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Réalisme/Historique
Flupke : 48 secondes de la vie d’un ours [concours]
 Publié le 14/01/09  -  35 commentaires  -  4704 caractères  -  100 lectures    Autres textes du même auteur

Dans l’expectative d’une amélioration imminente, voici une autocritique publique de ma vision subjective et de mes préjugés. Il faut vraiment que je me surveille !


48 secondes de la vie d’un ours [concours]


Ce texte est une participation au concours nº 8 : Les brèves d'eau (informations sur ce concours).



Heureux comme Ulysse, je me trouvais confortablement lové dans le ventre d’un oiseau de fer, qui m’emmenait par-dessus les nuages, vers la lointaine Terra Australis Incognita. Un voyage chronophage d'une trentaine d'heures, escales et insomnies incluses. Je me délectais d’un livre afin de tuer le temps méthodiquement, tout en me désaltérant d’un verre d’eau minérale.


La jeune femme assise sur ma gauche décida d'interrompre ma lecture en envahissant mon espace personnel avec son gobelet en plastique transparent, lui aussi rempli du même liquide. J’abandonnai mon recueil de nouvelles, affichai un sourire de politesse et heurtai doucement mon verre contre le sien afin de fêter... un mystère païen improbable. Légèrement étonné de ce désir étrange de vouloir trinquer avec un gobelet d'une eau incolore, inodore, insipide, non alcoolisée et même pas gazeuse. Antithèse flagrante de l'apéritif.


Après avoir célébré notre communion improvisée, je retournai à ma lecture. Pendant quelques secondes seulement, car l'invasion se reproduisit aussitôt.


Ce gobelet d'eau revenant s'intercaler entre mon livre et mes yeux, m'invitait à renouer le contact. Bien sûr ! Il faut trinquer en se regardant dans les yeux ! Sinon, bonjour les sept années de misère sexuelle. Dans ma hâte, peut-être avais-je distraitement oublié ce point du protocole. Mais toujours très respectueux des croyances d'autrui, je pris soin, cette fois, de plonger mon regard dans celui de ma charmante voisine pendant le tintement virtuellement inaudible de nos verres. Je perçus une légère supplication dans ses yeux, mais pour ne pas l'inviter à davantage de grégarisme distractif, je détournai rapidement mon regard, en vieil ours mal léché que j'étais.


Quatre secondes plus tard, à la troisième violation aquatique de mon espace intime, je décidai de tuer le serpent dans l'œuf et tournai franchement la tête vers mon éphémère colocataire. Grâce à une attitude plus réceptive, je remarquai la gymnastique silencieuse de ses lèvres, suggestive d'un désir de dialogue verbal. Porter un toast, d'accord, mais encore, faut-il en connaître la raison, que diantre ! Comment avais-je pu oublier ce détail ? J'étais visiblement en train de me faire manipuler, car curieusement, j'éprouvais un sentiment de culpabilité à me montrer si peu disponible vis-à-vis d'une inconnue.


Il faut dire qu'avec mes portugaises fortement ensablées, le dialogue est proscrit quand je vole. Je souffre de violentes douleurs aux tympans lors des changements d'altitude. Pour m’en prémunir, je porte des boules Quiès en mousse compressible, très efficaces contre ces maux et très pratiques quand mes lectures requièrent un certain degré de concentration.


Je levai mon index gauche pour attirer l'attention et l'approchai du morceau de mousse jaune, l'air de dire « Ici Houston. Un instant Apollo XIII, nous allons nous occuper de votre problème ». Je retirai progressivement la mousse, de manière à souligner la solennité de l'audience que j'allais accorder. Après un rapide rembobinage automatique, je captai l'image et le son. Dans un anglais teinté d’un accent new-yorkais, ma nouvelle amie me demandait en fait, si je voulais bien passer son verre d'eau au steward afin qu'il lui donne quelques glaçons.


Je m'exécutai et tendis le gobelet au valet volant, visiblement peu familier des us et coutumes en vigueur chez les amis requins. Aqueduc vivant, j'encaissai rapidement un « Thank you » assorti d'un sourire sympathique en rétribution de mon acte de bienveillance totalement désintéressé et je revissai ostensiblement la mousse fluorescente dans mon oreille. Votre attention s'il vous plaît, l'ours retourne hiberner. Pour votre sécurité, merci d'éviter tout dérangement intempestif jusqu'à l'arrêt complet de l'appareil. Puis je me replongeai dans ma lecture.


