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Humour/Détente
Den : Nouvellette
 Publié le 13/09/07  -  8 commentaires  -  4326 caractères  -  27 lectures    Autres textes du même auteur

Nouvelles minuscules.


Nouvellette


1- L’assassin.


Il s’arrêta à bout de souffle. Le point de côté ne disparaissait pas. Il fallait respirer ! Vite ! L’homme qui le poursuivait, armé d’un couteau, allait le rattraper ! Il essuya la sueur qui lui piquait les yeux et reprit sa course désordonnée.

« Oh, c’est pas possible ! », s’exclama-t-il, affolé. Il venait d’aboutir en haut d’une falaise. Un cul de sac ! Pas moyen de s’échapper en sautant dans la mer : le pied de la falaise s’hérissait de rochers ! Et la silhouette de l’assassin qui apparaissait maintenant, au bout du chemin ! C’était pire que dans un cauchemar ! Il n’eut pas le temps de réfléchir, l’assassin se ruait déjà sur lui…

Il se réveilla en sursaut. Quel cauchemar !

C’était toujours ainsi : il s’endormait inévitablement après et son sommeil se peuplait d’images angoissantes.

L’assassin, encore étourdi de sommeil, essuya son couteau rougi et considéra un instant, l’homme étendu sur la pelouse rase de la falaise. Il haussa les épaules et repartit à la recherche d’une nouvelle victime.


2- La horde sauvage.


« Hourra ! Les portes ont cédé les gars ! Sus aux femelles ! »

La horde déchaînée se rua à la suite de celui qui paraissait être leur chef. Il était le plus vigoureux, le plus agile. Le plus mobile aussi.

Ce fut le premier à voir la lumière du jour et le premier à glisser dans le lavabo. Encore ne sut-il jamais que l'espèce d'immense toboggan blanc sur lequel il surfait, se nommait dans le langage des hommes lavabo. Un spermatozoïde est ignorant de ces choses n'est-ce pas ?

Il mourut avalé par le siphon en hurlant : « Il nous a trompés, le traître ! ».


3- Lui !


À 3 ans, cachée derrière un buisson, elle le vit tuer leur plus proche voisine.

À 8 ans, elle le reconnut alors qu'il abattait sauvagement les vaches du fermier, dans la pâture près du ruisseau.

À 13 ans, elle entendit son rire au lieu-dit « L'arbre Mort ». Elle sut alors qu'un drame s'y déroulait ! (On retrouva le cadavre de Jean le manchot, pendu à la cime du châtaignier).

Le lendemain de ses 18 ans, on lui apprit qu'on avait repêché le maire du bourg - pourtant bon nageur ! - dans son étang. Un promeneur affirmait avoir entrevu une longue silhouette qui s'était esquivée peu avant la découverte du corps. Elle devina que c'était lui.

Ses parents moururent alors qu'ils revenaient à la maison, après avoir acheté au village, son cadeau d'anniversaire. Ils furent écrasés par un chauffard qui s'enfuit en riant. Elle enterra ses 23 ans avec eux. À cause de lui.

Cinq ans plus tard, elle l'aperçut dans son jardin, qui égorgeait son petit chien Filou. Elle se sauva en hurlant...

Depuis lors, elle suivait ses macabres exploits à la télévision, sur les ondes radio ou dans son journal. On ne connaissait pas l'auteur de tous ces meurtres éparpillés sur le territoire. Elle, elle savait que c'était lui !...

Ce matin, elle venait de reconnaître dans le parc, le long corps décharné qui étouffait lentement, de ses doigts glacials, un merle noir.

C'était bien lui ! Il l'avait donc retrouvée ! Elle s'y attendait depuis le temps ! Le cercle de ses exactions la cernant chaque fois plus étroitement !

À midi, il s'approcha de la fenêtre du réfectoire et l'observa.

Le soir, couchée dans son lit, elle sut qu'il était dans la chambre. Quand l'infirmier se retourna pour lui faire sa piqûre, elle fixa son visage blême où luisaient deux méchants yeux de braise...

Le veilleur de nuit la découvrit au petit matin, gisant au bas de son lit. Les couvertures en bataille pendaient, le drap du dessus avait volé près du placard, le matelas avait glissé... On aurait dit que la vieille avait lutté toute la nuit avec la mort !

Ainsi, la doyenne de l'hôpital psychiatrique avait fui pour de bon !

Tous les cinq ans, elle essayait de s'échapper. N'y parvenant pas, elle passait l'année - terrorisée - enfermée dans sa chambre !

Cette fois, à 83 ans, elle avait réussi son évasion !

Il ferma doucement les grands yeux effrayés de la vieille dame puis appela les infirmières.


4- Tecon.


Le crapaud sauta sur la Princesse endormie et posa sa bouche froide sur les lèvres vermeilles de la jolie dormeuse.

Aussitôt elle se transforma en crapaud. « J'étais ensorcelée et ton baiser m'a délivrée ! », coassa-t-elle.

Ils vécurent heureux et la mare se peupla de nombreux têtards.



 
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   fufaru   
13/9/2007
Tres frais, très sympathique et surtout très drôle.

   Tchollos   
13/9/2007
Délicieux. Sans prétention mais maîtrisé. Comme des petits zakouskis, mmh

   Bidis   
13/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
-"s’hérissait" : je pense qu'on doit dire "se hérissait"

Mais ce n'est pas mal du tout !
Ca se lit sans fin... grignotage entre deux lectures.

   Aliceane   
13/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est suprenant et on a besoin d'un peu de surprise ici.

J'ai eu un peu de mal à comprendre l'histoire 3, à cause de l'enchaînement chronologique et du peu d'information (c'est pourtant elle la plus longue mais le sujet l'exige) malgré tout ça ne m'a pas empêché d'apprécier.

   Anonyme   
7/10/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Distrayant, j'ai passé un bon moment. Petits textes bien construits et le tout bien écrit

   baptiste   
25/11/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
j'ai trouvé ces petites histoires très drôles et surprenantes, car on ne s'attend pas à la chute finale.

   Anonyme   
1/3/2009
La 2 et la 4 j'en redemande.
Dans la 1 trop de points d'exclamations
la 4, bof.
Le tout se lit avec le même plaisir que j'avais à dépiauter mes carambars. on tombe sur du très bon et le carambar est excellent, on tombe sur du moins bon et le carambar reste excellent.

   Anonyme   
23/12/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Exactement le genre de lectures sautillantes qui me gonflent, ça fait blague de potache, franchement ça me passionne pas.


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