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hersen : En partance
 Publié le 28/06/19  -  27 commentaires  -  2769 caractères  -  222 lectures    Autres textes du même auteur


En partance


Dans les strates infinies, un coin, quelque part, tout proche, attend.

Patient comme l'oasis guettant l'ondée annuelle.


Je me faufile, presque honteuse, dans des méandres de sable. Tant de grains ! Je ne savais pas. Tant de grains et un seul qui me convienne, un seul doté d'un reflet épousant mon âme et ses quelques regrets qui l'habitent, unique parmi des millions qui me verra telle que je suis : aussi imparfaite qu'un éboulis de rochers au pied de la montagne au milieu du reg. Un seul que j'emporterai avec moi.


J'ai tant aimé le désert.


Son vent chuchotant.


Son souffle violent.


Son crépitement minéral sous mes pas.


Son froid de la nuit envoûtant l'écho de la pierre éclatée jusqu'aux étoiles, réponse jaillissant des ténèbres de l'erg.


Son sec.


Son tranchant du caillou jusqu'à l'angoisse qu'il génère.


Rien n'est plus coupant qu'un désert. Un burin éternel qui pourtant pose sa douceur sur les dunes et les façonne, lascives et offertes. Seuls les millénaires les déplacent, elles rient du vent fusant, elles rient de l'enlisement. Elles rient. Inébranlables et légères à la fois.


Elles rient de mon chèche entortillé et je ris avec elles. Du sable crisse entre mes dents. Elles jouent de moi, d'eux, de tous. Elles jouent et savent la valeur de leur jeu, lent, dont aucun de nous ne verra ni le début ni la fin, emprisonnés dans une espérance trop courte.


Mais je divague...


La dune est belle, elle lisse mon âme dans le repos, elle délasse mon corps dans ses vallons brûlants. Je m'enroule dans ses volutes et elle me lamine, seuls ses grains sur ma peau me rappellent que je suis vivante. Encore.


Que je crève de toutes les soifs.


Mes yeux douloureux cillent au soleil réverbérant la brillance d'un ailleurs. Je lève le nez dans le bleu et souris encore, malgré mes lèvres fendillées. J'ouvre mes pensées, les soumets à cette étendue vibrante sous mon corps. Un arbre chétif est toute la luxuriance du lieu, l'arbre aux mille pensées, l'arbre aux trois feuilles : une pour lui-même, une pour le désert, une pour moi.


Une parcimonie délicieuse, un bien précieux que je tiens, pour moi, près de moi, ne prélevant que ma part. Mes affres sont soulagées par cette feuille d'un vert atone posée sur mon front, elle qui a souffert tant et plus que moi, a gagné chacune de ses cellules, les a arrachées au sable et à ses grains. À l'insondable.


Il est temps pour moi de me fondre dans ce berceau rêche comme les bras d'une mère usée par une humanité fatiguée.


Cette mère, en grande douceur, étale sur mon enveloppe terrestre un grand voile blanc, se penche et me murmure le secret du vivant.


– De rien, dis-je, ce fut un plaisir.


Et mes yeux se ferment sur la beauté et la cruauté indicibles du monde.


 
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   Corto   
11/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Complicité et émotion sont les deux ressorts de cette nouvelle.

La complicité du personnage avec le désert, ses dunes, ses grains de sable est magnifiquement représentée: "Tant de grains et un seul qui me convienne, un seul doté d'un reflet épousant mon âme".

Le vent, le souffle violent, le crépitement, le froid de la nuit, toutes ces expressions concourent à nous fondre, nous aussi, dans le désert et à en ressentir une complicité inattendue.

"La dune...délasse mon corps dans ses vallons brûlants." Une telle formulation est aussi surprenante pour le lecteur qu'elle l'entraîne dans des sensations inconnues qui ouvrent sur le rêve.

De même après avoir lu "l'arbre aux mille pensées, l'arbre aux trois feuilles : une pour lui-même, une pour le désert, une pour moi" on ne pourra plus regarder de la même façon les arbres du désert.

Dans ce contexte terminer par "De rien, dis-je, ce fut un plaisir" relève d'une élégance exquise.

Félicitations à l'auteur de ce si beau texte.

   plumette   
13/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Une agréable lecture

toutefois ce texte me semble mal orienté. Il pourrait figurer je pense en prose poétique.

