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Sentimental/Romanesque
Dodsky : Les perles noires
 Publié le 28/05/21  -  7 commentaires  -  12560 caractères  -  61 lectures    Autres textes du même auteur

Le récit et les confessions d’un sourd, dont la vie était réglée comme du papier à musique.


Les perles noires


Sourd profond depuis l'âge de seize ans, en raison d'un usage excessif de néomycine (un antibiotique ototoxique), je travaillais dans une entreprise adaptée aux personnes en situation de handicap ; une entreprise spécialisée dans la confection et la réfection de voiles de bateaux.

Tous les jours, je me réveillais seul, à six heures trente, à l’aide d’une lampe de chevet branchée sur un programmateur.

Tous les jours, je prenais le bus de sept heures quarante. J’essuyais les coups d’épaule de gens trop pressés, semblant jouer leur vie pour une place assise. Agrippé à une barre au fond du monstre d’acier, j’observais avec curiosité leurs visages lessivés, maquillés ; tartinés de fond de teint, d’anticernes, d’antirides et autres artifices visant à se soustraire au jugement cinglant d’autrui. Ces gens avaient pour la plupart un travail, une famille, des amis, des loisirs, de quoi barboter dans un confort rassurant. Pourtant, derrière leur apparente intégration sociale, ils me semblaient las et désincarnés.

Tous les matins, en arrivant sur mon lieu de travail, je partageais avec ma tutrice et collègue Sylvie un café dont elle avait le secret. Puis, je faisais le tour de l’atelier pour saluer mes camarades, avant de passer la journée à découper et coudre des laizes derrière mon établi. S’il ne s’agissait pas d’un métier de rêve, j’aimais à penser que mes soins permettaient à quelques privilégiés de prendre le large, de découvrir de lointains horizons.

En fin de journée, j’attrapais le bus de dix-sept heures trente-huit pour retrouver mes pénates. À cette heure-ci, il n’y avait plus de coups d’épaule : les gens étaient beaucoup plus morts.

En rentrant, je préparais le dîner et faisais le ménage que ma mère n’avait plus l’énergie de faire. Depuis qu’un cancer des poumons s’était entiché d’elle, maman ne sortait pour ainsi dire plus de sa chambre ; tout juste pour manger, se rendre aux toilettes et vider son cendrier.

Après dîner, je la raccompagnais jusqu’à sa chambre. Je restais un moment allongé auprès d’elle, tandis qu’elle lisait, somnolente, quelques lignes d’un roman à l’eau de rose. Quand ses paupières se fermaient, je lui retirais son livre des mains et déposais un doux baiser sur son front plissé. Puis, je retournais à la cuisine débarrasser la table et faire la vaisselle, avant de m’ensommeiller.


Bien qu’elle fût monotone, ennuyeuse parfois, cette routine tendait à nous sécuriser, maman et moi. Le fait d’avoir des repères constants, presque immuables, nous plaçait en quelque sorte à l’abri du chaos. Du moins, c’est ce que je croyais, avant jeudi dernier.

Lorsque j’ouvris les yeux ce jour-là, un grand soleil transperçait les volets. L’ampoule de ma lampe de chevet avait rendu l'âme. Affolé, je songeai à Sylvie qui devait s’inquiéter, aux commandes urgentes qu’il me fallait honorer. Après une brève toilette, j’enfilai les vêtements qui me tombèrent sous la main, et dévalai les escaliers pour attraper le bus de neuf heures douze.

Pendant ce temps-là, allongée en chien de fusil dans son lit, maman dormait comme une bienheureuse.


Au moment de présenter ma carte de transport au chauffeur, un inconnu taillé comme un buffet alsacien, je réalisai l’avoir laissée dans mon pantalon de la veille. Embarrassé, j’usai de mimes et de mimiques pour m’expliquer, pour implorer son indulgence, mais l'homme, étanche à mes gesticulations, me somma de faire demi-tour.

Par chance, en refaisant mes poches, je trouvai un billet de dix euros, en boule au fond de l’une d’elles. « PAYER ! JE VAIS PAYER ! » signai-je, tout en beuglant en phonétique. Le chauffeur accepta et défroissa ce billet sentant la lessive, accompagna ma monnaie d’un ticket et, d’un un signe de tête, m’autorisa à prendre place. Ce que je fis, soulagé, en m’asseyant au milieu du bus, sur le premier siège libre.


