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Humour/Détente
Corentin : Les Aventuriers de l'Amérion - Chapitre 17 : Rituel
 Publié le 11/03/08  -  2 commentaires  -  12833 caractères  -  7 lectures    Autres textes du même auteur

Tipek et ses hommes se lancent à la poursuite des kidnappeurs : Klebz est en grand danger !
Cette histoire a été écrite à 4 mains, par celles de Corentin et Sébastien, deux abrutis sévissant par l'écriture de textes tous plus idiots les uns que les autres... Bonne lecture.
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Les Aventuriers de l'Amérion - Chapitre 17 : Rituel


Tipek et ses hommes progressaient à vive allure sous le feuillage. Ils descendaient un petit sentier en pente douce, et eurent tôt fait de débouler dans une clairière. Comme c’était la fin de journée, ils avaient évidemment le soleil en pleine poire, et chacun activa son päre-brïse anti-UV, sauf Lumi qui tenait absolument à bronzer. Sortie du dense couvert végétal, la fine équipe n’était plus franchement furtive, ressemblant à un lâcher de ballons rose fluo en pleine campagne. Tipek donna donc l’ordre d’activer le mimétisme des combardes. Il fallut un peu de temps au revêtement polymorphe pour s’adapter à la végétation changeante, mais le treillis nanocristallin à indice de réfraction négatif fit merveille. Tipek et ses hommes n’étaient plus que des ombres furtives absolument indétectables. Par contre, les armes n’eurent pas droit à ce traitement de faveur high-tech. Et si Von Dutch était relativement discret avec son pistolaser compact, Brossard avait, lui, un peu plus de mal à passer inaperçu. En fait, c’était comme si une douzaine d’armes protoniques de gros calibre flottaient dans les airs, à un rythme erratique, traçant la zone dans la clairière.


- Lumi, c’est encore loin ? demanda Tipek tout en maintenant un rythme soutenu à la course.

- Bin je sais pas trop, le nanotreillis dévie les ondes lumineuses, mais il brouille aussi la réception. Je sais dans quelle direction est Klebz, mais j’ai pas beaucoup plus d’infos.

- En gros, on est invisible, mais on ne voit rien non plus, résuma Tipek, plutôt blasé.

- C’est à peu près ça, concéda Djudju.


D’autant plus que pour ne pas être complètement aveugle, en raison de la déviation des rayons, chacun possédait une double caméra grand-angle à stabilisateur, qui retransmettait en temps réel les images stéréoscopiques extérieures sur son HUD. Et, bien sûr, lesdits objectifs n’étaient pas invisibles, sans quoi tout ce bordel n’aurait servi à rien. En bref, en plus d’être un convoi d’armes flottantes, chacun était affublé d’une espèce de tronche de mouche en apesanteur. Bonjour la discrétion.


Cela faisait une bonne quinzaine de minutes que tout le monde courait à toute berzingue sans y voir grand-chose, et Brossard commençait à cracher ses poumons. Le bougre était costaud, mais pas spécialement endurant. Il fit alors une petite pause et, dans le calme soudain, il entendit quelque chose.


- STOOOOOP !!! hurla-t-il.

- Ta gueule, tu vas nous faire repérer ! fit Yababoua.

- Mais non, écoutez un peu.


Brossard avait raison. Il y avait quelque chose. Une clameur sourde, vibrante, semblait s’élever de la forêt toute proche. De toute évidence, c’était une chanson tribale, rythmée par une espèce de tameu-tam frénétique.


- On est plus très loin, fit Tipek.

- Ouais, et vu le bordel qu’ils font, pas de risque de se faire gauler si on fait du bruit. On pourrait balancer quelques pruneaux dans le tas sans le moindre silencieux.

- Oui, on pourrait. Mais on ne le fera pas, fit Tipek. Je ne veux pas de victimes. C’est un ordre, insista-t-il pour Brossard.

- Si on peut plus rigoler… bougonna-t-il.

- On rigole, on rigole… faudrait pouvoir ! Tu oublies que Klebz est en danger ? fit Lumi.


À ces mots, une vieille douleur à la molaire se rappela au bon souvenir de Brossard. En fait, tout son corps fut meurtri des blessures passées que Klebz lui avait infligées lors de leurs élucubrations diverses et avariées. Brossard en eut la larme à l’œil, et il fut bien content d’être invisible, sans quoi il serait passé pour une grosse lopette.


- Let’s go, fit Brossard pour conclure.


Le premier, il s’enfonça dans la forêt. Le camp primitif était tout proche, et la clameur enfiévrait la nuit tombante. Il fut immédiatement suivi par ses coéquipiers et, ensemble, ils rampèrent en mode furtif jusqu’au camp. Ce qu’ils virent était une fête primitive classique, où une bonne centaine de types tout nus ou en peaux de bêtes dansaient la tekeutonik en remuant du cul autour d’un feu plutôt balèze. Certains étaient couverts d’une espèce de boue rougeâtre qui faisait probablement office de maquillage, mais l’effet était plutôt minable. Il y en avait quelques-uns qui étaient parés de masques en terre cuite, et un autre s’était apparemment planté une plume dans le derrière.


