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Policier/Noir/Thriller
Otus : La Reine des Cafards
 Publié le 17/09/07  -  5 commentaires  -  15967 caractères  -  20 lectures    Autres textes du même auteur

Quand une vieille dame trouve des solutions originales à un problème immobilier.


La Reine des Cafards


Marthe Le Crouchard est une petite vieille, mais une sacrée petite vieille.


Elle habite au deuxième étage, et malgré ses 86 ans, elle monte ses escaliers tous les jours, sauf quand il fait trop humide, mais c’est très rare. Malgré ses os de cristal et sa hanche en plastique, elle a l’œil vif, elle recompte toujours sa monnaie, elle n’a pas de femme de ménage. Elle paie son loyer le 1er de chaque mois, sans faute.


Son paillasson est toujours bien droit et jamais crotté.


Elle a fait la Guerre, la Marthe. Elle avait 20 ans quand les nazis ont pris Paris, elle n’est pas entrée dans la résistance, mais elle ne s’est pas laissée faire pour autant.


Marthe a tenu une mercerie quand ils sont repartis, jusqu’à sa retraite, les affaires ont toujours marché, au moins un peu.


Et il y a quelque chose qui la dérange, en ce moment, la Marthe. Cela fait trois fois que le loyer augmente dans l’année, il charrie un peu celui-là.


Marthe a déjà laissé son paillasson volontairement déplacé, un peu en diagonale, pendant toute une semaine, pour exprimer son désaccord. Mais si ça continue, elle va devoir hausser le ton. Émile d’Arcy, le propriétaire, habite le sixième et dernier étage de l’immeuble. Son appartement occupe tout l’étage, soit l’équivalent de quatre appartements de ses locataires. Il fume souvent la pipe dans sa robe de chambre en soie, en dégustant d’indicibles cognacs, et admire sa bibliothèque garantie 100% pure Pléiade qui couvre tout un mur.


Émile d’Arcy est un homme cultivé, et quand on n’a pas besoin de travailler de toute sa vie, ça aide à se cultiver.


Émile d’Arcy possède un voilier, deux très belles voitures, une autre (pas mal non plus) pour la ville, quelques troupeaux d’actions dodues, une villa au ski et un appartement à la mer, à moins que ça ne soit l’inverse.


Récemment, un ami qui travaille dans l’immobilier lui a conseillé de faire monter son immeuble en gamme. Cela consiste, tout simplement, à vider l’immeuble de ses occupants, y faire des travaux d’embellissement massifs, de plus grands appartements, et de les louer à un prix massivement plus élevé. L’ami de l’immobilier a un ami banquier qui veut bien s’occuper de tout. Entre les baux non renouvelés et les appartements qui ne sont pas à louer, il ne lui reste que les chômeurs du troisième, les intermittents du cinquième, le boulanger et la vieille du deuxième, le fonctionnaire au premier. Le plus gros du travail est déjà fait. Et après quelques hausses du prix du loyer, Émile savait bien que les derniers occupants allaient bientôt trouver moins cher ailleurs…


L’ami de l’immobilier connaissait un autre ami, qui lui-même connaissait des amis qui aidaient souvent à rendre les quartiers moins agréables à vivre. Avec des dégradations, des nuisances sonores, des rumeurs pour le moins dérangeantes lancées d’on ne savait où, les prix avaient tendance à baisser dans le quartier, les habitants à partir. Pas de secret, on n’enrichit jamais personne sans appauvrir quelqu’un d’autre.


Marthe a de plus en plus de mal à monter les escaliers. L’ascenseur est en panne depuis 2 mois, et toujours personne à être venu le réparer. À croire qu’il le fait exprès, l’autre, le bourgeois du dernier étage.


Marthe avait croisé le propriétaire, l’autre fois.


- Madame Le Crouchard, c’est bien ça ? qu’il lui avait dit. Vous ne pensez pas à trouver un centre spécialisé un de ces jours ? qu’il avait fini par lui demander, après quelques questions sur sa santé, des questions dont il n’avait qu’à peine écouté les réponses. Ou bien vous n’avez pas de famille pour vous accueillir ?

- Si, j’ai de la famille ! Mais je suis bien, ici ! J’habite ici depuis la guerre, et je ne vais pas partir tout de suite !


Marthe n’avait pas aimé le petit sourire en coin de d’Arcy.


