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Sentimental/Romanesque
FilledeJoie : Les yeux au ciel [concours]
 Publié le 06/02/09  -  13 commentaires  -  5552 caractères  -  48 lectures    Autres textes du même auteur

Des parapluies ? Pourquoi ? Pour peindre les passants d’argent pâle ?


Les yeux au ciel [concours]


Ce texte est une participation au concours nº 8 : Les brèves d'eau (informations sur ce concours).



« Le gris est le cendrier du soleil. »

Malcolm de Chazal



Entendez mon cœur, il bat encore.


Mon lit sous moi, les draps éparpillés, qui me portent ; morte soutenue par un cercueil déguisé. Rideaux sombres tirés, de ma chambre-tombeau. Mes bras le long du corps : attendre la vie-mort.

Des souvenirs d’autrefois, doux. La pendule égrène le temps, le sable s’écoule lentement, figé dans ce mausolée. Dans ma chambre les vivants ne vivent plus. Une odeur de peine. Moi, comme un jouet d’enfant déjà cassé. Et le temps passe, écrasé par les murs-prisons. La lumière, les sons, les mouvements que je vis comme des agressions. Le miroir de l’armoire, loin d’être inoffensif. Vêtements repassés, dans l’armoire, vêtements délaissés pleins de poussières.

La télé, allumée, depuis des jours. Elle indique certaines choses, elle me prouve que la Terre n’a pas cessé de tourner. Regardez, la Terre tourne encore. Entendez, mon cœur bat encore.


L’ascenseur, à travers les cloisons fines, et quelques rires d’enfants. Des mots d’amour à la télé, images paresseuses et romantiques. Des pas, dans le couloir. Le couloir qui donne sur le cagibi, la salle de bain, les chambres. Ma mère, qui domine la maison et les chambres. Elle, ma mère, ouvre la porte, dans un fracas qui m’arrache de mon corps. J’y étais presque, dedans mon corps. Ses pas énervés, profonds dans le sol, qui s’approchent de mon lit, de la fenêtre. La lumière fuse, chargée de poussières, sur mes draps blancs. Mes yeux grands ouverts absorbant les murs d’outre-tombe. La lumière pailletée, qui me baigne comme un miracle.


- Sors de ton lit, maintenant, il est temps.


Temps. Temps de quoi. Temps Pour-quoi. Temps-supplice.

Maman change l’eau des roses jaunes.

Maman supporte mon chagrin. « Ça passera. »


Dans mes murs, tout prend un ton solennel. Gouffre de silence, mots d’importance qui résonnent. Les talons de ma mère, comme des marteaux qui assènent. « Sortir. Changer les draps. Ouvrir les rideaux. Prendre le soleil. »

La télé crache. Le soleil illumine.

Tout est illuminé, dans mon tombeau.


Corps mort que je réinvestis, pour m’asseoir sur le lit. Un paquet de cigarettes est posé sur la table de nuit, avec des élastiques, des cartes postales, du papier et des crayons. Écrire une lettre – d’adieu, de pardon, faire-part de décès – de résurrection – se faire un chignon, ou noircir mes poumons ? Introduire de la merde dans mon corps est encore ce qui me semble le moins étrange. Mon visage livide, dans la fumée que j’exhale. Le silence. Puis la météo, la voix d’espoir de la présentatrice : « De la pluie cet après-midi […] orage […] parapluie. »


Des parapluies ? Pourquoi ? Pour peindre les passants d’argent pâle ?


Fumée de cigarette, brillante la fumée – dans le soleil. De la pluie dans le soleil ? Pourquoi pas. Peut-être, si la météo le dit. Si ce ne sont pas des mensonges – tes foutus mensonges. Le poignet qui tremble, les doigts gelés, le ciel qui s’assombrit, comme une peinture nuancée. Musique dans la télé, musique triste. Elle hurle avec désespoir, cette télé. Putain de télé. J’assassine les artistes malheureux, et leur prose bouleversante. Il fait déjà assez triste, dans cette chambre. J’aimerai la détruire. Détruire pour enfin créer.

Maintenant. Ça coule. Contre ma fenêtre. Comme des aiguilles.

C’est de la pluie.


Comme des carillons, qui martèlent mon corps alangui. Des aiguilles sur ma peau sensible. Mon corps-frisson. Toute cette flotte, qui s’abat sur la ville, qui l’inonde de gris. Le ciel pleure. J’ouvre la fenêtre Et l’eau ruisselle Sur mes joues. Une odeur de fleurs, de chemins mouillés, de soleil mort, et mon corps illuminé ; par la pluie heureuse.


Un souvenir.


« J’ai vu un arc-en-ciel aujourd’hui, là où naît la magie du monde. »


Et. Enfin.


Déchirement du ciel. Éclipse des nuages. Ruissellement des chemins, illuminés par le soleil-crève ciel. C’est une pluie de joie, qui tombe sur les toits. Oh oui, ça pleure de joie. Et comme une Africaine dans sa terre aride, je tends les bras. Et comme un arbre sec j’accueille le fleuve. Une goutte atterrit sur mes lèvres ; je me souviens de la neige fondue que je buvais comme un Mister Freeze, enfant : friandise singulière qui ravissait mes sens, aujourd’hui eau de souvenir.

Mes cheveux collent sur mes épaules, dégoulinent dans mes reins. Le froid n’est rien, le froid n’est rien. Car dans les larmes du ciel, sur ma peau, j’y vois des choses, vous savez. Rien de réel, rien de palpable, rien de beau. Ça vaut même pas la peine d’être raconté. Beaucoup de vide. Un vide béant, envoûtant. Sauter dedans à pieds joints – comme dans une flaque d’eau – pour en sentir le plongeon vertigineux.