L'interruption avait duré moins d'une minute. Une broutille. Néanmoins, mon jugement erroné me mettait mal à l'aise. Confondre un désir de sociabilité avec la manie, somme toute très américaine, de noyer pratiquement toute boisson sous un déluge de glaçons ! (J'ai même vu certains criminels en mettre dans leur verre de vin blanc). L'image que j'avais de la finesse de mon acuité perceptive se trouvait quelque peu ébréchée.


Et c'est ainsi que, quelques mois plus tard, dans un sain désir d'expiation évolutive, je décidai de faire un mea-culpa public de ma méprise et de jeter par écrit, en pâture aux êtres humains, les vrais, le fruit de ma flagellation.


 
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   victhis0   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Pourquoi pas ??
C'est vachement bien écrit, assez rigolo et assez original...Pas que se soit à franchement parler diablement intéressant mais ça se lit comme on boirait un verre d'eau fraîche : rafraîchissant, agréable et bienvenu.

   Bidis   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai bien ri et apprécié l’écriture qui s’adapte bien à ce récit jubilatoire. Enfin pas toujours : j’ai trouvé l’« oiseau de fer » en peu « chromophile ». Par contre j’aime bien le « chronophage » qui m’a d'ailleurs soufflé le « bon mot » précédent.
« Il faut trinquer en se regardant dans les yeux ! Sinon, bonjour les sept années de misère sexuelle » : voilà enfin éclairci un des mystères de ma vie…
Mon texte préféré jusqu’ici.
Du coup, je mets une évaluation, elle me servira de critère.

   melonels   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Désolé, je suis restée hermétique à ce texte. En effet 48 secondes de la vie d'un ours c'est déjà bien trop long...et puis l'eau dans ce texte n'est qu'un accessoire, dommage.

   Anonyme   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La chute est bien amenée et le texte alerte et plaisant.
Par contre la dernière phrase n'ajoute rien.
Merci pour cette lecture-sourire.

   Anonyme   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Avec Flupke il n'y a pas de surprise.
On est toujours surpris.
Je m'attendais à une histoire de plantigrade capturant un saumon (48 secondes, c'est sans doute le temps qu'il lui faut)
Et nous voilà en avion, en compagnie d'une charmante créature;
Je compatis à la déception du personnage et pour le remercier de m'avoir bien fait marrer, je vais le gratifier d'une bonne évaluation.

   Anonyme   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Super bien écrit, le top du top, dirait mon petit neveu qui adore les superlatifs ! Je suis assez d'accord avec lui ! Vous mettez Flupke dans un long courrier avec des boules Quiès, un verre d'eau et une anglophone... et il en sort une histoire de nounours.
J'ai bien aimé ! Allez, bonne nuit les petits ! Alexandre

   AnaiS   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Vraiment bien écrit ...
Bien que l'histoire ne soit pas super intéressante, elle est plutôt originale et drôle !
Bravo !

   xuanvincent   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Beaucoup de commentaires pertinents ont déjà été écrits.

J'ajouterai simplement que ce qui m'a frappée dans ce texte (qui m'a amusée ; le titre peut effectivement tromper le lecteur), c'est la narration, qui cette fois se poursuit sans rupture de thème, jusqu'à la fin.

Sinon, le thème de l'eau m'a paru bien présent.

   melany   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai beaucoup aimé ce texte, très agréable à lire, très bien écrit, certaines phrases/ certains passages sont particulièrement réussi, j'aime particulièrement le début, première description de l'intrusion.
j'adore le décalage entre le langage et la teneur du récit, si leger. J'aime moins l'expression "portugaises ensablées" expression argotique qui me semble détonner dans le texte...

   Menvussa   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un régal. Bon je ne sais si l'eau tient une place suffisante pour l'emporter dans un concours pour éponges imbibées, mais ce texte est un régal; écrit avec finesse, humour et pointe d'auto dérision. L'auteur s'est même fendu de quelques jeux de mots fort sympathiques.

