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Réalisme/Historique
gujot : Neiges éternelles
 Publié le 02/01/11  -  6 commentaires  -  16319 caractères  -  111 lectures    Autres textes du même auteur

Minnie, une jeune prostituée dont les amours sont problématiques, se rend à son travail et, le long du chemin, prend conscience de son état.


Neiges éternelles


Minnie entrouvre la porte de son balcon encombré et accepte la morsure du froid comme une gifle qui la sort de sa torpeur. L’air de la nuit enveloppe sa conscience et s’intègre à elle, aiguisant ses idées, lui faisant percevoir avec une acuité inébranlable le décor qui tapisse ses pensées. C’est terne, c’est gris, c’est douloureux. Elle enfonce sa tête au creux de ses frêles épaules, se referme sur elle-même pour conserver le peu de chaleur retenue par son mince manteau de similicuir et descend l’escalier de fonte rouillée qui mène à la ruelle enneigée. Ses mains nues s’accrochent à la rampe pour calmer leur tremblement de dépendance ; ses doigts se rappellent encore le billet roulé qu’ils tenaient quelques secondes auparavant. Son nez coule, mais elle refuse de le moucher par peur de gaspiller la marchandise qu’elle s’est fourrée dans les narines. Elle a complètement vidé le miroir du salon, le même miroir qui lui avait servi à s’appliquer le fond de teint brunâtre sur son visage émacié, le rouge criard sur ses lèvres sèches et le bleu nuit sur ses paupières creuses. Il le fallait. Autant pour ses clients que pour son bien. Ils ne devaient pas comprendre que le corps qu’ils s’appropriaient recelait une âme, pouvoir croire que la vie réelle de cet objet de chair pouvait être meilleure que celle de son personnage aux bas résilles déchirés et à la jupe hors saison. Elle l’avait compris par expérience, au fil des années. Ou alors, elle se maquillait par habitude, par obligation, par pression ou par honte. Mais pas par envie. L’envie lui venait rarement depuis déjà longtemps. L’envie ou un quelconque besoin en fait. Peut-être était-ce mieux ainsi, cela permettait d’endosser les coups, les baffes et l’indifférence.


Ce soir, quand Mickey s’était réveillé avec son érection, il l’avait prise sans demander son reste, avait apaisé son envie et s’était rendormi aussitôt, sans un mot ni un baiser. Sans même un regard pour elle, pour sa possession. Comme toujours. Et comme toujours, Minnie était demeurée muette et molle, tombant dans cet état second qu’elle maîtrisait si bien par profession. Elle avait attendu qu’il soit comateux avant de le haïr. Elle exécrait sa façon de la faire sentir coupable et, d’un même souffle, inférieure, comme une maladresse inhérente à sa personne, comme si elle n’avait jamais eu d’autres ambitions que de devenir un matériau malléable, interchangeable, manipulable. À cet instant de sa vie, malgré toutes ses promesses faites à elle-même, malgré ses pactes de vieillesse sereine, ses ambitions de réalisation personnelle, elle demeurait un décor propice aux déversoirs masculins. Et pourtant, suivant une logique rigoureusement désordonnée dont elle ignorait le fil, Mickey, son Mickey, représentait tout pour elle. Il était la seule personne avec qui elle avait des échanges – des conversations qui tournaient le plus souvent autour de l’argent et de la poudre, certes, mais au moins ils discutaient. Et rêvaient d’avenir improbable. Lui, voulant toujours devenir musicien adulé, à trente ans. Elle, rêvant de le suivre, qu’elle disait. Pour lui faire plaisir. Pour ne pas admettre qu’elle n’avait désormais plus rien de mieux à proposer.


Cet avenir demeurait en filigrane dans sa vie, justifiant les concessions et les compromis. Il pratiquait et travaillait à temps partiel dans la librairie communiste du quartier. Elle aussi veillait au bien de la population marginale, les cloportes, qui sortaient le soir venu, de l’autre côté du pont. Sur la rue de la Reine.

De la Reine. Ironique tout de même. Mais à quoi bon y réfléchir.


