous n'avons aucune notions de l'apprentissage de l'art pictural. Seuls les matériaiux peuvent être identifiés et datés à coup sûr.

Pour un peu, surtout que le nom de l'héroïne renforce cette idée, je me serais crue lisant la saga "AYLA, Les Enfants de la Terre".

Je ne suis donc pas très emballée par le côté un peu simpliste.
C'est dommage.

   JulieM   
19/8/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Si l'idée de départ m'a séduite, votre texte lui, semble trop faible face à la magie et la puissante beauté des lieux évoqués.

L'écriture est appliquée, trop, et manque singulièrement de force évocatrice, surtout que le récit est essentiellement descriptif, prosaïque et rate le coche de l'envolée des âmes.

Merci.

   Vincendix   
1/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un retour sur le passé que j’estime bien raconté et c’est vrai que la découverte de peintures rupestres donnent à réfléchir. Difficile d’imaginer que nos ancêtres, vivant comme des sauvages étaient capables d’exprimer leur ressenti à travers des dessins, de reproduire leur vision des animaux. Ils allumaient du feu en frottant des pierres et pourtant ils avaient un sens de l’art très développé, c’est surprenant.
Ce récit est simple comme il doit l’être pour un tel sujet, seul petit reproche, la répétition lancinante de Alyia.

   MissNeko   
1/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un récit simple et agréable à lire. J'ai aimé le thème de l'art rupestre moins le contenu de la narration. Il ne se passe pas assez d événements.
Mais cela reste un bon moment de lecture.

   Alphekka   
1/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Les phrases sont courtes et de ce fait presque poétiques. Surtout au début. Après cela se perd un peu.

J'aime bien l'ambiance, le concept des "fresques prières", la connexion avec les animaux...
Mais quitte à romancer votre découverte de la grotte, pourquoi ne pas donner une signification aux animaux représentés ? Puisqu'il s'agirait d'une prière.

Pour moi il manque un vrai but à votre texte (autre que celui d'aller découvrir ce site qui a, je l'avoue, piqué ma curiosité). Ou au moins une conclusion.

   Charivari   
2/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour. Je suis partagé vis-à-vis de ce texte.

D'un côté j'ai beaucoup apprécié l'ambiance dépeinte. C'est très poétique, très original. D'un autre côté, j'ai été assez dérouté par le style: paragraphes d'une seule ligne, manque de liens, de connecteurs... On est un peu entre la poésie en prose et le récit, je me demande si vous n'auriez pas dû trancher pour l'un ou pour l'autre. Là, ce style trop hâché empêche "l'envolée lyrique" et une vraie immersion dans le texte, ce qui est fort dommage, parce qu'il y a vraiment quelque chose dans l'atmosphère décrite.

PS: je ne connais pas la grotte Chauvet, sauf en photos... Ça a l'air magnifique, dites-donc

   Cat   
7/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La Préhistoire est une tranche de notre histoire qui me passionne, mais je n’ai pas su entrer dans ta nouvelle, Troupi, et pour cause…

Dès le titre, à cause du prénom quasi similaire sans doute, je m’attends à relire l’histoire qui m’a passionnée il y a quelques années « Les Enfants de la Terre » de Jean M. Auel, et plus particulièrement son tome 1 « Le Clan de l’Ours des Cavernes » qui raconte l’histoire de Ayla, fillette Homo Sapiens recueillie par un clan de Néandertaliens après la mort tragique de ses parents, et qui, élevée par la guérisseuse de la tribu et son frère, un sorcier éminent, deviendra à son tour guérisseuse hors pair dans une vie romanesque à souhait.

C’est certainement à cause du plus que bon souvenir que j’ai gardé de cette saga – l’auteure très motivée s’est entourée de spécialistes en la matière pour fournir un fabuleux travail de documentation, qui a donné à ses romans une authenticité plausible autant qu’attachante - que la comparaison n’a pas pu jouer à ton avantage. C’est difficile en peu de lignes de tenir têtes à six tomes d'aventures humaines relus X fois. J’en suis désolée.

Je reste cependant touchée par la belle poésie que tu as mis en œuvre tout au long du récit, ce qui lui confère un éclairage nouveau et une douceur appréciable. Cette même poésie qui m’avait déjà emballée dans ton dernier opus et qui montre une grande sensibilité.

A te relire, donc, très bientôt.



Cat

PS : Chauvet t’a inspiré Alyia, je lui avais préféré les Eyzies pour me représenter Ayla et Jondalar il y a 35 000 ans, finissant leurs vies au bord de la Vézère.


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