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Humour/Détente
Cassanda : 1, 2, 3... Mouton !
 Publié le 27/03/08  -  10 commentaires  -  7827 caractères  -  49 lectures    Autres textes du même auteur

Petit mode d'emploi pour trouver le sommeil.


1, 2, 3... Mouton !


Avez-vous déjà remarqué qu'il est parfois difficile de faire abstraction des pensées qui envahissent votre esprit alors que vous tentez désespérément de vous endormir ? Ne pas oublier d’acheter du lait. Penser à téléphoner à grand-mère. Dire à Stéphane de modifier la dernière partie du rapport : la conclusion ne va pas. Ranger les dossiers. Réserver le chalet pour les vacances. Au fait ai-je dit à Mélanie de venir dîner samedi soir ? Je ne suis plus sûre… Je me demande si Alexis me drague ou pas… C’est vrai qu’il est plutôt charmant…


Miaou Maouuuuuuuuuuu ! Tais-toi le chat, je veux dormir !


Vous vous tournez un coup à gauche, un coup à droite, finalement vous vous mettez sur le dos… pour vous retourner de nouveau sur le côté, vous vous relevez parce que vous avez soif, vous vous recouchez, trouvez la bonne position, bon sang ! Qu’il fait chaud ! Vous dirigez vos pieds vers un coin plus frais de votre lit, finalement vous sortez une jambe qui veut prendre l’air, bref… impossible de s’endormir ! Vous n’avez pas trop envie de céder à la tentation des somnifères, les tisanes pour nuits tranquilles ne sont que publicité mensongère, le chat ronronnant fonctionne bien mais s’endormir avec un poids sur la poitrine ou le dos n’est pas la position des plus confortables, la dernière solution reste celle à laquelle vous ne croyez qu’à moitié, mais qui, soi-disant, fait des miracles… compter les moutons !


Comment compter les moutons ?


Avant tout, trouvez la position qui vous semble la meilleure pour vous endormir… Vous êtes bien là ? Alors fermez les yeux… et tentez de faire le vide dans votre esprit. Je sais, c’est d’une banalité à pleurer ! Mais je n’ai pas fini… Imaginez un fond noir. Ensuite, commencez à créer un décor, un champ, un pré avec peut-être un arbre dans un coin, et dans cette étendue verte, mettez-y des moutons ou des brebis ou des agneaux. Il est indispensable de visualiser vos moutons ; ils peuvent, par exemple, avoir une belle tête, des yeux ronds comme des billes où brillent quelques lueurs de malice, et une laine vaporeuse et douce comme une barbe à papa, aux couleurs d’une glace vanille ou chocolat, à l’odeur de miel et lait chaud. L’apparence de vos moutons est primordiale car elle va vous permettre de vous les approprier et vous les retrouverez sans problème à chaque fois que vous en aurez besoin – les ovidodos sont une espèce assez courante, il serait idiot de ne pas retrouver les vôtres à cause d’un simple manque d’attention ! Si à ce stade-là, vous vous endormez, c’est très bien ! C’est que votre esprit n’était pas si encombré que ça ou que vous étiez vraiment fatigué. Une image sereine peut parfois aider à l’endormissement. Si ce n’est pas le cas, continuons…


Il vous est possible d’imaginer un champ avec des moutons éparpillés, mais cela risque certainement d’engendrer quelques problèmes : il y a de fortes probabilités que vous en oubliiez… Il va en résulter que vous allez vous énerver et recommencer car le petit noir et blanc du coin gauche au fond a bougé entre deux nombres et vous venez de le compter deux fois. Si vous n’êtes pas très consciencieux et que votre objectif n’est que d’aligner des chiffres dans votre tête fatiguée, ce n’est pas très grave, mais si vous désirez bien faire les choses, il y a de fortes chances que vous recommenciez… En plus d’être fatigué et d’avoir envie de dormir, un gros mal de tête s’annonce avec cette méthode. Il faudra donc que vous vous leviez pour prendre de l’aspirine et le résultat escompté est finalement bien éloigné…