Minnie a atteint le bord de la rivière gelée qu’elle remonte par le sentier. Les pins s’épuisent sous le poids de l’hiver et le sol est recouvert de la blancheur hivernale. À l’horizon, Québec dévoile ses atours, exhibe ses gratte-ciel, son château, ses immeubles et ses remparts. Sur le chemin, tout est sinueux, comme les courbes qu’elle s’offre à offrir d’ici quelques mètres, comme ses charmes qu’elle devra mettre en valeur pour récolter de quoi vivre, pour s’offrir une vie décente dans laquelle tout est possible, dans laquelle la liberté s’exerce sous forme de ligne blanche à contenir, d’idée noire à définir, de relations chaotiques à subir. Les hanches de Mickey la pressent encore de jouissance, elle se donne dans un mutisme qu’il croit serein, mais qui contient de la colère, de la honte et de l’impuissance. Comment réagir à l’insistance, à la détresse commune, à ce mal qu’elle ressent au fond des yeux vides comme les siens, au fond du visage désemparé comme celui qu’elle porte au fond de son être ?


Décidément. Son cerveau ne veut pas encaisser la dose d’indifférence qu’elle lui a donnée. La rivière lui parle, la ville lui inflige des regards noirs, la nuit propose des pensées cohérentes et insipides. Pourquoi songer au présent quand l’infini est si abordable, quand il est si éthéré ? D’ici quelque temps, des mains inconnues l’exploreront, des haleines complexes lui souffleront au visage, des attitudes corporelles définiront son propre comportement. Elle devra se soumettre, car c’est son travail : se soumettre, se plier aux exigences, même implicites, de ces âmes perdues, de ces êtres tordus, esseulés, exilés du sexe commun. Elle devra accepter sa destinée, se convaincre encore une fois qu’elle ne pouvait faire autrement compte tenu de son bagage, de son tracé, de son cheminement, de son patrimoine, de ses capacités, de son entourage, de ses gènes, ses forces, ses compétences. Et malgré cette compétence, elle ne peut clairement envisager aucun avenir à sa condition, tout au plus peut-elle considérer le statu quo infini, le gel de ses activités, de sa réputation qui la définirait comme une pute de classe après un certain temps alors qu’elle pourrait choisir ses clients, ses contrats, ses habitués. C’est ce qui l’attend si tout va bien. Si la vie suit son cours normal, si le chemin qu’elle suit ne bifurque pas vers une zone étrangère, possiblement néfaste.


Depuis qu’elle a emprunté le sentier le long de la rivière, Minnie a suivi le tracé sinueux sans même s’en rendre compte, sans même concevoir qu’elle empruntait une voie dessinée par quelqu’un d’autre, un architecte, qui lui dictait une fois de plus la marche à suivre, marche à laquelle elle obéissait depuis plusieurs années sans broncher. Elle suivait les parcours bétonnés dans les parcs, suivait les indications sur l’autoroute, les rares fois qu’elle conduisait, suivait les hommes jusqu’à une chambre souvent minable. Elle suivait les courbes des trottoirs. Oui, elle avait toujours suivi les courbes des trottoirs sans même se demander s’il s’agissait du chemin le plus court, si elle pouvait atteindre son point d’arrivée autrement. Et même en abandonnant l’école, elle croyait s’être retirée du moule, s’être soustraite à l’abrutissement par l’État, mais pourtant, à cet instant, Minnie réalise qu’elle respecte les codes donnés par les bâtisseurs de sa vie, que ce soit ceux de la ville ou de la rue. Elle avait toujours suivi les règles, les ordres, les sous-entendus, même ceux qui incitaient à s’oublier pour se consacrer corps et âme, mais surtout corps, au bonheur des hommes. Sans jamais laisser de trace, s’accaparant le déshonneur de ses clients, se délestant de leur honte à grands coups de douches interminables pour tenter de retrouver la pureté dont elle se sentait dépossédée après chaque baise.


Et encore maintenant, elle emprunte la voie de la masse, suivant le tracé piétiné jusqu’au pont pour traverser la rivière gelée. Alors que celle-ci peut très bien se traverser à pied. Sur la glace. Dans la neige immaculée. Minnie s’immobilise. L’envie la démange, l’envie de marquer son passage et de faire connaître une fois de plus sa présence dans ce monde qui l’ignore totalement. Elle peut laisser sa trace, laisser un graffiti temporaire dans la neige, une tranchée qui marquera son combat contre l’indifférence. Pourquoi traverser dans la neige alors que le pont est tout juste à côté? Justement pour signifier qu’elle a le choix, qu’elle peut dévier du droit chemin, qu’elle l’a fait en devenant femme pour les hommes et qu’elle le fait en s’enfonçant dans la poudre blanche.


