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Sentimental/Romanesque
Dolybela : Raphaël ou le printemps
 Publié le 22/05/21  -  5 commentaires  -  10516 caractères  -  49 lectures    Autres textes du même auteur

Je souris, il fait beau et doux comme en mai.
L’amour est présent sous plein de formes.

(Anonyme)


Raphaël ou le printemps


Il s’éveille. Il y a longtemps qu’il dort. Il a dormi tout l’hiver. Mais aujourd’hui, le ciel est bleu et chaud. La Loire est bleue et rose. Il y a presque des bourgeons. Raphaël contemple, il contemple son propre regard enfin posé sur du vrai. Il lui revient au cœur un vaste goût d’espoir. Il se trouve sur les quais, près de l’eau et il ne sait plus ce qui l’a amené ici. Il devait y avoir une volonté dans ces muscles, une idée dans ce ventre pour affronter le monde diurne. Mais peut-être a-t-il marché jusque-là en errance. Peut-être qu’il s’est perdu dans un grand hasard, une nouvelle fois.

Près de lui, enfin à quelques mètres, il y a une femme. Elle a des cheveux longs qui s’envolent dans le vent, aériens fils arachnéens, mais noirs, souples, évanescents… Dans le vent… C’est peut-être ce vent qui l’a éveillé. Cette brise ingénue qui n’a rien de définitif et qui pourtant est remplie de promesses. Avant, c’était la nuit, la nuit lourde, avant il s’est assommé de larmes, et puis de médicaments, et quand cela n’a plus suffi, il est passé de l’autre côté des écrans. L’hiver a été long, il a aboli le temps, il ne fait ni nuit ni jour dans la lumière bleue. L’âme y entre et se déshabille. La lumière efface la mémoire qui fait tant souffrir. Elle supprime l’attente, elle crée une réalité autre, monde parallèle. Raphaël s’y est fait étranger à lui-même, ou du moins a-t-il essayé, mais de retour dans son corps il était toujours lui sans but. Il se souvient du grand vide en lui-même dans lequel il est tombé. C’est cela, le plus grand somnifère, c’est au fond de ce vide dans son esprit qu’il a chu, qu’il a fini par tomber sur la tête pour ne plus se réveiller qu’au printemps, avec le premier rayon du soleil, quand le vent se fait souffle et caresse de nouveaux brins d’herbe, quand le fleuve rajeunit et que les cheveux des filles flottent comme des algues vertes dans le courant. Ses lèvres s’étirent, il le sent. Il lève la tête, ferme les yeux, et sourit au monde.

Lentement, ses souvenirs renaissent. Ils émergent, presque violemment, comme autant de déchirures. Il y avait cette fille. Elle avait les cheveux noirs comme de la mousse. Ses yeux éclairaient la vie comme la lucidité, ses joues étaient rationnelles. Elle riait d’être elle. Un nom lui revient, Mathilde. Il pense à l’élégance de ce nom, ce nom qui glisse vers l’abstraction, s’achève sur deux consonnes, une liquide et une dentale. Le « i » qui les précède n’est pas aigu mais musical. Le nom s’évanouit, s’évapore après la solidité du « mat ». C’est un nom-aquarelle, l’intensité d’une couleur diluée dans l’évanescence. Encore cette évanescence. Son sourire retombe. Il a beau jouer au poète, il sait que ce souvenir s’est terni, qu’il l’a usé comme il est d’usage d’user le premier grand amour. Il se souvient des angoisses, des blessures jalouses, et surtout de la distance, la terrible distance entre leurs deux cœurs. Un romantique et une pragmatique ne font pas bon ménage, il l’a toujours pensé. De cette histoire douloureuse, il ne reste qu’un prénom, des cheveux comme de la mousse, et à peine un visage. Ce n’est pas assez pour que le vortex en lui se rouvre et aspire toute tentative de vie. Ce n’est pas assez pour retourner au contresens, à la faiblesse, à la violence grise et vide de sens, à la destruction dévorante.

