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Réalisme/Historique
ClaireDePlume : XP sous haute protection [Sélection GL]
 Publié le 24/07/19  -  8 commentaires  -  13598 caractères  -  50 lectures    Autres textes du même auteur

Éline est une enfant de la lune, devenue par nécessité oiseau de nuit. Atteinte d'une maladie génétique rare, elle doit se protéger totalement du soleil sous peine d'être rapidement atteinte par des lésions graves voire fatales. Mais Éline, petite fille "solaire" et amoureuse de la vie, n'en finit pas de s'ouvrir au monde et à autrui.
Une manière de conjurer le sort ?


XP sous haute protection [Sélection GL]


— Éline, accroche-toi à mon cou s’il te plaît, que je puisse te transférer sur la table d’auscultation.

— J’ai mal aux bras Babynours, j’ai peur de me lâcher et de tomber.

— T’ai-je jamais laissé tomber ma belle petite patiente ?

— Non jamais, c’est vrai. C’est parce que tu es grand et fort !

— Alors on y va. À mon compte : 1, 2, 3... hop-là ! Droit au but !

— Mes parents vont arriver dis ?

— Oui on les a appelés. On les a rassurés, ils étaient aux quatre cents coups !


22 h en ce mois de février 2018. L’ambulance a parcouru la ville toutes sirènes hurlantes jusqu’aux urgences de l’Hôpital universitaire, avec à son bord Éline, 10 ans.


Éline n’est pas une petite fille comme les autres, ça non. Éline ? C’est une pile Duracell rechargeable : vibrante d’énergie, elle peut faiblir mais ne jamais s’éteindre, pourvu que son chargeur de curiosité et de malice ne soit jamais loin ! Toujours garder les yeux ouverts pour ne rien perdre de la vie ! Branchée en permanence, jamais en surcharge ! Oui mais voilà. Toute médaille a son revers et pour Éline, son revers, c’est son corps. Il la malmène depuis que nourrisson, une banale promenade en poussette, bras nus et visage poupin offerts au soleil, a scellé son destin. Depuis, elle ne sort qu’avec la permission de minuit...


Ce soir d’hiver glacial, un mardi, elle n’aurait voulu manquer pour rien au monde son entraînement de futsal (1) avec son club. Début des hostilités ? 21 h. Lorsque la plupart des gens rentrent chez eux claqués par une longue journée de travail et dînent d’un plateau-repas devant la télévision, ou que des mamans actives ou des papas solos récupèrent leur progéniture chez la nounou et entament leur deuxième journée auprès de leurs chérubins, Éline en profite pour s’éclipser et offrir sa frimousse à la lune. Là, elle respire... Passionnée d’animaux, elle a tout lu sur la chouette hulotte, le hibou grand duc ou le lynx, qu’elle considère en secret comme ses amis crépusculaires et nocturnes. Comme eux, elle est en sursis, avec une espérance de vie limitée...


Donc, ce soir, lorsque la nuit a remplacé le jour, sa maman l’a accompagnée en voiture jusqu’au gymnase pour sa séance de sport préférée. Comme Éline ne peut pratiquer aucune activité diurne à l’extérieur, ce qui représentait au début une contrainte est devenu rapidement un plaisir. En effet, elle si sociable peut côtoyer des enfants de son âge, des adultes, courir après un ballon, faire partie d’une équipe, arbitrer, rire, transpirer, la vie quoi ! Par contre, il faut bien penser à mesurer les émissions d’UV des lumières et des fenêtres dans le gymnase. Pour sa sécurité. Ne jamais sortir sans son dosimètre et le dégainer plus vite... que la lumière ! Fort heureusement, la ville a équipé toutes les fenêtres de l’équipement sportif de films anti-UV, ce qui permet d’être protégé des méfaits du soleil et d’une clarté trop importante.