J'ai bien aimé ce : Je m'exécutai et tendis le gobelet au valet volant, visiblement peu familier des us et coutumes en vigueur chez les amis requins.

Et puis, j'approuve, oui, c'est un crime de mettre un glaçon dans du vin blanc.

   dude   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Déjà, chapeau pour le titre!
La suite est tout aussi réjouissante. L'écriture est plaisante, et la narration rondement menée. Certes, il ne se passe pas des milliers de choses, mais on sourit souvent.
Le seul bémol à mon avis, c'est que l'eau n'occupe pas une place prépondérante dans le récit. Après tout, un verre de champagne en première classe aurait pu aussi faire l'affaire. :)

   Anonyme   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Texte tout simplement génial... mais dans l'optique du concours,je me sens un peu laisée sur l'eau...
Oui OK c'est un vecteur, mais pas une constante.. ou alors dans le flou.
Mais sinon, j'adore tout simplement.
Bon, je ne suis pas convaincue par la fin, mais sinon ça va...
Hors contraintes du concours j'aurais surement osé le TB-
Mais là je ne peux pas, désolée.

   guanaco   
14/1/2009
Voilà un fruit de flagellation juteux à souhait!
Ni trop acide, ni trop sucré, un vrai plaisir à déguster dans ce cocktail qui ne manque pas de piquant
Un cocktail sans glaçons évidemment ^_^

Merci
Guanaco

   macada   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
très bien écrit. un régal de lecture même si le texte s'écarte du thème du concours.

   Filipo   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Joli contrepied, entre l'anticipation liée au titre et le contenu du texte! Quant à l'écriture, elle est pour moi ébouriffante. Il y a un vrai talent derrière ce style pince-sans-rire, je le reconnais bien bas... Arriver à nous scotcher à ce point pour un si banal quiproquos, c'est pour moi du grand art (je ne peux m'empêcher d'éprouver une pointe de jalousie :-) )

Je trouve que Flupke à su parfaitement exploiter la contrainte de longueur et ne pas tomber dans un travers difficile à éviter, une intrigue trop complexe aboutissant à un texte vide de saveur car résumé à l'extrême. Ici, c'est tout le contraire. Très agréable lecture.

   widjet   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Oui pour l'écriture (mais est-ce vraiment une surprise ?), un peu moins convaincu pour les contraintes (un peu light quand même l'implication de l'eau non?). Un moment agréable pour une histoire pittoresque et fraiche.

Widjet

   jensairien   
14/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
très juteux comme texte, l'aéronef vole haut et le style a du caractère ! Le titre, étrange, est excellent, une prouesse a lui tout seul.
j'aime bien aussi, entre autre, le raffiné "valet volant" aux rondes sonorités...
On aurait aimé un débordement sexuel, hélas (pour le narrateur mais pas forcement pour le lecteur) ce n'est qu'un débordement de glaçons...
Un petit texte dont le plus grand intérêt et de montrer le talent de Flupke
Allez, je mets 48 sur 20 !

   Ephemere   
15/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour, j'ai trouvé ce texte amusant bien que la fin ne me plaise pas ; j'aurais aimé que le quiproquo se résolve au final, le reste apportant peu à part le valet volant...
Une phrase m'a géné : "le tintement virtuellement inaudible" ; c'est un peu comme deux négations. Sinon le style est fluide, dans le thème de l'eau.
La fin est importante car elle laisse la dernière impression au lecteur.
FMR

   Anonyme   
15/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je crois qu' un commentateur l'a déjà dit mais il me semble aussi que la dernière phrase est superflue.
Sinon un texte qui aborde le thème des "relations humaines et de ses représentations" (plus que celui de l'eau qui n'est qu'un prétexte à mon sens) de façon sensible et grinçante.
Un agréable moment de lecture, on remerciera donc le commandant de bord flupke.

