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Science-fiction
Donaldo75 : Je suis le fils de la brume
 Publié le 21/03/18  -  19 commentaires  -  6948 caractères  -  107 lectures    Autres textes du même auteur

« Peux-tu peindre ce que nous deviendrons
Sans limites et sans entraves
Désespérément avides de quelque main étrangère
Dans une contrée désespérée »
Jim Morrison


Je suis le fils de la brume


21 décembre 2017

Voici bientôt un mois que je suis affecté à cette petite station météo dans le Massif central. Je me décide enfin à écrire un journal de bord, une sorte de chronique personnelle. Cela change de mes comptes-rendus journaliers. Et puis, je me sens vraiment seul, ici, au milieu de nulle part, le trou du cul du monde. Je n’ai jamais été un modèle de relations sociales mais là j’ai atteint mes limites. Jamais je n’aurais pensé qu’il existait en France un endroit aussi isolé. Je n’ai rencontré personne, ni dans les bois, ni sur les chemins. C’est quand même étrange, je trouve.


22 décembre 2017

La brume s’est invitée dans mon quotidien tranquille. Elle s’est progressivement insinuée dans la forêt, pendant l’une de mes rondes d’observation, entre deux relevés. Je ne l’ai pas vue venir. Elle m’a suivi jusqu’à mon retour à la station.


23 décembre 2017

Le climat semble affecter la connexion radio et les appareils de communication avec l’extérieur. Je ne peux plus envoyer ni recevoir de message, vocal ou électronique. Mon isolement est complet. Je vais passer le réveillon avec la seule brume pour compagne. Parfois, j’ai l’impression qu’elle m’observe à travers la fenêtre, qu’elle me sourit. Je ne sais pas si c’est un bon ou mauvais signe.


24 décembre 2017

Je crois que le Père Noël ne viendra pas cette année. La brume a dû les égarer, lui, ses lutins et ses rennes. Je suis toujours isolé du reste du monde. Mon dernier relevé a été compliqué à terminer ; j’ai bien failli me perdre dans les bois. Bizarrement, la brume s’est mise à frissonner et j’ai retrouvé mon chemin. Peut-être est-elle protectrice. Une divinité pour les météorologues.


25 décembre 2017

Le réveillon est passé. J’ai une légère gueule de bois, certainement liée à mon excursion tardive dans la forêt, après avoir vidé toute une bouteille de champagne, au milieu de la brume, accueillante et froide à la fois. Je me suis senti moins seul, même si mes souvenirs de cette soirée restent flous.


26 décembre 2017

La brume s’est adressée à moi. Je ne suis pas fou, je l’ai bien entendue. Elle m’a parlé de début et de fin, de son fils perdu. Je n’ai pas tout compris, je l’avoue. J’étais en train de pratiquer une analyse météo dans la forêt, comme à mon habitude, quand elle m’a enveloppé puis a murmuré, une sorte de frisson, des mots sans queue ni tête, dans une langue flûtée et pourtant compréhensible.


29 décembre 2017

Je commence enfin à comprendre. La brume est le début et la fin. Je ne dois plus avoir peur, la terre va m’appeler. Je dois faire l’amour avec l’eau, me baigner dans le feu, laisser l’air m’avaler et puis me recracher telle une poupée de terre, le fils retrouvé de la brume.


30 décembre 2017

J’ai reçu un message étrange. La radio a fonctionné pendant quelques minutes puis s’est arrêtée dans un dernier hoquet. Une voix métallique a parlé de singularité cosmique, de neige drue en été, de tsunamis sur des lacs autrefois paisibles. Je ne suis pas inquiet, rien ne peut m’arriver ici, protégé par ma mère la brume, la reine de la forêt et des quatre éléments. Je vais me détacher de ma vie d’antan. Écrire ce journal reste mon dernier tribut à la civilisation des hommes. Je suis le fils de la brume, né de la terre, de l’air, de l’eau et du feu.


