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Sentimental/Romanesque
gaelle078 : Rupture [Sélection GL]
 Publié le 29/08/17  -  12 commentaires  -  5124 caractères  -  85 lectures    Autres textes du même auteur

Les ruptures ne sont pas toujours celles que l'on croit…


Rupture [Sélection GL]


Rupture d’anévrisme.

C’est ce que m’a dit Jules au téléphone ; c’est ce que lui ont dit les médecins à l’hôpital. Il m’a avoué n’avoir pas très bien compris ce que ça voulait dire exactement, mais il a ajouté que ce n’était pas bien important après tout : le mal était fait. J’étais de son avis. Je l’ai remercié de m’avoir prévenu et je lui ai promis que j’appellerais Elsa pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. Ensuite, nous nous retrouverions tous les trois pour la paperasse et l’organisation, forcément terrible mais inévitable, de l’enterrement.


Je n’y avais jamais songé. À sa mort, je veux dire. C’était un homme robuste et fier et je n’avais pas imaginé qu’il puisse mourir un jour, à vrai dire. Il faisait partie de ces personnes qui sont si solides qu’on finit par les croire éternelles.

En fait, non. Comme les autres, comme tout le monde, il n’était à l’abri de rien et certainement pas d’une rupture d’anévrisme. Quelle misère. La mort qui l’a emporté comme ça, sans prévenir, un beau jour de mai. Sans prévenir. D’un autre côté, c’est peut-être mieux de ne pas en être averti, je ne sais pas. Je ne suis pas mort et les morts ne sont plus là pour témoigner.


Elsa et moi nous sommes retrouvés à la gare de Marseille, la ville où il aura vécu les dix dernières années de sa vie. Elsa avait les yeux cernés, le teint pâle et gris et surtout, ce qui m’a frappé, c’est son regard qui, à lui seul, pourrait être la traduction du mot triste. Je l’ai trouvée vieillie aussi, et plus maigre qu’avant. Avant quoi… ? Je ne sais pas.

J’ai l’impression de ne plus rien savoir justement. Tout m’échappe, j’ai perdu mes repères. Je ne sais rien, je ne vois rien, je ne pense rien. Je ne suis plus qu’un amas de sensations.

J’ai tellement de peine pour Elsa. Comment peut-on supporter de perdre un frère ? Il faut que je prenne les choses en mains. Elsa est trop bouleversée pour m’aider.

Heureusement je peux compter sur Jules.


À la morgue, on est allés le voir, ensemble. C’était affreux de voir son visage froid et muet, son corps autrefois vigoureux et maintenant immobile et dénué de vie, un vrai choc. Alors c’est bien vrai, ai-je pensé. Il est mort.

Je me suis dit qu’il avait toujours préféré Jules et qu’aujourd’hui encore, il aurait sans doute aimé que ce soit lui la dernière personne à le voir. Après la naissance de Jules, je n’existais plus. Je me suis efforcé de ravaler mon amertume et j’ai regardé Jules et Jules m’a regardé. On ne savait pas trop quoi se dire, on se sentait un peu bêtes tous les deux, ravagés par la douleur commune de la perte d’un être cher, solidaires mais de manière silencieuse. Les mots n’ont jamais su soigner nos maux, je le déplore.

Ses yeux humides semblaient dire aux miens : « Peu importent les discordes du passé, maintenant il va falloir se soutenir, fini de rire. »


Le jour de l’enterrement, toute la famille était là. C’est rare qu’on se réunisse tous ainsi. Seulement aux enterrements et aux mariages, en vérité. La dernière fois c’était il y a quatre ans, à l’occasion du mariage de Christophe et Nadine. On alterne, une fois sur deux. Avec un peu de chance, dans quatre ans on célébrera une nouvelle union.

Je ne suis pas très proche des membres de ma famille, mais aujourd’hui c’est pire, j’ai l’impression désagréable d’être seul parmi des étrangers. Une pluie de condoléances sincères mais plates m’est tombée dessus, et moi comme un con, je n’ai pas su que répondre.


J’ai cherché Jules et quand je l’ai trouvé, j’ai lu dans son regard qu’il cherchait ma présence aussi. On est restés pas très loin l’un de l’autre pendant toute la cérémonie, de la messe à la descente du cercueil dans le caveau. J’ai vérifié qu’Elsa n’était pas seule ; j’ai été rassuré de la repérer en compagnie de Nadine et Patricia.

