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Science-fiction
Eijihimura : Danse mortelle
 Publié le 07/07/18  -  5 commentaires  -  5514 caractères  -  36 lectures    Autres textes du même auteur

L'univers est grand et le cosmos recèle de surprises, parfois extraordinaires, d'autre fois effroyables, et plus rarement les deux à la fois...


Danse mortelle


On en parlait depuis la Fondation, près de 220 générations plus tôt. Alors que l’on posait les premières briques et que poussaient nos premiers champs. On en parlait encore lorsque les hameaux se transformaient en villages puis en villes. Que les villes devenaient des mégalopoles et que notre population ne cessait de croître, passant de milliers à millions. Et pourtant, pas un ne l’ignorait. Tous connaissaient la fin de cette histoire. Vous savez, presque comme un vieux livre que vous auriez lu dans l’enfance et dont seule la fin vous paraît d’une clarté limpide. Sorte de spoil terrible dont seul le dénouement ne fait aucun doute...


Toujours sur les lèvres, toujours dans un coin de notre tête… Hypnotisante, magnifique, et pourtant effroyable, la danse continuait...


Ce bal, mortel, a alimenté notre quotidien de fictions, films épiques, de romans terribles et passionnants. La Lente Catastrophe, le Baiser de la Grande Faucheuse, des sobriquets tous plus alambiqués et dramatiques se faisaient une bataille sans merci et déchaînaient sans fin les passions et les langues des écrivains, poètes et journalistes. Les touristes aussi étaient légion… Personne dans la galaxie n'ignorait le tragique destin qui nous attendait et tous mouraient d’envie d’y assister, tout en sachant que cette « chance » leur serait enlevée par le temps.


Le temps, parlons-en… Alors que les scientifiques parlaient d'imminence, qu’est-ce que l'imminence cosmique, face à la brièveté de la vie humaine ? Où est l'imminence lorsque les pères des pères de nos pères parlaient déjà de cette même « imminence »… Où est l’imminence, lorsque des hommes s'installent sur nos terres dans l’espoir d’y assister et que s'éteignaient, les uns après les autres, les descendants de ces ancêtres aux espoirs depuis longtemps oubliés ?


Et alors que le destin resserrait peu à peu son étreinte, vint le temps où notre population décrut. Les touristes se faisaient chaque année moins nombreux à mesure que l'échéance se rapprochait, passant d’attractions captivantes à obsessions morbides, seuls les plus étranges, et vicieux continuaient d’affluer. Leurs désirs se faisaient moins romancés, plus glauques, à mesure que les saisons passaient… Les villes se vidaient et le grouillement incessant de la vie urbaine laissa enfin place au silence et au souffle du vent. Telle une longue complainte triste rythmant nos vies.


Elle devint notre muse, et nos musiques s’en inspirèrent. De l’histoire pseudo-romantique des premiers âges de notre monde, alors joyeuses et mélodieuses, les chansons s’assombrirent, la musique devint lente, presque timide, et se mua en une complainte désolée.


Le romantisme de la ronde devint peu à peu moins romanesque que notre volonté, à nous autres « résistants ». Les Derniers ou les Têtus, qu’on nous appelait, et pas un monde ne nous refusait son empathie. Croulant sous les phrases fortes de soutien et d'accroche politique en vue de séduire leur électorat, quelques-uns, encore, se laissèrent séduire par leurs promesses d’une vie future, mais bien peu au final. Ne restaient plus que les patriotes, les convaincus. Cette terre qui fut la nôtre le temps d’une vie, qui fut notre Mère, qui porta en son sein nos parents et nos ancêtres. Pas un Dernier ne souhaitait plus s’en aller. Nous n'étions que peu nombreux, quelques milliers tout au plus sur des millions qui peuplaient encore nos villes une décade plus tôt. Attristés, vaincus par l'inéluctabilité de notre sort, convaincus et peut-être tout simplement cons. Une bande de Têtus geignards incapables de tirer un trait sur un chapitre de l’univers se terminant. Têtus, peut-être oui, mais toujours là.


C’est ainsi que le grand final débuta.


Les Têtus, dont je faisais partie, étaient réunis sur la grande place de la ville, soupant ensemble comme tous les soirs depuis des mois. Étrange comme notre perte à venir nous a soudés. Nous n'étions qu’une communauté parmi tant d’autres, disséminés sur la surface d’un monde, et pourtant, tous agissaient de même, comme une grande famille.


Alors que le couple déclinait à l’horizon, enflammant le ciel de couleurs fabuleuses, l’un de mes pairs se dressa silencieusement et mit sa main en visière en scrutant le ciel. Un silence de mort tombait alors que tous se levaient comme un seul…

Détail insignifiant, presque ridicule et pourtant présage du désastre qui venait de débuter, l’un des deux astres traversait lentement l’espace qui le séparait de son jumeau.

Lumineuse caresse fendant le vide, un bras timide s'étira, embrassant son amant.


Je frissonnais alors que le spectacle touchait l’horizon.


Les deux orbes devinrent bien moins que des formes et déjà la lumière s'intensifiait. La matière s'attirant et s'étirant en tous sens comme un nuage de lucioles affolées par un vent capricieux. Le ciel bouillonnant de lumière alors que la masse des deux soleils fondait chaque instant plus vite comme un nuage de lait dans le café du vide de l’espace.

Subjugués par cet épouvantable spectacle d’une beauté funeste, c’est lorsque la lune s’embrasa d’une couleur magma que nous sentîmes la fin poindre. Une légère brise de chaleur puis la douce ardeur des soleils devint d’une passion dévorante et l’air ambiant se fit fournaise.