- Ils sont vraiment à l’an zéro de la Civilisation, fit Von Dutch. Regardez, c’est à peine s’ils savent se servir d’une broche pour cuire la barbaque, fit-il en direction de quelques gars qui loosaient avec un système pour le moins rudimentaire.

- Oui, bah, on s’en contretamponne le coquillard, vous divaguerez sur la cuisson primitivo-ethnique plus tard, souffla Tipek dans l’intercom. Trouvez-moi plutôt notre mécanichien !


Tout le monde scrutait intensément la foule, cherchant Klebz du regard. Il n’était pas là. Lumi avisa les flammes, espérant que Klebz n’y était pas déjà, mais comment savoir ? Brossard se mit à ramper vers une hutte, et entreprit de jeter un regard sous la peau distendue qui servait d’entrée. Manque de bol, la mémoire graphique de sa combinaison tomba en rideau pile à ce moment-là, ce qui fait qu’au lieu d’être maquillé en entrée de hutte, Brossard arborait une tronche de fougère vert fluo un peu trop visible à son goût.


- Rhââââ la louze ! pesta-t-il en se réfugiant près d’une fougère, bien réelle celle-là.


Il stoppa son camouflage optique, vida la mémoire, remit à zéro la FIFO, puis relança Windows. Brossard se mit alors à clignoter comme une guirlande de Noël à l’agonie. Constatant l’étendue de son échec, il se jeta au sol, puis roula derrière une pierre avec un juron. Il dut attendre une bonne minute avant de recouvrer son invisibilité, juste au moment où une voix grésilla dans son intercom :


- Ça y est ! Je le vois ! souffla Hal.

- Hein ? Quoi ? Il est où, ce con ? fit Tipek.

- De l’autre côté du feu, sir. Ramenez-vous, tous ! Vous devez ABSOLUMENT voir ça.


Tout le monde fit le tour, dans un état d’extrême anxiété. Qu’est-ce qu’ils allaient bien pouvoir découvrir ? Des ombres étranges contournèrent la foule de primitifs, avec quelques secondes de lag dans le camouflage optique, produisant un effet fantomatique de chasseurs clignotants. Tipek arriva à la hauteur de Hal, planqué devant une carcasse de pinosaure fumé.


- Bin alors, il est où ?


Hal fit signe avec son bras, avant de se rendre compte que ça ne servait à rien puisqu’il était invisible, alors il prit son arme et la fit flotter en direction d’un groupe de danseurs. D’abord, Tipek ne vit rien du tout. Il dut plisser les yeux et effectuer un zoom bilatéral pour y voir quelque chose.


- Naaaan ! Je le crois pas ! s’étouffa Tipek.

- Si, fit Hal.


Klebz était affublé d’un costume ridicule, avec des plumes sur la tête, des fleurs de koukouye autour du cou et des noix de coco à la ceinture. Il s’adonnait à une espèce de danse du ventre divinement grotesque, se trémoussant dans tous les sens et agitant sa queue devant une troupe de femelles en extase. Et ce gros abruti de Klebz semblait trouver ça très drôle.


- PUTAIN, MAIS QU’EST-CE QU’IL BRANLE, CE CON !? hurla Brossard en arrivant au niveau du pinosaure.


Effectivement la question était de rigueur. C’était même la question à cent tuktuks, et le capitaine Tipek était bien en peine d’y répondre. En tout cas Klebz avait l’air en bonne santé, plutôt guilleret et en aucun cas maltraité.


- Euh, capitaine, qu’est-ce qu’on fait ? On va danser avec Klebz ?

- NON, Von Dutch. Et arrêtez de dire des conneries ou je vous fous mon pied au derche.

- Euh, oui, capitaine, c’est noté.


Si Klebz était du genre à déconner facilement, il n’aurait tout de même pas abandonné l’Amérion sans prévenir, surtout avec tout ce gras à bord. Il y avait donc eu une bonne raison, et Tipek décida de la découvrir. Il contourna Brossard qui commençait à s’endormir, et ouvrit son sakado.


- Hé ! mais vous cherchez quoi, capitaine ? Touchez pas à mon goûter, hein !

- Ahaaa ! je savais bien que vous emporteriez des charges au gluon, Hank.

- Bin oui, on ne sait jamais…

- Bon, écoutez-moi, vous autres…


Les membres du graummando de sauveutage se rapprochèrent de Tipek afin de mieux entendre ses recommandations. En fait seuls Brossard et Tipek étaient concernés, mais bon. Il valait mieux tout bien expliquer à chacun afin d’éviter les embrouilles. Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Brossard et Lumi traversèrent le campement, mais au mauvais moment la combarde de Lumi tomba en rade en crépitant. Il n’en fallut pas plus pour attirer l’attention des indigènes, sachant que les deux militaires étaient au beau milieu de la fête lorsque le caporal apparut, toute moulée de rose fluo.


- Merd’ merd’ merd’ !!! cria Brossard en dégainant son fusil à canon chié.