   Palrider   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Contemplatif, introspectif...l’histoire reste sous un voile brumeux et poétique, mais...quand on écrit comme ça, on peut vendre du sable au Sahara...bravo hersen

   Alcirion   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hersen,

Après deux lectures, je ne suis toujours pas très sûr de tes intentions :)

La forme me fait penser comme Plumette à de la poésie en prose. On sent que tu as porté une attention toute particulière au style (quelques mots rares), c'est très bien écrit et la mise en page est vraiment réfléchie.

La fin reste énigmatique, on ne sait pas très bien ce qu'est venu chercher la narratrice ni ce qui lui arrive.

Une légereté agréable dans ce texte.

   Hananke   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour

Comme certains des commentateurs avant moi, je pense que
ce joli texte poétique n'a pas sa place dans la catégorie nouvelles
à moins que quelque chose ne m'échappe.
Si l'on se place d'un point de vue purement poétique, évidemment,
ce texte est magnifique. La description du désert semble accomplie
au laser, fignolée dans ses moindres détails.
Du vent jusqu'au moindre grain de sable, tout est tellement prenant
que l'envie vient de versifier et me fait penser, inévitablement
au premier vers des Éléphants de Leconte de Lisle :

Le sable rouge est comme une mer sans limite...

La brièveté de ce texte m'avait attiré et je ne suis pas déçu même
si la catégorie...

   Perle-Hingaud   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un texte très poétique, alors, je ne sais pas trop quoi dire… :)

Si. Je n'ai pas tout compris: pourquoi un seul grain qui convienne ? pourquoi cette idée au début du texte, alors que la suite parle plutôt d'unité, de fusion entre la narratrice et le désert ?

La description du désert est très belle et les sensations du début ont fait écho à de lointains souvenirs. L'économie de mots est en osmose avec l'ascétisme du lieu.

J'ai particulièrement aimé la dernière réplique: "De rien, dis-je, ce fut un plaisir."

Merci Hersen pour ce texte !

   ours   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci pour cette agréable lecture, se plonger dans ce songe contemplatif au milieu de dunes en mouvement perpétuel fut particulièrement agréable. J'ai beaucoup aimé l'image de l'arbre aux trois feuilles, la vie est un combat autant que l'existence est vacuité, même s'il n'y a rien sans tout, ni de vide sans matière, je me perds...

Je ne parle pas de la poésie qui se dégage de votre texte, elle est évidente et enveloppante.

   Luz   
28/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

Il n'y a que 2 choses qui m'ont un peu interpelé :
- "Tant de grains ! Je ne savais pas." : je trouve que c'est un peu bizarre de découvrir, comme ça, un beau jour, qu'il y a des milliards de grains de sable dans le désert.
- "Que je crève de toutes les soifs." : j'aurais préféré "Que je meure". Je trouve que le "crève" dénote dans la poésie de la nouvelle (j'allais dire du poème...)
Je chipote : tout le reste est absolument magnifique - TOUT - à l'image des 4 dernières lignes sublimes. Je ne sais pas comment on fait pour trouver ces mots ; il faut peut-être avoir eu soif très longtemps ou trop regardé les étoiles du désert ; elles ne sont pas comme ailleurs...

Merci.

Luz

   Seelie   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Sublime.
J'ai tout trouvé sublime.
L'écriture dans sa forme poétique (la poésie n'est pourtant pas mon domaine de prédilection).
Le fond, c'est à dire, l'acceptation, ce "de rien, ce fut un plaisir", qui en dit tellement long en quelques mots. Grandiose !
Ces dunes "Elles jouent et savent la valeur de leur jeu, lent, dont aucun de nous ne verra ni le début ni la fin, emprisonnés dans une espérance trop courte.", elles racontent la ridicule durée d'une vie humaine, et le si peu, presque trop peu, mais au fond l'essentiel :l'humilité" dont nous devrions tous parvenir à lire la preuve, au moment définitif qui vous prend dans ses bras.

j'ai aimé aussi que ce texte n'aille pas rejoindre le grand nombre des poésie (que je ne lis pas, mea culpa)
Je ne connais pas l'histoire de la narratrice, mais à ce stade d'agonie dans le désert, l'essentiel est ailleurs. Son histoire n'est pas le sujet, elle est là, occupée à achever son existence dans de désert, son histoire n'apporterait que très peu et casserait un rythme bien ficelé.

