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Horreur/Épouvante
Filipo : Eau Martienne [concours]
 Publié le 22/01/09  -  26 commentaires  -  5232 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

L'odyssée tragique du premier vol habité vers la planète Mars.


Eau Martienne [concours]


Ce texte est une participation au concours nº 8 : Les brèves d'eau (informations sur ce concours).



Le regard éteint, Léa scrutait la plaine stérile à travers la poussière ocre maculant les hublots. Aucune trace du robot-sonde, parti depuis des heures explorer les abords de l’immense cratère. « C’est foutu », songea-t-elle, apathique. Ses lèvres fissurées esquissèrent un sourire douloureux. La NASA pouvait se réjouir, l’homme avait enfin posé le pied sur Mars. Mais à quel prix… Elle laissa retomber ses paupières asséchées et s’abandonna à un sommeil de plomb.


Le premier vol habité vers la planète rouge avait déclenché une frénésie jamais vue. Puis, après un décollage médiatique et des mois d’une routine bien huilée, leur périple avait brutalement viré au cauchemar. Le 21 août, déjouant le bouclier de déflexion, un caillou pas plus gros que le poing heurta le vaisseau avec la force d’impact d’un poids lourd. Des sirènes hurlantes les jetèrent hors de leurs couchettes. Trop tard ! Fuyant par une soute éventrée, leurs réserves d’eau s’étaient vaporisées dans l’espace.


Afin de répondre à cette crise majeure, le centre spatial avait aussitôt saturé ses ordinateurs de modélisations inédites. Cinq heures plus tard, un ponte de cap Canaveral s’était adressé à leur commandant :


- Les simulations ne sont pas bonnes, Marc…

- C’est à ce point désespéré ?

- On ne pourra sauver qu’un seul membre d’équipage, fit le type, après un long silence. Dans le meilleur des cas.


Le plan qu’on leur exposa était aussi simple qu’abominable ; d’après les systèmes experts, la femme pouvait survivre, si ses équipiers se sacrifiaient selon un certain mode opératoire. Il n’y avait aucune alternative, et pas une minute à perdre. Léa, outrée, refusa catégoriquement d’envisager pareille boucherie.


Marc s’isola avec elle. Ses besoins en eau étaient moindres, tenta-t-il de la raisonner. Et en tant que médecin de bord, elle seule possédait l’expérience nécessaire. Tous étaient prêts à mourir pour lui donner sa chance. Léa sanglotait entre ses bras. Bon dieu ! Ils avaient baisé dans l’inconfort audacieux d’une astro-couchette, ils avaient projeté une vie à deux. Jamais elle ne pourrait…


- Tu dois le faire, lui assura-t-il d’une voix douce. Pour moi, pour nous. Pour… la mission.

- Toi et ton putain de patriotisme, grinça-t-elle à travers ses larmes.


À court d’arguments, elle finit par céder. Marc poussa la gravité à fond, tandis qu’elle raccordait l’unité biomédicale au système de recyclage des fluides corporels, shuntant toutes les sécurités. Fred fut le premier. Il s’allongea sans un mot, gris de peur mais parfaitement déterminé.


- Surtout, me rate pas ! trouva-t-il la force de dire, avant qu’elle ne lui injecte un sédatif.


Dés qu’il fut dans les vapes, elle fixa un cathéter à son poignet et déclencha l’aspiration. Au bout de vingt minutes, le recycleur émit un rot goulu ; les veines de l’astronaute n’avaient plus rien à charrier. Léa, rassemblant son courage, entama alors la pire phase du protocole.


Elle brancha la scie circulaire et découpa le crâne du cadavre suivant l’axe médian, prélevant l’encéphale encore tiède, les yeux ainsi que la langue. Puis elle incisa le thorax et l’abdomen à l’aide d’un scalpel. Le dépeçage se poursuivit, méthodique et précis ; le cœur, les poumons, les reins, l’estomac et la masse fumante des intestins furent extraits à leur tour. Auprès d’elle, quatre hommes livides fixaient la cavité béante où plongeaient, sans répit, ses avant-bras sanglants. Finalement, Fred avait eu raison de ne pas vouloir assister à ça.


Luttant contre une puissante nausée, Léa entassa les organes dans le broyeur prévu pour les roches martiennes. Après une courte pause, elle le mit en marche, obtenant bientôt un jus épais, presque noir sous l’écume rosâtre. Le recycleur siphonna le tout sans se faire prier. Tremblant de tous ses membres, elle reprit cette odieuse dissection sur une nouvelle victime, puis sur une autre, et une autre encore.


Il ne restait plus que Marc. Léa le supplia de renoncer. Il était encore temps…


- Tu le sais bien, j’ai aucune chance de m’en tirer, fit-il avec un pauvre sourire.