Après une séance particulièrement intense où les enfants ont travaillé des techniques de toucher de balle, de contrôle, de frappe, de course et de dribble, bref, appris à perfectionner les mouvements avec le ballon, ils ont constitué deux équipes et se sont affrontés lors d’un match amical. Éline n’a pas ménagé sa peine, virevoltant et slalomant entre ses adversaires pour servir au mieux ses équipiers au moment du tir final. En fin de partie, épuisée, elle cherche un appui auprès du chariot roulant métallique de rangement du matériel de futsal afin de reprendre son souffle. Malheureusement, le système de freinage n’étant pas enclenché, le chariot bascule, entraînant la petite fille dans sa chute. Un demi-côté rabattable vient heurter le dessus de la main droite d’Éline, lui imprimant aussitôt une plaie importante. Coach et préparateur physique n’hésitent pas une seconde. Ils appellent le 18 et la suite, vous la connaissez.


— Alors, ma petite Éline, bien installée ?

— Ça va Babynours.

— Tu as peur ?

— Je ne sais pas. Si, un peu.

— Je vais rester auprès de toi en attendant l’arrivée du professeur Chazal tu veux bien ?

— Oh oui. Dis Babynours, tu es le seul infirmier urgentiste de garde cette nuit ?

— Non, il y a mademoiselle Alice aussi, mais elle fait ses rondes au bout du couloir.

— Tu l’aimes bien mademoiselle Alice ? Tes yeux clignotent comme les gyrophares des pompiers quand tu la croises, je l’ai vu.

— Ça c’est quand la lumière des couloirs est trop intense. Heureusement, quand tu es là, on baisse l’abat-jour !

— Tu sais, je n’ai que 10 ans mais même si je ne vis que la nuit, à l’heure des vampires et des loups-garous, j’y vois comme en plein jour...


Le professeur Chazal, dermatologue de renom, entre dans la salle d’auscultation avec les parents de la petite fille. Ils ont eu le temps de converser en aparté quelques minutes auparavant.


— Alors Éline, tu as voulu faire de la voltige ce soir ?

— Oui avec le chariot à roulettes, mon vaisseau spatial n’était pas garé tout près alors...

— Je vois ! Bon, montre-moi ta main veux-tu ? Pose-la sur ce champ opératoire, là. C’est bien. (S’adressant à l’infirmier :) Loïc, voulez-vous bien approcher le kit d’auscultation s’il vous plaît ?


Très concentré, l’éminent praticien examine la plaie recouvrant de quelques centimètres la main d’Éline, scrute chaque parcelle de peau alentour, prend des mesures, compare les couleurs. Il prélève un petit échantillon qui partira au labo pour un examen prioritaire. Il relève la tête.


— Bon, je crois que nous avons évité le pire pour ce soir. Je vais prescrire des soins à base de crème réparatrice et cicatrisante et tout devrait rentrer dans l’ordre rapidement. Loïc, vous voudrez bien les réaliser s’il vous plaît ? Monsieur et madame Pierrard, il faudra amener Éline dans le service tous les soirs de cette semaine d’accord ?

Quant à toi, petite sportive, il te faudra lever le pied jusqu’à la fin du mois, le temps de te remettre.

— Je peux te poser une question docteur ?

— Oui bien sûr.

— Avec papa et maman, on voulait aller à la Cité de l’espace à Toulouse. Ils proposent des nocturnes pour observer le ciel avec un télescope et visiter l’exposition dédiée à Thomas Pesquet. Ils ouvrent spécialement pendant les vacances d’hiver. On peut dis ?

— Oui tu peux. À condition de bien te protéger. Tu veux devenir astronaute quand tu seras grande ?

— Oh ce serait possible tu sais. J’ai déjà tout l’équipement : mon casque, ma combinaison, mes gants. Moi, enfant de la lune, je pourrais ainsi lui rendre visite en vrai et lui dire combien elle compte pour moi.

— Tu es une petite fille bien malicieuse et pleine de ressources. Quel que soit ton rêve, il te rapprochera des étoiles, je n’en doute pas.