Un papillon vient voleter devant lui, sur le goudron. Il est tout petit avec des ailes jaune citron. Raphaël à nouveau sourit, heureux de constater que ses muscles, ses mâchoires n’ont pas oublié le mouvement. Ses yeux s’agrandissent, le soleil accompagne son regard. Ce papillon est un signe, c’était le bon jour, le grand jour, cela ne fait aucun doute, le jour du grand réveil, à peine plus bruyant qu’un battement d’aile, l’eau qui coule, glousse sur la berge, contre le tronc de l’arbre, là, devant lui. Oui, il s’est réveillé en plein printemps. Les papillons ne vivent que quelques jours cependant. Et cette joie nouvelle ? Durera-t-elle ? Printemps, temps de questions…

Il se rappelle qu’il a déçu, menti trahi, il se rappelle et il entrevoit un tunnel qui l’aspire à nouveau. Il se rappelle surtout de tout ce qu’il a manqué, il se rappelle d’un poids insoutenable sur sa poitrine et n’avoir pu attraper aucune main tendue. Il a cherché, à tâtons, dans le noir, quelqu’un qui soit encore là et vraiment là dans la nuit de l’hiver, là que pour lui, un appui ou un rempart, mais il sait qu’il en demande trop et que toujours les gens s’évadent. Il se déteste de tordre les poignets des mains tendues. Il ne voit plus la rivière. Il baisse les yeux. Il ne voit que le goudron sur lequel il est assis. Dur, sombre, irrégulier. Il est assis en tailleur, sur sa cheville nue qui dépasse de son pantalon sont déjà imprimées les marques du sol. Tout n’est pas qu’évanescence, il y a aussi ce qui laisse des traces, les empreintes, les cicatrices. Son psychisme en est bardé. Chaque thérapeute le lui a dit : il a encaissé plus que beaucoup de jeunes de son âge. Il a des remords. Il aurait dû s’appliquer et travailler au lieu de laisser les psys faire le travail à sa place. Au moins ils lui filent des médicaments. Pourquoi sa tête n’est-elle pas fichue comme celle des autres ? Pourquoi autant de pensées contradictoires ? Pourquoi lui ?

Ses questions le mènent à d’autres têtes. Il y en avait deux, dans la maison de ses parents. Deux têtes coupées, empaillées, fixées au mur de la cuisine. Une gazelle et un cerf. Ils devaient se tenir compagnie, tous les deux. Il fallait bien, ils n’auraient pas pu aller bien loin. Fini de gambader, il faut savoir faire la conversation à son voisin, et rester à sa place. Raphaël pense à son tour qu’il faudrait qu’il se coupe la tête, et l’accroche au mur de la cuisine, histoire que ses parents la voient, bien docile et bien sage cette fois, solidement arrimée au mur, et pas question de déconner, la tête droite, maintenue, ça ne doit pas être bien compliqué de tenir la position, au lieu de dérailler à tout bout de champ…