3 mars 2017

Je viens de m’apercevoir que je n’ai plus aucun contact extérieur depuis des mois. La relève ne s’est jamais présentée, ni même les équipes chargées du ravitaillement trimestriel. La radio ne fonctionne plus. Le groupe électrogène a depuis longtemps pris le relais. Je rationne mes vivres. Je ne prends plus la peine de réaliser les relevés et analyses météo. Les derniers résultats défient l’entendement, comme si l’horloge interne de la planète se mettait à tourner à l’envers. Le sud devient le nord. L’est se mélange avec l’ouest. Les oiseaux ne chantent plus. Seuls les arbres semblent conserver un semblant de raison. L’hiver persiste, habillé par la brume.


Un jour en avril

J’ai arrêté de compter les jours, de les ranger sagement dans un calendrier. Hier, un avion a traversé le ciel brumeux. Une partie de moi a tenté de lui signaler ma présence. En vain. Je ne me sens plus seul. Je me suis habitué à ma nouvelle vie, au cycle de la nature, même si le jour et la nuit se confondent sous les ombres de la brume. La terre et l’eau m’apportent la tranquillité. L’air et le feu me procurent la joie. Je suis un Robinson heureux au milieu de volcans endormis, des géants éternels, nés avec les quatre éléments. Ma mère la brume veille sur moi.


Un jour je ne sais plus quelle année

Je ne sais toujours pas qui sont ces hommes en blanc et pourquoi ils me gardent prisonnier alors que je n’ai rien fait de mal. Ils ont remplacé les hommes en jaune, ceux venus de nulle part, vêtus de scaphandres en plastique. C’était un matin, je cueillais des champignons dans la forêt, comme tous les jours, quand ils m’ont encerclé, ont levé les bras et crié. Je n’ai pas compris leurs mots. La brume s’est intensifiée, l’air est devenu froid, la terre s’est durcie sous mes pieds, je me suis mis à courir puis ai senti une piqûre dans le dos. L’eau a rempli mes yeux, le feu a envahi mon ventre. Je me suis effondré. La brume s’est envolée, me laissant entre leurs mains.


Aujourd’hui

Ils vont me confisquer mon journal pour l’étudier, comprendre ce qui s’est passé, comment j’ai survécu, un miracle selon eux, vues les conditions actuelles. Je leur parle de la brume, ils invoquent la météo, un désordre climatique, des villes sous la neige en été, des continents noyés par des vagues gigantesques. Je réponds que la terre veille toujours sur moi, avec l’air l’eau et le feu, parce que je suis le fils de la brume, une divinité née avec les volcans, dans un passé lointain où tout avait un sens, un début et une fin. Ils me regardent étrangement, comme si je m’exprimais dans une langue ancienne, une sorte de dialecte oublié depuis des milliers d’années. Je me sens de nouveau seul, perdu entre ces murs blancs, interrogé chaque jour par des hommes aux lunettes cerclées d’or. Je ne peux pas croire que la brume abandonne son fils perdu puis retrouvé.


Demain

Je partirai bientôt, je le sais. La brume est revenue. Je l’ai entendue lors d’une discussion anodine entre des hommes en blanc. Ils ont l’air effrayé et parlent de retrait, de vie sous terre, d’exode massif. Plus rien n’a de sens pour eux, et n’en a jamais eu. Ils ne comprennent pas la terre et l’eau, l’air et le feu, perdus qu’ils sont dans leurs termes scientifiques, leur quête inutile d’une cause à chaque effet. Le froid s’est installé je le sens, puissant et protecteur, un signe avant-coureur du retour de ma mère la brume venue chercher son fils avant de l’emmener rejoindre les quatre éléments. Le début est la fin, la fin est le début, mon journal le dit pour que les hommes en blanc arrêtent d’avoir peur et comprennent enfin pourquoi ils vont disparaître.


 
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   Jean-Claude   
28/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

De la brume ? Tiens tiens.

Bonne histoire, bonne progression, bonne fin.
J'aurais aimé un peu plus de temps dans la relation brume/narrateur. Quoi que... C'est parce que je cherche quelque chose à dire.