Éline et ses parents prennent congé du professeur Chazal et de l’infirmier « Babynours » Loïc et rentrent à la maison à minuit passé. Pas un chat dans les rues, on dirait même que certains quartiers sont en zone de guerre, avec un couvre-feu qui a éteint tous les réverbères dès 23 h.


Le lendemain, les volets de la maison restent clos, la journée étant particulièrement ensoleillée, avec un froid sec. La petite fille reste calfeutrée chez elle, regardant la vie à travers les posters de couleur qui émaillent les murs de sa chambre et de sa salle de jeux et sa collection de DVD.


La vie reprend son cours, entrecoupée des visites nocturnes à l’hôpital pour les soins prodigués en vue de la cicatrisation de la main blessée.

Éline se remet facilement, et très vite, elle ne tient plus en place. Elle veut reprendre une autre de ses activités favorites : faire du vélo dans son quartier alors que la plupart des maisons dorment encore. Elle adore ce moment où elle a l’impression de dominer le monde et où elle peut croiser des noctambules, comme elle. Pensez-donc ! À 4 h du matin, c’est une faune singulière et particulièrement fidèle qui emplit l’espace.


D’abord, le mardi et le vendredi, il y a ses amis Max, Phil et Léon. Elle les appelle les Pieds Nickelés et ils sont toujours réglos ! À 3 h 50 pétantes, ils arrivent dans leur super-camion benne et débarrassent tout ce que le quartier compte d’ordures ménagères. Elle se poste juste au coin de sa rue, à hauteur de l’Abribus et attend que le camion stoppe à sa hauteur.


— Bonjour les copains ! Vous allez bien ce matin ?

— Oui et toi petite Zébulone ? À ton poste pour surveiller la qualité de la collecte ?

— Oui, plus que jamais ! Papa a changé les vitesses de mon vélo donc je peux facilement rouler à votre hauteur maintenant. Allez ! C’est parti !


Et voilà un étrange équipage composé d’un côté d’un camion-poubelle de 19 tonnes conduit par Max, et dont les ripeurs Phil et Léon exécutent des numéros de danse perpétuels entre leur marchepied et le bitume de la rue, et une petite fille de 10 ans juchée sur son vélo qui leur ouvre la route vers les différents conteneurs du quartier. Parfois, dans les zones particulièrement denses en pavillons, elle a même la permission de descendre de son deux-roues et d’actionner le lève-conteneurs pour que les déchets se déversent dans la benne.


Lorsque la tournée est terminée, Max gare le camion près de l’Abribus et tous quatre s’installent sur le banc pour déguster quelques viennoiseries tout en se racontant leurs vies.


Les autres jours de la semaine, elle ne sort pas son vélo car elle ne pourrait pas être en forme pour suivre normalement sa journée d’école. Par contre le samedi, ce n’est pas pareil. Le samedi, elle attend les jumelles Laure et Sophie, toutes deux employées en VSD (2) à la biscotterie de la ville voisine. Elles travaillent de 20 h à 4 h du matin sur les chaînes de production et sont en général de retour à leur domicile vers 4 h 30. L’hiver, c’est parfait. Elle a tout le temps de les attendre. L’été et l’automne par contre, c’est juste le temps nécessaire pour que l’aube annoncée par Aurore aux doigts de rose n’entache pas de ses rayons de soleil naissants la peau fragile d’Éline. De toute façon, dans ces cas-là, elle ne sort jamais sans son harnachement d’astronaute du levant, gants et casque anti-UV !


Laure et Sophie ont toujours vécu ensemble, elles ont leurs habitudes. L’une d’entre elles est de jouer à La Bonne Paye et elles adorent inviter leur petite voisine le dimanche après-midi. Par contre, dans ces moments d’exception, il est impératif que la pénombre soit l’invitée d’honneur de la maison pour ne pas risquer la piqure mordante de l’astre de feu par un interstice oublié de volet ou de rideau.