Le sol se durcit sous ses yeux. Qu’est-ce qu’il croyait ? Il croyait au début, mais en réalité, la vie c’est tourner en rond à l’infini, et toujours piétiner les mêmes portes de sortie. Oui, il joue au poète, alors qu’en réalité, tout est toujours là, le sol, le goudron comme un mur sur lequel rebondissent les moqueries de quand il était petit, la cour de récré, les insultes, et puis les regards terriblement condescendants, et surtout les pensées, celles qui tournent, toujours les mêmes, sur l’irrésistible mort, le grand oubli qui vient à la fin pour tous nous engloutir, et alors il n’y a plus d’amour, il n’y a plus de lien, de sourire, il faut renoncer aux belles histoires, et l’anéantissement demeure. La vie n’est pas une belle après-midi de printemps. Et même, au fond, à quoi bon en profiter ? Après, les portes closes, les années d’étude qui ne mènent nulle part, tout remettre sur la table, se lancer à corps perdu dans le théâtre, tenter de mettre à l’épreuve des convictions et des rêves au placard. L’univers-goudron, l’univers grande résistance, surtout ne pas en souffler un mot tant que la nuit n’est pas venue. Ses questions sont du vide et nulle part dans le fleuve, dans le bitume, dans l’air qui vole, dans les couleurs pleines du monde il n’est de place pour lui. Il n’a jamais senti de destin pour lui-même, simplement un non-sens inqualifiable, un non-sens infâme qui lui remue les entrailles, fait crier ses poings qui s’abattent sur les murs, à la recherche d’une souffrance physique à la hauteur de cette infamie existentielle. L’eau sombre, devant lui, se perd en tourbillons, et il lui semble que cette tentative de début de printemps gît là, morte, échouée, flottante dans l’eau qui court, gâchée, et qu’en réalité, son cœur a cessé de battre depuis longtemps. Il pensait avoir l’esprit libre mais le plomb tombe à nouveau sur son cerveau. À quoi bon ?

La boule, dans sa gorge, il la connaît bien. Sa poitrine se serre, il expire péniblement un souffle noir et pourri. Il sourit cyniquement au soleil. La beauté est toujours désespérée, malsaine, effroyable. Les après-midi de printemps n’existent pas.

Soudain, Raphaël sent un regard sur lui. C’est la fille aux cheveux tout fins dans le vent, pas loin. Elle le regarde, elle le regarde, elle a vu cet éclat glauque, ce nihilisme éhonté. Il se confronte à ses yeux. Elle a détourné la tête. Elle a un jean bleu clair comme le ciel et un sweat bleu marine. Elle ne parle pas. Il a dû lui faire peur, avec sa violence et sa faiblesse, son grand renoncement. Il se déteste. Il se sent plus monstrueux que jamais.

Et puis, parce que ça ne coûte pas grand-chose, il tente de sortir un peu de lui-même. Ça, il peut encore le faire. Il imagine cette fille en été. Débardeur noir, joues rouges, un joint à la main, avec le sourire des très beaux jours, animée d’une envie folle de danser, tremblante d’une énergie dont il n’a pas encore idée, dont il ne peut se souvenir. Les saisons sont incommensurables. D’une année sur l’autre, on ne peut s’empêcher d’oublier les sensations qui les accompagnent. Des fois, on ne peut pas s’empêcher, en plein hiver, de prendre le malheur pour acquis. Ils reviennent, ils reviennent, les papillons, le feu qui finit par leur brûler les ailes, le droit à l’inconscience, la fumée des clopes et des joints qui s’évapore dans l’air de juillet. Un instant, Raphaël envisage de passer cet été avec l’inconnue, de connaître avec elle le bousculement et la foule sur les quais. Ils poétiseront leur solitude. L’amour est partout.

Comme elle a tourné la tête, il est à nouveau face à ses longs, très longs cheveux noirs qui dansent dans l’air frais. Les rayons du soleil sont absorbés par ce noir qu’il voit déjà scintiller doucement devant lui par une nuit de brûlante pleine lune, et des yeux de fête estivale où la folie se mêle à ce quelque chose qui flotte partout, du papillon à l’arbre, du ciel à la rivière, qui court entre les insectes et les êtres, joueur, ce quelque chose encore pastel, virtuel qui ne demande qu’à mûrir et à s’accomplir, dans ce regard autre, sur ces cheveux aérés.

Il y a sur la Loire un bateau de bois qui tangue, l’eau verte et bleue le rajeunit et il se laisse aller, lui, le vieux radeau en manque du désir de naviguer, à une nouvelle saison fleurie.

Raphaël se lève, masse sa cheville endolorie. Il va à la rencontre de la fille, s’assoit à côté d’elle. Rien ne résiste au printemps.


– Belle journée, n’est-ce pas ?