Je n'ai pas besoin de savoir ce qu'elle fait là. Elle se prépare à sa fin, et cette fin l'entraîne et lui fait prendre corps avec le désert. C'est largement suffisant.

Ca m'a donné (presque, faut pas déconner)l'envie de m'éteindre dans le désert.
Une belle lecture, et merci et bravo à l'auteure.

   maguju   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très beau texte sur le caractère bref de l'existence face à l'immensité du monde; enfin c'est comme cela que j'ai compris votre texte. "Tant de grains et un seul qui me convienne". Nous ne sommes effectivement qu'un grain de sable parmi des milliards d'autres...

   Vincente   
30/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Eh bien la notification du fil de remerciements sur cette page m'a fait l'ouvrir, et sans aller bien loin, j'ai compris que la nouvelle en question était tellement poétique que certains se demandaient ce qu'elle faisait là, dans ce lieu où elle était la bienvenue, mais comme une étrangère. Poème en prose..., ah non pas tout à fait ! Alors, serait-elle apatride ?
Son lieu est hors des convenances, il est dans l'esprit du narrateur une terre particulière qui d'un désert peut donner la vie, comme ici, de très belle façon.
Alors je ne vais pas y aller par quatre chemins, cette invitation à partager ta vision, à toi Hersen le grain de poussière aux yeux radieux, dans ce poème tu m'as emporté. Je t'en remercie beaucoup.

Vincente

   hersen   
30/6/2019

   troupi   
30/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Hersen.
Mince alors, j'ai failli louper ce texte, que fait-il là aussi ?
Il faudra que je lise un peu plus du côté des nouvelles.
Alors, forcément une poésie sur le désert ne pouvait pas me laisser indifférent.
Surtout cette idée : des milliards de grains de sable et un seul qui corresponde pour l'emporter avec soi. Où, quand, comment, pourquoi ?
" un seul doté d'un reflet épousant mon âme et ses quelques regrets. Un seul que j'emporterai avec moi." A la toute fin alors ?
"– De rien, dis-je, ce fut un plaisir." Comme un remerciement à la Vie que l'on quitte.
Et mes yeux se ferment sur la beauté et la cruauté indicibles du monde." Cette dernière phrase, quel résumé !

J'ai aussi aimé les descriptions moins philosophiques des dunes et ton arbre, ce n'est pas courant de planter un arbre dans un désert.
Tes dunes rient mais sais-tu qu'il y en a qui chantent ? Je pense que oui.
Et elles se déplacent et parfois se noient dans l'océan.

J'ai beaucoup aimé ce désert à travers ton regard. Vraiment beaucoup.

   stony   
1/7/2019
C'est bien joliment écrit. Très joliment.
Au premier degré, par exemple dans la musicalité comme ici : "un seul doté d'un reflet épousant mon âme et ses quelques regrets qui l'habitent".
A d'autres degrés, comme dans " l'arbre aux trois feuilles : une pour lui-même, une pour le désert, une pour moi" qui m'inspire une sorte de tableau à la fois symboliste et surréaliste. J'y vois presque un Dali.

A la fin, je vois une femme mourant dans le désert, ni gaie ni triste, mais soumise aux lois de la nature et reconnaissante pour ce qu'elle lui a donné.
Mais au début, le message était un peu brouillé pour moi, lorsque j'ai lu "Tant de grains ! Je ne savais pas. Tant de grains et un seul qui me convienne, un seul doté d'un reflet épousant mon âme et ses quelques regrets qui l'habitent, unique parmi des millions qui me verra telle que je suis : aussi imparfaite qu'un éboulis de rochers au pied de la montagne au milieu du reg. Un seul que j'emporterai avec moi." J'ai cru à une femme cherchant/attendant un compagnon et j'ai mis quelques phrases pour retomber sur mes pattes et voir où tu voulais en venir.

   Donaldo75   
2/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

J'ai bien aimé cette prose poétique; on ne lit que trop rarement des textes de ce genre sur Oniris, alors que beaucoup de poètes du cru pourraient s'y essayer. Je te sais coutumière des essais, de la recherche de quelque chose de renouvelé dans ton écriture.