Ce quotidien un peu contraignant, Éline a décidé d’en faire un allié et ses parents se sont adaptés. Ne rien faire comme tout le monde, n’est-ce pas amusant ? Sortir quand tout le monde dort, faire des rencontres hors du commun, se prendre pour une héroïne de l’espace, etc. Elle pourrait même être détective privé si elle le voulait et mener ses enquêtes dès la nuit tombée. D’ailleurs, les allées et venues de ses voisins nourrissent si fortement son imaginaire qu’elle a décidé de tenir un journal, d’y consigner scrupuleusement ses observations et de dresser des hypothèses minutieuses. Elle s’est même inventé un assistant détective qu’elle envoie sur le terrain réaliser des opérations de filature en « CATIMINI » : CAlfeutrage TIssulaire MINImaliste, afin de ressembler le plus possible aux personnes surveillées en mode statique ou dynamique et se fondre ainsi dans la masse. Pensez donc ! Si elle devait filer elle-même les suspects en mode combinaison intégrale et accessoires de photoprotection, elle se ferait vite remarquer !!! Certes, elle pourrait raconter qu’elle arrive de la planète Alphagreen 3089 et qu’elle est en mission d’observation des autochtones de la rue des Candélies mais qui la croirait ?


Elle aime s’inventer des dialogues avec son alter ego imaginaire :


— Tiens ! Madame Lapluque a encore une fois changé de sac à main. C’est la quatrième fois cette semaine. En plus, elle porte des chaussures assorties.

— J’ai remarqué moi aussi. Une autre chose a changé également. Elle porte des talons bien plus hauts que d’habitude !

— Aurait-elle braqué une banque ? Ou bien elle fréquente une salle de jeux clandestine ! Jamais je n’aurais cru cela de la part de madame Lapluque ! C’est ce qui expliquerait ses rentrées d’argent importantes et ses achats inconsidérés...

— Je vais la pister pendant quelques jours et nous verrons ce qui en ressort...


Ainsi avance la vie d’Éline, une vie qui ne peut pas se révéler au grand jour sous peine de contrariétés cutanées importantes, voire fatales. Les éphélides, constellation sidérale tachetée de brun ou de roux présente sur son visage, son cou et ses mains, ne brillent pas particulièrement en sa faveur. Exposer ces parties de son corps au soleil ou à une lumière trop intense pourrait endommager son ADN et produire des lésions irréversibles sur sa structure. Éline le sait et l’intègre. Sa survie ne repose que sur une protection optimale et constante de son corps... doublée de quelques aménagements logistiques.


L’ennemi intime de la petite fille se nomme Xeroderma Pigmentosum (XP).


Éline est une enfant de la lune.



________________________________________

(1) Futsal : Le futsal est un sport collectif apparenté au football. Comme lui, il se joue principalement au pied avec un ballon sphérique. Il oppose deux équipes de cinq joueurs dans un gymnase, sur un terrain de handball.

(2) VSD : Vendredi Samedi Dimanche. Le travail en VSD consiste à concentrer ses horaires de travail sur le week-end et à ne pas travailler le reste de la semaine. Souvent, les horaires sont décalés.


 
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   plumette   
23/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette nouvelle m'a fait connaître cette maladie génétique rare dont j'ignorai tout, et en ce sens, sur un mode léger et assez ludique, elle a une grande vertu pédagogique.

c'est une nouvelle bien écrite qui rend hommage à cette petite Eline et à sa vie à l'abri des UV.

J'imagine qu'eline existe dans l'environnement proche et affectif de l'auteur.e, il y a beaucoup de tendresse dans le regard du narrateur et on s'attache à cette enfant de dix anx qui prend sa vie du bon côté! Lumineuse enfant, si je peux me permettre!

Merci pour ce partage

Plumette

   hersen   
5/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
je trouve cette nouvelle très intéressante sur un sujet dont j'ignorais tout.

