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Fantastique/Merveilleux
IsaD : La vie de Léonie
 Publié le 05/07/20  -  8 commentaires  -  13889 caractères  -  60 lectures    Autres textes du même auteur

Claquette va bientôt rentrer de sa longue sortie nocturne. Ce chat est apparu récemment dans sa vie. À peine a-t-elle eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait qu’il avait pris possession de sa maison, à défaut de son âme. Encore une superstition de plus…


La vie de Léonie


Léonie est désormais sur la fin de sa vie. Au bout du compte et après réflexion elle se dit qu’elle a toujours vécu loin de tout. Elle en a vraiment pris conscience, avec amertume, dans sa soixante-quinzième année quand les relations qu'elle entretenait encore avec le monde extérieur se furent évaporées. Elles n'étaient certes pas très nombreuses. Quelques voisins, deux anciennes collègues de travail qui venaient la voir de temps à autre. Mais au fil des déménagements et des décès, ou tout simplement au fil des liens fragiles qui s'effilochent avec le temps, tout ce petit monde ne fait plus partie de son quotidien désormais. Léonie doit cependant bien le reconnaître, ces visites n'avaient été au fond que simple courtoisie. Les discussions de tous les jours, les sourires légers et polis, tout cela n'avaient été que de vagues distractions, rien de plus. Avec le recul et un goût de regrets, Léonie se dit que ces relations auraient pu être différentes si seulement elle y avait mis un peu plus d’elle-même. Mais cela, hélas, elle n’avait jamais su le faire.


À présent, et plus particulièrement quand la vie au-dehors se tapit derrière le rideau de la nuit, un bilan d'années de solitude se déroule sous ses yeux, implacable, infatigable, empêchant le sommeil de l’emmener dans l’oubli, s’incrustant, tenace, jusqu’au moment où s’élèvent l’aube et ses premiers balbutiements.

Durant les longues heures ténébreuses, figée, hypnotisée par la lueur incandescente des réverbères qui se glissent au travers des persiennes et dessinent sur le mur face à elle des traits tels les barreaux d’une cage, Léonie se retrouve prisonnière du passé.


Les jours anciens défilent, n’importe comment, sans chronologie, pris soudain de folie. Léonie ne remonte pas le courant de sa vie, elle ne le suit pas non plus en recommençant tout par le début, ce qui serait somme toute logique pour pouvoir comprendre où cela avait cloché, pourquoi elle n’avait fait que frôler sa vie sans parvenir à entrer dedans. Les souvenirs de tous âges, libérés comme des papillons s’échappant du filet, se croisent, s’entrechoquent, se chevauchent, passent en elle, virevoltant trop rapidement pour qu’elle puisse les attraper, les disséquer et les étudier à la lumière de sa nouvelle existence, pleine de cette solitude amenant parfois l’introspection nécessaire pour appréhender les réponses.


Léonie a vingt-neuf ans…

Léonie a dix-huit ans…

Léonie a quarante ans…

Léonie a sept ans…

Léonie a vingt-cinq ans…


… Léonie AIME Raphaël…


Raphaël avait tout ce qui l’attirait chez un homme. Il était grand, ses yeux étaient d’un bleu de mer, ses cheveux bruns un peu fous et il possédait cette virile tranquillité sertie d’une once de féminité, pas trop, juste ce qu’il fallait pour mettre dans son regard des vagues de douceur, tandis que ses bras puissants, où couraient des veines saillantes, semblaient pouvoir vous enserrer pour vous garder bien au chaud. Léonie n’en a plus rencontré, des hommes comme cela.


Raphaël avait regardé Léonie, un temps. Du moins lui avait-il semblé. Elle en avait frémi. Mais la petite voix intérieure qui parlait toujours pour elle l’avait empêchée de vraiment lui sourire. À quoi bon ? Léonie voyait bien qu’elle n’arrivait pas à la hauteur de toutes ces filles, splendides et sûres d’elles, qui croisaient le chemin de Raphaël. Raphaël était ainsi passé devant Léonie sans qu’elle ait pu le retenir.