Sauter. Se baigner. S’immerger. Mourir de chagrin, et ressusciter ?


Je me rappelle d’avant.

Innocente et joyeuse.

Pas bien maligne.

Et avec toi la conscience qui a surgi.

La peur du vide.


Mon cœur bat encore.


La pluie s’arrête doucement, pour chanter ses dernières gouttes sur ma fenêtre ouverte.


Le temps reprend.

Et les roses jaunes, dans leur eau nouvelle.


FIN


 
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   Nongag   
6/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une grande recherche de style, qui m'a laissé froid. Le style, justement, très syncopé, très hachuré, ne m'a pas convaincu. J'avais l'impression d'une hésitation constante entre le poème et la prose, comme si l'auteur ne savait sur quel ton raconter ses émois.

Et tout ce texte n'est que sensation, émotions... Une peine d'amour? Je n'ai pas complètement saisi le propos. J'ai l'impression d'un tableau un peu surchargé...

   Faolan   
6/2/2009
 a aimé ce texte 
Pas
On sent qu'il y a la recherche du bon mot sous ce texte mais je trouve que l'effet est raté.

L'écriture est alambiquée. Beaucoup de répétitions.

Quant au rôle de l'eau...

Désolé. Merci.

   Bidis   
6/2/2009
Combien cette lecture m’a laissée… perplexe et comme c’est difficile de commenter ce texte !
C’est bien écrit, certes et l'eau est présente, de façon assez esthétique. Mais qu’est-ce que ça raconte ?
Je n’apprécie pas les textes qui tournent autour des états d’âme d’un personnage dont je ne sais pas grand chose.
Bref je ne suis pas touchée.

   Menvussa   
6/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Il y a de belles images mais du remplissage aussi.

J'ai du mal à adhérer.

C'est un peu confus.

Je ressent une certaine détresse, un rayon d'espoir...

   guanaco   
8/2/2009
On est davantage dans de la poésie en prose que dans une nouvelle avec une trame.
Personnellement, j'ai du mal à être touché par ce type de prose évoquant des états d'âme sous forme de flashs.
Difficile à commenter en ce qui me concerne.
Merci.
Guanaco

   Ephemere   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour, c'est assez joli à lire mais des phrases nominales, que cela, ça fatigue. L'eau est vraiment un accessoire, qu'il pleuve ou qu'il vente, c'était pareil.
Et j'aime les histoires... pas les états d'âme.
FMR

   marogne   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
" N'oublie pas
cette pluie sage et heureuse
sur ton visage heureux
sur cette ville heureuse
..."

Je n'ai pas trop adhéré à la forme, peut être eut-il fallu aller jusqu'à le faire en poésie, en épurant encore le style?

Comme pour Barbara, j'espère que le gris du soleil va s'éclairer!

   melonels   
11/2/2009
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
J'ai eu l'impression que l'auteur recherché à se trouver un style. Puis je n'ai rien compris au texte, sa lecture m'a pris du temps parce que j'ai fait des efforts, mais vraiment je suis désolée, je n'ai pas pris de plaisir à votre lecture. Encore une fois désolé.

   David   
12/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour FilledeJoie,

Faire une phrase qui dit "Et." ça fait drôle dans une nouvelle, mais je trouve quand même que c'est une petite histoire, même si c'est vrai, le peu d'évènement est comme rallongé par le style. Un peu de charme mais tout le contraire de la simplicité.

   Ariumette   
22/2/2009
D'abord félicitation d'avoir relevé le défi de ce concours !
Mon avis : J'ai pas très bien suivi le fil de cette nouvelle. En plus l'écriture n'aide pas vraiment le lecteur ! Même si le fouilli peut être un style il faut qu'il soit rangé (hein ?) Oui, je pense qu'il aurait fallu ordonner ton récit pour pouvoir me toucher, ou au moins donner un indice ... Au plaisir de te lire à nouveau

Pas de note cause concours

   Mllezou   
5/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai bien aimé ta façon d'écrire un peu perdue, un peu coupée. Mais le trop plein d'eau finit un peu par nous étouffer en fin de compte et on est trop perdu dans ton histoire. On ne sait pas ce qui est arrivé au personnage. Le "lui" nous introduit dans les pensées du personnage mais pas suffisament pour que ça prenne.
Le style est néanmoins très travaillé et apréciable pour cela.

Merci de cette lecture. Encouragements .
Mademoiselle Z

   Margone_Muse   
18/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J’aime ce style. Ton style, fille de joie. C’est che-lou (terme peu onirien mais bon), décalé, pas ordonné du tout, mais ça se lit et ça glisse, pour moi. J’ai aimé lire ton texte (bien qu’encore une fois peu dans l’action, mais le visuel y était (bon, un arrêt sur image plus qu’un film pour le coup)), mais l’histoire… y’en a-t-il au moins une ?
J’y vois une fille (dont on ne sait rien, c’est dur !) au réveil, qui n’a pas dormi en fait, prisonnière de son corps et de sa douleur (un (banal ?) chagrin d’amour ?) et en même temps déconnectée de tout avec son esprit qui « plane » seul, et qui profite de l’averse matinale pour prolonger cet état figé au milieu de rien avant que le temps ne reprenne et où elle voit des choses, où elle ressent des choses…
Comment ça, je suis en plein délire ?
M_M, un peu fatiguée quand même…

   Anonyme   
18/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
S'il y avait une phrase à sauver ce serait celle là : « Des parapluies ? Pourquoi ? Pour peindre les passants d’argent pâle ? »
Pour le reste, je suis perplexe. Le phrasé ne m'a pas plus. Trop de staccato(s).


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