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Sentimental/Romanesque
Donaldo75 : Papa cool [Sélection GL]
 Publié le 28/08/20  -  16 commentaires  -  5965 caractères  -  62 lectures    Autres textes du même auteur

Il y a eu des moments où j'ai pensé
Que je ne durerais pas pour longtemps
Mais maintenant je pense que je suis capable de continuer à vivre

Ça fait un long, long moment que j'attends
Mais je le sais, un changement va arriver

(Sam Cooke - 1963)


Papa cool [Sélection GL]


Papa se sent vraiment cool aujourd’hui. Les vitrines de Harlem brillent du soleil de juillet et le pavé luit comme une mer d’huile. Il est temps pour lui d’aller chez Moe, de se jeter une petite bière fraîche derrière la cravate avant de rentrer à la maison et retrouver la douce Bessie.


– Salut Moe !

– Salut Papa !

– La vie est belle, pas vrai ?

– Si tu le dis !

– Oui, je te le dis, aussi vrai que Jésus-Christ est monté au ciel.

– Alors je te crois.


Papa pose son gros derrière noir sur sa banquette préférée ; de ce poste d’observation, il peut contempler les allées et venues dans la rue principale de son quartier, reluquer les jolies petites pépées, voir les revendeurs de poudre blanche et leurs clients basanés, les voitures de police, toute une faune urbaine de la jungle bariolée dans son bout de New York favori. Le juke-box égrène une longue série de chansons du parrain de la « soul ». Papa se remémore les années soixante-dix, quand Harlem était sale et toute la ville à bout de souffle, étranglée par ses dettes et la crise économique. Richard le tricheur était encore président, avec son bataillon de flics corrompus, des Yankees aux dents blanches et trop sûrs d’eux qui ne voyaient pas la punition arriver. Dick le prétentieux s’était finalement retrouvé les doigts coincés dans le pot de confiture à devoir expliquer aux millions d’Américains pourquoi il n’était pas un voleur, comment une dangereuse bande de gauchistes chevelus voulait l’emballer dans la bannière étoilée en lui chantant des ballades sur l’amour libre et la guerre du Viêt Nam.


– Tu te souviens de Dick, Moe ?

– Lequel ?

– Le seul, l’unique, l’inimitable, le roi des tricheurs !

– C’était il y a des lustres, Papa. Pourquoi tu me le demandes ?

– Comme ça, juste pour être certain qu’il a bien existé et que je n’ai pas rêvé tout ça.

– Tout ça quoi ?

– Nos galères de l’époque, les descentes de condés venus casser du frisé, la dope à tous les coins de rue, nos frères morts dans la rue pour quelques dollars de trop.

– On était alors bien jeunes.

– Et on a eu la chance de vieillir.

– Oui, contrairement à des milliers de nos frères.


Papa regarde Moe. Ses yeux ne brillent plus. Il semble fatigué, arrivé au bout de ses rêves de jeunesse quand il arpentait le pavé une pancarte à la main avec des gars fringués de noir et coiffés de bérets militaires. Martin s’est pris un coup de douze, quelques années après Malcolm, un autre héros mort trop tôt, le symbole des années où les Américains découvraient la face cachée de leur insolente richesse. Moe sert désormais des couples venus du sud de Manhattan, des jeunes en quête d’un Harlem en paix avec lui-même. Il a bénéficié des subventions d’un président démocrate qui voulait pacifier la terre new-yorkaise et rendre à César ce que Brutus lui avait dérobé. À sa manière, Moe participe à l’illusion américaine, ce film ressassé à des yeux disponibles sur les écrans géants qui remplacent aujourd’hui les livres et les journaux.