Tipek et le reste de son équipe décidèrent de ne pas attendre plus longtemps et sortirent des buissons, à découvert, bien décidés à en découdre. Hélas, plusieurs guerriers avaient déjà réagi, et si les membres surentraînés de l’équipage de l’Amérion pouvaient faire face à toutes sortes de situations, ils furent désemparés devant les sarbacanes de leurs ennemis. Enduites d’un peu du venin de mouche krukruk, les dizaines de fléchettes eurent bien vite raison des cinq assaillants, et ils sombrèrent tous dans un profond sommeil, à la merci des indigènes.


Ce fut Lumi qui ouvrit les yeux la première. Elle eut bien du mal à se relever, du moins à s’asseoir, car elle était – comme on peut s’y attendre – ligotée de chez ligotée. Quelques instants plus tard, elle avait réveillé tout le monde. Ils étaient enfermés dans une hutte en feuille de froutche à atavisme récurrent, et la porte et les murs étaient renforcés avec des madriers en mabak rouge. Aucune chance de s’évader, donc. Quelques rais de lumière filtraient par les interstices du toit, qui ne devait pas être bien efficace pendant la mousson. Une odeur de fumée et de boustifaille rance planait, mais ça sentait pas mal les emmerdes, aussi. Tipek se massa les tempes de ses deux mains liées, non sans accrocher son pif en passant. La journée ne commençait pas très bien, à son sens.


- Hrmeuahaua, bâilla Brossard. Putain, on a pris une de ces caisses, hier soir, capitaine, c’était du lourd, non ? Ha non, merde, c’était y a deux jours, ça... Hé ! mais je suis attaché !


Tipek soupira et leva les yeux au ciel. Ils s’étaient fait avoir comme l’enfant qui vient de naître. Quelle bande de brêles, n’empêche. Au lieu d’essayer de la jouer discrète façon combinaison furtive, ils auraient mieux fait de passer les combardes blindées et de foncer dans le tas. Brossard avait raison, tiens, pour une fois, nota Tipek.


- Bon, personne n’a rien de cassé, tout va bien ? Hal ? Pas d’antenne cassée ?

- Huhu, non, capitaine, rigola ce dernier, goguenard.


Un grand silence s’ensuivit. La situation n’était pas vraiment brillante : les indigènes leur avaient piqué leurs armes, ils étaient attachés, tout ça… Et aucun des cinq prisonniers ne pouvait réprimer un grand sourire… Von Dutch commençait même à se marrer tout doucement dans son coin. Quel était donc cet étrange phénomène ? La porte d’entrée de la hutte claqua comme Tipek s’interrogeait, et un vieil homme pénétra dans la pièce.


- Messieurs dames, bonjour, fit-il au grand étonnement de tous.

- Hein ? Mais… bégaya Tipek.

- Ouh, putain, je comprends plus rien, là, compléta Brossard.

- Je vais vous expliquer. Vous êtes sur la planète Ouk’ouk dans la constellation du Tapir. Oui, nous savons ce qu’est une planète. Enfin, moi je le sais. Je suis le dernier être pensant, la dernière mémoire de ce monde. Les autres ont choisi de sombrer dans la plénitude du venin de la mouche krukruk. Nous allons procéder à votre première injection dans peu de temps, et vous connaîtrez vous aussi le bonheur de ne plus rien biter.


Brossard et Von Dutch ne bitent rien de toute façon, donc un peu plus un peu moins, pensa Tipek, amusé. Cependant, les éléments s’assemblaient peu à peu dans le cerveau embrumé de Lumi. Hal lisait ses pensées et acquiesçait télépathiquement. Cette planète avait été industrielle, probablement. Les populations, lasses de tous les drames de la vie moderne (pollution, stress, Star Academy), avait finalement sombré lors de l’apparition d’une nouvelle drogue, différente de toutes les autres, celle-là. Et les hommes de redevenir au stade primaire de l’évolution, presque nomades.


- Nous SOMMES l’énigme, comprenez-vous ? termina l’homme. Lorsque vous aurez reçu cinq doses de venin, vous serez touchés par la grâce du retour à la nature le plus total. Votre ami, l’homme-chien, a déjà reçu deux doses. Bientôt vous comprendrez.


Il sortit et referma la porte derrière lui. Là, déjà, ça ricanait un peu moins dans la hutte. Il fallait de toute évidence se barrer au plus vite et récupérer Klebz dans la foulée.


 
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   xuanvincent   
18/9/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Cet épisode, en pleine forêt inconnue, m'a parue assez bien écrit, assez bien mené, et m'a fait sourire par moments.

Le langage familier (surtout dans les dialogues) ainsi que le jargon spécifique à cette nouvelle, peuvent déconcerter. Mais à présent ils ne me surprennent plus trop.

   jaimme   
26/8/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Et voila, on retombe dans le langage familier sans rien d'autre (ou presque) dans le domaine du comique!...
Si les combis, mais franchement ce n'est pas suffisant. Et la Star Ac'.
Allez, on oublie et on passe au suivant.


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