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Réflexions/Dissertations
hersen : Le Santa Maria du futur [concours]
 Publié le 30/05/23  -  11 commentaires  -  9403 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur


Le Santa Maria du futur [concours]


Ce texte est une participation au concours n°33 : L'ombre et la lumière

(informations sur ce concours).



Tout grinçait sur ce foutu navire. Le bois, les cordages, les mâts. Et surtout l’équipage.

Tant de temps de mer, tant de désillusions, de mirages marins sans rien où poser le pied. L’océan immense enveloppait les hommes, eux qui n’avaient de marins que le nom. La mer est un voyage, qui veut le faire devient marin, le bateau fût-il une coque de noix aux flancs si rebondis dansant trop près des vagues, jonchant les hamacs de vomissures.

Dès que la vigie s’exclamait Terre, Terre !, on ne se précipitait même plus, sauf le capitaine. On savait bien que ce serait encore une illusion, une brume plus épaisse enchâssée entre deux courants, qui dans un instant aurait disparu.

On rongeait son frein, son amertume, d’avoir signé un contrat minable, à défaut de ronger des rognures de patates qui depuis longtemps avaient disparu. Les filins apportaient des poissons, tous plus hurluberluesques les uns que les autres. Des créatures sans nom qu’il fallait bien se résoudre à manger pour ne pas crever de faim comme les rats du navire. Trois marins sont morts d’avoir mangé un poisson devenu flasque une fois cuit. Les autres ont dégobillé tout leur soûl.


Le capitaine restait stoïque. Maître à bord de rien du tout, puisque rien ne se passait. Il se tenait le plus clair de son temps obscur dans sa cabine, se demandant combien d’eau, non pas potable, mais buvable, il restait. Il souffrait pour son équipage, comme tout capitaine que se respecte. Mais il ne pouvait rien pour eux tandis que la vigie viendrait les sortir de leur torpeur d’un Terre ! Terre ! sonnant aussi creux que les précédents. Mais la vigie aussi avait faim, soif, et son jugement s’en ressentait.


Terre ! Terre !


Il fallut bien s’y rendre, on ne sait jamais, un coup de chance…


Seuls trois marins sales, hirsutes, étaient accoudés au bastingage, cherchant des yeux… une terre ? Non, à manger, bon Dieu de bon Dieu, à manger autre chose que des saloperies de poissons qui rendent malades. Leurs yeux ne voyaient que les gigots de leur campagne, quand on mangeait gras sur des terres difficiles, quand le lait de la vache se buvait au pis, c’était le bonheur et ils ne le savaient pas, ils avaient pris le premier bateau. La misère, on ne sait pas ce que c’est. C’est toujours plus que ce qu’on ne s’imagine. Ce n’est en tout cas pas de boire le lait de sa vache, on le sait bien après des mois à croupir sur un bateau yo-yo.


La vigie, de blasée de son Terre ! Terre ! mollasson comme à l’accoutumée, passa soudain à l’excitation, cria, réveilla tout l’équipage tandis que le capitaine voyait le miracle là, à portée de longue-vue, le miracle incroyable : un « Terre ! » tonitruant réveilla même les baleines à l’entour du navire.


Une montagne se dressait dans la brume légère. Et forcément, au pied d’une montagne dans l’océan, il y a une plage, des arbres.

Des gens ?

À manger ?

À boire ?

Des femmes ?


Une danse de l’ultime énergie transporta les corps épuisés d’une traversée morbide. Soudain l’espoir renaissait.


Le capitaine donna ses ordres, d’une voix rauque tellement il avait peu parlé ces dernières semaines, ces derniers mois. Tout grinça soudain joyeusement, les poulies chantèrent et les voiles chuintèrent.


Il fallut s’activer jusqu’à la fin du jour. On remit au lendemain la mise à l’eau des canots. Pour l’heure, la folie couvait, les salives montaient en bouche et les yeux se fermaient pour mieux voir le rêve, là, devant eux, bloqué par l’obscurité. Mais le jour en aurait raison. Demain.