Si on sent que l'auteur a tenu à n'oublier aucun point, la narration quelquefois manque de naturel, notamment dans les dialogues. Cela fait quelquefois un peu guindé.

ceci dit, le texte atteint je crois son objectif, à savoir faire découvrir aux lecteurs une maladie très contraignante par la protection permanente qu'elle demande et un rythme de vie a contrario des autres enfants.

   poldutor   
9/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle petite nouvelle où on nous présente Éline, fillette au caractère énergique et bien trempé, victime d'une malédiction : elle soufre de "Xéroderma Pigmentosum", terrible maladie, qui empêche ceux qui en sont atteints de s'exposer aux UV solaires ou même des lampes. Malgré son handicap, la fillette essaye de vivre une vie normale, si l'on peut appeler normal le fait de vivre la nuit : faire du sport le soir, du futsal, se promener sur son vélo la nuit, ce qui lui permet de devenir l'amie des travailleurs de la nuit : les éboueurs ou deux employées travaillant dans une biscuiterie.
Pour occuper son temps quand elle est chez elle ,elle s'invente un alter égo...
C'est un triste destin pour un jeune individu qui ne peut vivre comme les enfants de sont age...
Nouvelle très bien écrite par semble-t-il quelqu'un qui a été ou qui est au contact d'un enfant malade.
Merci pour cette histoire au thème triste mais à l’héroïne tellement attachante, dont on décrit la vie avec infiniment d'amour et de douceur.

   toc-art   
24/7/2019
Bonjour,

Voilà pour moi typiquement le genre de texte où beaucoup de lecteurs oublient l'aspect littéraire pour ne s'intéresser qu'au sujet. Alors, oui, les enfants de la lune, c'est terrible, c'est émouvant et tout ce qu'on voudra bien mais là moi, je veux lire de la littérature, je ne veux pas avoir l'impression d'être devant un reportage feelgood du samedi après-midi sur TF1 sur la vie de la si courageuse, si merveilleuse, si attendrissante petite Eline. Sinon, je vais regarder des photos de chatons sur le net.

Donc, je vais être un peu dur sur l'aspect littéraire parce qu'en fait, ici, nous ne sommes pas dans de littérature, même en amateur. J'ai trouvé ça mal écrit, tout est surjoué, le médecin est forcément éminent, les parents géniaux, les poubelliers sont nos amis, les filles de la biscotterie aussi. J'imagine que si un écureuil passait par là, il s'arrêterait pour faire un câlin à la petite… Non vraiment, c'est trop, quoi. Même dans la série de Mimie Mathy, je suis pas sûr qu'ils oseraient en faire autant. La palme revient aux dialogues qui manquent terriblement de naturel. On a l'impression que les personnages les récitent sous nos yeux, c'est vraiment terrible. C'est bien simple, on dirait une parodie des Nuls.

Je sais que je vais vous paraître dur mais ce que je voudrais vous faire comprendre, c'est que le fait de vouloir témoigner d'un sujet qui vous touche ne vous oblige pas à le traiter de cette manière. Oui, la vie de ces enfants est difficile, je ne suis pas sans cœur, je n'en doute pas une seconde. Mais je crois sincèrement que les bons sentiments ne font pas les bonnes histoires si leur auteur n'est pas capable de se distancier un peu du sujet pour trouver un angle qui n'en fasse pas une meringue sentimentale. Et puis, en dehors même de l'ambiance plus ou moins mièvre, il faut vraiment, vraiment, vraiment, faire un effort sur la qualité de l'écriture. Je crois vraiment que si vous racontiez ces événements d'une manière beaucoup plus sobre, sans vouloir nous faire partager avec autant d'ostentation les malheurs et le courage d'Eline, tout ce que vous voulez tellement mettre en évidence apparaîtrait d'une manière bien plus saisissante et laisserait une empreinte plus forte dans l'esprit du lecteur.

Donc voilà, vous avez un bon sujet qui peut fédérer l'empathie des lecteurs mais je crois (après, ce n'est bien sûr que mon avis et je suis peut-être complètement à côté de la plaque) qu'il faut maintenant que vous vous attachiez à faire de ce thème un sujet littéraire, et pas simplement, une sorte de témoignage bienveillant sur la vie de cette petite fille. C'est un challenge qui peut être porteur !

