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Réalisme/Historique
Iris : Les cent mille petits soldats
 Publié le 16/09/07  -  8 commentaires  -  9484 caractères  -  12 lectures    Autres textes du même auteur

Il suffit de chanter un chant de paix avec gesticulations et grimaces pour qu'il devienne un chant de guerre. [Jean Giraudoux]


Les cent mille petits soldats


Hier, c’est passé aux informations du soir. Le speaker bien habillé dans son costume trois pièces avait l’air embêté d’annoncer une telle nouvelle à la population. « blablabla… ne pas paniquer… blablabla… les forces de l’ordre… blablabla… paix bientôt rétablie… »


Faux. Depuis un an maintenant les combats font rage. Depuis un an maintenant les deux pays sont voués à une haine féroce. Depuis un an, des milliers d’Hommes sont morts au combat… Le speaker s’est trompé. La guerre a éclaté.


Cette guerre a commencé d’une façon si stupide que personne ne s’en souvient vraiment… et personne ne tient vraiment à s'en souvenir. C’était par un beau jour de printemps, en bordure de frontière. Une journée si belle, que personne n’aurait pu penser que c’est à partir de celle-ci que tout débuta… Les oiseaux chantaient et les arbres étaient occupés à profiter de la fraîche chaleur dispensée par le soleil. Les fleurs, elles, ne se vouaient qu’à attirer les abeilles, afin que la Vie suive son cours impétueux.


Pas loin de toute cette nature florissante, deux gamins jouaient tranquillement, en toute innocence. Ils s’amusaient à des jeux qu’eux seuls pouvaient comprendre, trop simples et infantiles pour l’univers si compliqué des adultes, qui les considéraient comme un peu attardés.


Ces deux gamins dansaient dans la lumière, lançaient des éclats de rire qui ravissaient les arbres, les fleurs, et la Nature elle-même. Alors, pourquoi la guerre a-t-elle commencé ?


Tout simplement parce qu’un arbre enraciné dans un jardin de l’autre côté de la frontière avait le malheur de déployer ses branches vers les gamins.

Ils avaient faim. Faim de ces grosses pommes juteuses qui pendaient par grappes entières de cet arbre. Alors ils allèrent cueillir, tout naturellement, une pomme pour deux. La plus belle qu’ils purent voir.


Malheureusement, cet arbre appartenait à un vieillard un peu fou, qui les chassa le plus loin possible de son jardin dès qu’il les vit. Mais les deux enfants avaient leur pomme, et ils étaient si contents !


Mais cela ne devait pas se terminer comme cela : nous l’avons déjà dit, le vieillard n’était pas très raisonnable. Alors il alla voir la mère du village d’en face pour exiger réparation. Pour une simple pomme qui avait été mangée, ce vieux loufoque demandait des excuses publiques de la part de deux gamins coupables uniquement d’avoir faim. Vous imaginez bien que la mère lui rit au nez ! Le vieillard s’en alla en bougonnant, et il jura qu’il reviendrait.


Mais devant l’absence de punition, les deux gamins recommencèrent, et bientôt cet arbre devint leur lieu de rapines favori. Ils allèrent même à essayer d’y construire une cabane ! Mais le vieillard veillait. Un jour qu’il était encore plus mal luné que d’habitude, il retourna voir la mère des deux garnements, et l’injuria en public, la traitant de mère de voleurs, bonne juste à éduquer ses enfants à aller voler chez les autres.


Assommée par l'injure, la mère ne réagit même pas. Ce fut son mari qui reconduisit le malpropre chez lui. Malheureusement, là-bas, il ne put se contenir, et envoya un furieux coup de poing dans le nez du vieillard ; une rixe commença, dégénéra. Le père fut tué par un coup de couteau. Un simple canif qu’un passant avait pris pour se défendre, au cas où, mais qui se transforma en une arme mortelle, entre les mains de personnes déchaînées par la rage du sang.


Le père fut enterré, lors d’un triste dimanche, où même le soleil n’avait pas le cœur à être gai. Le premier d’une très longue suite d’enterrements…


Les deux villages ayant toujours été un peu ennemis, la situation devint très rapidement tendue. De petits actes de vandalisme, on passa à des guet-apens, et des guet-apens, on passa aux assassinats. Et ce fut la guerre.