Ici, c'est franchement réussi.

Bravo

Donaldo

   Cristale   
2/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Hersen,

J'ai une faveur à te demander ce soir : m'accordes-tu le privilège de lire, de relire, et lire encore pour sentir et ressentir encore le sable, le vent, le froid de la nuit, la dune, les grains secs, le désert, jusqu'à crever de soif pour accompagner cette femme dans son grand voile blanc ? Aussi, exonères-moi d'un commentaire qui gâcherait cette si belle page.

Merci !

Cristale

   STEPHANIE90   
3/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

une bien jolie prose de part sa mise en page et la musicalité de vos lignes, le désert vous a aussi semble t'il inspirée son chant :"Son vent chuchotant. Son souffle violent. Son crépitement minéral sous mes pas."

Je suis conquise par cette nouvelle ?!? poétique...

Merci !
StéphaNIe

   poldutor   
6/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,
Quelle poésie dans cette nouvelle ! Quelle belle écriture !
La description du désert est magnifique, on entend le vent, on ressent le froid de la nuit, on s'émerveille du ciel étoilé et les dunes, "lascives et offertes", éternelles et pourtant changeantes. On sent que vous connaissez le désert et que vous l'aimez.
Merci pour ce moment de silence sur le grand erg.
Cordialement.
poldutor

   dark_matters   
7/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Magnifique. Oui, de la poésie en prose, mais de la prose néanmoins, c'est donc très, très réussi. L'homonymie du "son" est brillante, elle force à faire une pause dans la lecture, à respirer. L'opposition entre "la dune est belle" et "je crève" casse la mélancolie, vous avez eu raison. D'autant que le désert évoque quand même, entre autres, une mort sans sublime. Oui, j'ai beaucoup aimé !

   wancyrs   
8/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Hersen,

Ce que j'aime ici c'est la poésie qui se dégage du propos ; les images. Ce texte serait proposé en poésie en prose qu'il passerait haut la main l'épreuve. Il y a peut-être d'autres sens à ce texte, mais je me suis arrêté à celui de contempler la beauté qui s'étalait devant mes yeux.

Merci !

Wan

   Andre48   
9/7/2019
Bonjour Hersen,
Que dire après tous ces commentaires ?
Ce texte poétique allie style et mise en forme. Le grain de sable nous symbolise, peu de chose dans un vaste ensemble, un instant dans une éternité.
Ce texte prouve que le lecteur peut entrer de suite dans l’univers poétique que l’auteur lui propose.
J’aime les textes courts, tout peut être dit, rien n’est à retrancher et les deux dernières phrases sont un parfait point final implacable.
J’apprécie de voir un peu bousculés les classements Poésie/Nouvelles.
Merci
André

   Pouet   
9/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt,

je n'ai pas lu le forum de remerciements et/ou d'explications, donc je suis comme un petit bébé devant son premier téton.

Je crois que je n'ai pas compris.

Alors si, j'ai bien compris l'écriture, son souffle, ses saccades, ses phrases qui s'étirent. Un peu. Ses phrases qui se camouflent, qui s'étrécissent. J'ai senti le vent, j'ai senti le coupant, j'ai senti l'avancée immobile.

Mais le fond, je ne l'ai pas compris. Je crois.

J'y ai vu un être déçu, dégoûté, revenu du monde de la société humaine, qui vient se mettre à nu dans un désert et peut-être y mourir. J'y ai vu une communion avec La Nature, une distance avec sa nature. J'y ai vu un peu d'ésotérisme, un soupçon d'animisme, une bonne dose d'humanité.

Mais malgré ma (relative) incompréhension, j'ai aimé lire car en fait, je me fous de l'incompréhension.

   thierry   
12/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Entre José Maria de Heredia et Apollinaire, il y a donc Hersen. De grands voyageurs… Je n'ai peut-être pas tout compris, le bruit du vent sans doute.
J'aime beaucoup ce principe d'économie qui permet de rendre aux mots toute leur musicalité.
Du grand art, mais qu'est-ce qu'il fait chaud !