Peu dormirent, certains s’assoupirent. La plupart restèrent sur le pont, le regard fixe sur une île introuvable à cette heure de la nuit. Mais les marins frustrés s’obstinaient à regarder le noir de cette Terre salvatrice. Oui, il y aura de l’eau fraîche, des fruits, des gens. Ils les accueilleront, car comment faire autrement quand on rencontre la misère ?


La nuit prit son mal en patience, on ne peut rien contre l’ordre des choses et le jour viendra en son temps, tout mandaté par un roi que l’on soit. Les vaguelettes se contentaient de clapoter gentiment contre la coque, une torpeur moite gagnait l’équipage. Et c’est tout naturellement que le jour commença son labeur de jour, presque subrepticement. Les premiers contours timides se dessinèrent. On mit sans attendre les canots à l’eau et on souqua ferme, si ferme qu’on arriva vite aux pieds des indigènes, ornés pour l’occasion de fleurs et porteurs de fruits de bienvenue.


Les regards sous les sourcils broussailleux, injectés du sang de la soif, de l’envie, hésitaient à se jeter en premier sur la nourriture ou sur les femmes souriantes.


Le capitaine ne fut plus capitaine, on le piétina pour accourir vers tant de merveilles offertes…


---


Gordon arrête ici sa lecture. Comme tous ses contemporains, il connaît la suite et elle ne porte pas haut les honneurs de l’Humanité. Il revient à son écran, on lui dit qu’il va bientôt aplanètir et il s’en réjouit. Le voyage dans l’Espace est si long à l’échelle humaine ! Mais il y a le soulagement d’enfin arriver quelque part. Que ce quelque part soit l’Inconnu est angoissant, mais après tout, Gordon est payé pour ça, autant en argent qu’en assouvissement de ses interrogations, partiellement car il le sait qu’il ne sait rien, que chaque vol dans l’Espace ne fait que le retarder dans son savoir, que chaque vol le propulse vers une notion de tout qui recommence, depuis le début.


Les écrans clignotent, il laisse faire et voit ses coéquipiers commencer à s’affairer. Il se met lui aussi à appliquer les consignes, répétées des milliers de fois, tel que le feraient des robots vivants dont le point faible serait toujours la question.


La question.


Gordon ira au bout de son travail, il le sait. Il est trop formaté maintenant pour reculer et de toute façon, reculer où ? Il se rappelle le vieux pick-up de son père, quand il revenait de la bourgade, alors, mon gars, t’as oublié le journal ? Et hop, une marche arrière et il repartait chercher le diffuseur de nouvelles, le lien entre les hommes. Et trente minutes plus tard, il était là, tendant à son père un journal qu’il lirait partiellement, seulement les rubriques qui l’intéressent. Le reste on s’en fout, avait-il l’habitude de dire.


Gordon ne se fout de rien en ce moment. Ils vont aplanètir. Déposer du matos. Compulser sans fin des IA. Il n’y aura pas de retour en arrière, jamais.


Tous les voyants sont au vert, la planète se rapproche. C’est un instant troublant, les paires d’yeux qui observent, à travers les hublots, ce monde nouveau qui apparaît. Gordon n’ose pas à ce moment précis poser la question qui le taraude à ses équipiers : que ferons-nous de « tout ça », d’un endroit dont on ne connaît rien, d’un endroit que l’on vient troubler par notre soif inextinguible d’aller voir ailleurs, là où c’est propre plutôt que de nettoyer chez nous.


Doucement le sas s’ouvre, chuintant comme des voiles d’un navire coulant au bas du mât, les cosmonautes engoncés dans leur combinaison à assistance respiratoire descendant trois marches métalliques. L’un d’eux est resté à bord, en cas de coup dur. Les nouveaux arrivants sortent leurs appareils compliqués, mesurent l’air, le vent, la température. Mesurent. Gordon transmet scrupuleusement ses données, tout comme ses acolytes, et il découvre une « terre » nouvelle. Il ne sait de quoi elle est composée, la pénombre semble s’accentuer au fur et à mesure de leur travail. Gordon ne se sent pas bien, il a une bizarre impression d’être un intrus, de violer un endroit qui n’est pas chez lui, qui pourrait l’être s’il y venait en voisin, en ami. Mais il y vient en conquérant, en chercheur. Il n’y a pas eu un seul instant trace de souci de savoir si une Humanité existe ailleurs. Car si elle existe…