En face de moi, collée à la fenêtre, une petite dame toute sèche, avec des lèvres pincées et je ne sais quel problème, me dévisageait en hochant la tête. Prise sur le fait, elle haussa les épaules en levant les yeux au ciel, avant de détourner le regard. J’avais le sentiment d’être un anormal avec lequel la société l’obligeait à composer.

Trois rangs derrière, assis dans le dos du chauffeur, un couple d’adolescents me regardait lui aussi avec insistance. La jeune fille, un brin écervelée, s’amusait des horreurs que son ami proférait. « Regarde-moi cet attardé, ce consanguin. Ses parents auraient mieux fait de le noyer à la naissance ! » m'a-t-il semblé lire sur ses lèvres. »

Je me suis surpris à rire. Un fou rire abominable. Sans doute une réaction défensive. J’avais beau essayer de respirer, de me contenir, je ne parvenais pas à calmer les spasmes auxquels mon corps était en proie.

Soudain, le jeune s’est levé d’un bond pour foncer dans ma direction, l’air mauvais et les poings fermés. J’ai commencé à baliser. S’il n’avait pas la lumière à tous les étages, il semblait, sur le plan musculaire, plutôt gâté pour son âge.

Le jeune m’a attrapé par la nuque, avant de coller son front poisseux contre le mien. Je me suis revu à l’école, malmené par quelques élèves plus costauds que moi. Je me suis rappelé les récréations que je passais, réfugié dans les toilettes ; les pleurs que je tentais d’étouffer, le soir, dans l’intimité de ma chambre.

Ma mâchoire s’est crispée, et tout est allé très vite. J’ai penché la tête en avant pour la passer sous son bras. Je me suis dégagé en faisant un pas de côté. Le type est revenu à la charge. Je lui ai décroché un coup de boule. Les gens autour ont commencé à s’agiter ; le nez du jeune à pisser le sang. Des passagers zélés ont interpellé le chauffeur. Le bus s’est arrêté. Les portes se sont ouvertes. Le buffet alsacien s’est ramené. La petite dame aux lèvres pincées m’a désigné du doigt. Le chauffeur m’a guidé jusqu’à la porte. Poussé dans le dos par je ne sais quel fils de pute, j’ai fait un vol plané et embrassé le trottoir. Puis, tandis que je ramassais mon semblant de dignité, les portes se sont refermées et le bus a repris sa course.

C’est à ce moment précis que je suis tombé amoureux : à travers la vitre arrière, assise au dernier rang et désolée pour moi, une belle inconnue me regardait avec ses deux perles noires.


Mes collègues furent surpris de me voir arriver en milieu de matinée ; qui plus est, le visage éraflé. Jusqu’ici, je n’avais jamais eu la moindre absence, le moindre retard.

Après lui avoir signé de tremblantes et confuses explications, Sylvie s’est approchée et m’a pris dans ses bras. C’était agréable de sentir ses seins lourds et chauds contre moi. D’autant qu’elle sentait bon la fleur d’oranger.

Toute la journée, je n’ai eu de cesse de songer à la sublime inconnue dont je venais de croiser le regard. Je nous ai imaginés nous retrouver, nous éprendre l’un de l’autre. Courir, main dans la main et innocents dans des prés d’herbes hautes, au milieu des marguerites et des coquelicots. Nous enlacer dans des eaux turquoise, nous baigner nus sous des cascades limpides. Faire l’amour sur des tapis de mousse fraîche. Nous arracher à la gravité pour admirer la conjonction de Vénus et de Neptune. Quant aux voiles que je cousais, la tête dans les nuages, elles nous permettraient de parcourir le monde, de découvrir ensemble des contrées inexplorées, où nous serions accueillis en prophètes de l’amour.


Le lendemain matin, je suis monté dans le bus de sept heures quarante, comme d’habitude. En observant mes congénères ni morts ni vivants, j’ai songé au regard de mon adorable inconnue ; le genre de regard qui vous donne l’épais et doux sentiment d’exister, d’être aimable et investi, lorsqu’il se pose sur vous. Il me fallait la retrouver.