Il la serra longuement contre lui, sans dire un mot. Puis, sous le regard impuissant de la jeune femme, il s’injecta une dose massive de novocaïne. Léa transfusa son sang mais ne put se résoudre à profaner son corps, préférant se priver d’une précieuse moisson liquide. Au diable ses quotas vitaux !


Durant les mois de son infinie solitude, chaque gorgée d’eau lui rappelait qu’elle était une vampire, s’abreuvant à la source de leurs sucs recyclés. Quand elle parvint à destination, ses réserves étaient épuisées et son état pitoyable. Son sort ne dépendait plus à présent que d’une hypothétique récolte d’eau martienne.


Soudain, une voix lointaine crachota dans les haut-parleurs :


- Léa, vous m’entendez ? … crouic … Le robot a trouvé de l’eau gelée dans le sol !

- …

- Vous êtes sauvée, Léa !


Pas de réponse. Recroquevillée dans sa sépulture à cent milliards de dollars, les yeux grands ouverts, l’ultime rescapée pleurait.


 
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   Nongag   
22/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
C'est pas mal! Une histoire abominable mais assez bien tournée et le lien avec la thématique qui est original.

Le principal problème de ce texte est la limite imposée - le maximum de 5000 caractères. On sent très clairement qu'il aurait fallu plus de lignes pour raconter cette tragédie et le pire c'est que le nombre de caractères dépasse quand même la règle (5200 et quelque...). Le déroulement de l'action devient alors beaucoup trop précipité. Dommage. Une version plus étoffée serait bienvenue.

Il y aussi la chute qui n'est pas aussi relevé que l'histoire, mais quand même, j'ai bien aimé. Quel destin épouvantable...

   Anonyme   
22/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne suis vraiment pas client de cette catégorie, pas plus d'ailleurs que de la science-fiction, mais là je dis bravo l'artiste.
C'est un petit bijou d'humour noir.

   Anonyme   
22/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Oui une histoire fantastico gore désespérée qui se lit bien.
Vraiment pas d'chance pour l'équipage...

   Anonyme   
22/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Juste après le petit déjeuner c'était peut être pas une lecture indiquée.
Gore effectivement et quelle imagination dans l'horreur
Merci

   Bidis   
22/1/2009
Bon ! De Filipo, je m’attendais à plus que de la science-fiction.
Et le texte a dépassé mes espérances.
Heureusement qu’en vieille sadique que je suis, j’adore les films d’horreur…

   kullab   
22/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime l'écriture et la crédibilité. J'ai été happé par l'histoire.

   Ephemere   
22/1/2009
Bonjour, gore, vous avez dit gore. C'est vraiment déguelasse, une vraie dissection est encore plus sympa !
La fin est faible par rapport à l'histoire, de plus au début : "laissa retomber ses paupières asséchées" et à la fin, "l’ultime rescapée pleurait", bizarre.
Si certains en redemandent :"engore, engore !", moi pas.
C'est une vaste catégorie...
FMR

   Anonyme   
23/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ben moi j'ai aimé.
J'y crois pas une seconde, j'ai pas éprouvé de compassion pour qui que ce soit, mais l'ironie de ce récit me laisse pantoise... miam...

Bref, je ne peux pas juste noter sur l'émotionel, sinon tu mériterais un TB, j'ai encore des manquemants, je pense par exemple à l'usage du terme shuntant dont je n'ai pas la moindre idée de la définition...

Et puis je trouve que la panique vient rapidement, qu'ils me semblaient encore tous loin du déssèchement quand elle les a découpés...

Mais plus long et un rien encore plus gore et tu as une fan... ;-)

Merci.

   victhis0   
23/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Super ! le corps humain est constitué à 70% d'eau, plus les vitamines...Miam, j'en ai les babines toutes émoustillées.
Excellente idée, très bien traitée, un super joli texte qui ne plaira pas aux âmes sensibles, mais moi, j'adore cet humour noir (ou rouge sang, faut voir).
chouette participation, bien troussée, pleine de facéties...

   dude   
24/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Effectivement, l'idée est originale mais surtout sadique!
L'auteur ne lésine pas sur les détails. On peut dire qu'il y a à boire et à manger... :)
Il ne manque plus que le gardien momifié des contes de la crypte!
Le titre lui-même n'est pas dépourvu d'un certain humour bienvenu.
Quoi de plus normal qu'un récit gore lorsqu'on parle de la Planète Rouge!

   marogne   
24/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aurais presque préféré la voir finir desséchée, juste au moment où le robot revient avec son eau inutile..; mais bon, tle ne l'a pas voulu le créateur, et donc ainsi soit il.

J'ai bien aimé l'idée, originale, et la plongée dans la procédure intéressante. Je crois qu'elle aurait pu être un peu plus angoissante, elle peut être un peu trop polie. L'eau comme personnage parce qu'elle est absente, ça aussi c'est une bonen idée.

ps, et si elle est suavée à la fin ... pourquoi une sépulture??