Tu vois, avait confirmé la petite voix qui la suivait depuis son enfance, les hommes sont tous pareils. Tu crois que tu leur plais et dès qu’ils constatent que tu n’es pas si facile en fin de compte, ils se détournent. Ne regrette rien, tu n’avais aucune chance, il t’aurait rendue malheureuse.


Léonie avait bien essayé d’oublier Raphaël. Elle pensait même y avoir réussi. Pourtant, le jour où elle l’avait croisé par hasard alors qu’il se promenait main dans la main avec une autre, la jalousie, tel un poignard, lui avait transpercé le cœur. Le regard de Raphaël, illuminé de soleil, ne l’éclairait pas, elle, Léonie, mais cette fille sur laquelle se retournaient tous les hommes, aussi envieux qu’admiratifs. Léonie, personne ne la regardait. Ce n’était pas qu’elle était laide. Non. C’était pire. Elle était quelconque. Sans aucune particularité pour attirer l’attention. Elle déambulait, transparente aux yeux des autres.


La clarté de l’aube a crû, suffisamment pour que s’effacent les ombres plaquées sur le mur, libérant par la même occasion Léonie qui n’a plus qu’une hâte : se lever. Claquette va bientôt rentrer de sa longue sortie nocturne. Ce chat est apparu récemment dans sa vie. La première fois, à la vue de son pelage noir et luisant, elle a aussitôt pensé qu’un malheur allait lui tomber dessus. Elle a voulu le chasser mais le chat s’est incrusté. À peine a-t-elle eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait qu’il avait pris possession de sa maison, à défaut de son âme. Encore une superstition de plus.

Elle a baptisé le chat Claquette parce qu’il fait de drôles de bruits, comme des petits suçotements de bouche lorsqu’il dort, perdu dans ses rêves, confortablement installé sur le plaid soyeux qu’elle a disposé à son attention. La nuit, Claquette disparaît. Léonie ne sait pas où il va.


Elle se demande parfois ce qu’il a dans la tête, quelles sont les pensées qui semblent tapies derrière le vert insondable de ses yeux qu’il pose longuement sur elle.


Claquette a surgi de nulle part, un mystère de plus alors qu’elle n’est pourtant pas encore allée ouvrir la porte. Il vient se frotter contre ses jambes, le dos rond, la queue souple se balançant dans les airs. Léonie lui sert un peu de pâté. Claquette vient délicatement renifler le mets proposé puis, convaincu, s’installe et se met à manger tandis que Léonie va se préparer un grand bol de thé.


Il fait maintenant totalement jour, Léonie ouvre en grand ses persiennes, laissant la lumière envahir l’intérieur. Le poids de la solitude s’allège un peu, un tout petit peu seulement. Avec Claquette, elle peut parler. Même si ce chat ne lui répond pas, il lui donne quand même l’impression de l’écouter.


Dans la journée, Léonie s’occupe en évitant de trop penser, surtout aux nuits qui la laissent épuisée au petit matin. Elle n’est toujours pas arrivée à démêler cette pelote d’émotions et de pensées inextricables. À dix heures, elle se saisit de son cabas puis elle sort pour les courses. Elle ne fait pas de grandes provisions, ainsi cela lui donne une bonne raison pour sortir tous les jours.


L’après-midi, Léonie va au square. Celui qui est situé en face de l’école maternelle. Elle aime bien s’installer sur un banc et regarder les mamans s’occuper de leurs enfants.


Léonie, elle, n’en a jamais eu. Elle aurait bien aimé pourtant. Enfin, elle ne sait pas trop. De toute façon, Raphaël n’a pas voulu d’elle. Ce que la petite voix lui a toujours affirmé et ensuite suffisamment rappelé, confirmant que c’était mieux ainsi. Au moins, elle avait échappé à un divorce certain, maintenant c’était la mode, et aux larmes qu’elle n’aurait pas manqué de verser. C’est sûr, Léonie en aurait eu le cœur brisé.