Je suis descendu au premier arrêt, afin d’attendre le prochain bus. Lorsque celui-ci s’est présenté, je suis monté à bord, j’ai fouillé ses entrailles du regard avant d’en redescendre aussitôt. J’ai fait de même avec le suivant. Et le suivant encore. Malheureusement, elle n’était dans aucun d’entre eux. Pas même dans celui de neuf heures douze.


Cette fois, Sylvie a fait la moue en me voyant débarquer aux alentours d’onze heures. Je lui ai raconté que la santé de maman s’était subitement dégradée, qu’il m’avait fallu l’assister, prendre soin d’elle. Je lui ai demandé de m’excuser auprès du directeur, en l’assurant que je rattraperais mes heures. Bien qu’elle ne fût pas née de la dernière pluie, Sylvie s’est contentée d’esquisser un demi-sourire.

La journée m’a paru horriblement longue. Je n’arrivais plus à me concentrer tant j’étais obsédé par ma belle inconnue. Je nous imaginais en couple, partager les joies et les aléas du quotidien dans un grand appartement ; faire la cuisine et le ménage ensemble, nous câliner et faire l’amour à longueur de journée… Si, à intervalles réguliers, de brefs éclairs de lucidité m’invitaient à la tempérance, je repartais en trombe dans mes rêveries pour échapper à un abyssal sentiment d’incomplétude.


J’ai passé mon week-end à sillonner la ville, à guetter l’intérieur des bus, à scruter les visages et les silhouettes dans les rues, les commerces, aux terrasses des cafés... Mille fois, j’ai senti mon cœur se soulever en croyant l’apercevoir.

Lundi, cédant aux avances du désespoir, j’ai repris mon train-train quotidien. Je me sentais las et désincarné. Je n’avais plus d’élan ni désirs, sinon celui de me retirer du monde pour échapper à sa grossièreté.

Et puis, hier après-midi, ma vie a pris un tournant inattendu.


Je venais de finir une commande quand Sylvie, quelque peu soucieuse, me demanda d’aller lui récupérer le dossier d'un client. Certaines cotations la chiffonnaient, aussi tenait-elle à s’assurer de leur conformité.

Acceptant de traîner ma carcasse jusqu’aux services administratifs, j’empruntai le long couloir vitré, quand j’aperçus, par la fenêtre, une jeune femme brune descendre d’une berline allemande. Je m’arrêtai un instant, la regardai traverser le parking d’un pas sûr, quand je sentis mon cœur tambouriner dans ma poitrine. C’était elle, avec ses grands yeux noirs !

Réanimé, je m’empressai d’aller à sa rencontre. Après avoir mis ma volonté et mes sentiments à l’épreuve, me disais-je, l’Univers s’apprêtait à me récompenser, en donnant à notre histoire d’amour une occasion de naître.

Lorsque j’arrivai dans le hall, le sourire aux lèvres, ma belle inconnue se tenait là, devant moi… accompagnée de son conjoint et de leurs deux enfants. La petite famille venait récupérer sa commande : la grand-voile blanche de vingt-deux mètres carrés que j’avais moi-même cousue.


En rentrant à la maison, je me sentais comme un papillon dont les ailes venaient de lui être arrachées. Je me sentais triste, vide et impuissant ; mais aussi terriblement en colère après moi : quelques miettes d’attention m’avaient suffi pour fantasmer jusqu’à la déraison.

Une sensation étrange s’est peu à peu emparée de moi. Je me suis mis à exécrer le monde entier ; ma vie, mon corps, mon handicap, mon travail, mes routines, ne supportant aucun imprévu ; ce demi-cadavre que j’appelais « maman » et qui, non content de m’avoir rendu sourd avec ses automédications, m’enchaînait à sa misérable existence.

J’ai fait le ménage et préparé le repas, comme d’habitude. Après dîner, j’ai raccompagné maman jusqu’à sa chambre. Je suis resté allongé auprès d’elle, tandis qu’elle lisait ses mièvreries, comme d’habitude. Quand ses yeux se sont fermés, je lui ai retiré son livre des mains, puis j’ai déposé un doux baiser sur son front plissé. Je suis resté un long moment à la regarder, le cœur serré… avant d’attraper son cou à pleines mains.