Un détail.
Dans ce cas : "quand elle m’a enveloppé puis murmuré, une sorte de frisson, des mots sans queue ni tête, dans une langue flutée et pourtant compréhensible."
Je pense qu'il faudrait plutôt "puis m'a murmuré" (elle a enveloppé MOI) (elle a murmuré à MOI)

Au plaisir
JC

   plumette   
1/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
ce texte a eu une sorte de pouvoir hypnotique sur moi.
Est-ce cette brume qui peu à peu envahit tout ?

j'ai été dérangée dans ma lecture au début par la notation des jours. Il est peut-être possible de garder l'esprit et la forme du journal ( que je trouve bonne) sans noter chaque fois la date.

il y a une progression dramatique au fur et à mesure que la brume s'épaissit et que l'isolement gagne le narrateur et change de nature.

c'est un texte prenant, je n'arrive pas à cerner complètement son
" genre" , j'ai bien aimé de bain de nature bien particulier, rendu par une écriture de qualité.

Plumette

   SQUEEN   
21/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai beaucoup aimé le message et la manière de le faire passer (carnet de bord) les répétitions créent une lancinance intéressante, mais d'après moi pas complètement maîtrisée, l'ambiance est bien transmise mais il y a un côté hésitant et je ne sais s'il est voulu ou s'il est dû à un manque de radicalité dans l'écriture. Lecture agréable et sujet passionnant. Merci, SQUEEN.
Ajouté le 21 mars 2018: Après relecture, j’ai envie d’écrire : le début du monde et la fin du monde réunis dans une cosmogonie douce qui met l’homme à une autre place que celle qu’il s’octroît. Joli.

   kreivi   
2/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien ce récit qui défile au rythme d'un calendrier qui lui-même finit par se perdre dans la brume.
atmosphère de mythologie scandinave.
L'écriture a rejeté les fioritures et reste bien dans le rythme qu'elle s'est donné.

   Louison   
2/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Une brume étrange qui ne m'a pas complètement convaincue, il m'a manqué quelque chose, je ne sais pas quoi exactement
peut-être la clé pour comprendre quand la folie est arrivée, pourquoi?

pour avoi vu le Mont Aigual en plein hiver, je peux comprendre qu'on puisse sombrer, mais je n'ai pas eu assez de détail.

Cependant, j'ai aimé la fluidité de l'écriture.

   hersen   
5/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte que j'ai beaucoup aimé. D'abord parce qu'il est agréable à lire, que je me suis moi aussi vue dans cette brume.
Un pétage de plomb causé par une trop grande solitude dans un milieu hostile, ou bien réel phénomène climatique ? Les deux ? Oui, ça m'irait bien.

En tout cas une lecture appréciable et appréciée.

Merci

   Eva-Naissante   
21/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Donaldo,

Un texte agréable à lire, la forme me plait et je pense que la chronologie, la mention des jours puis son absence lorsqu'il arrête de compter, constitue, à mon sens, le fil cette histoire. Un fil qui finit par lui échapper...

Toutefois, il me semble que le mot "brume", qui certes compose le titre et campe tout à la fois le premier et le second rôle, apparait par moments quelque peu redondant...

A seconde lecture, cette redondance entête, la brume est partout, elle devient sa protectrice, sa mère...illustrant et justifiant le processus d'un glissement vers une forme de folie...Cela fait sens pour la lectrice que je suis,

Au plaisir de vous lire à nouveau,

Eva-N

   eskisse   
21/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé votre narration, fluide, dans laquelle le narrateur semble gagné par la folie tout en conservant apparemment la maîtrise du langage. Un Robinson ( qui a eu lui aussi sa crise de folie ) proche du Horla avec la placidité en plus, un Robinson détenteur d'une certaine sagesse. J'en ai donc fait une lecture de récit fantastique. Merci pour ce partage.

   sukumvit   
21/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'aime bien l'idée et la narration est sympa. Cependant je suis assez d'accord avec Louison. Je trouve qu'il manque quelque chose, que la progression est trop rapide, notamment le passage de la normalité à la folie qui est un peu rapide. Par exemple le passage du 26 au 29 décembre est particulièrement "violent", d'autant plus que le 30 le narrateur repart sur une discussion mixant fait réel et "folie". Le texte aurait gagné en consistance dans un format plus long selon moi.

En résumé une narration sympa mais un scénario qui même si l'idée est bonne est trop vite expédié selon moi.

   Lulu   
21/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Donaldo75,

Pour ma part, j'ai été happée par cette forme d'écriture que j'apprécie beaucoup. J'aime beaucoup les récits à la première personne et ai donc été touchée par le genre du journal de bord.