Minnie bifurque perpendiculairement, remonte sa jupe noire, fait taire les dernières pensées récalcitrantes à son projet, enjambe le monticule qui borde le sentier et se dirige vers la berge. Ses longues jambes crayeuses s’enfoncent dans le duvet blanc. Les flocons collent à ses mollets et, lentement, la morsure du froid s’imprègne dans sa chair. La douleur est sourde, comme une vibration de basse derrière un mur. Elle est insonorisée à cette douleur qui monte et qui défonce pourtant les limites de sa personne. Minnie a mal à sa peau glacée, mais elle s’en délecte. Étrangement, ce choc thermique l’éveille et la vie inonde ses cuisses qui s’engourdissent. L’hiver est là, autour d’elle, en elle, et la douleur se fait physique. Une vraie douleur qu’elle peut sentir à mesure qu’elle étrenne le tapis moelleux. Tout près d’elle, les piliers du pont s’enfoncent dans la glace, ils s’enracinent au fond de la rivière, prisonniers d’elle, enchaînés à son lit. Minnie, elle, marche librement, ses jambes montent et descendent dans la poudre, se libèrent du sol et le piétinent allègrement, sans pitié, elle foule la nature et derrière elle un long affaissement du manteau hivernal crie son action sur le monde. Devant, encore un monde à traverser, à marquer de ses pas. Devant, encore plus loin, un monde à retrouver.

La rue de la Reine. Le trottoir.


La pensée l’immobilise d’un coup sec. Tout son élan de liberté s’envole avec elle, laissant seulement une amertume immense au fond de son cerveau défoncé.


Tous les chemins y mènent, inévitablement, immanquablement. Elle aurait beau fuir son travail, il la rattraperait, toujours. Elle s’y était mis le pied sans trop savoir où et comment, d’abord en échange de dope, puis en échange de service puis pour de l’argent, pour une illusion d’amour, pour ensuite oublier le mal de l’amour et encore pour la dope. Elle s’était constamment offerte pour emplir un vide, pour soulager une peine ancrée à son âme, et non à sa chair. Qui avait été son premier client ? Minnie ne peut même pas le dire tant cette scène se perd dans ses souvenirs confus, tant la notion même de se vendre pouvait englober tous les pans de sa vie ultérieure. Probablement son voisin, celui qui l’avait touchée en échange d’une cigarette, celui qui s’en était vanté dans le quartier, qui avait mis le feu à sa réputation. À l’époque, elle aimait cette reconnaissance qui la rendait différente des autres filles. Jusqu’à ce que le jeu devienne une habitude, un travail. Un service à la population.

Elle devra y retourner encore ce soir pour se faire sauter par des inconnus, par des peaux constellées de taches suspectes, par des mains autoritaires, par des habitués qui la prennent pour acquise. Qui la prennent pour du cash.


Le froid s’accroche à ses hanches. Lui gèle le bas-ventre. Ça fait du bien. Ça engourdit le mal à venir. D’un côté, la rivière étale son long linceul vers l’infini du paysage, de l’autre, le pont domine l’espace et pèse de tout son poids de métal sur l’immensité du ciel. Devant, sur la rive, les clients. Derrière, à l’appartement, Mickey.

Chaque possibilité semble faite de promesses insupportables. Minnie dépend des autres et les autres la perçoivent uniquement comme un corps. Et c’est d’ailleurs ce qu’elle laisse voir. Elle contribue à cette perception par sa démarche devenue langoureuse et insolente au fil des années, par ses vêtements révélateurs qui exposent son corps sous une couche de cuir. Son habillement hurle sa condition de prostituée et il lui colle à la peau, se fusionne à elle pour devenir partie intégrante de sa personne. Dans ces longs bas en filet, dans cette jupe moulante, dans ce chemisier échancré, elle est prostituée. Aux yeux de tout le monde. À ses propres yeux également. Même ses gants effilés révèlent des avant-bras fragiles voués au sexe.