Gordon alors relut mentalement la fin de l’histoire du Santa Maria. Il sait que d’une manière ou d’une autre, l’inéluctabilité nous habite, nous façonne. Nous ne pouvons rien entraver, nous allons de l’avant, comme si cette notion à elle seule portait tous les espoirs d’une vie meilleure. D’une vie meilleure ? Mais que cherchons-nous, finalement, à toujours courir droit devant, si ce n’est pour fuir notre propre vacuité, notre incapacité à être contentés ?


Il est tout à ses réflexions et c’est un couinement qui l’en sort, sa machine semble déroutée. Il tente de communiquer avec ses équipiers, il ne les voit plus à cause de l’obscurité. Et soudain, empêtré dans ses tubes et ses machines et son costume, une lumière explose, une brillance extraordinaire, limitée à un cercle juste devant eux. Et dans ce cercle, des créatures se tiennent, souriantes, des fleurs et des fruits plein les bras… Ils sont couverts d’ornements faits de métaux rares, dont certains même sont difficiles, au premier coup d’œil, à identifier. Mais il y en a tant, les créatures en sont couvertes !


Gordon ferme les yeux pour ne plus voir la lumière. Il a cette prémonition de la préférence du sombre, toujours et encore. Non, pas ça, on ne va pas répéter sans fin l’Histoire…


Depuis la cabine spatiale, un ordre est donné.


 
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   Angieblue   
19/4/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Oui, l’humain et sa soif de conquête, l’humain et sa part d’ombre, l’humain insatiable… En effet, après la terre, pourquoi ne pas piller les autres planètes …?
L’écriture est maîtrisée et plutôt habitée. Vous avez un style assez riche. Le désenchantement, la vacuité, l’obscurité sont bien décrits. Vous arrivez à nous plonger dans cette ambiance amère où l’humain tourne en rond quand il n’est pas rassasié, en position de domination, ou confronté à de nouvelles tentations.
Le parallélisme entre les deux époques de conquêtes est bien rendu, et, dans les deux cas, la lumière symbolise le peuple qui sera oppressé. Mais, attention, votre vision est assez manichéenne et pessimiste avec cette « Santa Maria du futur ». L’humain a peut-être évolué et appris des erreurs et crimes passés. Il est peut-être capable d’apporter, lui aussi, de la lumière. Il n’est peut-être pas condamné à cette préférence du « sombre, toujours et encore » …
La chute est également réussie d’un point de vue formel, mais attention, en raison du titre de votre nouvelle, elle n’est pas ouverte, ce qui est peut-être dommage…

En somme, un récit bien maîtrisé, bien symbolique qui donne à réfléchir sur la nature humaine et la part d’obscurité qu’elle semble traîner comme un fardeau, une fatalité, une ombre…

   jeanphi   
21/4/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Superbe nouvelle.
La maîtrise des deux styles d'écriture complètement différents est subjuguante.
La première partie est pour moi la plus éloquente et tient du récit poétique. Désespoir trivial et description d'une rare finesse. Cette narration paraît lumineuse à posteriori.
Le style de la seconde partie colle parfaitement avec l'histoire. Désespoir émotionnel, compassionnel, personnel et collectif. (La description des humanoïdes n'est-elle pas trop sommaire, simple élément de la narration, certes, en y repensant, cela m'interroge.) J'arrive à bout de force sur votre point final, redoutant d'avoir compris ce qu'il advient de génocidaire dans cette exode expansionniste et pilleuse. Une pénombre toute humaine que vous dépeignez avec pertinence.
Le tout entre dans la catégorie réflexion/dissertation, mais il faudra vous attribuer quelques larmes par dessus les plumes que je vous souhaite bien entendu.