Le lendemain, Marthe était chez elle, et elle avait fait tomber sa spatule en plein moment critique de sa préparation de tarte aux poireaux. La spatule avait glissé sous la cuisinière. Dans un soupir, Marthe s’accroupit, et glissa les doigts sous la cuisinière. Quelle ne fut pas sa surprise de sentir, sous ses doigts, la carapace gluante et glissante d’un énorme cafard ! Avec un cri de surprise elle retira vivement sa main. Et puis, elle sourit.


Son ancien mari, Marcel, paix à ses cendres, était entomologiste. Il s’y connaissait en insectes, ça oui, et ça le faisait toujours sourire de voir quelqu’un reculer devant un insecte aussi inoffensif que le cafard. Marthe devait encore avoir, quelque part dans la cave, les nombreux tableaux remplis d’insectes épinglés, ça avait un nom, les tableaux comme ça, mais, Marthe ne s’en souvenait plus.


Marthe attend patiemment le samedi suivant. Son gendre, Patrick, passait la voir, il n’était pas bien malin mais très gentil. Il a pas inventé la poudre, comme disait Marcel, ou alors la poudre à éternuer.


Marié avec sa fille depuis une dizaine d’années, Marthe ne lui avait jamais souhaité que du bien.


- Alors, Marthe, comment vas-tu ?

- Viens voir, j’ai besoin que tu me rendes un petit service, s’il te plaît. Tire donc la cuisinière, que je voie ce qu’il y a en dessous ! J’y ai perdu ma spatule tantôt.


Patrick a de la poigne, il tire sur la cuisinière et la déplace facilement.


- Oh !


Patrick recule d’un pas, sans même s’en rendre compte.


En dessous de la cuisinière, il y a une spatule, de la crasse accumulée au fil des années, et une cinquantaine de cafards, gros comme des raisins noirs, qui courent en tous sens.


- Mais, Marthe, tu ne veux pas te débarrasser de ça ?

- Mais si ! Je ne savais pas, moi, qu’il y avait autant de saleté ici !


Après un instant de recueillement, Patrick sort de sa poche son téléphone et prend une photo des cafards qui gigotent sur le carrelage.


- Je vais t’imprimer ça, et après, on l’envoie à ton propriétaire ! Il faut faire des travaux, c’est pas possible, tu peux pas rester comme ça !

- Non, on ne l’envoie pas ! Mais enfin ! Tu veux pas que tout le monde sache que j’ai des cafards dans ma cuisine !


Marthe s’approche si près de Patrick qu’il peut voir les fins poils blancs de sa moustache, et les infimes veines rouges dans ses petits yeux bleus perçants.


- Non, tu ne dis rien ! Personne ne saura pour les cafards, et c’est tout ! Tu vas voir si tu en parles à ma fille ! Tu sais comme les belles-mères sont capables de pourrir la vie de leur gendre !


Elle chuchote tout en le menaçant de son doigt crochu.


Patrick était devenu pâle, la bouche ouverte de stupeur.


- Allez, ramasse-moi cette spatule ! J’irai acheter du produit demain, je dirai que c’est pour quelqu’un d’autre !


Patrick ramasse gauchement la spatule, la tend à Marthe.


- Non, tu la mets dans l’évier !


Finalement, Marthe parvient à chasser rapidement son gendre, après lui avoir fait remettre la cuisinière en place.


Marthe monte courageusement les marches de l’escalier, jusqu’au dernier étage. La porte est lourde et large, elle ne trouve pas la sonnette tout de suite. Et puis, elle entend une voix derrière elle.


- Madame le Crouchard ?


Marthe sursaute presque, se retourne. D’Arcy est là, en train de rentrer de ses courses, avec son béret de soie et sa châtelaine autour du cou.


- Bonjour, Monsieur d’Arcy. Je voulais vous prévenir…

- Oui ?


D’Arcy ne s’arrête pas vraiment, il va jusqu’à sa porte, l’ouvre, entre chez lui, et puis entrebâille la porte pour ne plus voir la mère Le Crouchard que par un espace de trente centimètres.


Marthe est un peu décontenancée par tant de grossièreté, mais elle ne se laisse pas démonter :


- Je voulais vous prévenir que je crois qu’il y a un problème de… (Marthe jette un œil par-dessus son épaule avant de chuchoter)… de cafards ! Un problème de cafards dans l’immeuble !

- Ah ?