– La première depuis longtemps…


 
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   socque   
23/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En cours de lecture je me disais : ça ne va quand même pas être tout, les intermittences du cœur d'un jeune homme à tendance dépressive ! Il faut un basculement, une perspective autre, un événement dramatique, que sais-je...
Et puis non, c'est bien tout. Vous avez osé le récit où rien ne se passe sinon dans la tête de Raphaël, personnage aux aspirations banales sans même une chtite pulsion meurtrière.
En ce qui me concerne, vous avez eu raison. J'ai été convaincue par ce déroulement d'états d'âme, j'en ai trouvé l'enchaînement cohérent, logique, émouvant. J'ai noté au passage cette jolie formule
Il se déteste de tordre les poignets des mains tendues.

Je salue la performance de m'avoir intéressée, moi lectrice facilement impatiente, en vous gardant de tout artifice scénaristique, chute à effet et autres fioritures. Un droit fil pour ces errements de Raphaël entre espoir, découragement, résilience, une écriture claire et juste sans simplisme.

   Corto   
22/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A la fin de ma lecture, si j'excepte les dernières lignes, j'aurais bien vu le psy préciser: "Bien on va s'arrêter là pour aujourd'hui; ça fera 80 euros".
Je dis cela sans ironie car ce texte est un superbe voyage intérieur, à peine perturbé par le contact un peu dur avec le goudron.

Certaines phrases sont très évocatrices de cette déambulation affectivo-temporelle "L’hiver a été long, il a aboli le temps, il ne fait ni nuit ni jour dans la lumière bleue."

Sans que l'épisode sur "Mathilde" soit décisif vous avez trouvé une formule excellente: "C’est un nom-aquarelle, l’intensité d’une couleur diluée dans l’évanescence."

Le désespoir verrouillé à l'âme se précise lorsqu'on lit "il se rappelle d’un poids insoutenable sur sa poitrine et n’avoir pu attraper aucune main tendue." L'ambiance est complétée avec "Raphaël pense à son tour qu’il faudrait qu’il se coupe la tête, et l’accroche au mur de la cuisine"...

L'approche de la jeune fille "aux cheveux tout fins dans le vent, pas loin" n'est pas, à mon avis, d'un réel apport à ce récit. J'y vois même une facilité qui éventuellement serait placée là pour éviter une fin triomphale au désespoir implacable si bien décrit préalablement.

Ce texte est osé, peu ordinaire, bien construit.

Bravo.

   plumette   
23/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Votre texte m'a fait penser à la chanson de Barbara " le mal de vivre" qui commence par "ça ne prévient pas, ça arrive, ça vient de loin " phrase reprise à la fin de la chanson lorsque celui qui est englué dans son mal-être en sort , sans bien savoir pourquoi, ni comment. Et c'est ce moment que vous avez su saisir avec Raphaël, de nouveau accessible à la légèreté et la beauté du monde en ce nouveau printemps.

j'ai eu besoin de 2 lectures car lors de la première j'ai été dérangée par l'utilisation de la troisième personne: qui donc est le narrateur pour avoir un tel accès à l'intériorité du personnage? La troisième personne permet certainement au lecteur de mieux respirer et de se projeter mais c'est moins clair pour le lecteur quant au point de vue.

J'ai aimé certaines formulations, on sent bien la poésie de votre plume! J'ai aimé l'analyse du prénom Mathilde qui se coupe un peu trop brutalement avec la phrase "Un romantique et une pragmatique ne font pas bon ménage, il l’a toujours pensé. " inutile à mon avis parce qu'elle nous ramène dans un réel un peu trop pragmatique justement!

Lorsque Raphaël , sensible au vol des papillons retombe ensuite dans des pensées sombres et de dévalorisation, je trouve que vous avez bien su saisir le mouvement entre espoir et désespoir mais là encore, le retour au réel avec le psy, un peu trop explicatif, m'a sorti de l'atmosphère antérieure.