   Nobello   
15/1/2009
Aïe.
J'aime beaucoup Flupke -l'homme ; pour l'auteur, j'y travaille- et j'en suis d'autant plus désolé de marcher contre le courant. Mais je ne parviens pas à discerner ici ce qui entraîne chez d'autres ce lisible enthousiasme, et ce que j'ai lu de lui auparavant me conforte dans mon opinion : il peut beaucoup mieux.
Autant de cruauté mérite de vraies précisions, dont je le sais friand. Donc, au-delà de l'impression d'ensemble :
Peu fan de "l'oiseau de fer" (surtout pour s'y lover confortablement), je ne le suis guère plus d'autres choix sémantiques, tels le "tintement virtuellement inaudible" (excellent et bref commentaire précédent à ce propos) ou les "portuguaises fortement ensablées", voire "l'acuité perceptive".
Et puis "se délecter" de quoi que ce soit "pour tuer le temps" me résonne assez désagréablement : l'écart entre le fait de meubler un moment et un état présenté comme jubilatoire me gêne aux entournures.
La répétition du "de" me gêne aussi dans la phrase "Légèrement étonné de ce désir étrange de vouloir trinquer avec un gobelet", et il me semble qu'une autre forme aurait été bienvenue, telle "Légèrement étonné de ce désir étrange : vouloir trinquer avec un gobelet".
"Les amis requins" ne me paraissait pas indispensable, qui tinte un peu "juvénile", et donc peu en accord avec l'ambiance installée par l'auteur, toute de finesse et d'humour vrai.
Bien sûr, j'aurais encore plusieurs de ces "griefs" à partager, mais il se pourrait que ça tourne aux sévices sexuels imposés à d'innocents diptères. Alors je veux plutôt partager ce qui m'a plu :
Le voyage chronophage et la phrase qui l'enrobe ;
Le mystère paîen improbable ;
l'eau même pas gazeuse ;
La solennité du "désemboutoreillage" (joli tableau, je le voyais faire...) ;
Et puis cette dernière phrase, qui a pu paraître superflue à certains : contrariant jusqu'au bout, je la trouve nécessaire et bienvenue.

Dans l'optique du concours, le thème de l'eau ne me paraît pas constituer l'axe de la nouvelle, qui ne s'articule pas autour, vu d'ici. Et comme je n'ai pas mis d'appréciation, on s'en fout.

   Claude   
15/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Certes, l'eau ne tient pas là le devant de la scène.

Mais c'est si bien écrit, si bien amené ! Je me demandais vraiment où cela allait nous mener, et je n'ai pas été déçu à l'arrivée.

La dernière phrase ? Elle donne tout son relief à ce qui précède, en nous révélant que c'est une histoire vraie. Et si ce n'est qu'une invention, elle est si bien faite que j'en redemande.

   marogne   
15/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
He bien, je vais finir ma soirée de lecture avec le sourire - presque jubilatoire, et on retrouve tellement ce que l'on vit dans mes avions.

Pas beaucoup d'eau dans tout ça, mais c'était un prétexte à un joli texte - merci.

et puis le coup des glaçons dans le vin blanc, que j'ai vu à Charlotte (Va) .... rien que ça, ça vaut la lecture.

   Anonyme   
16/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Tout a été dit dans les commentaires précédents. Simplement une écriture si belle, une ironie mordante. Bravo et merci.

   Faolan   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte intelligent et joliment écrit.
Je ne suis pas fan du début que je trouve banal (désolé) à côté du reste : Heureux comme Ulysse, je me trouvais confortablement lové dans le ventre d’un oiseau de fer...
Je ne dirais pas non plus que l'eau ait un rôle incontournable dans ce récit.
Mais cela m'a globalement beaucoup plu.
Merci.

   papyrus   
20/1/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je n'ai pas trouvé l'eau assez présente dans ce texte. Ceci-dit l'histoire est bien.

   kullab   
21/1/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très bonne idée, très bien écrit... Un bon moment de lecture.
Bravo pour le côté burlesque (que d'histoires pour un pauvre glaçon !). C'est tout à fait réussi.

   Anonyme   
21/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un bon moment aussi pour moi. Merci

   Nongag   
22/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce qu'il est chiant ce personnage!! J'ai bien aimé le détester. Une nouvelle simple et plutôt amusante.

