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| Pattie
5/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime beaucoup
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Bonjour !
J'ai beaucoup apprécié votre texte, mais il m'a frustrée. Voici quelques pistes, mais ce ne sont que mes idées, pas un dogme à suivre. J'aurais aimé en savoir davantage sur Franck et Sarah, peut-être une petite introduction, pour qu'on mette ce personnage dans un contexte, qu'il soit incarné au lieu d'être juste un des deux frères, et pour qu'à la fin, on perde Franck, mais aussi sa vie de famille. Ca pourrait être aussi l'occasion d'un petit flash back ou d'une anecdote sur l'enfance des deux frères, toujours pour les incarner davantage, et donner aussi une personnalité à Benny. Avoir un point de vue davantage interne au personnage, au moins au début, quand il découvre l'appartement et son frère en même temps que nous. Peut-être un je ? En tous cas, de l'interne, style caméra embarquée, avec odeurs intégrées. Et les autres sens, aussi. Dans la rue, on entend quoi ? Pas des oiseaux qui pépient, je suppose. Il faudrait saturer les sens du lecteur avec cette ambiance écœurante mais riche de possibilités narratives. Le début devrait être davantage décrit, et cette description plus organisée : d'abord le choc de voir son frère si mal en point, puis l'état du salon ? Ou bien quand il ouvre la porte, il est dans la pénombre, alors c'est l'odeur qui le cueille direct, et nous avec ? Et il entre, description du salon, avec la moquette qui colle (excellent détail) et tout le toutim, en accentuant le malaise déjà présent, puis la découverte de l'état de son frère, comme « cerise » sur le gâteau. Où un mélange de tout ça, en choc frontal, et ensuite le cerveau qui organise les sensations pour contrecarrer le choc ? Les détails pourraient tous être dans le même sens : la tasse de café, elle est propre, neuve, c'est une tasse ou un verre à moutarde ? Les déchets alimentaires sur le sol, c'est quoi ? Entre ramper au milieu de déchets alimentaires et mettre la main sur un vieil hamburger moisi, je préfère la seconde solution (pour une immersion). L'absence du frère pendant qu'il prépare les boissons est l'occasion d'un rappel de ce qu'il était avant, c'est super. Mais ça pourrait être approfondi : quelles relations avaient-ils ? Benny est vraiment un personnage détestable, et il le reste jusqu'à la fin, même si on peut comprendre que le harcèlement d'un homme bizarre avec une tête de chat dans la poche, ça ne doit pas rendre aimable. Peut-être que si on entrait dans leur relation fraternelle, on serait davantage dans l'histoire, on pourrait partager. Un genre de flash back, pour une relation fondatrice, à la Stephen King. Ça augmenterait le choc de voir l'appart et Benny dans cet état et notre compréhension du choc de Franck. Les silences désagréables sont bien vus, mais il faudrait les utiliser. Que les frères se scrutent ou s'évitent du regard, que le lecteur n'ait pas besoin de lire l'adjectif « désagréable » pour comprendre que ça l'est. Peut-être que quand il se rend compte qu'il a été drogué, le point de vue interne de Franck pourrait aller vers une focalisation externe, pour augmenter la sensation que même nous, lecteur embarqué, on abandonne ce pauvre Franck à son sort. Il faudrait aussi décrire Benny pendant le retournement de situation. Il livre son frère, alors qu'on voit qu'il a lutté pour ne pas en arriver là, et il va être libéré, c'est une ambivalence intéressante à rendre. Pour la fin, elle n'est pas assez puissante à mon goût. Peut-être l'arrêter à « Il est revenu pour toi, Franck » ? Mais même si j'ai été frustrée, j'ai vraiment aimé l'histoire, on en lit trop peu ici, des histoires d'horreur. |
| hersen
5/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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La force de ce texte réside dans sa brieveté abritant des non-dit, on découvre petit à petit l’ampleur du sujet.
Benny le raté, Franck la belle vie. Ceci est souligné tout au long du texte par des détails, rien d’extraordinaire, mais des détails qui préparent le lecteur, le café immonde, l’alcoolisme de Benny, la coupure d’avec ses (leurs) parents. Bref, il est le raté de la famille, aucun doute là-dessus. Jusqu’à ce qu’un cauchemar, quel qu’il fut, réel ou non, prennent toute la place. Benny, toute sa vie, a endossé ce cauchemar pour épargner son frère, une protection qui intervertira l’avenir de chacun d’eux. Ce qui est très habile ici, c’est un peu le rôle de "ravi de la crèche" de Franck, puisque qu’il ne s est sans doute jamais interrogé sur la cause de la déchéance de son frère, alors qu’il en est, si ce n’est responsable, en tout cas le premier bé éficiaire. Le top : nous n’avons aucune clé sur cet homme au chapeau mou et ça tombe bien, je n’en aurais pas voulu, parce qu’un éclairage aurait déforcé cette relation entre les frères. Aurait anéanti le mystère. Le retournement est cruel pour Franck, qui, au milieu de son opulence, le fracasse, il va enfin devoir faire face lui-même. J’aurais préféré que le texte se finisse sur l’avant dernière phrase, sur le mot "Franck" pour renforcer la monume tale claque qu’il se prend, sans avoir jamais rien soupçonné, ou l’avoir occulté, de ce qu’à subi son frère. J’ai tout ce qu’il faut dans ce texte pour que l’horreur se dessine, petit à petit, avec un impact énorme à la fin. Bravo ! |