D’Arcy cache à peine son amusement, mais Marthe n’est pas tombée de la dernière pluie et elle le voit bien, dans les yeux de ce gougnafier, qu’il n’est pas surpris pour deux sous. Alors Marthe plisse un peu les yeux, comme elle ne l’avait pas fait depuis bien longtemps, sa façon à elle de dire « puisque c’est comme ça, on va voir c’qu’on va voir… »


Marthe redescend les escaliers lentement, rentre chez elle. Elle est encore assez alerte, elle comprend parfaitement ce que manigance le d’Arcy : il veut faire déménager tous les locataires ! Elle a vu un reportage là-dessus, l’autre jour, dans le journal de Jean-Pierre Penaud, des gens qui retapent leur immeuble pour mieux le re-louer !


La nuit tombe et Marthe, après sa séance journalière de Questions pour un Champion, se prend à échafauder un plan pour faire comprendre à d’Arcy qu’il va devoir réviser ses projets. Et d’ici à ce que le journal de la Une commence, elle se frotte les mains d’infamie.


Le lendemain, elle fouille sa cave et y trouve les livres d’entomologie de feu son mari.

Tout est expliqué dedans.


Alors, elle sort ses lunettes à mots fléchés, les enfile - ça lui donne des airs de taupe quand elle les met, elle ne s’en sert qu’en dernier recours - et commence à compulser tout ce qu’elle peut, tout ce qui l’aidera à mettre son plan à exécution.


La semaine suivante, elle revient de son marché, en tirant comme elle peut son caddie dans les escaliers, qui est assez lourd puisqu’elle a acheté du lait, de l’eau, des légumes et de la viande en quantité. Elle a tendance à vouloir engranger, comme en temps de guerre.


Mais, cette fois, elle engrange volontairement et la plupart de ses provisions ne sont pas pour elle mais pour les invités qui se trouvent chez elle.


Elle ouvre la porte, tire son caddie qui vient grincer sur le parquet usé.


Ses amis sont déjà là, tout autour.


Dans les milieux scientifiques, on les appelle Blattella Germanica, mais Marthe n’aime pas les sobriquets, alors ce sont ses nouveaux animaux domestiques, tout simplement. De belles blattes, brunes et luisantes, les plus dodues font presque cinq centimètres de long.


Marthe a demandé à Patrick de lui acheter une grande boîte en plastique, le genre de boîte pour le rangement. Pendant ce temps, Marthe a sorti quelques outils de feu son mari. La journée, elle guette patiemment, par son judas. Quand elle voit d’Arcy passer, et qu’elle sait qu’il a quitté l’immeuble, elle prend ses outils.


Et elle creuse le conduit des ordures, qui va depuis les poubelles, tout en bas, jusqu’à l’appartement de d’Arcy, tout en haut, en passant par la cuisine de Marthe, à côté de la cuisinière. Elle est débrouillarde, la Marthe, et elle creuse un trou de trente centimètres de large sur vingt de haut. Elle peut voir dans le conduit, et ça pue, là-dedans ! Mais elle en a vu d’autres, la Marthe.


La puanteur, elle connaît depuis le temps où, petite fille, elle devait aller faire ses besoins dans la cabane au fond du jardin. Les étrons restaient là-dedans pendant des dizaines d’années, alors trois poubelles, ça ne va pas la déranger, la Marthe.


Elle a creusé le conduit, et puis mis la boîte au bout. Ensuite, avec ce ruban adhésif moderne et indestructible qu’on fabrique de nos jours, elle a colmaté l’ouverture, pour que ça soit bien étanche. Et dans la boîte, elle a mis des flageolets, des restes de légumes qu’elle a laissé pourrir, des morceaux de viande. Quand par hasard elle marche sur un cafard, elle le met soigneusement dans la boîte, elle sait que ses congénères en feront bombance.


La boîte donne directement sur le conduit, et elle voit, de jours en jours, les cafards venir de plus en plus nombreux. Alors elle retourne au marché, ou à la supérette, leur acheter des flageolets qui vont les rendre bien gros et bien gras.


Les cafards semblent aimer ses petites attentions, certains mesurent presque sept centimètres, on dirait de petites souris brunes et luisantes.


Les cafards apprennent à la connaître, elle les laisse monter sur elle, elle les prend dans ses mains, elle n’a jamais trouvé ça répugnant.