   Perle-Hingaud   
25/4/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Rythme, style, destin et fatalité, j'ai bien aimé ce texte, fond et forme. Je me demande s'il n'y a pas un " chuinter" de trop, mais depuis mon téléphone, c'est un peu compliqué de retrouver. Merci de me pardonner si j'ai affabulé.
Pour le respect du thème, pas de souci selon moi, l'ombre et la lumière sont présents aussi bien physiquement que métaphoriquement !
Un texte simple dans sa construction, mais efficace et agréable à lire, ce qui est tout ce que je demande. Et la chute est bonne, c'est le petit bonus ! :)
Merci !

   Donaldo75   
27/4/2023
trouve l'écriture
perfectible
et
aime bien
L’écriture est alerte, marrante parfois, même si l’usage du temps s’est un peu fait aux dés. C’est décalé, pas désagréable à la lecture. Je n’ai pas réellement compris l’histoire et pourtant dans mon cerveau j’ai l’impression que les deux parties se recoupent comme si j’avais deux faces différentes d’une même pièce. C’est étrange comme sensation. Je ne sais pas si ce texte résisterait à une analyse poussée, du genre « cerveau gauche » avec comparaison des détails entre-eux, confrontation avec la réalité, recherche d’une cohérence, pleins d’autres trucs pour voir si c’est réaliste alors que moi je vois de la poésie désordonnée certes mais une volonté d’imaginaire débridé.

   Anonyme   
30/5/2023
trouve l'écriture
aboutie
et
n'aime pas
Ce qui, je crois, me gêne dans votre nouvelle, c'est l'insistance avec laquelle elle porte son message ; j'ai l'impression qu'elle me le tonitrue aux oreilles par le biais d'un porte-voix à cinq centimètres de distance. Catégorie onirienne de « Réflexions/Dissertations », d'accord, mais malgré l'effort de narration que je salue, à ce stade vous avez pulvérisé la porte ouverte à coups de bazooka, me dis-je.

Par ailleurs, le parallèle fustigeant l'esprit de conquête humain s'effectue sur deux parties que je trouve mal articulées entre elles. Le lien, c'est que le capitaine du vaisseau spatial vient de lire une relation de la découverte de l'Amérique, et à mes yeux c'est artificiel.

Cela dit, l'écriture m'a paru agréable, expressive. Cette phrase :
Les filins apportaient des poissons, tous plus hurluberluesques les uns que les autres.
est selon moi décalée à cause du mot « hurluberluesque », ne convient pas au contexte du récit à ce point. Mon avis, rien d'autre.

   Cyrill   
31/5/2023
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Bonjour,
Je suis, tout d’abord, conquis par une écriture à la fois légère et musarde – et l’humour est probablement une des choses les plus difficiles à partager ! La première partie, conquête d’un temps passé, use fort bien de ce ton de dérision que le recul historique permet.
On arrive donc dans ce présent de science-fiction par le truchement d’une lecture, c’est bien imaginé, je trouve. Présent où la conquête a changé de dimensions. En l’état des connaissances, il ne permettra pas de retour en arrière. Outre celle-ci, nombreuses problématiques s’ouvrent à partir de là : que faire de la connaissance, «aller voir ailleurs, là où c’est propre plutôt que de nettoyer chez nous. » , « que cherchons-nous, finalement, à toujours courir droit devant, si ce n’est pour fuir notre propre vacuité, notre incapacité à être contenté ? ».
La lumière, ici, est représentée par ce qui brille et attire, offert en présent comme un éternel recommencement de l’histoire. Et Gordon, qui préfère l’ombre... Gordon : sage ou pusillanime ?
Je regrette que la réflexion me soit un peu trop prémâchée par le protagoniste, je pense qu’il y avait pour le lecteur – du moins un comme moi - suffisamment de matière à creuser dans l’histoire elle-même. En même temps je comprends que vous, auteur, ne vouliez pas qu’on passe à côté de vos intentions, mais j’ai trouvé cela trop insistant.
Merci pour la lecture.

   senglar   
14/6/2023
trouve l'écriture
perfectible
et
aime bien
Bonjour,


Je voudrais signaler que la thématique (pour reprendre le mot d'Asrya) n'est pas ''ombre et lumière'' mais ''ombre et lumières'', allons relire les vers de Jaccottet.
Ou bien ces vers étaient-ils là pour (épater) la galerie ?