Minnie les retire prestement. Elle peut au moins enlever une partie de sa honte, retirer l’indécence qui la couvre et la jeter dans la neige. Le tissu noir jure sur le fond blanc. Ce n’est qu’un début : elle peut se transformer radicalement à cet instant précis, entre ces deux rives qui n’offrent qu’un avenir maquillé, habillé, possédé. Ici, maintenant, Minnie reprend le contrôle de sa vie, de son corps. Elle déboutonne sa veste et la lance près des gants. Le vent léger la recouvre de fraîcheur emportant avec elle un poids immense. Le chemisier arraché se gonfle et vole s’écraser sur un des piliers du pont. Minnie sent la libération de ses seins qui goûtent l’air libre, se dévêtant enfin par pur plaisir, par choix, par liberté. Tout le haut de son corps s’offre à la nature et le froid censé l’engourdir la pénètre profondément et ravive une flamme en elle. L’air est bon, l’hiver est bon. Son rire monte jusqu’à la travée déserte du pont, c’est folie que se déshabiller ici, au beau milieu de la rivière, enfoncée dans la poudre, mais ces gestes lui parlent, donnent enfin sens au présent. Minnie retire ses bottes, ses bas, ses sous-vêtements et elle se dresse, neuve, face à la ville qui ne la reconnaît plus, qui se demande qui est cette femme nue, la larme à l’œil, le regard étincelant, qui se retrouve après sept ans d’errance. Minnie lui répond que cette femme est enfin redevenue un être humain, libre de contraintes. Elle est en voie de redevenir la Myriam de ses quatorze ans, celle d’avant les bouleversements, celle d’avant le péché imposé. Celle qui s’est éteinte à petit feu dans des cris ignorés.


Une goutte perle le long de sa joue, écrasée par le plat de sa main qui nettoie son visage. Autour de ses doigts ankylosés, Minnie aperçoit une vérité qui lui éclate au visage : elle n’est pas affranchie totalement, son maquillage lui balafre la figure et elle se rappelle très clairement l’image que le miroir lui avait renvoyée en début de soirée, l’image d’un clown glauque et triste partant pour le cirque. Aucun enfant à amuser, que des vieillards désabusés pour se moquer d’elle, pour la pointer du doigt. Elle doit se nettoyer, à coup de pleurs, de neige, de mains qui grafignent les couches cumulées, les masques implantés durant toutes ces années. Minnie plonge ses phalanges rougies dans la neige rugueuse, se frotte le visage, mais chaque fois, la tache bleuâtre salit la neige. Elle recommence, plus fort, avec plus de neige, plus de larmes, plus de volonté de se décontaminer. Elle doit offrir un tableau pathétique avec son maquillage entre deux états, absent et présent, fait de flaques mélangées, de lignes s’estompant dans un mariage difforme. Rien à faire, sa condition est solidement imprimée dans ses traits, tatouée sur sa peau, indélébile, malgré les efforts.


Épuisée, Minnie se laisse choir dans la neige qui se moule à son corps. L’hiver l’enrobe de sa couverture maternelle et le peu de chaleur qui lui reste fait fondre quelques cristaux qui glissent sur sa peau. Le liquide suit les courbes de sa chair, sensuellement, sans arrière-pensée. Le regard braqué sur la noirceur de la nuit, le ciel pourrait briller si le lampadaire du pont n’aveuglait pas les étoiles, si les flocons ne dansaient pas autant sur la piste céleste, si ses yeux ne souhaitaient pas tant sombrer dans la plénitude de son être. Minnie se laisse porter par la caresse du froid, caresse réconfortante, enveloppante, qui la recompose, qui la fait retourner dans cet état de bien-être infantile évacué de sa conscience. Lentement, les pensées cessent leur défoulement, s’apaisent comme si elles avaient ingurgité une tisane auprès d’un feu dans un chalet. Les tracas s’esquivent, laissant toute la place pour une sereine vérité : elle est bien, en sécurité, paisible.


De l’autre côté de la rive, celle qui borde son être, une autre possibilité l’attend, celle de fuir, d’emprunter la rivière pour suivre la voie blanche jusqu’au fleuve, jusqu’à l’embouchure de la mère peut-être, pour renaître, pour prendre le chemin le plus court, sans passer par les trottoirs, pour aller vers chez elle. Pour s’évanouir dans la blancheur de l’hiver, en toute liberté, en s’enfonçant toujours plus profondément dans la poudre blanche, aveuglante.


 
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   misumena   
23/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai bien aimé votre texte qui est très réussi visuellement. Vous décrivez les formes avec précision, mais vous décrivez de la même manière les pensées de votre héroïne (vilain jeu de mot !) à la dérive.
Il y a quelques maladresses, j'ai relevé, entre autres :

- "comme les courbes qu’elle s’offre à offrir d’ici quelques mètres,", suivi à nouveau "d'offrir", plus loin.

- "réputation qui la définirait comme une pute de classe après un certain temps alors qu’elle pourrait choisir ses clients, ses contrats, ses habitués" : "alors que" indique l'opposition, alors que (!) les deux propositions ne sont pas opposée, l'une induisant l'autre.