Sur son banc, Léonie se plaît à observer les enfants. Ils piaillent, escaladent le petit toboggan, se disputent en pleurant à grosses larmes les jeux du square, les mamans interviennent et remettent de l’ordre dans tout ça, les pleurs sont vite séchés et les cris insouciants repartent de plus belle.


Elle détaille les allées et venues des promeneurs, ces couples qui se baladent, main dans la main, s’assoient un moment, sourient sous les cris des enfants tout en se projetant sans doute dans un futur plus ou moins proche ou un passé déjà bien trop loin, ce vieil homme qu’elle croise chaque jour et qui marche lentement, le dos voûté, agitant la tête sur ses pas ou peut-être ses pensées. Léonie et lui se saluent poliment. Ni l’un ni l’autre n’ont jamais cherché à engager la conversation.


Quand Léonie rentre en cette fin d’après-midi, Claquette n’est pas là. D’habitude, elle le retrouve sur le plaid, encore plongé dans un sommeil profond. Elle va voir dans les autres pièces, appelle, sans résultat. C’est embêtant. Elle aime bien lui raconter ce qu’elle a vu au square. Même si les après-midi se ressemblent tous, parfois il y a quelques anecdotes. Maintenant, il n’est pas là pour l’écouter. Elle ne va certainement pas se mettre à parler seule ! Après, elle serait capable de ne plus s’en rendre compte. C’est quand même incroyable ! Où est-il passé ce chat ! Après tout, ce n’est pas elle qui est allée le chercher ! C’est lui qui est venu ! Et elle lui a aimablement ouvert sa porte, l’a nourri, a installé une couche pour qu’il puisse se prélasser. Il pourrait être là !


Elle attend jusqu’à la tombée de la nuit mais toujours pas de Claquette. Léonie en tremble d’émotion. La petite voix tente de l’apaiser. Allons, lui dit-elle, tu en fais bien toute une histoire pour un malheureux chat. Comme si tu ne savais pas comment ils sont, ces animaux. Égoïstes, ne pensant qu’à leur nourriture, à leur confort. C’est bien connu. Il ne faut jamais rien attendre d’un chat. D’un chien, à la rigueur. Et encore.


Léonie est effondrée. Elle s’imagine déjà devoir vivre sans Claquette, et réalise combien elle s’y est attachée.


Et voilà ! soupire la voix avec condescendance, je t’ai pourtant toujours dit qu’il faut se méfier des sentiments. Après, on en devient esclave et tout cela n’apporte au bout du compte que chagrin et déception. Les hommes, les animaux, tous pareils. Tu ne peux pas compter sur eux. Un jour ou l’autre, tu te retrouves seule et c’est pire encore. Le mieux, c’est que tu tires un trait sur le chat. Il est parti ? Grand bien lui fasse. Il était temps. Imagine un peu que cette relation prenne de l’ampleur, imagine que ce chat devienne pour toi plus qu’un simple chat, qu’il devienne un compagnon à aimer, à choyer. Cela aurait pu être la même chose avec Raphaël, si jamais, je dis bien si jamais, il t’avait remarquée. Un jour, il serait parti. Avec une autre ou pas, là n’est pas la question, il serait de toute manière parti, et toi, tu te serais retrouvée le bec dans l’eau.


Oui, mais… Léonie aurait eu des souvenirs merveilleux. Car Raphaël, il l’aurait aimée. Et même si leur bonheur n’aurait duré que quelques années, cet amour-là serait toujours au fond de son cœur, comme une pierre précieuse soigneusement enfouie dont elle pourrait encore aujourd’hui contempler les rayonnements. Car le véritable amour ne s’éteint jamais vraiment.