Une sirène retentit. Papa se retourne et constate qu’il ne s’agit que d’une ambulance, probablement appelée pour un accident domestique. Il n’est nullement inquiet car il est cool désormais. L’Amérique a changé, de manière symbolique au début mais elle ne peut plus revenir en arrière. Les pionniers descendus du Mayflower ont cessé d’évangéliser les Indiens, de courser les esclaves noirs et de se battre contre les hordes de migrants désespérés au point de se noyer dans le Rio Grande. Ils ont vu leurs enfants revenir d’Orient dans des caisses métalliques ou terminer sans abri et trop vite oubliés par un état providence aux abonnés absents. Ces fils de conquérants ont même poussé le vice à élire deux fois président un grand gaillard frisé au patronyme fleuri et sentant bon la corne de l’Afrique.


– Moe, tu me remets ça ?

– Une autre bière ?

– Non, la musique, celle de nos jeunes années, quand Stax et Motown s’affrontaient à coups de hits. Memphis contre Chicago.

– Tu préfères quoi ?

– J’ai toujours eu un faible pour ces ploucs du Sud, ces cueilleurs de coton et leur musique raide.

– Qui sait aujourd’hui combien ces gars en ont bavé pour juste pouvoir chanter ailleurs que dans les bouges du Tennessee ?

– Toi, moi, les vieux, les survivants.


Papa jette un œil alentour. Le café de Moe ressemble à un havre de paix, une enceinte hors du temps où les postures exagérées des gangsters à casquette n’envahissent pas les murs, ne cassent pas les oreilles, ne polluent pas les cerveaux des clients de passage ou des habitués. Le patron a réussi là où beaucoup ont échoué. Il s’est mis les poulets dans la poche, a dégagé les petites frappes en mal de dollars, s’est assuré le soutien des commerçants locaux et n’a pas lésiné dans le porte à porte. Le téléphone de Papa se met à vibrer.


– Bessie ?

– Oui, chéri, je me demandais ce que tu faisais.

– Je remonte le temps.

– Chez Moe ?

– Oui.

– Et c’est comment ?

– Agréable. Cool.

– Tu regrettes ces années ?

– Non. On n’avait rien de mieux sous la main.

– On mangeait quand même de la vache bien enragée. Et pas souvent à notre faim.

– Tant que la vache ne nous a pas dévorés.

– Tu l’as trouvée dans un gâteau chinois, celle-là ?


Papa se met à rire doucement. Il sait que les gars comme lui, comme Moe, auraient depuis longtemps rejoint Martin et Malcolm dans les entrailles de la terre si des centaines de Bessie, des femmes courageuses, les avaient laissé s’embarquer dans une guerre stérile et perdue d’avance contre plus forts qu’eux. « La femme est l’avenir de l’homme » disait jadis un poète à tête de grenouille, un gars qui n’avait probablement jamais mis les pieds à Harlem. Papa regarde Moe, les photos sur les murs, le juke-box argenté et les tables bien rangées. Il bénit le ciel d’avoir rencontré Bessie puis lève son gros derrière noir et se dirige vers la caisse pour payer. La journée se termine et Papa se sent encore plus cool.


 
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   socque   
6/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un instantané réconfortant quant au devenir de l'Amérique... Cette remontée dans le temps me paraît bien sympathique, l'ambiance cool en effet, mais ce que ce bref récit m'évoque, c'est surtout le brutal retour vers les années '50 (certains disent même 1850 !) qu'ont effectué les États-Unis en 2016 en élisant Donald Trump. C'est comme si vous aviez écrit ce texte en 2015 tant il occulte cette réalité : une partie de l'électorat américain n'a justement pas supporté qu'un Noir occupe la Maison-Blanche pendant huit ans et a réagi en conséquence.

En attendant le début novembre 2020 et le résultat des prochaines élections en Amérique, je réserve mon opinion quant au bien-fondé de l'optimisme de cet écrit...

   Dugenou   
7/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

Tout comme le Harlem des années vingt avait pris un sacré coup de vieux dans les seventies, celui ci retrouve une folle jeunesse dans les années quatre vingt ! Le tout avec Papa, Moe et la musique de James Brown.

Une ambiance décontractée, souvenirs de Martin Luther King et des Black Panthers, une petite séquence nostalgie quoi...

Merci pour ce texte qui fleure bon le 'cool' !

En EL.