Depuis quelques jours, d’Arcy a une drôle de mine quand elle le voit passer à travers le judas. Comme s’il était préoccupé.


« Très bien, se dit la Marthe, il va bientôt être mûr ».


Les cafards se battent la place, la Marthe doit acheter une seconde boîte et la fixer à l’ancienne. Dans la boîte, ils pullulent par centaines, on ne voit même plus la nourriture dont ils festoient. Et ils ne laissent rien, les bougres !


La petite retraite de la Marthe passe presque entièrement dans la nourriture de ses hôtes. Du jambon, de la viande, des féculents, des légumes et des fruits, même des appâts pour poissons qu’elle va acheter dans la boutique où Marcel allait acheter les vers pour la pêche.


Une semaine plus tard, elle doit ajouter deux nouvelles boîtes, et ça commence à prendre beaucoup de place dans sa cuisine. Alors, elle sort de plus en plus souvent manger au petit café dans la rue derrière.


Quelques jours passent encore, et toutes les boîtes, reliées entre elles, sont remplies de cafards.


Son plan est arrivé à maturité.


Le soir arrive.


Marthe prend les deux cartons qu’elle avait gardé de côté pour l’occasion, descend au rez-de-chaussée, entre dans le local à poubelle. Il n’y a pas de cafards dans le local à poubelle, la lumière y est allumée presque en continu, mais c’est une petite loupiote seule qui éclaire, et on n’y voit pas grand-chose. Au-dessus de la benne, le conduit est ouvert comme un cul de poule.


Alors, Marthe sort de la poche de sa blouse le rouleau de scotch, prend un carton et le colle en travers de l’ouverture, de façon à la boucher hermétiquement.

Puis elle remonte chez elle, rapidement, prend sa lampe de poche.

Les cafards détestent la lumière, ce sont des animaux nocturnes. Avec de la pitié pour les pauvres bêtes, elle éclaire les boîtes en plastique transparent, et les cafards détalent dans le conduit. Elle ôte les boîtes, et colle le second carton sur le trou qu’elle avait pratiqué dans le mur.


Alors, elle redescend au rez-de-chaussée.


À côté du local à poubelles, il y a le disjoncteur, archaïque presque autant que Marthe. La date de pose est encore marquée dessus : 1962. Marthe casse le scellé en acier qui maintient le boîtier fermé, avec le cul de sa lampe, et relève le levier. Avec un claquement métallique aigu, le courant disparaît dans tout l’immeuble.


Rapidement, elle retourne dans le local à poubelles.


Avec un petit rire sadique, elle ôte le carton.


Et éclaire, avec sa lampe, l’intérieur du conduit.


Paniqués par tant de lumière dans leur repaire, les cafards montent, montent, montent, jusqu’au dernier étage.


La peur les galvanise, et quand ils se retrouvent tous acculés tout en haut du conduit, leur force conjuguée ouvre le vide-ordures chez Émile d’Arcy.


Marthe, depuis le local, entend le hurlement de terreur que pousse d’Arcy. Le hurlement ne cesse pas, il hurle et hurle, elle entend, six étages plus haut, les meubles renversés, les bruits de course effrénée.


Et puis, un bruit sourd se fait entendre, comme un corps qui tombe par terre.


Ensuite, seul le silence se fait.


Marthe rentre chez elle.


Une heure plus tard, elle entend le camion des pompiers débarquer en trombe dans sa rue. Les pompiers courent, montent les escaliers, entrent dans l’appartement de d’Arcy. Certains poussent des cris de dégoût quand ils voient fuir les cafards par milliers.


Et un peu plus tard, ils descendent, avec un brancard sur lequel repose un corps caché sous une couverture.


Dans sa robe de chambre ternie, Marthe les observe passer.


Elle ne peut s’empêcher de demander :


- Qu’est-ce qui s’est passé ?

- Ce monsieur est décédé d’une crise cardiaque, Madame. Et il devait être sacrément sale, pour tous les cafards qu’il y avait chez lui.

- Ah, ça oui, c’était un sale type !

- Vous devriez rentrer chez vous, Madame. Bonne nuit.

- Merci, Monsieur.


Marthe referme la porte.


- Vie de cafard, mort de cafard !


Derrière Marthe, les cafards ricanent, et applaudissent de leurs petites pattes de cafards.