Léonie sent son nez devenir tout humide. Voilà qu’elle va se mettre à pleurer. Ma pauvre fille ! s’exclame la voix teintée de mépris. Allez, va donc te moucher ! Et oublie tout cela !


Mais Léonie n’en a plus envie !


À quoi bon cette vie, si je n’ai rien de beau à me souvenir, se dit-elle le cœur gonflé soudain d’une colère inconnue. J’ai laissé filer Raphaël sans même tenter ma chance. Et maintenant, je n’ai rien auquel m’accrocher, ni petits matins où blottis l’un contre l’autre nos yeux se seraient mêlés jusqu’au plus profond de nos rêves, ni petits gestes tendres, ni petits mots que nous nous serions murmurés, ni même un seul moment où nous aurions contemplé côte à côte le ciel s’embrasant avant de s’éteindre pour laisser place aux milliers d’étoiles.


Léonie s’effondre sur le vieux fauteuil qui soupire. Le silence s’abat sur elle tel un voile de plomb, son cœur lui semble soudain lourd, si lourd.


La voix essaie encore de la convaincre mais Léonie ne veut plus l’écouter. Elle en a assez de se laisser dicter sa conduite, depuis qu’elle est toute petite par cette voix qui grince, qui crisse, c’est désagréable, on dirait celle de sa mère qui ne cessait de lui rappeler qu’elle n’était bonne à rien ! Sa mère est morte, Léonie était encore jeune, mais la voix, elle, l’avait suivie tout au long de sa vie comme une compagne d’infortune.


Léonie se dit que Claquette ne reviendra plus. Elle ne sait pas pourquoi mais elle en est convaincue. Les larmes roulent sur ses joues. Cela fait si longtemps qu’elle n’a pas pleuré. Si longtemps qu’elle n’a pas senti son cœur vibrer.


Elle s’était fait une raison pour Raphaël. Son amour pour lui était devenu comme la lave d’un volcan, qui continue certes de couler, mais suffisamment en profondeur pour ne pas causer trop de dégâts.


Et voilà qu’il se réveillait. À cause de ce maudit chat !


Léonie se dit que dès le lendemain, c’est décidé, elle ira à sa recherche. Elle remuera ciel et terre jusqu’à ce qu’elle finisse par le retrouver. N’en déplaise à la voix ! À présent, curieusement, elle en est certaine, tout est possible.


Léonie sort un mouchoir de sa poche, souffle un grand coup dedans. Elle se sent un peu mieux. Une petite flamme s’est allumée tout au fond de son cœur.

Maintenant, elle ferait mieux d’aller se coucher. Demain sera une grande journée…


*


… Léonie ouvre les yeux.


La brume entoure encore sa nuit. Peu à peu, elle se dissipe.


Léonie se sent bien. Face à elle, les yeux bleu mer de Raphaël dans lesquels elle plonge, s’égare, s’éparpille en bulles légères qui vont se fondre dans l’océan sans fin.


Léonie se redresse soudain. La voilà assise avec stupeur dans son lit, le regard arrimé au mur d’en face sur lequel flottent des papillons de lumière, projetés par les persiennes aux ajours étranges.


Vient-elle de faire un rêve ? Vient-elle d’imaginer que Raphaël est là, juste à ses côtés ?


Elle respire profondément, se décide et se retourne. Raphaël la regarde, un voile de tendresse flotte sur ses lèvres amusées.


D’un bond, Claquette saute sur les couvertures, s’assied et pose sur Léonie ses yeux de jade mystérieux.


Léonie secoue la tête. Elle se met à rire. Son rire vole, s’envole… Des éclats de bonheur qu’elle ne cherche plus à esquiver.


Raphaël AIME Léonie…

… Léonie a vingt-cinq ans.


 
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   ANIMAL   
12/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Cette nouvelle, qui raconte une vie de solitude choisie qui se révèle en fait subie, est très agréable à lire.