   Anonyme   
8/8/2020
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Bonjour,

Tout cela est fort bien raconté mais ne dépasse pas le stade de l'anecdote et c'est fort dommage parce qu'on sent du potentiel malgré tout. (Je parle du potentiel du texte, pas de l'auteur, ce serait du dernier outrecuidant.)
Je ne sais de quand date cette page d'écriture mais ça devait trainer depuis longtemps dans les tiroirs vu que Papa et Moe n'évoquent rien des événements récents survenus aux Etats-Unis. Ceci dit ce n'est pas un handicap et on pourrait imaginer une vraie nouvelle bien bâtie et accomplie.
Ici, rien de tout ça. Aucun ressort dramatique qui puisse entraîner le lecteur dans un récit achevé. C'est comme si la bobine d'un film cassait après quelques minutes et que le spectateur soit invité à quitter la salle. Donc pour moi ce texte n'est pas une nouvelle en tant que telle, plutôt un exercice de routine par un auteur sachant manier la plume et peu soucieux de se "défoncer" pour emporter l'adhésion du lecteur.

Commenté en EL

   Corto   
9/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tranche de vie courte mais baignée de souvenirs.
Toute une existence défile, avec des évocations lointaines mais durablement fichées dans le cerveau.
De nombreux rappels historiques étoffent la mémoire de Papa, tellement prégnants qu'ils lui servent de base pour regarder le monde actuel.
Une fiction qui s'appuie sur des fondements de réalité.

J'ai apprécié cette ambiance, Harlem d'hier et d'aujourd'hui, à condition de gommer les réalités très actuelles , sanitaires et politiques, qui viendront compliquer les souvenirs des enfants de Papa.

Le style est vivant et précis, favorisant sa captation par le lecteur.

Merci pour ce partage.

   maria   
28/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo,

Des points forts de l'histoire des USA évoqués depuis un café de Harlem par un Papa "au gros derrière noir" : je trouve le visuel réussi et la nostalgie positive de Papa cool bien rendue.

Le manque de date pour l"aujourd’hui" de la nouvelle ( publiée en août 2020 ) me donne une impression d'incomplet, d'inachevé.

Mais c'est toujours un plaisir de te lire. Merci du partage.

   IsaD   
28/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci pour ce bon moment de lecture.

J'ai apprécié cet instantané, sans prise de tête, juste, où tout se vit comme cela doit être.

Une acceptation simple, de ce qui fut, de ce qui est.

Et un bel hommage en toute fin…

Tout cela servi par une très belle écriture

   hersen   
28/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai aimé beaucoup l'ambiance de chez Moe, la tranquillité, pour ce cours d'histoire à postériori. Qui laisse un goût de plénitude amer, si on peut le dire comme ça et si ça fait du sens.
Il y a l'espoir.
Et puis tout le reste, la réalité qui nous rattrape, la désespérance de n'être capable que de buter sur des cailloux -bullets.

Cette nouvelle est comme un intermède capté entre deux époques.
S'il est réconfortant qu'il y ait eu des Papa cool, des Moe, des Bessie, il est encore plus réconfortant de savoir qu'il y en a eu, qu'ils ont été une réalité. Et une réalité meurt-elle jamais ?

J'aime en général pas mal les nouvelles de cet auteur (c'est Don, en fait :))), mais je crois que celle-ci est ma préférée.
C'est difficile de cerner pourquoi on aime plus un texte qu'un autre, à qualité d'écriture égale. Mais c'est bien quand ça arrive.

merci de la lecture.

   Bellini   
28/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Vous auriez dû proposer cette nouvelle au cours du second mandat d’Obama. Ici, la coolitude de Papa est un peu anachronique au regard de l’Amérique de Trump et de son mépris des noirs. Car enfin, comment imaginer qu’aucun des personnages ne parle des bavures policières, défendues par Trump et révélatrices de sa vision politique ?