Une autre méthode consiste à les faire passer au-dessus d’une clôture, et donc de les faire sortir du champ, ce qui, en soi, n’est pas très grave car, comme ce sont de gentilles bêtes, elles seront revenues la prochaine nuit où vous devrez de nouveau les compter. La barrière ne doit être ni trop haute, ni trop basse, de préférence en bois et se fondre dans le paysage que vous avez créé. Pour éviter que ce ne soit un sacré bazar, et dans la mesure où c’est vous qui commandez vos troupes ovidiennes, je vous conseille de les faire passer un à un. Pour cela, plutôt que rassembler vos moutons en un tas, alignez-les sur une seule ligne, à la queuleuleu. Certains vont peut-être vouloir faire acte de rébellion afin de tester vos capacités, mais ne vous laissez pas faire ! Appelez le chien du berger des rêves qui remettra de l’ordre parmi les récalcitrants : certains moutons prennent un malin plaisir à vouloir faire la sieste quand on a besoin d’eux. Voilà ! C’est mieux ainsi.


Il faut maintenant les faire sauter. À chaque passage au-dessus de la barrière, comptez la bête qui vient de passer. Admirez cette agilité, cette souplesse ! Il semble qu’une légère apesanteur règne dans votre champ, mais qu’importe, il est vraiment magnifique de voir ces nuages vaporeux que sont vos moutons franchir la palissade. Généralement, les premiers sont plutôt sages et font correctement ce qu’on leur demande. Un, deux, trois, quatre, cinq… Le sommeil commence à faire une timide apparition… mais voici qu’un mouton artiste décide de faire une acrobatie : il prend son élan et fait une double pirouette. Vous êtes étonné, ne comprenez pas, décidez de le compter néanmoins – six – et attendez le suivant… qui a décidé d’effectuer quelques pas de danse. Vous commencez à rire, le sommeil est reparti se cacher. Tous les bienfaits de la mise en place et des premiers moutons ont disparu, mais comme vous désirez vraiment dormir, vous recommencez depuis le début. Champ, mouton, barrière, alignement, chien pour remettre de l’ordre si nécessaire, et passage en barrage de ladite barrière. Les premiers refranchissent l’enceinte du champ, toujours aussi consciencieusement. Les suivants qui vous avaient donné du fil à retordre ont eu droit à un sermon et passent à peu près correctement… Vous venez de compter dix moutons, et cet effort a pour résultante que vous commencez à ne plus voir très bien vos moutons, le champ, la barrière, le chien des rêves au cas où… vous voilà endormi ! Je vous félicite chaleureusement !


S’il arrive une nuit que vous en soyez à 999 moutons (avec un nombre incalculable de fois où vous aurez dû reprendre tout depuis le début parce que des moutons farceurs avaient décidé de faire un spectacle de claquettes pour vous amuser), il y a peu de chances que cette méthode fonctionne. Je vous conseille alors de vous lever, boire un verre de lait ou d’eau, faire ce qui vous tracasse tant, hormis si c’est appeler votre mère pour lui demander de garder les enfants ce week-end car elle risque de ne pas apprécier grandement que vous la réveilliez en pleine nuit puisque, elle, a réussi à s’endormir depuis quelques heures déjà. Ensuite, recouchez-vous, selon le besoin, remettez en place vos moutons mais vous êtes beaucoup plus serein, il ne vous faudra qu’une petite dizaine d’ovidodos pour aller dire bonjour à Morphée. Bonne nuit !


Quelques personnes m’ont indiqué, il y a peu de temps, une autre manière de compter les moutons. Je vous la confie à tout hasard bien que je ne sois pas persuadée de son efficacité. Jusqu’à l’alignement des moutons, tout est bon, gardez donc cette méthode. C’est après que cela se corse car au lieu de leur faire franchir une jolie palissade, vous les faites jouer à saute-moutons ! Cette méthode est beaucoup plus compliquée car non seulement vous vous perdez beaucoup plus vite dans vos comptes, mais vous risquez d’être pris de fous rires intempestifs devant la grande imagination de vos moutons qui le feront de manière non usuelle. Si la dernière image que vous avez est une pyramide de moutons devant des brebis pom-pom girls, je vous annonce de suite que vous avez de grandes chances de rester toute la nuit éveillé car curieux comme vous êtes, vous voudrez savoir ce qu’ils vont faire après !