Après la mise en terre, j’ai surpris Fabrice et Jean-Pierre en train d’éclater d’un rire gras et complice. Ils se sont arrêtés net quand ils m’ont vu et leur rire s’est transformé en une moue gênée.


J’ai voulu me rapprocher d’Elsa. Même si on n’avait jamais été proches, elle et moi, c’était l’occasion ou jamais de nous serrer dans nos bras. Dans des moments pareils, on devrait oublier l’amertume et les rancœurs, effacer la distance. Mais Elsa était déjà partie. J’ai ressenti une immense peine, comme un trou dans la poitrine.


J’ai commencé à me sentir mal au milieu de cette foule d’inconnus aux visages familiers, alors j’ai pris Jules par le bras et je l’ai entraîné à l’écart des autres.


— Toi aussi, tu as du mal à les supporter, a-t-il murmuré en souriant pauvrement.


J’ai acquiescé en poussant un long soupir.

Jules. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu l’impression qu’on se comprenait. Il a fallu attendre un événement tragique pour ça. Quel gâchis. Je regrette tellement de ne pas avoir su partager avec lui autre chose que mon chagrin.


— C’est fou ce que tu ressembles à ton père, ai-je lâché sans regarder son visage.

— On ne me l’avait jamais dit, a répondu Jules.


Puis il a ajouté, la gorge serrée et la voix brisée :


— Tu sais, je crois qu’il était fier d’être ton fils.


 
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   Donaldo75   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

J'ai adoré ce texte sur la famille, qui, à travers un décès et un enterrement, brosse un tableau triste et réaliste des relations entre frères, sœurs, enfants.

Le narrateur exprime ses sentiments sobrement mais pas cliniquement; le lecteur peut sentir des années de décalage entre lui et les autres membres de sa famille. Les clés de lecture sont livrées progressivement, pas dans le but du suspense, mais dans celui du tableau à découvrir au fur et à mesure de ses détails.

C'est très réussi.
Merci pour la lecture.

   widjet   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
La rupture d'anévrisme me terrifie.
Comme l'AVC.
Je sais pas pourquoi, mais ça m'effraie.

Le texte est écrit sobrement, simplement, il a le parfum du réel, presque du vécu.

Il y a de la modestie dans le style.

Il se caractérise par sa simplicité, son refus de sublimer, de surenchérir et c'est judicieux, ça renforce le côté vrai. Mais le texte a le défaut de sa qualité, s'il n'est pas outrancier, son humilité fait qu'au final, il ne marque pas véritablement (il aurait fallu pour ça envoyer deux trois fulgurances, c'était possible sans que je texte perdre de son authenticité).

Mais non.

J'imagine que les pensées du héros ont été partagées par beaucoup d'entre nous, ce sentiment de plus faire partie de la famille, d'être un intrus. Les rires lors d'un enterrement ça aussi on connaît tous ça.

J'aurai préféré que les liens familiaux entre les personnages restent flous, non-dits (la révélation de la fin fait un peu flop et génère plus de confusion que de véritable surprise)

   stony   
29/8/2017
Le texte est très court, mais j'ai eu beaucoup de mal à le lire, non pas qu'il ne soit pas bien écrit, mais parce qu'il m'a demandé un effort d'attention phénoménal.
J'ai dû relire plusieurs fois pour être certain de bien tisser les liens familiaux.
Le mort qu'on enterre est le frère de Jules et d'Elsa, et le fils du narrateur, c'est bien ça ?

C'est un peu gênant, mais en même temps, il y a trop d'éléments surprenants pour que ça ne soit pas fait exprès par l'auteur pour rechercher une certaine atmosphère et dérouter le lecteur.
1. l'avant-dernière réplique est évidemment troublante si elle est adressée par un père à son fils ;
2. jamais le nom du mort n'est mentionné ;
3. jamais les liens parentaux ne sont mentionnés (uniquement le lien fraternel entre le mort et Elsa), sauf dans la toute dernière réplique où l'on sait avec certitude que le mort est le fils du narrateur. Le narrateur évoque la naissance de Jules, mais sans dire qu'il s'agit de son fils. Jamais il n'est dit que Jules est le frère d'Elsa ni qu'il est le frère du mort.