Dernière chose: pour moi, la présence de cette fille aux longs cheveux noirs , évoquée au début et à la fin, n'est pas nécessaire. Je serai bien restée avec votre personnage et ses pensées, il me semble qu'il aurait pu ressentir "la joie" ( celle de la chanson de Barbara) grâce à la contemplation du paysage et exprimer ensuite un désir de relation sans que cela lui soit immédiatement offert sur un plateau!

   woodmoodwoom   
23/5/2021
Si le mouvement n'est pas extérieur, il est loin d'être ici absent, et l'intrigue, en tant que tel, par conséquent, n'apparaît plus comme nécessaire pour retenir l'attention. L'introspection est fine, et la façon de manipuler la langue élargit les perspectives, ou la façon de percevoir le monde ; ce genre de formules me semblent aller dans ce sens : «ce n'est pas assez pour retourner au contre-sens» ; «ces questions le mènent à d'autres têtes» ; «le sol se durcit sous ses yeux»... De quoi retourner l’esprit du lecteur, de le surprendre, de l’amener au-delà de ses façons de comprendre et d’appréhender le langage avec le monde. Ici, le champ lexical des éléments est manifeste, le vent du quai, l'eau du fleuve, la fumée des joints, et le goudron du sol plutôt que la terre fertile du printemps... à la lecture du titre, c'est à se demander s'il faille choisir entre l'un ou l'autre, qu'il y ait une incompatibilité, et que la saison du renouveau restera étrangère au personnage qui ne sortira pas de sa solitude hivernale, mais la fin du récit ne semble pas aller dans ce sens ; ceci dit, les vicissitudes du personnage semblent mieux s'incarner dans un bitume qui emprisonne les forces printanières que dans la terre. De plus, tout ce lexique semble relier les personnages, le vent donne du mouvement, il fait danser les cheveux de l’inconnue, il éveille et sort le personnage de la nuit, mais le printemps n'a pas l'exclusivité du vent pourrait-on arguer. Qu’importe. Je reviens au titre ; Léo ou les flocons... Raphaël ou le printemps... J’ai lieu de penser que vous avez d’autres récits de cet acabit sous la main. De fait, qu'est-ce qui fait que le «ou» prime à l'instar du «et», la conjonction du choix ou de la fusion ? Aussi, ces éléments, souvent rattachés au monde des symboles et de la poésie, fait que ce texte pourrait tout à fait rejoindre le récit poétique... J’ai particulièrement apprécié le mot de la fin. Derrière l’amorce d’un dialogue posé en tant que chute, derrière ce type d’échange souvent redondant, se renverse l’impression souvent associée, du banal au sublime ; ces petits commentaires du quotidien, le fait que la journée soit belle et le fait de le dire, à la suite de tout ce déambulement intérieur qui précède, semble donner de la profondeur et de l’échos dans ce tunnel où l’inconscient devient accessible par la force de l’introspection, une dimension presque libératrice à ce personnage qui se livre au printemps. Alors redevient relatif le fait que certaines choses n’aient pas besoin d’être dites, notamment lorsque ça permet de la plus simple des façons de ressortir du silence. Ce texte m’a plu par sa puissance à mettre des mots là où il est difficile de les voir et d’en mettre. Merci pour ce partage et à vous relire avec plaisir.

   AESpes   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Très jolie nouvelle, lumineuse comme le printemps. Vous avez capté l'intensité d'un éveil, à la fois celui du monde et celui de cet homme, et le parallèle que vous en offrez est magnifique à lire. Vous parvenez avec aisance, dans vos nouvelles, à donner en peu de mots l'accès à une conscience, et aux changements rapides de cette conscience en confrontation avec ce qui l'entoure. C'est par exemple cette très rapide tension entre "les après-midi de printemps n’existent pas", suivi à un paragraphe d'intervalle de "L’amour est partout". Bravo pour cette nouvelle histoire qui est, avec "Léo ou les flocons", d'une beauté stylistique pure. Continuez de nous régaler de votre plume - ou, devrais-je dire, de vos trois plumes d'onirienne !


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