J'ai aimé le style, avec notamment quelques phrases qui m'ont bel et bien accrochée, comme : "la terre va m'appeler. Je dois faire l'amour avec l'eau, me baigner dans le feu..." Ce passage est vraiment magnifique.

J'ai aussi aimé : "Seuls les arbres semblent conserver un semblant de raison", mais plutôt que de répéter "semblent" et "semblant", mots de la même famille, j'aurais préféré trouvé "un brin de raison".

Ensuite, malheureusement, je trouve que la chronologie s'accélère inutilement. On passe du 1er avril à "un jour de je ne sais plus quelle année... après cette chronologie qui semblait continue... Je comprends que vous ayez voulu exprimer une perte de repère, mais cela me semble maladroit sur un texte aussi court. J'aurais préféré que cette perte de repère se traduise par un raisonnement différent, mais dans le cadre d'une chronologie encore observée... en tout cas, avec une transition, et donc sans que cela ne me semble abrupt.

Cela dit, et ce que je retiens de ce texte, c'est vraiment une belle écriture. J'ai adoré la brume et sa personnification...

Mes encouragements.

   Ombhre   
21/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo,

une très belle histoire, envoutante comme un chant. Le rythme est hypnotique. Je suis venu épuisé après une dure journée, voulant juste lire un ou deux poèmes pour me changer les idées. Et elles ont changé, je me suis fait happer par la brume.
Elle m'a moi aussi enveloppé de sa douce fraîcheur, plus rien ne peut m'atteindre, je suis en paix.
Bravo pour ce texte mélancolique, presque triste sans jamais l'être vraiment. L'écriture est précise, le rythme envoutant (oui, je sais je me répète, mais je suis encore sous le coup de l'émotion), le thème captivant et tellement d'actualité.
Avec des mots simples et une écriture fluide, tu m'as emporté loin de ma réalité, et j'adore ça !

Merci pour le partage.
Amicalement.
OMbhre

   Orikrin   
21/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Est-ce une coïncidence si je vis dans l'isolement au cœur du Massif Central ?

Cette nouvelle m'a parlé, tout comme la brume au personnage. Elle m'a vite fait paniquer quand j'ai vu à quel point elle était courte, et puis j'ai compris qu'il fallait y voir un poème... Ou est-ce juste moi ? En tout cas, partant de là, je n'ai pu que me laisser emporter par la magnificence des images et des mises en contraste, jusqu'à me faire surprendre par l'inversion des logiques et que le mystère me fasse sursauter - il était donc là !

L'écrit m'a fait penser à une nouvelle de Stephen King, "Brume", qui en partage plus que le titre. En fait, j'ai lu votre texte avec l'idée que c'en était une petite sœur poétique et intimiste. Vu le titre, je n'étais pas si loin de la vérité !

   in-flight   
22/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte envoutant dont le lecteur sort avec peu de visibilité (l'effet brume sans doute). Que s'est-il réellement passé pour le narrateur? Pourquoi cette brume a -t-elle un effet protecteur ? Est-elle une force qui préserve de la pollution et des affres temps (du vieillissement) ? La brume a-t-elle (est-elle) une âme?

Tout bascule vraiment à partir de "Un jour je ne sais plus quelle année". A partir de là, j'en ai déduis 3 hypothèse:

1/ L'isolement du narrateur l'a rendu fou : "Je ne sais toujours pas qui sont ces hommes en blanc et pourquoi ils me gardent prisonnier"

2/ Le narrateur est un immortel, fils de la Nature et a passé des siècles seul avant de rentrer à nouveau au contact des humains obligés de vivre sous scaphandre tant la Terre est polluée: "Ils ont l’air effrayé et parlent de retrait, de vie sous terre, d’exode massif". Le narrateur s'exprime mais "dans une langue ancienne, une sorte de dialecte oublié depuis des milliers d’années".

3/ Les hommes en blancs ou jaunes sont des extra-terrestre: "ceux venus de nulle part"

On est dans la SF donc la première possibilité n'est pas la plus crédible. Parce que les hommes en blancs ont peur à la fin du texte, il est également peu probable qu'il s'agisse d'extra-terrestre (qui pourraient rentrer tranquillement chez eux).
Donc ce texte doit être une sorte de fable écologique, un hommage à l'éden disparu.