Le narrateur évoque son chagrin à la fin du texte, mais rien d'autre dans celui-ci ne vient confirmer ce chagrin. Bien au contraire, le détachement du narrateur, dès le premier paragraphe, surprend. Le plus glaçant est peut-être encore le fait que le mort ne soit jamais nommé, alors que plusieurs figurants dont on ne sait strictement rien sont, eux, bien nommés. Le texte n'évoque pas du tout l'histoire, on ne sait absolument rien de la discorde, du relâchement des liens, ou peut-être n'ont-ils jamais existé. Il n'y aucune histoire, uniquement un état, celui qui fait le titre de la nouvelle : la rupture.

Si tout cela est volontaire de la part de l'auteur, force m'est de constater que ce texte, davantage un exercice de style, est très bien pensé et très bien écrit, mais bon dieu, qu'il fut difficile à lire.

J'espère ne pas m'être trompé car sinon rien dans mon commentaire n'aurait de pertinence.

   toc-art   
11/8/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

j'ai l'impression, je me trompe peut-être, que le texte n'a été bâti que pour parvenir à la chute, cette révélation des liens unissant le narrateur et Jules.
Cette envie de maintenir le flou sur ce lien se lit à travers tout le texte et en trace les limites. Impossible de développer les relations entre les uns et les autres au risque de vous trahir, d'où la brièveté du récit. On reste à la surface, dans des généralités assez universelles, certes, mais aussi assez clichées et le style ne me paraît pas assez fort pour venir relever la banalité de la narration.

C'est dommage parce qu'à mon sens, la seule originalité de votre récit tient dans la jalousie qui peut apparaître incongrue du grand-père vis-à-vis de son petit-fils. Mais vous ne la développez pas pour tenir noué jusqu'au bout le ruban de votre "surprise". Je crains même que vous ne l'ayez évoquée que pour égarer le lecteur.

Un rendez-vous raté pour moi. 
bonne continuation.

   plumette   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Gaelle78,

il me semble qu'il y a deux intentions dans ce récit et je pense que c'est cela qui m'a gênée malgré une vraie habileté narrative.

De l'annonce du décès brutal de cet homme qui n'est pas nommé
( j'aurai aimé avoir un prénom) jusqu'à la fin de la cérémonie qui permet un rapprochement entre le narrateur et Jules, on est dans les pensées du narrateur, des pensées assez sobres et sans pathos qui montrent bien une sorte d'anesthésie des sentiments, malgré une lucidité qui fait mal.
La description des relations familiales distendues est très bien rendue: le regard du narrateur sur Elsa, un peu de compassion mais beaucoup de distance, la scène à la morgue qui fait ressortir la rivalité du narrateur avec Jules, les fou rires indélicats, les regrets qui pointent: vraiment un bon récit, très réaliste.

mais, car il y a un mais! l'auteur a doublé ce récit qui se suffisait à lui-même d'une sorte de mystère qui se dévoile progressivement au sujet des liens entre les protagonistes.
Elsa est la soeur du mort
Jules est le fils du mort
et le narrateur est le père du mort, donc le grand-père de Jules, mais pas nécessairement le père d'Elsa!!qui serait alors en réalité la demi-soeur du mort ( selon l'expression consacrée)

par souci de vouloir ménager ses effets jusqu'à la dernière phrase, le récit est parsemé de phrases un peu obscures ( " on alterne une fois sur deux" - de quoi s'agit-il?) ou de lieux communs qui ne ressemble pas au reste du texte comme par exemple ce bout de phrase:" ravagés par la douleur commune de la perte d’un être cher" qui vient démentir le côté un peu frigorifié des relations ou encore d'éléments destinés à mettre le lecteur sur une fausse piste : "Comment peut-on supporter de perdre un frère ?" En principe, on n'imagine pas ce genre de phrase dans la bouche d'un père qui vient de perdre un fils! "Je me suis dit qu’il avait toujours préféré Jules" Cette phrase évoque l'hypothèse de 2 frères face à un père.

J'ai donc moins aimé ce "montage" même si je trouve intéressant de nous montrer un grand-père qui n'a pas supporté que son fils devienne père!

je note que l'auteur a bien pris soin de ne donner aucun élément sur l'âge des personnages qui aurait peut-être permis de remettre un peu d'ordre dans les générations.