Bonne continuation.

   Davide   
24/7/2019
Bonjour ClaireDePlume,

Une maladie génétique rare que je connais bien et qui m'a inspiré il y a quelques mois l'écriture d'un sonnet.

Je regrette que ce texte ressemble davantage à un documentaire qu'à une histoire, ou mieux, à une fable.
Tout au long de ma lecture, j'ai vainement attendu que quelque chose - un évènement - vienne m'interpeller, me questionner, me remuer...
Cette nouvelle étant dépourvue d'un "schéma narratif" (au sens large), elle joue sur la connivence avec le lecteur, avec un regard qui se limite à l'aspect purement descriptif.

C'est touchant, bien sûr, mais je suis déçu de ce parti pris sur un thème aussi "fertile" et aussi propice à l'imagination ; j'aurais tant aimé lire un récit fantastique ou d'aventures, une histoire... magique ! Je reste sur ma faim.

Toutefois, merci d'avoir "mis en lumière" cette maladie méconnue.

Davide

   senglar   
25/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour ClaireDePlume,


J'avoue que, quand j'ai entendu une petite fille de dix ans appeler son urgentiste "Babynours", je me suis dit que ça n'allait pas le faire étant donné que ma petite nièce de neuf ans parle comme une grammaire et que je me prends à surveiller la syntaxe de mes phrases quand il s'agit de lui répondre.

Puis, petit à petit, la magie opère. Elle n'est pas idiote ni demeurée et voilà que je me mets à me remémorer "E = MC2 mon amour" de Patrick Cauvin alias Claude Klotz. Et ça ! ça n'est pas un mince compliment. Précipitez-vous sur ce chef d'oeuvre anti-morosité. Vous vouliez un livre de l'été ? Vous l'avez ! Gratis car l'auteur est mort mais ses héros bien vivants.

Bon, l'humour de Claude Klotz ("Paris Vampire") c'est le top du top ! Mais cette petite Zazie (le métro lui siérait bien :) ) m'a bien plu et votre magie a opéré en ce qui me concerne. Je lui souhaite un bon avenir dans lle club des cinq avant de devenir un Sherlock en jupons (Imaginez ça dans une série :))) )? Faut bien commencer un jour hein...

Et vive Eline XP !


Ceci dit les hiboux et autres hulottes font un sacré carnage de chauves-souris (mes amies, chauves ou non) hein ! Et moi j'aime bien les souris et un lynx chez les mulots n'est pas trop de mon goût (Qu'on bouffe Hulot l'écolo pourquoi pas mais Hulot l'acteur et cinéaste, ah ! Faut pas y toucher à celui-là et que l'on foute la paix à mes mulots -rats des villes rats des champs. La Fontaine en aurait versifié tout autant). Oui je sais. Bof...


Senglar

   maria   
31/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour ClaireDePlume,
Comme si le bon Dieu n'avait distribué à cette charmante Eline qu'une portion de vie; c'est pas juste et c'est triste.
Je déplore une écriture peu élaborée. Désolée.

Merci pour le partage et à bientôt.

   Donaldo75   
2/9/2019
Bonjour ClaireDePlume,

J'avoue avoir du mal à évaluer cet écrit. Certes, le thème est fort et a vite conquis mon empathie de lecteur humain avant tout. Certes, le français utilisé est propre et net. Pourtant, il me manque quelque chose touchant à la dimension littéraire. La narration ? Oui, c'est ça, en partie.

Je mets de côté les bons sentiments, le côté télévisuel des dialogues, comme si le lecteur assistait à un reportage de TF1 sans analyse et juste réalisé pour occuper la ménagère de moins de cinquante ans - comme on l'appelle injustement dans les études de marché - et l'éloigner de sa propre galère.

Que me reste-t-il alors ? Une écriture documentaire, un thème, des dialogues à la Oui-Oui et peu de recul.

Dommage, j'aurai aimé un autre ressort dramatique.


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