 
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   Tchollos   
19/9/2007
Eh bien, voilà une nouvelle particulière. Difficile a analsée. Sur la forme, je trouve ça bien écrit même si j'ai l'impression qe le début est mieux équilibré, plus soigné, que la fin. Il y a de l'humour, de petites observations très juste et un vrai rythme. Sur le fond, j'ai dû mal a me prononcer (parce que ce n'est pas trop mon goût, remarque hautement subjective donc). Le texte pourrait être plus court et malgré l'ironie de l'oeuvre, le côté invraisemblable me dérange un peu.

En gros, je sens une belle plume et une belle imagination, ce qui présage de supers nouvelles à venir.

   Ninjavert   
21/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai également trouvé le début mieux écrit, mieux rythmé que la fin.
J'aime beaucoup l'ambiance du début, un peu moins dès lors que Marthe commence à manigancer son plan. Mais globalement, c'est bien écrit et plutôt rigolo.
Le fond m'a également semblé un peu trop invraissemblable pour être crédible. Même s'il y a une justesse scientifique dans les propos (notamment sur le comportement et le mode de vie des cafards), la fin m'a semblé un peu trop tirée par les cheveux.
Certains trucs mériteraient également d'être retouchés, comme le passage avec le gendre, un peu long pour pas grand chose.
Y a aussi ici ou là des petits trucs bizarres au niveau des temps. Parfois au passé, parfois au présent, sans que ça se justifie réellement.

Une phrase que j'ai bien aimé : "Émile d’Arcy est un homme cultivé, et quand on n’a pas besoin de travailler de toute sa vie, ça aide à se cultiver."
Une autre que j'ai moins aimé : "Marthe a de plus en plus de mal à monter les escaliers. L’ascenseur est en panne depuis 2 mois, et toujours personne à être venu le réparer." >> "A être venu le réparer" ça me parait incorrect, j'aurais plutôt mis "qui soit venu le réparer" un truc dans ce goût là.

Mais j'ai aimé l'ambiance, et le sujet.

Un texte encourrageant !

Ninjavert

   guanaco   
1/10/2007
 a aimé ce texte 
Bien
On passe effectivement un bon moment, bien sympathique.
Il y a effectivement quelques invraissemblances comme les montées et descentes de la Marthe à 86 ans mais je me dis que c'est peut-être tout simplement le but de cette histoire, une forme de caricature.
Le passage du gendre me paraît également superflu, il n'ajoute rien au texte, je dirais même qu'il le parasite.
Pour finir, c'est un texte qui possède un certain humour, notamment grâce au langage.

   Bidis   
1/10/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Nouvelle qu’on lit jusqu’au bout avec plaisir et curiosité.
Personnellement, l’invraisemblance ne m’a pas tellement ennuyée. Les blattes de 5 cm puis qui arrive à la taille de souris, ça m’a fait rire…
Ce qui m’ennuie, car je suis une vieille chipie presqu’aussi mauvaise que Marthe, ce sont les petits « couacs » dans l’écriture.
Par exemple :
-« il charrie un peu celui-là. » : Le dernier sujet dont on a parlé et à quoi se rapporte donc grammaticalement « celui-là » est le loyer… celui qui charrie, en fait, c’est le propriétaire dont on parle d’ailleurs par la suite.
-« une villa au ski » : aux sports d’hiver serait déjà incorrect, il faut je crois prendre la peine de dire « une villa dans une station de sports d’hiver ».
-« et toujours personne à être venu le réparer » : je ne sais pas si c’est incorrect mais en tout cas ce n’est pas joli (« et personne n’est encore venu le réparer » me paraît plus élégant)

Si je relève ces petites choses, c’est parce que c’est dommage dans un texte qui est d’autre part plaisant, de ne pas veiller au plaisir complet du lecteur en ne soignant pas suffisamment l’écriture…

   Otus   
2/10/2007
Merci encore pour ces commentaires qui me forcent à me secouer les puces et à aller chercher le meilleur...
Pour répondre directement à Bidis: j'utilise en effet beaucoup de langage parlé et il s'avère que l'oral se fraie régulièrement des passages jusque dans les narrations... Je suis conscient que cela puisse déplaire mais je trouve cela très vivant et, oserais-je dire, "imageant" (il est 1h du matin; laissez-moi barbariser en paix s'il vous plait :-) Je prends cependant bonne note de tout cela et merci encore, aux chipies et aux autres.


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