   Jedediah   
25/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bravo pour ce texte, pour cette tranche de vie intime qui prête à sourire (ah ! ces américains...)
L'eau est bien présente, mais peut-être est-elle rattachée de manière un peu trop vague au récit, mais le tout se lit avec plaisir, car l'écriture, sans jamais être pompeuse, est bien maîtrisée.
Merci.

   craone   
28/1/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Flupke,

Quel style limpide et plein d'un humour léger.

craone

ps : pour l'eau, l'avion n'aurait il pas pu amérir dans le potomac ou l'hudson ?

   macalys   
1/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai passé un très bon moment en lisant ce texte, merci !
Je n'aurais jamais pensé lire avec bonheur une nouvelle qui raconte l'histoire d'un quiproquo sur un verre d'eau...

L'écriture soignée sert bien le caractère du personnage, un rien pédant et absorbé par lui-même, croyant être revenu de tout. Il pense naturellement que sa compagne de voyage cherche à sympathiser avec lui, si intéressant. Et il gradue sa réponse : il interrompt sa lecture, enlève ses boules quies, engage le dialogue. On se pique au jeu. Mais non ! Elle transmet juste les questions du stewart. Tout ça pour ça ! Le pauvre homme qui se pensait fin psychologue s'est trompé sur toute la ligne...
Heureusement pour lui, cette petite expérience lui permet de rédiger une réflexion sur la nature humaine : l'honneur est sauf, même les meilleurs peuvent se tromper ! J'ai bien aimé cette chute qui permet à notre ours de retomber sur ses pattes.
Le thème est exploité subtilement grâce au verre d'eau présent tout au long du récit.

Certaines expressions ont cependant gêné ma lecture :
- Heureux comme Ulysse : je trouve que cette phrase n'apporte pas grand'chose au texte, et induit en erreur sur ce qui suit. L'aventure ou le personnage n'ont rien à voir avec Ulysse ou le poème de Du Bellay.
- Idem pour l'oiseau de fer, une expression peu adaptée pour un homme qui semble avoir autant de culture et qui voyage souvent. Pourquoi irait-il utiliser une expression indigène ? Surtout qu'après, il fait référence à Appolo XIII avec aisance : il est donc familier des moyens de transport modernes.
À mon avis, ces deux expressions rendent l'accroche peu efficace car ils ne plongent pas tout de suite dans l'ambiance, ce qui est dommageable pour un texte court.
- avec mes portugaises fortement ensablées : cette expression détonne avec le registre assez soutenu du reste du texte, mais bon, pourquoi pas ?

En bref, malgré ces petits détails, un de mes favoris pour le concours !

   David   
10/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Flupke,

Sous le charme, ça en jette d'évidence, de facilité à mobiliser son imagination, un modèle pour la suite, une barre à dépasser pour d'autres auteurs moins aguerris, bravo.

   aldenor   
18/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
L’écriture est franche et tonique. Parfois recherchée. Peut-être même un peu trop. Le sujet léger et sympathique : une nouvelle faite d’un petit rien ; dont on porte la culpabilité plusieurs mois. Le titre lui sied bien.
La jeter en pâture aux « vrais » humains, je trouve un peu raté en guise de chute. Et puis ça manque un peu d’eau pour le thème du concours, comme d’autres l’ont relevé.

   Anonyme   
19/2/2009
Pas très crédible le coup du "vous pouvez passez mon verre au steward, je n'arrive pas à l'atteindre..." on est tellement serrés dans ces avions qu'il suffit de tendre le bras par dessus la tête d'un ours mal lêché pour avoir satisfaction.
Du coup ça remet en question la flagellation : elle avait peut-être vraiment envie de lier conversation ?
Bon de toute façon, tu n'étais pas d'humeur.
Question : si la mignonne avait eu l'audace de demander à ce que le steward mette un peu d'eau dans son vin, lors du repas par exemple, comment aurait réagi l'ours ?
Indignation insupportable à garder pour soi ou Les Boules Quiès, II, le retour ?

   Ariumette   
21/2/2009
D'abord félicitation d'avoir relevé le défi de ce concours !
Mon avis : J'ai trouvé ce texte très drôle en fait ! Sans doute une forte identification... Pas facile de se retrouver en compagnie de quelqu'un qu'on comprends pas et de tenter quelquechose pour s'apercevoir qu'on s'est lamentablement planté !!! J'aime la forme aussi, un style entrainant...

Pas de note cause concours


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