Voilà, j'ai tout de même apprécié ma lecture alors entre un beaucoup et un peu, ce sera un bien.

Plumette

   Marite   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Quelques difficultés à me retrouver dans les liens familiaux qui relient les différents personnages ... j'ai cru comprendre que le narrateur était le père d'Elsa et de la personne décédée et le grand-père de Jules. Mais je n'en suis même pas certaine. J'ai relu une seconde fois et j'en suis au même point, si bien que cette incompréhension relègue au second plan la "Rupture" et la douleur qu'est censé générer une telle perte.

   GillesP   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Cette nouvelle, d'après moi, joue sur deux tableaux très différents l'un de l'autre: un registre réaliste d'une part (l'évocation d'un enterrement) et un registre policier d'autre part (le lecteur ne peut s'empêcher de se demander qui est qui). Je trouve que ces deux registres sont au final bien reliés ensemble, même si ce qui est dit des relations familiales reste assez superficiel.
Il s'agit donc pour moi davantage d'un exercice de style que d'un récit voulant provoquer une véritable émotion chez le lecteur. Mais ce n'est pas une critique: l'exercice est réussi.
Au plaisir de vous relire.

   Bidis   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un texte bien triste et bien écrit, mais je ne suis pas sûre qu'en ce qui me concerne, il ait rempli son mandat.
Perdue dans la question des liens familiaux, et persuadée que cela venait de mon manque de subtilité habituel, j'ai compté sur les commentaires des autres pour m'éclairer.
Au bout du troisième, j'étais écroulée de rire.
Parce que je suis encore plus embrouillée qu'avant...
Tout cela fait que j'aime beaucoup.

   Dupark   
30/8/2017
L'HISTOIRE

Ce pourrait être l'évocation de la solitude. Mais la "chute à tout prix" gâche un peu. Beaucoup, en fait. On veut nous surprendre en nous empêchant de comprendre. C'est le genre. Mais ce serait bien qu'on comprenne à la fin quand même.
Le certain. Le narrateur avait deux enfants. Au moins deux. Elsa et le mort.
Elsa, Jules et le narrateur étaient des proches du cadavre puisqu'ils sont concernés par l'organisation des funérailles.
"Heureusement, je peux compter sur Jules". But who is Jules ?

Hypothèse 1 : Jules est le frère du cadavre. Sauf famille recomposée, mais ce ne serait pas loyal, il serait alors le fils du narrateur. Or, le narrateur dit "C'est fou ce que tu ressembles à ton père." Le narrateur n'est donc pas son père. Hypothèse rejetée.

Hypothèse 2 : Jules est l'oncle du cadavre. Le frère du narrateur. Mais, là encore, le narrateur n'aurait pas pu lui dire "C'est fou ce que tu ressembles à ton père." Il aurait dit "papa", ou "à notre père". Hypothèse retenue cependant, car elle justifie la rivalité évoquée entre Jules et le narrateur. Classique. Mais ce n'est qu'une hypothèse. Elle ne vaut pas une certitude.

Hypothèse 3 : Jules est le fils du cadavre. Il est le petit-fils du narrateur. Dans "C'est fou ce que tu ressembles à ton père", le père en question serait le mort. Ce n'est pas forcément élégant de comparer quelqu'un à un mort. C'est comme s'il lui avait dit "Tu as une tête de déterré". À la 328e lecture, on se dit aussi que c'est quand même bizarre qu'un grand-père se compare à son petit-fils : "Je me suis dit qu’il avait toujours préféré Jules et qu’aujourd’hui encore, il aurait sans doute aimé que ce soit lui la dernière personne à le voir. Après la naissance de Jules, je n’existais plus." Mais bon, il paraît que les vieux redeviennent des minots. Alors, pourquoi pas. Il est bizarre aussi de lire que Jules et son grand-père doivent oublier "les discordes du passé". Jules serait donc assez âgé pour s'être disputé avec son grand-père? Calculons. S'il a 35, le mort pouvait avoir 60. Et le narrateur 85. Hypothèse retenue. Mais ce n'est qu'une hypothèse. Elle ne vaut pas une certitude.