   Cat   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour hersen,

Ta nouvelle n'est pas sans me rappeler ''La nuit de feu'' de Eric-Emmanuel Schmitt. Pas tant par les menus faits de l'histoire qu'il raconte, mais plutôt par cet amour porté au désert qu'il m'a permis de comprendre dans toute ses dimensions.

Avec ''Partance'', je baigne dans le même ressenti, celui d'une atmosphère, d'une ambiance qui ramène à la vie telle qu'elle est et telle qu'elle vaut la peine d'être vécue. Le parallèle désert/vie est ici frappant. Et tout ce que cela suscite est très émouvant.

Faut-il tout comprendre pour saisir au vol ce qui trouble, ce qui fait fondre en émotion ?

Non, ou alors ce serait la fin de la poésie. Et ce texte déborde de pure poésie, de celle qui étreint le cœur et que j'adore, car elle parle du seul grain de sable qui convienne "un seul doté d'un reflet épousant mon âme et ses quelques regrets. Un seul que j'emporterai avec moi."

Une très belle inspiration, merci hersen,
et un très bon et long moment de lecture-vagabondage pour moi, les yeux dans les nuages, les pieds roulant le sable...


Cat

   senglar   
16/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Hersen,


Divaguer dans les vagues de dunes... et pourtant la narratrice sait pourquoi elle est là, et elle sait où elle va, car ce rendez-vous, nuitamment, est un rendez-vous amoureux. Grains de sable, grain de peau, de grain à grain les épousailles sont parfaites, mais la dune d'entre les dunes, lit nuptial et mortuaire à la fois, jadis lit de l'Océan Primordial, n'a à offrir qu'un vaste drap de sable, jadis ventre de la vie, aujourd'hui antre de la mort, qui reprend ce que, à l'aube de l'humanité, il a donné pour en toute simplicité le rendre à sa destination première, chaude et minérale.

Quelle parabole entre ce vivant qui meurt et cette mort qui prend !

Ce vivant qui en a assez de vivre comme s'il avait accompli son parcours, tel ces éléphants qui s'en retournent à leur cimetière sous la lune africaine.

(Mais non tu n'es pas une éléphante Hersen, tu es une gazelle. L'éléphant c'est moi :) )

Y aura-t-il une seconde chance maintenant que l'osmose a été jouée ? Echappe-t-on aux noces de sable ?

Ce texte se ferme sur une immensité.

Sartre lui-même est un nain ici qui meurt avec sa souche d'arbre.

"Finished !"... quelque part du côté de William Blake dont l'univers est fait de feu et de glace avec le sable comme miroir...

Grain ! Mon Unique !

Face à Face...


senglar

   Tiramisu   
20/7/2019
Bonjour Hersen,

C’est superbement bien écrit, chaque mot, chaque grain est soigné, policé, pesé. Très belle écriture poétique. Il émane du texte un sentiment de fin du monde et à la fois d’immortalité, une impression d’être arrivée au bout du monde, au bout de soi, au bout de la vie. Est ce cela ? Ce qui me vient aussi le narrateur (ou trice) représenterait l’humanité toute entière qui a manqué quelque chose, voir par exemple la beauté du monde jusque dans un grain de sable. Le narrateur (trice) y voit aussi son propre double. C’est un très beau texte poétique qui me laisse sur ma faim. Tout ce que je viens d’écrire ce sont mes interprétations peut être très loin de l’intention de l’auteur. C’est dans ce sens que je ne considère pas ce texte comme une nouvelle, même si j’aime dans une nouvelle une part laissée à l’interprétation du lecteur, quand l’ensemble devient globalement laissé à l’interprétation je me sens frustrée, je me trouve avec des grains de sable épars dont j’ignore si ils représentent une dune ou une plage. Je suis donc partagée sur l’évaluation oscillant entre des extrêmes. Je préfère ne rien mettre, je ne vais pas mettre une moyenne qui n’aurait aucun sens.
Merci pour ce voyage.
Bonne continuation

   cherbiacuespe   
23/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai immédiatement pensé à "Dune" de F. Herbert. Il y a du fremen dans cette nouvelle poétique.

Mais les fremens n'aiment pas le désert et rêvent d'eau et d'océan, de pouvoir et de liberté. Pour eux, le désert est une arme, pas, comme pour toi, hersen, un havre de paix.

Mais, ma foi, pourquoi ne pas aimer ce que d'autres craignent?


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