Avant de s’éteindre, maman a rouvert les yeux pour les plonger dans les miens. Ils étaient gorgés de sang et d’incompréhension.


Ce matin, tandis que le gaz se répand dans l’appartement, la douceur de l’aube m’étreint. Dans son écrin bleu pâle, je me sens tranquille, serein. Je songe aux sirènes du vaillant Ulysse ; à mes chimères, à mes mirages neptuniens. À toutes les marguerites que mon besoin d’amour a effeuillées. À mon cœur brûlant noyé dans l’illusion. Je vois des perles noires briller dans un océan sans fond, et des voiles blanches voguer dans d’infinis silences.

La lumière ne devrait plus tarder. Je sens les fleurs d’un oranger au bord de l’Achéron*.


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(*) Dans la mythologie grecque, branche du Styx, sur laquelle Charon transportait en barque les âmes des défunts vers les Enfers. (source CNRTL)


 
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   socque   
2/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ouf ! Dur. J'ai pressenti la fin cataclysmique à partir de
Je me suis mis (à) exécrer le monde entier
et j'espérais me tromper parce que je le trouvais sympa, votre narrateur, j'aurais bien aimé vous voir lui réserver un sort peut-être pas idyllique mais gentiment résigné d'un homme qui apprend à apprécier les quelques instants de chaleur humaine que lui ménage son existence. Cela eût été, me semble-t-il, plus fort que cette fin-ci que j'ai trouvée un peu facile...

Il faut dire que je me suis attachée à votre narrateur, à mon avis vous avez su faire ressentir sa vie, sa solitude, avec une belle économie de moyens, une écriture sans esbroufe et sensible. Chapeau, je salue.

   Donaldo75   
12/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien
La nouvelle m'a bien plu. Le personnage est complexe, ce que renforce la narration à la première personne du singulier qui permet de l'incarner au mieux, de ressentir son délire, ses frustrations, son phantasme et sa déception. Ce dernier stade de sa vie est probablement le moins bien exposé dans le récit, contrairement au reste, et c'est ce déséquilibre narratif qui rend la fin abrupte, pas préparée pour le lecteur même si je comprends que l'issue fatale peut-être décidée très vite. Ce n'est pas une question de temporalité mais de densité narrative; ici, ce stade de la déception est expédié. Ceci étant dit et toutes choses étant égales par ailleurs - j'adore cette phrase qui sent bon l'économiste du début du vingtième siècle - j'ai apprécié ma lecture et ne me suis jamais ennuyé, voulant en savoir plus sur ce qui allait se passer, un bon signe en somme.

   Malitorne   
2/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien
EDIT (à la demande de l'auteur)

Une trame classique pour une fin qui l'est moins. Rancœurs et frustrations d'une personne porteuse d'un handicap qui finit par dégoupiller. C'est mené avec justesse, on suit le cheminement jusqu'au basculement fatal.
Je trouve par contre le style sans saveur particulière, trop fade. Vous devriez essayer de vous démarquer davantage.

   woodmoodwoom   
30/5/2021
C'est le genre de récit où je me dis : qu'importe la fin. Toutes les fins ne sont-elles pas semblables, surtout à l'ère du risque zéro des croyances zéro ? Un changement stylistique, empreinte élégiaque, au dernier paragraphe, conclut le tragique. Est-ce une tentative de sublimer le suicide, de donner à une telle résignation de la sérénité ? Je me demande aussi devant cette réflexion automate qui émerge : est-ce que la fin est convenue, crédible, tenable ? Oui et non, la réalité offre tous les cas de figure à ce sujet. Je pense que la nouvelle, dans son format, reste trop court pour envisager tous les paradoxes qui forment l'équilibre, parfois précaire, d'un individu, que le genre, en d’autres termes, ne se permet pas d'aller explorer suffisamment de facettes psychologiques pour rendre une telle issue nécessaire, ou la faire sentir comme telle. Et pourtant... Je pense aussi que votre personnage aurait pu plonger encore plus loin dans les abysses de la misère humaine, en d'autres termes que votre histoire mériterait d'être prolongé au regard de la fin, surtout après avoir réussir à dépeindre un personnage aussi touchant, sans verser dans le pathos. Vous avez réussi ici à m'accrocher. J'applaudis la simplicité du ton, autant que la précision avec laquelle vous décrivez le quotidien de ce personnage, auquel j'ai presque fini par oublier l'infirmité, alors que tout le lexique de l'audition demeure occulté ; les horaires de bus donnés à la minute près est aussi un exemple très parlant de cette précision qui donne à ce récit une impression de définitif et de vulnérabilité. Combien de conséquences peuvent advenir lorsqu’on passe à côté de la minute clé ? Petite aparté : votre pseudonyme est un hommage à ce poète russe qu'a survécu in extremis à une condamnation à mort avant de passer par le bagne ? Merci et à vous relire avec intérêt.