 
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   guanaco   
27/3/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est écrit simplement, sans grandes enjambées grammaticales. Cette nouvelle a sa place dans la section Humour/Détente même si le thème n'a rien d'extraordinaire.
Je me demande si son auteure arrive vraiment à faire ce qu'elle prône pour s'endormir, tous ces moutons, c'est à en devenir chèvre! (oui je sais elle était facile! lol)
je me demandais s'il ne manquait pas un "e" à "que je ne sois pas persuadéE"
Merci pour ce texte.

   nico84   
27/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Moi, j'aime cette nouvelle drôle, légére et originale.

Hier encore, j'ai compté les moutons mais j'ai mal refermé la cloture. J'ai recompté la nuit derniére, aprés une grosse journée de labeur et j'en ai compté beaucoup moins ...

Je les retrouverais dans une nuit angoisée.

J'aodre, j'ai souri et rit, bravo à toi !

   Anonyme   
28/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Enfin quelqu'un qui me comprend et qui arrive à me faire rire de mon mauvais sommeil. Moi, j'en suis toujours à tenter de réveiller mon chien, au cas où. Mais il dort trop fort, lui.

   Ariumette   
7/4/2008
C'est dit, j'essaie les Ovidodos ce soir!

   Anonyme   
26/4/2008
Tout simple, mais sympa à lire et tellement réaliste. J'ai beaucoup aimé et beaucoup ri aussi.
A la prochaine insomnie, j'essaierai cette nouvelle méthode de comptage.

   Pat   
27/4/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Enfin, je trouve le temps de commenter ce texte qui m’avait réjouie lorsque je l’avais corrigé. Les instructions cortazariennes sont toujours jubilatoires pour moi. Le sujet est particulièrement bien trouvé et traité avec fantaisie et humour. Un humour de situation qui s’appuie juste ce qu’il faut sur une réalité à laquelle nombre d’entre nous ont eu affaire, un jour… Les comparaisons sont originales et jouent sur le décalage entre une situation déplaisante et des solutions qui, par leur aspect « puéril et pas adapté » ne peuvent que faire rire (« ils peuvent, par exemple, avoir une belle tête, des yeux ronds comme des billes où brillent quelques lueurs de malice, et une laine vaporeuse et douce comme une barbe à papa, aux couleurs d’une glace vanille ou chocolat, à l’odeur de miel et lait chaud. » ; « Il semble qu’une légère apesanteur règne dans votre champ, mais qu’importe, il est vraiment magnifique de voir ces nuages vaporeux que sont vos moutons franchir la palissade. »). L’auteur semble s’être bien amusée à écrire ce texte et nous fait partager son plaisir. J’aime beaucoup la trouvaille linguistique : « les ovidodos sont une espèce assez courante »

La structure du texte est plutôt bien réussie dans l’ensemble. L’humour est déjà présent dans la partie introductive qui reste encore attachée à la réalité, mais annonce la suite, avec ce ton qui présente lui aussi un décalage entre l’injonction et le contenu de l’injonction (ce qui rajoute à l’effet humoristique… l’injonction étant faite dans le souci d’aider sincèrement l’autre, mais d’une telle façon que ça annule l’aspect faussement directif). Ce que j’ai trouvé aussi intéressant, c’est que dans les difficultés à appliquer les instructions, on sent le mouvement « insomniaque »… Le « postulant au sommeil et au comptage de moutons » va trouver dans ces instructions mêmes le moyen de ne pas dormir…

Toutefois, je trouve que ça s’arrête un peu brusquement… j’aurais bien vu une partie conclusive avec : quand rien ne marche, une autre solution tout aussi déjantée qui ouvre sur d’autres instructions, dont on ne dit rien, pour laisser une fin ouverte (qui pourrait éventuellement annuler tout ce qui a été dit auparavant et en rajouter dans le loufoque… ou renvoyer le lecteur vers une autre instruction, genre « comment faire pour éviter de dormir ? »). Bon, ça c’est mon imaginaire à moi… Comme quoi, c’est intéressant qu’un texte puisse susciter aussi de l’inspiration chez le lecteur !