Dans une dernière souffrance, souffle agonisant d’une civilisation disparaissant, j’imaginais des milliards d’humains jubilant derrière leurs écrans d’avoir assisté de leur vivant au baiser mortel de nos deux soleils et à la fin d’un monde...


 
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   Jean-Claude   
12/6/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

On est prévenu. On n'a pas de surprise. Juste un tableau cynique.
Toutefois, la surprise me manque, mais c'est personnel.

Des détails entre {}
"cette “chance” leur serait enlever{ée}"
"Ou est l’imminence, lorsque des hommes s'installent sur nos terres dans l’espoir d’y assister et que s'éteignaient{s'éteignent - concordance}, les uns après les autres, les descendants de cet ancêtres aux espoirs depuis longtemps oubliés?"
"notre population decru{décrut}"
"seuls les plus étranges, et vicieux{{étranges, et vicieux,}OU{étranges et vicieux}}continuaient d’affluer"
"Leurs désirs se faisait{aient} moins romancé{s}, plus glauque{s}"
"les Tétu{Têtus}"
"et pas un monde{personne ?} ne nous refusait son empathie"
"Pas un Derniers{{Pas un des Derniers}OU{Aucun Dernier}} ne souhaitait"
"Attristés, vaincus par l'inéluctabilité de notre sort, convaincu{s} et "
"Une bande de têtu{s} geignard{s} incapable{s} de tirer un trait sur un chapitre de l’univers se terminant. Têtu{s}, peut-être oui, mais toujours là."
"C’est ainsi que le grand final débutât{débuta}."
"Les Têtus, dont je faisais partie, étaient réuni{s}"
"Nous n'étions qu’une communauté parmis tant d’autre, disséminé{e} sur la surface d’un monde"
"Alors que le Couple{Quel couple ? Rien ne l'amène. On parle des deux astres plus tard. Sans trop en dire, il faut préciser où on est. D'ailleurs, même si les deux astres évoquent a priori deux soleils, je pense qu'il serait bon d'être plus précis.} déclinait à l’horizon, enflammant le ciel de couleurs fabuleuse{s}, l’un de mes paires{pairs} se dressa silencieusement et mis sa main en visière en scrutant le ciel. Un silence de mort tombais{tomba - c'est délimité dans le temps} alors que tous se levaient comme un seul…"
"Je frissonnais{frissonnai - c'est délimité dans le temps} alors que le spectacle touchait l’horizon."
"un nuage de lucioles affolés{affolées}"

Je suggère un peu plus de précision pour nous situer, mais aussi un allégement sur les redondances, même si je comprends la recherche d'une ambiance lancinante.

Au plaisir de vous (re)lire
JC

   Eccar   
7/7/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
Une toute première réflexion me vient après la lecture de ce texte. Le temps employé n'est pas le bon. Un narrateur qui est aussi personnage de l'histoire nous raconte à l'imparfait, temps du passé, une fin inéluctable. Et quand cette fin ( tellement inéluctable qu'on le dit et répète tout du long) arrive vraiment, le narrateur qui disparaît également le relate en un temps passé comme s'il pouvait encore en parler, après.
Ensuite, que dire de cette nouvelle, si ce n'est qu'elle n'est guère passionnante, originale (déjà le mot Fondation du tout début me renvoie directement à Fondation de Asimov (saga de science fiction difficilement égalable aux idées fondatrices justement que beaucoup d'auteurs ont plus ou moins pompé , même Stars War, si, si, ... cherchez bien).
L'écriture est bien souvent fade, approximative.
Une petite nouvelle, pour moi, qui serait à revoir presque totalement.
Désolé.

   Donaldo75   
17/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Eijihimura,

Quelle poésie dans ce texte !

J'ai vraiment beaucoup aimé le style, doux alors que la mort d'un monde est annoncé et que ses habitants, du moins les quelques restants, le savent perdu et ne veulent pas le quitter. Chaque mot est pesé, signifiant, presque musical.

"Toujours sur les lèvres, toujours dans un coin de notre tête… Hypnotisante, magnifique, et pourtant effroyable, la danse continuait..."

C'est ce que m'a inspiré cette lecture.

"Dans une dernière souffrance, souffle agonisant d’une civilisation disparaissant, j’imaginais des milliards d’humains jubilant derrière leurs écrans d’avoir assisté de leur vivant au baiser mortel de nos deux soleils et à la fin d’un monde..."

Cette fin me laisse perplexe, et c'est tant mieux.

Bravo !

Don

   toc-art   
22/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

je n'ai aucune culture en science-fiction donc je ne sais pas si votre tableau manque d'originalité ou non mais j'ai bien aimé ce que je "voyais". Parce qu'en fait, c'est ce que j'ai apprécié dans votre court récit, la perception visuelle d'un monde finissant, les foules curieuses qui peu à peu abandonnent le site aux quelques milliers de résistants et l'image de ces deux astres se rejoignant dans un baiser mortel.


un détail ici : "se faisaient une bataille sans merci", je remplacerais par "se livraient".


Bonne continuation.

   Vilmon   
3/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour, J'ai assez aimé, mais j'ai trouvé longue l'approche pour nous expliquer que c'était connu depuis fort longtemps. D'un autre côté ça explique les racines profondes de ce peuple qui tient à rester malgré la tragédie. Comme Eccar, j'ai de la difficulté avec le temps employé. Comment ce récit nous est-il parvenu ? Qui sont ceux qui jubilent devant leur écran ?


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