Finis les beaux discours. Finies les belles paroles jamais réalisées. Finis les mensonges. Finie la tranquillité… Il n’est pas rare d’entendre le crépitement des armes d’un champ de bataille, même éloigné de plusieurs kilomètres. Les armes éclatent, les balles partent à toute allure, des hommes tombent, des vies partent. La guerre.


* * *


À la caserne, c’est le branle-bas de combat. Tout le monde court, s’affaire, grouille, insectes méprisables s’occupant à de vaines tâches de préparation… Car aujourd’hui, c’est le Grand Jour. C’est le jour où ils devront quitter la caserne où ils se sont si durement entraînés pour aller mourir sur un champ de bataille, pour l’honneur de la patrie… J – 0.


Le Général En Chef Des Forces Armées De Terre vient passer son inspection, où il examinera méticuleusement tous les soldats alignés devant lui, plantés au garde à vous, après que le sous-officier aura gueulé en roulant les « r » : « G’rrrrrrrrrrr’d’vous ! ».


Tous les petits soldats regardent droit devant eux. Ils sont beaux dans leur costume militaire, leur crâne rasé de près, et leur imposante stature. Même le plus gringalet d’entre eux est devenu fort comme un bœuf en suivant le même entraînement que ses compagnons d’infortune. Malheureusement, il ne pourra pas profiter de la renommée des militaires auprès des filles : il va mourir. À coup sûr.


Car cela ne fait aucun doute : ils vont tous mourir. Sans aucune exception. Le Général En Chef Des Forces Armées De Terre a beau leur seriner le contraire, il ment, il n’a jamais été sur un champ de bataille, et a eu son poste en intriguant, et ne connaît rien de la Peur, et de la Mort.


Il passe parmi les rangs de soldats bien alignés, écoutant docilement l’hymne national. Quelques fois, il tapote sur l’épaule d’une jeune recrue, parfois, s’arrête pour échanger quelques mots, mais le plus souvent, il ne les regarde même pas. Pour lui, toutes ces âmes prêtes à mourir ne sont que des numéros. Il se moque bien de leur existence ou de leur non-existence… L’important c’est qu’il gagne la guerre, en tuant le plus d’ennemis possible, et tant pis pour les tarés obéissant trop docilement à ses ordres, qu’il aurait lui-même du mal à exécuter, pour la plupart… Mais après tout, ils ne se rebellent pas ! Ils sont donc au fond d’accord avec cette idée simplissime de se prendre une balle dans le ventre.


Il se moque de ce soldat, là, tremblant de peur, à l’idée qu’il ne reverra plus jamais sa femme. Elle lui manque déjà, avec ses longs cheveux bouclés juste comme il faut, son doux parfum, ses yeux si débordants d’amour. Même ses petites manies commencent déjà à lui manquer : fouiller dans ses affaires pour y mettre de l’ordre, piquer sa voiture, et faire semblant de n’avoir pas vu l’énorme rayure qu’elle y a faite, bref, tout. Il ne sentira peut-être plus jamais l’odeur de la dinde chaude dans le four, quand il revenait le dimanche avec sa permission. Maintenant, ce sera surgelé à tous les repas jusqu’à ce qu’il meurt…


Il se moque aussi de celui qui s’est engagé uniquement parce qu’il ne savait pas quoi faire d’autre de sa vie, et aussi parce que ça lui plaisait bien d’aller mourir pour la patrie. Lui, il regarde les autres soldats avec un petit air de supériorité, car il n’a pas peur. Il n’a pas cette terreur monstre qui lui ronge l’estomac, l’empêche de penser, il n’a pas les regrets de ce qu’il va perdre. Il n’a même pas ce voile vaporeux qui lui recouvre les yeux, les embuant de larmes. Il n’a peur que d’une chose : revenir en vie…


Il se moque aussi du soldat bien raide, respectant tous les ordres de ses supérieurs, mais ne pensant qu’à déserter. Car ce soldat-là, engoncé dans sa tenue militaire trop grande pour lui, ne veut pas mourir. Même s’il ne fait pas grand-chose de sa vie, il ne tient pas à mourir, parce que justement il vit. Même s’il est maigrichon, même s’il est myope comme une taupe, même s’il est moche comme un pou, même s’il est peureux comme une autruche, il partira tout de même à la guerre, car il est docile comme un petit chiot qui aurait perdu sa mère…


