|
|
|
| Myndie
23/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
« Un pont n'est pas une destination, mais un carrefour... » D'emblée, on comprend que ce texte aura une portée philosophique. Et de fait, cette scène intime et plutôt banale d'attente sur un pont n'est que prétexte à une composition littéraire inspirée, sur le concept freudien de l'Unheimlich, en parfaite adéquation avec l'univers de Kafka.
Peu à peu le décor (Prague, le Pont Charles, les statues), se détachent de la réalité et, à l'instar des gestes les plus habituels, deviennent un piège psychologique. Il y a même, au fur et à mesure, une gradation dans l'angoisse existentielle. La personne attendue n'est plus en retard, elle« est devenue une absence » ; je trouve ici que l'auteur décrit finement le moment où la déception de l'attente amoureuse devient pathologique. Le personnage se dépersonnalise, se pétrifie, se fond dans le décor, jusqu'à faire entrave à la circulation des passants (« Ils contournaient ma présence machinalement, comme on évite un poteau, une borne de pierre ou un obstacle sans importance. ») Comme chez Kafka, convoqué à la fin du texte, les éléments du décor (le pont, l'ombre du château) perdent leur côté pittoresque pour n'être plus que sources d'angoisses; comme chez Kafka, la situation vécue est hermétique et n'offre aucune issue ; comme chez Kafka, la liberté d'agir est illusoire et on ne sort jamais de l'impasse. Les dernières phrases sont d'ailleurs éclairantes sur ce point : « Je savais Kafka déjà loin ; comme lui, j’avais cherché un sens dans un monde muet, réalisant qu’il ne suffit pas de comprendre l’absurde pour réussir à lui échapper. Je continuai donc à marcher, sans savoir si je fuyais le pont ou si je cherchais déjà le prochain. » J'ai trouvé ce texte brillant. Bravo. |
| Pattie
23/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
|
Je trouve ce texte bien écrit, mais pour moi qui aime les histoires, on ne peut pas dire qu'il me comble.
J'ai trouvé très intéressant le pont vu comme un endroit où on ne devrait pas être mais juste passer. Et surtout ce personnage qui ne peut plus que réagir à des sensations négatives. Il attend parce que ne pas attendre serait trop dur. Il arrête d'attendre parce qu'attendre davantage lui est insupportable. Tout autour de lui est inhumain, minéral. La seule trace d'humanité à part lui est cette hypothétique personne qui probablement ne viendra pas. C'est assez désespérant pour qu'on puisse interpréter "le prochain" pont comme celui du grand saut. |