   plumette   
31/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Dodsky
voici votre premier texte proposé et accepté dans le catalogue d'Oniris, je vous souhaite donc bienvenue ici, heureuse de découvrir un nouvel auteur côté nouvelles.

Au début du texte, on chemine tranquillement avec votre personnage : il ne se plaint ni de sa vie routinière, ni de son handicap, il y a comme une résignation en lui qui va céder face à un incident infime: la panne de réveil.

il se trouve brusquement confronté à la violence du monde, nul ne comprend son problème et c'est l'hostilité des autres qui dominent: j'ai trouvé cette partie très forte et la manière dont il arrive à sublimer cette hostilité et le rejet des autres, originale: il tombe amoureux des perles noires, autrement dit d'un regard qui lui manifeste empathie, ou sympathie.

le narrateur est désormais dans une quête ( retrouver les perles noires)ce qui va donner une nouvelle intensité à son quotidien.

J'ai moins aimé ses rêveries amoureuses trop écrites sous forme de clichés selon mon goût et j'ai été un peu surprise par la violence de son désespoir qui le conduit à devenir assassin et suicidaire.

Mais c'est vous l'auteur, votre choix est respectable, il reste crédible dans le déroulé de votre histoire et c'est ce qui me semble le plus important.

A vous relire

   in-flight   
1/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Un bon moment de lecture.
Je suis un peu déçu par le fait que le handicap et ses conséquences soient peu abordées. Comment les Sourds vivent le monde? À quellle barrière sont-ils confrontés ? Comment compensent ils leur atteinte sensorielle? Vous l'évoquez brièvement et c'est déjà bien, mais j'ai l'impression que ce n'est pas tant la surdité qui justifie le passage à l'acte, mais bien une misère sociale et une frustration que l'on peut retrouver chez n'importe quel quidam.
Sans doute, je m'attendais à ce que le handicap soit traité sous un aspect plus profond. Bref, ce texte est agréable à lire et la fin est plutôt bien vue, malgré son dénouement tragique.

   hersen   
3/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé cette nouvelle, qui"sait rester à sa place", c'est à dire qu'elle n'en fait pas trop côté handicap, et c'est tant mieux, on comprend très facilement les difficulté qu'il occasionne dès le détail de la lampe qui s'allume en guise de réveil. j'aime dans une nouvelle ce genre de détail qui ne prend pas de place, n'envahit pas et crée d'emblée un décor.
Une histoire d'amoureux, une de plus, et je trouve la fin un peu trop radicale. Ce jeune homme me semblait avoir une belle énergie, je l'aurais bien vu dans quelque chose de grand, de plus grand en tout cas.
Techniquement parlant, je ne l'ai pas trouvé suffisamment désespéré au fil de l'histoire. Bien sûr, il faut qu'une fin surprenne en nouvelle, mais d'un autre côté, quand on la découvre, on doit pouvoir faire un retour en arrière et (re)découvrir les petits cailloux que l'auteur a pris soin de laisser. je n'ai pas trouvé cela dans le texte.
le fantasme sur une inconnue, que l'on découvre mariée avec des enfants et s'apprêtant à mettre les voiles est-il suffisant ?
Ou alors l'erreur de ce texte aurait été de trop enfoncer le clou en ajoutant une mère incurable dont le jeune homme doit s'occuper ?

ne pas prendre bien sûr ce com pour argent comptant, mais ouvrir davantage de possibilités pour cet homme sourd m'aurait plus marquée, plus transportée.

mais l'écriture est suffisamment concise (grande qualité en nouvelle) et j'espère pouvoir vous lire encore ici.


merci de la lecture !


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