Le récit perd beaucoup à n’être qu’une imagerie désenchantée des meilleures années du peuple noir. Papa en est réduit à glorifier les femmes d’avoir été les garantes de sa survie, par l’influence de leurs gènes pacifistes. Barack Obama vient d’être réélu, la femme est désormais l’avenir de l’homme. Désormais tout va mieux, la coolitude peut reprendre au coin du bar. Oui mais voilà, Trump n’a que faire ni des femmes ni des noirs, et ça, Papa ne semble pas l’avoir vécu.
Un récit bien écrit mais qui sonne creux quand on le lit aujourd'hui.
Bellini

   Malitorne   
29/8/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Le problème avec vos récits Donaldo c’est que la plupart du temps ils parlent de la même chose : l’histoire sociale et politique des États-Unis. On a parfois l’impression de parcourir un manuel d’histoire sortant de la bouche de vos personnages, qui relate des faits que l’on connaît déjà, sauf que là ils sont plus détaillés. De toute évidence vous êtes passionné par ce pays, l’analysez sous toutes les coutures, au point d’oublier d’aller voir ailleurs. Les férus de l’Amérique seront captés, moi franchement je m’ennuie, je trouve que vous tournez en rond. Vous avez pourtant une écriture de qualité capable d’explorer d’autres horizons. À quand une nouvelle située au fin fond de la Finlande ?

   placebo   
31/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo,
Je me souviens d'avoir lu ce texte en EL et n'avoir pas réussi à trouver quelque chose à en dire ; je le relis, je lis les commentaires…

J'aime bien l'écriture. Ça se lit de façon fluide, rythmée, les descriptions sont visuelles.

Contrairement à d'autres, je pense que cette nouvelle peut rappeler qu'il y a quelques années, "tout allait bien" dans certains esprits. Certes il y avait des incarcérations disproportionnées, des discriminations, déjà ces violences policières, mais on avait un vent d'espoir.
Et qui peut dire de quoi l'avenir sera fait. Le mal d'aujourd'hui est peut-être le bien de demain.

Papa est cool. Un repos du guerrier, peut-être.

Bonne continuation,
placebo

   plumette   
31/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce qui est plaisant dans cette nouvelle, c'est de sentir sous la plume de l'auteur un certain plaisir d'écrire qui se communique au lecteur à travers les propos de papa cool. C'est tout simple: boire une bière en écoutant une musique aux accents nostalgiques, repenser à la brutalité d'un monde qui s'est apaisé, savoir qu'on est attendu à la maison.

Pour apporter un petit bémol: on a certains repères temporels: les assassinats de Martin et Malcolm, la période Nixon, l'éléction d'Obama. papa a vécu tout cela, il n'est plus très jeune. Mais on ignore si la coolitude de papa "ignore" les manifestations contemporaines suite à la mort de george Floyd ou si cette scène au café de Moe se déroule avant ces flambées.

En tout cas, un bon moment de lecture grâce à athmosphère très bien décrite.

   in-flight   
7/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Cest grâce à Sam Cooke que je suis là ;) et je ne suis pas déçu, c'est un bon moment de lecture empreint d'une nostalgie qui nous est étrangement familière dès qu'il s'agit de l'histoire de ce jeune pays que sont les USA.

Un détail: Le snakepit de Motown c'est plutôt à Détroit, non?
Autre détail (et sans vouloir créer la polémique): Trump n'est pas l'unique responsable de l'état actuel de ce pays, il se joue beaucoup de choses en coulisse.

   Tiramisu   
12/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo,

J’aime bien le début, le gros derrière de papa, ce coin de Harlem très visuel et puis le fond de gaité (et de gravité) dans lequel baigne ce texte.
Cette nouvelle ne parle pas de l’actualité et du mouvement « Black lives matter » en réponse aux violence policières, mais c’est en toile de fond.
Je trouve que c’est bienvenu de donner un autre regard plus « cool ». Papa cool est un personnage sympathique que l’on imagine bien avec un large sourire aux lèvres, et le rire prêt à fuser.