Entre familiarités, parfois maladresses (''Tant de temps'') et comique, parfois involontaire, j'avoue être resté perplexe à l'issue de ma lecture, un peu charmé aussi cependant tant l'histoire m'a paru exotique sautant d'une aventure passée (livresque et historique) à une aventure de science fiction, de découvertes en découvertes, en vue d'exploitation des autochtones et des lieux comme toujours.
L'homme y promène éternellement sa part d'homme pour gâcher les parts de lumière qu'il croise sur son chemin.
Je suppose que cela peut être une vision du sujet, plus ou moins, en tout cas bien plus que chez d'autres. Transposons donc puisqu'il faut transiger mais c'est bien Jaccottet que l'on aura assassiné dans l'intitulé de ce concours.

La Santa Maria (Pourquoi ''le''?) était une caraque (navire finalisé à l'époque des Croisades. Bien vu pour votre thème), le navire de Christophe Collomb flanqué de deux caravelles à l'époque des Grandes Découvertes.

   Disciplus   
30/5/2023
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Style alerte dans les premiers paragraphes qui s'enlise quelque peu dans le pathos en seconde partie.
L'écriture est vive et agréable. Les personnages peu esquissés (âge, physique...) -Le capitaine de la Santa Maria était l'espagnol Juan de la Cosa-
Rubrique science-fiction - Trop loin du thème du concours.

Parallélisme et imbrication entre les deux époques préjugeaient d'une bonne nouvelle. C'est presque le cas. J'eus préféré que le jeu soit approfondi, que le rapprochement soit plus étroit (Vaisseau, voyage, vie à bord, approche, terre). Ressenti personnel.

Dans la seconde partie, il est beaucoup (trop) misé sur le psychique et les émotions d'un Gordon fataliste, résigné. Prêchi-prêcha contre l'homme expansionniste, mauvais et destructeur. Réflexions personnelles de l'auteur(e)? Plaisir de la lecture étouffé.

Lourdeurs : Tant de temps de mer
Il n'y a pas eu un seul instant trace de souci de savoir
le jour commença son labeur de jour
Aplanètir

   Asrya   
1/6/2023
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Un style relativement guilleret tout au long de la nouvelle. Un texte qui a le mérite d'avoir pris une direction singulière par rapport aux autres récits proposés pour le concours.
L'aspect "ombre" / "lumière" est abordé de manière ténu mais est bien présent pour se coller au thème du concours.

Le texte nous permet de nous projeter dans l'état du comportement humain et ses travers ; travers qui le suivent d'époque en époque. Rien ne change. Il n'apprend pas tant que ça, ou alors oublie à terme.
La manière de raconter est agréable, on se projette aussi bien dans l'ambiance passée que celle du futur.
Peut-être que le récit est un poil trop court ceci-dit et qu'il ne permet pas vraiment de s'abandonner dans l'univers futuriste qui est présenté.
Certes il y a un équilibre assez intéressant entre la quantité de texte sur l'époque passée et l'époque futuriste, mais peut-être que noyer le poisson, nous plonger dans un dédale de possibilités, de réflexions, d'autres choses dans l'époque futuriste, aurait permis de rendre la chute plus saisissante.

La fin, ouverte, permet à chacun de s'imaginer ce qui se passe ensuite. Rien ne change ? Ou Gordon fait "mieux" ? Libre à chacun de s'immiscer dans l'ombre, ou la lumière. Un parti pris intéressant dans le contexte du concours.

Un bon moment de lecture en somme, qui aurait, à mon simple avis, mérité d'être plus détaillé.
L'idée du parallélisme entre ces deux époques est intéressante, j'aurais bien aimé également lire le pendant contemporain ; mais c'est une autre histoire.

Merci pour le partage et bonne chance pour le concours,
Asrya.

   hersen   
15/6/2023

   GLOEL   
3/1/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
La conquête du nouveau monde, de terres inconnues n'est souvent que la projection de désirs de possession et de préjugés négatifs.
J'ai aimé l'idée d'associer deux conquêtes et de mêler leurs recits.


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