Il s’en fout parce que lui, il a trouvé la bonne planque, et qu’il est intouchable. Si un des soldats qu’il s’apprête à envoyer à l’abattoir ose protester, c’est dix jours de cachot. Et après ces dix jours, le soldat est envoyé, de gré ou de force à l’abattoir. Ils peuvent tous mourir devant ses yeux qu’il s’en foutrait toujours autant. Pour lui, ces soldats, qu’ils veulent ou non mourir ne sont que de la chair pour nourrir l’appétit insatiable de la Mort, qui aime tant rôder aux alentours d’un champ de bataille… La guerre a toujours été le jeu préféré des Hommes, et maintenant, le Général En Chef Des Forces Armées De Terre a compris pourquoi. Car la guerre, c’est là où l’on peut envoyer tous ceux qui osent penser le contraire des dirigeants du pays, qu’il soit démocratique ou non. Cela permet aussi de réguler la population : les chefs d’états se mettent d’accord entre eux à l’avance, disent « Bon, j’en envoie cent mille et toi ? Deux cent mille ? D’accord ça marche. Je prends les tanks et toi les avions… Ok ! » Et voilà trois cent mille soldats qui vont mourir, juste à cause d’un coup de fil… Alors vous pensez bien que jamais il n’oserait contester les ordres du Président : il serait capable de l’envoyer faire la guerre avec les jeunes recrues. Alors il se contente de les envoyer vers la mort, tranquillement, sereinement… Et pendant qu’ils sont en train d’agoniser sur un champ de bataille, lui, sirote paisiblement son café…


La trompette retentit. Les cent mille petits soldats se mettent en branle.



 
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   Bidis   
16/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Pour le fond :
Un conflit éclate à cause d’une pomme. Qu'il s’agisse d’une fable, d’une parabole, ou d'un fait divers, le texte devrait continuer sur cette lancée. Un enfant vole une pomme. Le vieillard intervient auprès de la maman, laquelle habite le village voisin. L’enfant récidive. Nouveau conflit entre adultes. Et puis montrer comment par exemple, cela fait l’affaire des maires des deux villages, ou de riches notables, lesquels enveniment la situation et étendent le conflit aux deux villages. Mettre en parallèle les blessures (voire la mort) des uns et la richesse, le confort des autres. Et puis faire une réflexion sur des conflits internationaux provoqués par l’appât du gain. Mais passer d’un vol de pomme à une guerre internationale, non.

Pour la forme :
-Bla bla bla : ce n’est pas très heureux, je trouve que des points de suspensions suffisent
-« les arbres étaient occupés à profiter » : lourd et peu heureux : les arbres profitent, tout simplement
-« que la Vie suive son cours impétueux » : les adjectifs alourdissent souvent et affaiblissent presque toujours – « que la Vie suive son cours ».
-« qu’un arbre enraciné dans un jardin de l’autre côté de la frontière avait le malheur de déployer ses branches » : même remarque que plus haut, « l’arbre n’a pas le malheur de », non « malheureusement l’arbre déployait ses branches »
-« la mère du village d’en face » : j’ai un moment cru qu’il s’agissait du maire ; cette personne n’est pas la mère de tous les habitants du village, donc la mère qui habitait le village d’en face
-« Il n’a peur que d’une chose : revenir en vie… » : je suppose qu’il a peur de mourir, non de revenir vivant
-« Il s’en fout… il s’en foutrait toujours autant » : termes argotiques dans un texte qui n’en contient pas par ailleurs, donc cela choque.

   macalys   
16/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'aurais pas la patience comme Bidis de relever les tournures de phrases maladroites, mais beaucoup m'ont gênées dans le texte. Une parmi d'autres, qui m'a vraiment choquée :
"Ils s’amusaient à des jeux qu’eux seuls pouvaient comprendre, trop simples et infantiles pour l’univers si compliqué des adultes, qui les considéraient comme un peu attardés." --> j'ai du mal à imaginer que des adultes qui ont eux-mêmes été des enfants puissent les considérer comme "attardés". Surtout que plus tard, prise à partie, la mère rit de leurs jeux. Je crois que le terme n'est pas du tout approprié.

En ce qui concerne la construction du texte, je trouve aussi que la guerre est mal amenée. L'explication de l'escalade n'est pas assez détaillée et donc pas très crédible. Et puisqu'on est pas convaincu par ce conflit provoqué par le vol d'une pomme, la deuxième partie qui insiste tant sur la guerre, son inutilité, et ses sacrifices ( et qui au passage est bien meilleure que la première partie du texte), perd beaucoup en intérêt et en force.