Pour chipoter un peu, j’ai trouvé néanmoins quelques maladresses au niveau de l’écriture :

« Dire à Stéphane de modifier la dernière partie du rapport : la conclusion ne va pas. » : (la 2ème phrase ne me paraît pas utile… accumuler les pensées qui se suivent sans lien les unes aux autres me paraît bien traduire ces pensées parasites qui sautent du coq à l’âne (apparemment) dans ces moments-là… l’accumulation qui part dans tous les sens traduit bien cette idée de pensées qui semblent d’un coup envahir l’esprit et faire résistance au sommeil ). De même que pour cette phrase, où la deuxième partie ne me semble pas, non plus, nécessaire :
« Au fait ai-je dit à Mélanie de venir dîner samedi soir ? Je ne suis plus sûre… »

« Il va en résulter que vous allez vous énerver et recommencer » : « vous allez vous énerver et recommencer » aurait suffi, à mon avis

« impossible de s’endormir ! » : de vous endormir

« mais s’endormir avec un poids sur la poitrine ou le dos n’est pas la position des plus confortables » : le verbe être ne me semble pas approprié (s’endormir n’est pas une position). S’endormir de cette façon dans cette position n’est pas confortable serait plus juste.

« elle risque de ne pas apprécier grandement que vous la réveilliez » : le grandement me paraît un peu maladroit et pas forcément utile.

« le résultat escompté est finalement bien éloigné… » : éloigné de quoi ? le résultat n’est pas celui escompté, le résultat est finalement éloigné de celui qu’on escomptait… (anacoluthe)

« passage en barrage de ladite barrière. » : j’ai pas bien compris la notion de barrage… passage en force ? Supprimer cet ajout ?

« hormis si c’est appeler votre mère pour lui demander de garder les enfants » : hormis d’appeler, si ce n’est d’appeler… (redondance)

« Ensuite, recouchez-vous, selon le besoin, remettez en place vos moutons mais vous êtes beaucoup plus serein, il ne vous faudra qu’une petite dizaine d’ovidodos pour aller dire bonjour à Morphée. » : la ponctuation m’a gênée là (j’aurais mis des points ou aurais carrément supprimé : « selon le besoin »,« mais vous êtes beaucoup plus serein »).


Voilà pour mes chipotages, qui sont, bien entendu, juste mon point de vue entièrement subjectif (et peut-être une aide à l’écriture…). J’ai vraiment apprécié ce texte et j’en redemande…

Edit pour Guanaco : erreur corrigée... (tu veux toujours pas nous rejoindre ?)

   widjet   
17/5/2008
 a aimé ce texte 
Un peu
bouh compter les moutons n'a jamais marché avec moi ! T'as pas un autre moyen pour widjet dis ??? :-)
Sinon le texte ? Sans prétention mais bien plus amusant que la plupart des autres modes d'emploi !

Merci

Widjet

   Anonyme   
17/5/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sympathique intermède nocturne.
Dans ma famille on compte plutôt les orteils, pour voir s'ils sont toujours là, mais force est de constater que le résultat est le même.
Je me suis retrouvée dans ce texte qui décrit parfaitement ma tentative (mes tentatives, moi, l'insomniaque qui se résoud à ne plus compter au delà de la pyramide ;-)) en la matière.

Le tout rédigé avec un style humoristique certain.

J'ai aimé le délire de l'auteur et suis curieuse de le voir me dépeindre d'autres remèdes de grand-mères...

Merci pour ce bon moment de détente, bien que non convaincue par la méthode je ne me risquerai pas à la remettre en pratique.

   Flupke   
3/10/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très sympa ce texte. Sans prétention mais il m'a fait rire et sourire.
J'appréhendais la chute brutale ZZZZZZZZZZZZZZZZ de l'auteur s'endormant sur son clavier avant d'avoir terminé le texte. On sent les tentatives, l'expérience vécue, au moins une fois pour voir. Bien écrit aussi.

   Menvussa   
29/10/2008
 a aimé ce texte 
Bien
C'est charmant, et puis j'ai trouvé de l'humour entre les moutons.
Je vais mettre en application dès ce soir.


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