Il y a une partie historique qui me semble très dense pour un texte aussi court, et si on ne connaît pas cette Histoire voire même que partiellement (Martin Luther king et Malcom en deux phrases c’est vite expédié, tout le monde connaît Martin, en revanche, Malcom mériterait un peu plus de présentation d’autant que c’est une personnalité passionnante). J’avoue que j'ai été un peu larguée. On parle de décennies voir des centaines d’années puisque on remonte jusqu'au Mayflower.

J’aurais préféré l’histoire personnelle de Papa et à travers lui l’Histoire. Plutôt que l’Histoire résumé par Papa, cela donne une impression de survol qui nuit au texte de mon point de vue et a arrêté ma lecture.

Ceci dit, cela donne envie que l’auteur nous parle davantage de l’Amérique qu'il a l'air de très bien connaître.

Merci pour cette lecture.

   Lulu   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo,

J'ai d'abord bien aimé lire cette nouvelle. Puis, avec à peine de recul, car elle en nécessite, je réalise que je l'apprécie vraiment.

Je trouve le titre sympa et reflétant bien ce personnage "Papa" dans son regard posé sur son environnement, sa vie. J'ai remarqué que le premier mot et le dernier mot de la nouvelle formait aussi le titre : "Papa cool".

J'ai particulièrement aimé que cette nouvelle soit brève, mais elle donne envie, paradoxalement, de lire un texte dans cette veine, ou sur ce thème qui soit plus long.

L'écriture m'a semblé belle, parfaitement maîtrisée. J'ai trouvé d'ailleurs très intéressant de découvrir des expressions familières qui collent bien avec l'esprit cool du personnage. Ainsi, par exemple :
- "se jeter une petite bière fraîche derrière la cravate". Si tu l'as inventée, alors bravo...
- "les jolies petites pépées". Mais j'ai un doute, peut-être n'est-ce pas familier et juste en dehors de mes connaissances. Je ne connais pas le mot "pépées". Cela n'a pas empêché la lecture fluide. J'ai juste supposé ce qu'elles pouvaient être, sans me le préciser, en fait. Qui sont-elles, peut-être pourras-tu nous le dire ?
- "les descentes de condés". Je n'ai pas compris.
- "musique raide". Une expression qui m'a paru intéressante et que je n'avais jamais lue. Là aussi, si tu l'as inventée, bravo...

En tout cas, le ton de la narration m'a semblé aussi cool que le personnage de ce "Papa cool", mais au-delà de ça, si certaines allusions historiques me semblent un peu floues, c'est plus du fait de mes méconnaissances précises. Je crois savoir à peu près et ai finalement ressenti et perçu un regard narratif à la fois cool et peut-être un peu désabusé au travers des yeux du personnage.

J'ai trouvé cette nouvelle très visuelle. Les images sont vivantes.
J'ai pensé que sans être un poème, cette nouvelle avait quelque chose de la poésie dans sa façon de rendre vivantes ses images. C'est le fait d'un savoir-faire certain... Les personnages ont pris corps et j'ai l'impression que je m'en souviendrai un moment...

Je ne l'ai pas dit, mais j'ai bien aimé les mots mis en exergue. Ces mots de Sam Cooke que je ne connaissais pas du tout.

Très bonne continuation.

   Alfin   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette nouvelle que je lis pour la seconde fois me donne toujours autant le sourire au lèvre. Un jour, on arrivera à garantir à un papa comme lui une sécurité loin des faits divers.

La lecture de votre texte est fluide et les images réaliste. on n'a pourtant plus l'impression d'être dans un film ou tout est huilé que dans l'âpre réalité.

Merci beaucoup pour le partage

   Alcirion   
19/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une scénette américaine agréable à lire. La narration intègre des dialogues épurés qui contribuent à la vivacité de cette histoire courte.

J'ai trouvé l'ambiance réussie et accessible et l'écriture de qualité. On sent comme une résignation, une adaptation sociale obligée dont les acteurs n'ont plus même conscience. Ce qui ouvre une réflexion sur toute société que l'histoire construit en communautés. Oubliées par l'Etat et en lutte quotidienne pour la survie.


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