Selon moi, il y a un problème dans le rythme dès le début du texte : En effet, pourquoi annoncer la guerre d'entrée de jeu ? On se prépare à lire quelque chose de grave, puis tout à coup le soleil brille et les oiseaux chantent. Personnellement, je n'ai pas du tout pu profiter de l'ambiance rieuse de la campagne parce que j'étais encore plongée dans l'ambiance sérieuse de l'annonce de la guerre, et mon premier réflexe a été de parcourir le texte en diagonale jusqu'à la cause de la guerre. De plus, cela casse l'effet de surprise. Finalement, je crois que l'aspect "humoristique par l'absurde" du texte serait renforcé si l'escalade à la guerre se faisait plus progressivement et si le texte commençait par l'histoire de la pomme.

A mon avis il y a donc des choses à retravailler dans ce texte qui peut vraiment devenir une belle diatribe contre la guerre.

   Lariviere   
17/9/2007
Moi j'ai bien aimé blablabla... Comme quoi...
C'était osé et ça m'a donné l'envie d'aller plus loin.
Pour le reste je rejoins l'avis de Bidis.
Je pense que la parabole de la pomme est voulu, mais dans ces cas là je trouve que le texte n'est pas à la hauteur de la parabole et c'est dommage.
La pomme, c'est le fruit défendu du savoir et non celui de l'appat du gain ou autres choses qui mènent dans ton histoire, ces imbéciles heureux qui sont né quelques part, a aller mourir a la guerre...
J'ai peut être raté quelque chose de plus subtil, parce qu'a des moments ill me semlait que les multiples idées d'intrigue pouvaient potentiellement être intérressantes à entreméles et à dévelloppé. Mais j'ai l'impression malgré tout que tu t'es un peu perdu dans ta propre vision de ce récit.
Je trouve aussi que les personnages et les réflexions sont trop caricaturales et se résument à dire que la guerre ce n'est pas bien et que ceux qui la font, sur le front ou à l'arrière sont stupides. Ce n'est pas faux, mais il me semble que c'est plus compliqué.
Je pense que cette histoire devrait être re-travaillé, simplifiée et rendu plus dense au niveau de l'idée générale. En faire un conte moderne. Peut être le rendre plus aérien aussi avec un peu de fantasie, car ce récit en manque cruellment sur la forme.
Désolé pour mon avis, il est assez dur, je le reconnais.
Bonne continuation dans tout les cas...
C'est faisable.

   Anonyme   
22/9/2007
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai lu attentivement mais je n'ai pas accroché..

Dommage!

Je rejoins Bidis et Larivière quant à leurs commentaires sur la structure du texte et de l'histoire qui bien qu'intéressante est un peu décousue.
J'ai eu du mal à suivre la trame.
Le vocabulaire est inégal, peu soutenu (c'est le moins qu'on puise dire), de même que les constructions grammaticales des phrases.

Je pense aussi que le re-travail pourrait donner du bon à ce texte aux idées généreuses.

   guanaco   
1/10/2007
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Tout a été dit.
Trop de maladresses dans le fond et la forme.
Moi aussi j'aurais bien apprécié une histoire qui parte de la pomme...
A retravailler.
Bon courage.

   Maëlle   
6/10/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un conte qui a des allures de paraboles. De mon point de vue, c'est le fond qui pêche plutôt que la forme. Ca manque d'ancrage, les images ont l'air de sortir de dessins d'enfant, avec une belle ligne au crayon noir pour dessiner la frontiére. Ce qui passerait trés bien, ne serais cette fin assez noire.

(j'ai des doutes sur ma capacité à être intelligible, là).

   clementine   
6/10/2007
En ce qui me concerne ,j'ai aimé le contraste présent dès le début du récit.
Tout est lumière et insouciance.
Effectivement ,ensuite,j'avoue que je me suis perdue et que le lien entre ces enfants ,la pomme et une guerre internationale m'a échappé .
Néanmoins j'ai aimé l'idée et la façon de la relater .

   Anonyme   
7/10/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
je me suis perdu quelque part dans ce texte. C'est vrai que l'histoire est intéressante, mais ce texte n'est pas vraiment structuré


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