   Flupke   
26/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien écrit. Un peu dur le côté gore, mais ça ce tient et c’est nécessaire à l’histoire.
Une manière très originale de traiter le problème de l’eau.
Et une tite chute sympa.
Bravo.

   Nobello   
26/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est une bonne nouvelle, originale et bien écrite, qui traite bien le thème proposé.

   Menvussa   
26/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un récit assez horrible, j'en suis liquéfié. Original comme traitement... la planète rouge... sang pour femme vampire à son insu.

   Malka   
27/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L’idée de base est bien trouvée pour évoquer le thème de l’eau. La SF s’y prête très bien. C’est bien écrit, on reste scotché jusqu’à la fin.
Le texte aurait pu être encore étoffé (si il n’y avait pas eu la limite de caractères, notamment pour décrire avec plus de précision les sentiments du personnage principal).
Un seul élément me semble peu vraisemblable: les futures « victimes » qui assistent aux dissections qui précèdent la leur. En même temps, c’est en phase avec le climat assez morbide de l’histoire.

   marichka   
29/1/2009
C'est atroce.J'en ai vomi mon dejeuner.C'est si réaliste que j'y croyais à 100%;
horrible et raconté avec une précision chirurgicale.BEURK.

   guanaco   
1/2/2009
Que voilà une idée qu'elle est originale!
J'ai adoré!
Au début, je pensais que le texte resterait sur le plan de la SF mais alors après: un vrai régal! On est bien dans la catégorie "Horreur/Epouvante"
Les contraintes sont parfaitement respectées avec ici une nouvelle vision de ce liquide vital qu'est l'eau (enfin autre chose que des pluies, des torrents, rivières et autres mers)
Bravo.
Guanaco

   macalys   
1/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un style précis et fluide, un environnement de science fiction et une intrigue grinçante : pour moi de bons ingrédients pour une histoire très agréable. Bravo !

J'aime particulièrement l'idée que l'héroïne ne refuse pas de sacrifier ses compagnons. Elle a beau se présenter en victime d'un odieux plan de survie, elle n'en est pas moins une victime consentante...

Je ne suis pas fan des descriptions de dissection d'habitude, mais là le ton détaché et scientifique qui traduit la concentration du personnage sur son travail tient à distance le lecteur, et c'est tant mieux.

Un mystère subsiste : j'aimerais bien savoir moi aussi ce que veux dire "shuntant"...

   melonels   
5/2/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Je n'ai pas apprécié le côté gore du texte, les détails, les images que ce texte m'ont donné m'ont glacé. Je me suis senti mal à l'aise dans ce texte.

   Liry   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé cette histoire qui m'a fait penser à une sorte de cannibalisme. Le côté tragique et désespéré est très bien rendu, surtout lorsqu'on arrive dans le passage de la dissection.
Lorsque les autres membres de l'équipe assistent à ce spectacle en sachant que le même sort les attend. Cela en augmente encore l'horreur.

Bref, une histoire gore très réussie.
Bravo

   estelane   
10/2/2009
J'ai beaucoup aimé !
Ouf ! les systèmes experts sauvent la seule femme de l'équipage !...
Précision, horreur, suspens, en 5000 caractères (5200 !) il fallait le faire !
Bravo Filipo !

   Jedediah   
10/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo !
Ce récit m'a littéralement glacé de terreur... La soif, la solitude, le vampirisme, tous ces thèmes qui font ici froid dans le dos, sont bien racontés dans cette histoire sans fioritures et à l'écriture réussie.
C'est très gore et diablement efficace.

Merci pour cette publication.

   costic   
11/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Franchement j'aurai pas aimé être à la place de Léa... L'idée est sympa, le vampirisme version futur, reste aussi effrayant que nos bon vieux vampires des carpates.

   David   
12/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Filipo,

Le thème de l'eau sur Mars est très bon je trouve, pour le récit lui-même, il est gore avec mesure, car l'urgence de la situation ne resssort pas très bien pour l'équipage, leur fanatisme est encore plus extrème que le mode opératoire qui abreuvera la survivante... enfin, à mon avis.

   Ariumette   
21/2/2009
D'abord félicitation d'avoir relevé le défi de ce concours !
Mon avis : C'est jouissif ! Un traitement du sujet très original (un brin inspiré par Dune?) ! Du gore bien écrit... Je peux aller dormir et faire de beaux rèves ! lol. Merci !

Pas de note cause concours

   Selenim   
22/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire prenante qui se lit sans ennui.

J'ai remarqué que les parties "horreur", sont mieux écrites, le style est plus percutant. Je soupçonne l'auteur de prendre un malin plaisir à écrire ces passages où il se sent plus à l'aise.

Pour le reste, l'écriture est assez convenue et c'est tant mieux, le contraste avec la boucherie est d'autant plus saisissant.

Slurp !


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