Hypothèse 4 : Jules est l'enfant que le narrateur a eu après un rapport incestueux avec Elsa. D'où les "discordes du passé". Brr. Quand même pas. Hypothèse rejetée.

On ne parle pas des femmes ici. Est-ce la participation au concours "inversons-nous" qui a influencé ce choix ? Jules pourrait bien ne pas en avoir. Mais le mort avait bien une mère. Et pourquoi pas une compagne, ou un compagnon? Il était aussi seul que le narrateur. C'est une lignée de solitaires. Le résultat renforce l'insondable solitude de ce narrateur.



LE STYLE

Peu inventif, à l'image de "Les mots n’ont jamais su soigner nos maux, je le déplore."


Ce texte m'a occupé plus de 24 heures. C'est la première fois :)

   hersen   
30/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'ai pas vraiment vu d'histoire dans cette nouvelle. l'enterrement ressemble à cent autres et tout au long de ma lecture, je me demandais si quelque chose allait démarrer.
Mais j'étais de toute façon fort occupée à démêler la place de chacun, je ne suis pas sûre d'y être arrivée et m'y suis un peu épuisée, je dois dire.
A mon avis, il y a beaucoup trop de personnages pour le format nouvelle, certains sont superflus et prennent la place de ce qui aurait dû être l'explication de cette chute. Qui tombe un peu du ciel. Ce sont les relations sous-entendues qu'il aurait été intéressant de développer.

A vous relire,

hersen

   Cristale   
30/8/2017
Le narrateur est le père du mort

Jules est le fils du mort, donc le petit-fils du narrateur

Elsa est la soeur du mort :
"J’ai tellement de peine pour Elsa. Comment peut-on supporter de perdre un frère ?" donc la fille du narrateur (ou belle-fille si sa propre femme s'était remariée après un divorce d'avec lui et avait eu un enfant donc Elsa...supposition) elle est la tante de Jules.

L'histoire d'un père qui avait perdu de vue depuis plus de dix ans, pour diverses raisons, son fils qui vivait à Marseille.
Le grand-père, donc le narrateur est resté relativement proche de son petit-fils Jules, celui-là même qui l'a prévenu de la rupture d'anévrisme de son père, donc le fils du narrateur.
Une famille dont les membres s'étaient perdus de vue comme il en existe beaucoup, peut-être aussi recomposée, qui se retrouve lors des funérailles d'un parent.

On devine que le narrateur est le père du mort à la fin :
"— C’est fou ce que tu ressembles à ton père, ai-je lâché sans regarder son visage.
— On ne me l’avait jamais dit, a répondu Jules.
Puis il a ajouté, la gorge serrée et la voix brisée :
— Tu sais, je crois qu’il était fier d’être ton fils."

Ce que je n'ai pas aimé c'est ce passage qui prête quand même à confusion et embrouille le récit :
"Après la naissance de Jules, je n’existais plus."
L'enfant Jules est né, le "mort" délaisse son propre père ? c'est étrange comme idée.

Des fâcheries font qu'ils ne se revoient plus des années durant, les seules retrouvailles père-fils se font à la morgue mais il est trop tard. La rupture: le titre à lui seul vaut son pesant d'encre :)
L'ensemble du récit est réaliste dans le sens où cela est vécu bien souvent.

Me trompe-je sur la filiation des personnages ?

Ce texte ne m'a pas convaincue mais il a le mérite d’exciter mes quelques maigres neurones :)

Au plaisir d'autres lectures,
Cristale

   carbona   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai dans la tête une fratrie tout le long du récit, sans que lien entre les personnages ne soient clairement révélés, mais cela ne m'intrigue pas, ça ne semble pas là l'essentiel.

Alors je mets le focus sur le déroulement de l'enterrement. Une absence d'émotions, des scènes tellement banales et attendues que je m'interroge sur l'intention du texte. Que va t-il se passer ? ça instaure un certain suspense, je m'attends réellement à un renversement, une explosion, une chute ?

Puis vient la toute dernière phrase : "Tu sais je crois qu'il était fier d'être ton fils". je relis, je ne comprends pas bien le lien entre les personnages.

J'ai ensuite survolé les commentaires pour comprendre.

Mais du coup, j'ai la sensation d'être passée à côté de l'intrigue, de l'intérêt, du message du texte. L'écriture est plutôt agréable !

Merci pour la lecture.


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