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| Passant75
1/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Commentaire écrit en EL, mais le temps de le poster, la nouvelle avait disparu.
J'ai eu le sentiment d'être assis parmi les vieux du village, sous l'arbre à palabres, un verre de thé brûlant à la main, à écouter ce récit. Le rythme est lent, comme souvent en Afrique noire, et l’on peut entendre une parole raconter le pouvoir et la force de la parole. La parole du Cheikh, une fois prononcée, ne lui appartient plus, elle continue de vivre et peut être interprétée différemment par celui (et notamment par celle) qui la reçoit. Khady, quant à elle, ne parle pas, elle transforme la parole du Cheikh en une action conforme à la phrase prononcée en public. « Une parole prononcée devant d’autres regards cesse d’appartenir à celui qui l’a dite ». Tout est dans ce propos. Ce n’est pas Khady qui agit, c’est la phrase du Cheikh qui prend le pouvoir. Bien que ce récit ait pour cadre l’Afrique noire qui baigne dans l’Islam, oserais-je évoquer ici la force du Verbe créateur ! |
| Marite
1/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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A des lieues de nos comportements en société, en groupe ou en réunion, cette nouvelle demandera certainement un temps de réflexion, une relecture peut-être même pour en saisir toute la subtilité exprimée par les personnages.
" Ceux qui écoutent longtemps finissent par entendre autrement." Ce récit nous fait entrer dans un cercle de palabre exclusivement masculin mais le personnage féminin n'en est pas absent et, par son action clôturant la palabre, aucun honneur n'est bafoué. Pour ma part je comprends que le Cheikh a souhaité rendre sa liberté à Kalima et son attitude prouve l'attachement qu'il éprouve pour elle. L'honorabilité du personnage empêchait quiconque de mettre des paroles sur la véritable raison, respect et pudeur étaient au rendez-vous. L'attitude courageuse de Kalima témoigne aussi de son attachement à son époux et à son foyer. Peut-être n'ai-je pas saisi toutes les subtilités des propos de la palabre masculine mais je crois que c'est ainsi, avec prudence et respect, qu'il faut peut-être aborder les sociétés fonctionnant avec des codes et des repères différents des nôtres. Merci GLOEL de nous faire ainsi pénétrer dans ces mondes si singuliers qui nécessitent de notre part un effort pour les comprendre sans les heurter. |
| Damy Cantarrieu
3/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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L’ombre du pin parasol sous laquelle s’asseyait mon grand-père (1891 − 1979) aurait pu être celle de l’acacia d’Idini. Il ne parlait que par la position qu’il donnait à son béret sur la tête et la famille comprenait soit qu’elle pouvait continuer à palabrer, soit qu’elle devait se taire.
Les aphorismes économiques des anciens ont la saveur de la communication profonde et durable dont beaucoup aujourd’hui pourrait tirer profit, qui ne sait plus communiquer que par les « like » avares et la paresse verbale. Je les enregistre pour pouvoir enrichir mes échanges sociaux. Les gestes et les mots justes sont nécessaires et suffisent. La chute de la fable laisse place à l’imaginaire. Elle me dit que la sagesse de la femme réside dans la consolation et le soulagement, "en toute discrétion… qui ne s’oublie jamais". « Qu’elle prenne ce que ses bras peuvent porter et qu’elle quitte ma maison ». Elle a la force "résiliente" (comme on dit) de porter l’essentiel : les derniers mots. Votre plume sobre et aérée est efficace, nul besoin de références philosophiques savantes ni peut-être de connaissances ethnologiques, si du moins je l’ai bien interprétée, sans présomption ou avec celle de l'innocence. |
| Roxanne
7/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Gloel,
J'ai beaucoup aimé ce récit qui nous plonge dans un monde où la rareté de l'écriture confère à la parole et à la mémoire une valeur et une puissance totalement évaporées de notre civilisation dite moderne. J'ai tout d'abord eu peur de retrouver les clichés habituels de l'arbre à palabre avec l'ouverture sur les trois tasses de thé et puis quelle surprise, le récit se déroule tout en longueur, sans fioritures, où chacunes des phrases laconiques vaut son pesant d'or, véritable proverbe, riche d'enseignements, que l'auteur nous laisse le temps d'assimiler. Par déformation, cette histoire m'a fait penser au Dieu d'eau de Marcel Griaule et le choc de l'ethnocentrisme occidental découvrant une cosmogonie africaine ancestrale aussi riche et complexe que celle de la Grèce antique. Une culture assimilant la parole au tissage alors même que le dénouement matériel supposé dans lequel vivaient ces populations laissait présupposer une même misère culturelle. Bravo pour la résolution surprenante de l'histoire, on aimerait tellement croire que vous y étiez, tout autant que vous nous y avez transporté. Merci, Roxanne |