Un bon moment de lecture qui va un peu vite tout de même, et le mot "brume" revient trop souvent à mon goût (oui, il faut un effet entêtant).

   Scribouillard   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Je trouve que le découpage en petits paragraphe journalier donne le rythme du récit, sans ce découpage il perdrait de la force et du sens.
L'écriture est très bonne, j'ai lu cette nouvelle avec beaucoup de plaisir. Par contre il reste un léger goût d'incertitude à la fin. Habituellement je ne suis pas très fan des récit qui ouvrent plusieurs hypothèses sans en valider une seul à la fin. Pour moi une histoire a un début et une fin claire. Ce n'est pas au lecteur de se la créer en choisissant entre plusieurs options ouvertes par l'écrivain.
Dans cette nouvelle, on a pas de réponse claire à la fin, mais suffisamment d'indice pour pouvoir se projeter sur la "vérité" de l'histoire. Je trouve que cette non-explication finale est bien gérée et ne m'a pas trop déranger pour le coup.

D'autre part, je n'agrée pas avec la thèse de la folie. Je suis plutôt d'accord avec la deuxième hypothèse de in-flight. A mon avis le narrateur n'est pas fou, car d'une part comment expliqué que :
- il n'a plus de contact radio, le dernier message capté parle de catastrophes climatiques majeures,
- il reste seul plusieurs mois (Il n'a plus de ravitaillement et tourne sur le groupe électrogène),
- S'il était vraiment fou pourquoi se serait des hommes en jaune (combinaison de protection ?) qui seraient venus le chercher dans sa station météo ?
Je pourrais encore citer plusieurs indices, mais je ne crois pas que se soit très pertinent ici d'augmenter trop cette liste.

   papipoete   
28/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Donaldo
Pendant quelques sorties au-dehors pour noter les relevés météo, j'ai accompagné le héros qui semblait tendre l'oreille au vent ... puis il s'est mis à parler à personne jusqu'à ce que les hommes en blanc l'entourent dans cette chambre aux murs blancs .
NB je ne suis pas féru de nouvelles, guère compétent et interprète ce dialogue, puis cet appel au secours à la brume, comme un monde dans lequel vit le héros entre camisole et neuroleptiques où contrairement à ce qu'il redoute, il ne risque plus rien .
j'aime bien le décompte des jours qui distille goute à goute sa dose de surprise, de doute, de peur et finalement de terreur .

   Donaldo75   
14/4/2018

   Pepito   
29/4/2018
Hello Donaldo, j'ai choppé cette nouvelle juste avant qu'elle n'atteigne la fin de liste. Bonne idée ! ^^

Rein à dire sur la "forme", on est porté par l'introspection du narrateur, ces jours qui s'écoulent et finissent par se perdre.

Pour le "fond", avoir affaire à un météorologue, forcément en contact avec le monde extérieur, m'a un peu gêné au début. Je voyais mieux un anachorète dans le rôle. Mais cela est vite passé et je me suis laissé entraîné par le récit.

J'ai pensé à "La jetée" de Chris Marker, l'ambiance surement. ^^

Un très bon texte.

   Andre48   
1/6/2018
Bonjour Donaldo.
J’ai aimé beaucoup ce texte sous forme de journal, à la chronologie qui s’effiloche. Le style simple correspond bien au personnage. La brume réelle ou celle qui l’affecte dans son psychisme, pour moi, représente sa perte avec le monde dit réel, dit normal.
L’aggravation de sa situation du monde terrestre telle qu’il la raconte n’est peut-être pas réelle. Il s’imagine des catastrophes touchant surtout ‘les autres’.
Les bonnes intentions de la société ne le sauveront pas. Sa folie lui laisse assez de lucidité pour voir l’inquiétude des gens ‘normaux’ face à la fin, le retour aux quatre éléments.
Merci

   Sylvaine   
17/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau texte, où la science-fiction proprement dite se fait discrète, allusive, pour laisser la première place à la magie de l'étrangeté. La progression est habile et crée peu à peu chez le lecteur une attente envoûtante qui amène la chute avec une sorte d'évidence poétique. Contrairement à beaucoup de nouvelles SF où les considérations technologiques se font encombrantes et trop prosaïques, on glisse ici dans un univers où règne la présence primordiale des éléments et où l'on rejoint le mythe. Bravo.


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