Il y a beaucoup d’émotion dans le vécu de Léonie, qui revient sans cesse sur sa vie en imaginant comment elle aurait pu être différente. Oui, si seulement elle avait été un peu plus sociable, audacieuse, volontaire, sa vie aurait été autre. Mais elle ne sait pas faire. Elle est pessimiste. Elle est transparente. La solitude lui a convenu tout au long de sa vie car c’était plus simple que de nouer des relations. Mais, au crépuscule de ses jours, elle se dit qu’elle a manqué bien des choses. Ou peut-être pas. S’attacher est forcément souffrir.

Heureusement il y a Claquette, le chat énigmatique qui choisit de venir partager son existence esseulée et lui apporte un peu de baume au cœur. Les jours passent ainsi.

La nouvelle bascule tout à coup avec la disparition de Claquette et une chute on ne peut plus déconcertante. Je n’ai pas compris si Léonie était morte et se retrouvait dans un paradis où sa vie serait différente ; si Léonie avait vraiment rêvé cette vieillesse sans joie et revenait à son monde de bonheur en famille ; si Claquette était un chat magique qui permettait à Léonie de vivre son rêve car elle l’avait accueilli et hébergé.

Ce sera le seul bémol de cette nouvelle. Elle s’achève sur une note positive, ce qui est bien, mais j’aurais aimé plus de clarté pour la fin.

en EL

   maria   
21/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

L'écriture est tellement douce, claire et annonciatrice d'une fin heureuse que j'ai eu la délicieuse sensation d'écouter l'histoire.

Puisque rien d'extraordinaire n'est arrivé dans la vie de Léonie, l'auteur(e) a bien fait de lui offrir un moment fantastique et merveilleux.
Mais un peu trop conte de fées pour moi.

Merci pour le partage et à bientôt.
Maria en E.L.

   Anonyme   
7/7/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour IsaD,

Je ne commente pas l'écriture qui est fluide et ne souffre pas de défauts rédhibitoires (au sens grammatical et syntaxique s'entend).

En revanche je ne comprends pas le projet de ce texte. Que nous dit-il, ou plutôt que cherche à nous dire l'autrice ? Que l'héroïne a fait un mauvais rêve et s'éveille toute heureuse à côté de son mari sous le regard de son chat ?

Que de détours et de contorsions pour en arriver là ! Je suis ébahi par la taille de cet échafaudage de mots beaucoup trop grand pour le sujet traité. Car enfin, il ne se passe strictement rien et surtout il ne se passe rien à partir de rien. Je dois avouer que la première idée qui me soit venue est la bizarrerie d'un tel rêve (si c'en est un)
Vivre en rêve un tel cheminement de vie aussi précis dans le détail des évènements, se voir à soixante-quinze ans et songer qu'on a raté sa vie quand on en a vingt-cinq et que ça va plutôt bien si j'en juge par le réveil matinal (se réveiller en riant, oui, pourquoi pas...mais je m'interroge) vraiment je ne sais pas ce que j'ai manqué en lisant ce texte et j'attends que vous puissiez m'éclairer sur vos choix.

Je me suis ennuyé à cette lecture.

Ne croyez surtout pas que mon avis soit celui d'un type qui se met en surplomb et critique pour le plaisir, pour tout vous avouer je ne sais pas faire mieux lorsque je m'essaye à l'écriture c'est tout dire !


A vous lire dans un autre registre.

Merci de ce partage

H.