- "Elle est insonorisée à cette douleur qui monte et qui défonce pourtant les limites de sa personne." : la phrase est bancale, "insonorisée à cette douleur" sonne bizarrement (même si j'aime beaucoup l'idée) et "défonce" est carrément pas joli, et en plus, vous le réutilisez plus loin ("son cerveau défoncé"), pas à meilleu escient puisqu'on dit d'un drogué qu'il est défoncé, et pas que son cerveau l'est.

- "Minnie a mal à sa peau glacée, mais elle s’en délecte" : mal à sa peau, pareil. C'est maladroit.

-"elle s’y était mis le pied" : elle y avait mis le pied.

-"Celle qui s’est éteinte à petit feu dans des cris ignorés. " : de qui ?

-"Le liquide suit les courbes de sa chair, sensuellement, sans arrière-pensée" : comme lorsque vous attribuez des pensées à la ville, j'ai du mal à saisir si c'est voulu, et si vous optez alors pour le point de vue du personnage, ou si c'est une maladresse de style. Peut-être aurait-il fallu préciser d'une manière ou d'une autre l'état psychologique dans lequel se trouve Minnie, qui (si ceci est voulu) semble proche du chamanisme.

Sinon, je pense que le terme de « poudre » appliqué à la neige pourrait n'apparaître qu'à la toute fin, lorsque le lecteur a lui-même mis en oeuvre ses analogies (ce qui lui donne l'impression d'avoir tout compris... flattez-nous, que diable !)

Bonne année 2011.

   doianM   
28/12/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Emouvante cette histoire. Minnie, prostitutée par amour, prend conscience de son état et se laisse tuer, nue, par la neige et le froid.
La neige symbole d'une pureté qu'elle souhaiterait retrouver.

Quelle serait la motivation de ce réveil, de ce regard sans concession sur sa condition ?.
Peut-être insufisamment soulignée, mais c'est l'amour indifférent de son compagnon, Mickey, qui la, prend la veille, sans un mot.
Comme un de ses clients.

Un récit qui se laisse lire avec intérêt.

   Pattie   
28/12/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est très mélo. J'ai trouvé ça bien écrit, parfois un peu ennuyeux (l'éternelle histoire de la femme perdue impure). Mais la scène du "strip-tease" dans la neige est réussie, comme une purification par le froid.
J'aimerais savoir s'il y a une raison pour que les héros se nomment Mickey et Minnie ?

   Bellaeva   
3/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Début intéressant avec Mickey et Minnie en enfer.
L'écriture est recherchée avec de belles images et de la poésie aussi comme par exemple : "dans laquelle la liberté s’exerce sous forme de ligne blanche à contenir, d’idée noire à définir, de relations chaotiques à subir." ou "La rivière lui parle, la ville lui inflige des regards noirs, la nuit propose des pensées cohérentes et insipides". "ses longues jambes crayeuses"
Des moments plus âpres comme : "Ce soir, quand Mickey s’était réveillé avec son érection, il l’avait prise sans demander son reste, avait apaisé son envie et s’était rendormi aussitôt, sans un mot ni un baiser" ou " elle demeurait un décor propice aux déversoirs masculins."
Le désespoir de la jeune femme est palpable ainsi que l'impasse où se situe sa vie. Tout est très bien rendu. Peut être, un peu trop de répétition parfois sur sa condition de prostituée. Était-ce utile ?
Lorsqu'elle décide de sortir des sentiers battus, et tout ce moment de purification dans la neige est très beau. Tant de noir dans tant de blanc.
Bonne continuation à l'auteur

   emi   
30/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Quelques maladresses, certaines sont déjà signalées; j'ajouterai:
-au fur et à mesure qu'elle étrenne le tapis poudreux
-un long affaissement du manteau hivernal crie son action sur le monde (trop emphatique pour moi)

Cela dit, j'ai été pris par ce texte; j'ai ressenti le froid canadien, la détresse de la jeune femme.

   micdec   
2/6/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Beaucoup d'intentions, beaucoup de pathos.
Un Mickey qui m'a fait penser à Rose profond de Dionnet.
Quelques formules amusantes et assez bien trouvées comme "elle demeurait un décor propice aux déversoirs masculins". "déversoir" dans le sens de "canal urétral ?
Au final, un peu trop pathétique pour ma sensibilité grandement émoussée et une écriture incertaine mais j'ai été touché par l'intention de toucher et j'ai lu sans déplaisir.
Pas un grand moment de littérature mais pas d'ennui.
Un texte qui n'a, semble t'il, guère suscité d'intérêt au moment de sa parution et c'est dommage car j'ai lu moins bon - et de loin - dans le genre, depuis.


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