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| Myndie
4/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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« Un pont n'est pas une destination, mais un carrefour... » D'emblée, on comprend que ce texte aura une portée philosophique. Et de fait, cette scène intime et plutôt banale d'attente sur un pont n'est que prétexte à une composition littéraire inspirée, sur le concept freudien de l'Unheimlich, en parfaite adéquation avec l'univers de Kafka.
Peu à peu le décor, Prague, le Pont Charles, les statues, se détachent de la réalité et, à l'instar des gestes les plus habituels, deviennent un piège psychologique. Il y a même, au fur et à mesure, une gradation dans l'angoisse existentielle. La personne attendue n'est plus en retard, elle« est devenue une absence » ; je trouve ici que l'auteur décrit finement le moment où la déception de l'attente amoureuse devient pathologique. Le personnage se dépersonnalise, se pétrifie, se fond dans le décor, jusqu'à faire entrave à la circulation des passants (« Ils contournaient ma présence machinalement, comme on évite un poteau, une borne de pierre ou un obstacle sans importance. ») Comme chez Kafka, convoqué à la fin du texte, les éléments du décor (le pont, l'ombre du château) perdent leur côté pittoresque pour n'être plus que sources d'angoisses; comme chez Kafka, la situation vécue est hermétique et n'offre aucune issue ; comme chez Kafka, la liberté d'agir est illusoire et on ne sort jamais de l'impasse. Les dernières phrases sont d'ailleurs éclairantes sur ce point : « Je savais Kafka déjà loin ; comme lui, j’avais cherché un sens dans un monde muet, réalisant qu’il ne suffit pas de comprendre l’absurde pour réussir à lui échapper. Je continuai donc à marcher, sans savoir si je fuyais le pont ou si je cherchais déjà le prochain. » J'ai trouvé ce texte brillant. Bravo. Myndie en EL * Edit :après correction d'une coquille |
| Pattie
23/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Je trouve ce texte bien écrit, mais pour moi qui aime les histoires, on ne peut pas dire qu'il me comble.
J'ai trouvé très intéressant le pont vu comme un endroit où on ne devrait pas être mais juste passer. Et surtout ce personnage qui ne peut plus que réagir à des sensations négatives. Il attend parce que ne pas attendre serait trop dur. Il arrête d'attendre parce qu'attendre davantage lui est insupportable. Tout autour de lui est inhumain, minéral. La seule trace d'humanité à part lui est cette hypothétique personne qui probablement ne viendra pas. C'est assez désespérant pour qu'on puisse interpréter "le prochain" pont comme celui du grand saut. |
| Mikard
5/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
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Un titre intrigant, mais la traduction de Google « l'inquiétante étrangeté » est plus jolie, et plus sombre aussi, ça sonne bien, je crois que je vais le garder en réserve.
A part ça, la lecture est agréable, Prague en toile de fond, Kafka qui rode, une écriture au cordeau, on ne peut pas passer à côté d’un tel texte, mais bon j’aurais bien aimé qu’il se passe quelque chose : quelques infos croustillantes sur le personnage, une description amusante de passants sur le pont Charles, etc. En résumé, un texte brillant comme dit plus haut mais pour moi, il manque quelque chose. |
| Yakamoz
5/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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J’ai bien aimé l’ambiance de ce texte, la brume sur Prague et dans l’esprit du narrateur. Il y a une absente, qui devient une absence, dont on ne sait rien. L’absence qui prend toute la place, que l’on se refuse à admettre, qui se transforme en angoisse au fil du texte et qui rend l’atmosphère oppressante. Il y a aussi ce rituel d’attente sur le Pont Charles, que l’on craint d’abandonner, par peur, parce qu’il y a toujours un espoir, aussi mince soit-il. Une quête, que l’on devine vaine, de pont en pont, la symbolique du lien sous-jacente, à la recherche de soi ?
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| Cyrill
10/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Bonjour Gloel.
J’ai bien aimé l’atmosphère de cette brève, la transformation d’un lieu réel en un espace mental. Le brouillard, les statues immobiles, le silence du château… tout ça concourt à traduire cet enfermement. La femme incarne l’attente, et celle-ci perd son son objet, elle est une part de l’identité. La référence à Kafka souligne l’absurde de sa situation. J’ai tout de même quelques réserves. Je trouve que les idées sont trop énoncées, au détriment de la mise en scène. Le pont est d’emblée présenté comme le symbole de l’entre-deux, puis : « Elle n’était plus en retard, elle était devenue une absence », « cette attente ne menait nulle part », « le poids de l’attente étant devenu plus lourd que celui de l’inconnu », puis enfin l’un peu sentencieux : « il ne suffit pas de comprendre l’absurde pour réussir à lui échapper ». Ça guide trop la lecture. Et les termes absence, attente, partir, reviennent un peu trop souvent et pèsent sur le style. Merci pour le partage. |