   Eclaircie   
7/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour IsaD,

Je ne commente pas souvent les nouvelles, n'étant pas du tout à l'aise pour le faire, à l'inverse des poésies.
J'ai lu hier votre texte.
J'ai trouvé l'écriture très claire et agréable, peut-être un peu linéaire, un peu trop régulière. Mais qui se justifie cependant par le rythme de vie de l'héroïne.
J'ai aimé ce portrait qui se dévoile aux yeux du lecteur en petite touches successives.
J'ai aimé trouver Léonie, seule, avec ses bribes de souvenirs qui la font sortir de l'ombre.
Seule la fin m'a moins convaincue. À son âge, j'imaginais qu'elle bascule soit dans la mort, soit dans l'oubli de tout. Dans ce dernier cas, je ne suis pas sûre que seule la joie l'habite. Il me manque un indice ou deux.

Merci du partage,
Éclaircie

   Dugenou   
7/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour IsaD,

Léonie n'a pas vécu sa vie, comment imaginer un autre final qu'un recommencement ? Claquette est là, dans sa 'vraie' vie comme dans l'autre, merveilleuse, pour lui redonner l'espoir d'être aimée... ce chat est le gardien de ses espoirs étouffés dans l'oeuf par cette petite voix intime et mesquine. Espoirs qui renaissent à la toute fin...

Un bon texte.

Dugenou.

   plumette   
7/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour IsaD

Votre personnage fait presque chaque nuit un bilan de sa vie qui n'est faite que de regrets et de renoncement. j'a bien aimé l'image des papillons qui s'échappent du filet pour figurer ces souvenirs qui s'invitent dans le désordre.

mais la vie de Léonie est triste et sa lucidité fait mal.

on comprend petit à petit que les empêchements de Léonie viennent de cette voix intérieure " castratrice" qu'elle a si bien intégrée qu'elle se fait entendre encore bien au delà de la mort de sa mère. Une mère "toxique" comme il en existe malheureusement dans la vraie vie.

Mais voilà que Claquette s'est invité dans la vie de cette femme sans
relief.

ce n'est pas si simple d'emporter le lecteur en lui racontant une telle histoire, et je trouve que vous avez plutôt réussi.

j'ai tout de même quelques réserves sur le côté un peu caricatural de Raphaël et de sa conquête, sur les fantasmes de Léonie à propos de la vie de couple qu'elle n'a pas eu. je comprend bien que tout cela est transmis par le regard de Léonie qui se dévalorise, mais je pense que cela passerait mieux si on pouvait entendre la voix de Léonie elle-même et pas celle du narrateur qui raconte.

A la fin, je n'ai pas su si Léonie était en train de rêver ou si Claquette avait des pouvoirs magiques pour lui faire recommencer sa vie, mais j'ai apprécié que cette fin offre un peu de lumière à cette vie terne.

Bonne continuation!

   Tiramisu   
7/7/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Ecriture douce qui suit la vie de Léonie. Le personnage est bien décrit, cette vie ratée par des injonctions introjectées depuis l'enfance, injonctions dévalorisantes, méprisantes, dures ...qui minent la confiance en soi. La petite vie triste et solitaire de Léonie est bien présentée. Léonie qui rêve d'un Raphaël qu'elle a raté. Là déjà cela semble curieux que dans sa vie, il n'y ait pas eu d'autres rencontres que cet homme avec qui il ne s'est rien passé. Texte un peu long pour peu dire malgré tout.

J'avais à la lecture envie que Léonie réagisse ou qu'il se passe quelque chose. J'attendais un peu d'actions, un renversement, un choc, une rencontre ...

La chute me semble un tour de passe passe, Léonie a 25 ans et elle a cauchemardé sa fin de vie ? Ou bien Léonie est dans le coma et rêve d'un monde merveilleux en se rajeunissant. C'est pas très clair pour moi.

Merci pour cette lecture.

Edit : je suis allée lire les explications en forum. La fin n'est pas très claire effectivement. Le lecteur peut tout s'imaginer mais pas forcément ce que l'auteur souhaitait. J'ai mis deux options, j'ai eu tout faux !

   Anonyme   
10/7/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'ai pas trop aimé ...Mais c'est une question de sensibilité et de goût. J'ai trouvé que c'était lisse, très lisse...très propre...


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