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Réalisme/Historique
jensairien : Accident ferroviaire de la patte d’oie : Treize morts
 Publié le 03/02/09  -  7 commentaires  -  5054 caractères  -  65 lectures    Autres textes du même auteur

Une camionnette qui déboule de la montagne, écrasant tout sur son passage.


Accident ferroviaire de la patte d’oie : Treize morts


Le chauffeur roulait des yeux terribles. Crispé sur son volant, transpirant, le pied sur le champignon, la camionnette dévalait les lacets en fureur.


Une Simca rouge grimpant en sens inverse klaxonna comme il tirait à gauche. Il fit une embardée et lui caressa l’aile, en proie à une irrémissible attraction qui le jetait vers le bas.


Sur un belvédère dominant la vallée à la sortie d’un virage en tête d’épingle, un groupe de motards l’acclama quand, déportée dans sa course frénétique, la camionnette fit crisser ses pneus déformés par la vitesse.


Un peu plus bas des cyclistes l’insultèrent alors qu’il manqua les écraser en doublant et l’un d’eux atterrit dans le fossé, par chance du bon côté de la chaussée.


Peu à peu la ligne d’horizon remontait avec la vallée se déployant en vastes champs. Arrivé au premier carrefour il ne prit pas la peine de s’arrêter et, fermant les yeux, passa le stop sans ralentir son élan.


Les rares promeneurs se garaient à son approche en faisant des signes impérieux dans son rétroviseur.


Il passa tout aussi vite un vaste cimetière écrasé sous le soleil. Une procession funéraire oublia le mort une seconde pour suivre des yeux embués de componction ce fourgon endiablé.


Il décolla sur le tablier d’un pont, écrasant les suspensions, soudain balancé en avant, frôlant la culbute. Deux jeunes autostoppeurs bardés de sacs à dos baissèrent le bras en le voyant bondir en avant et restèrent un instant interdits devant cette apparition fulgurante proche de l’effroi.


La camionnette fit une brusque embardée sur la gauche et s’enfila dans un chemin de terre, à toute allure, secouée de soubresauts, le chauffeur monté sur les ressorts de son siège bondissant en tous sens.


Des champs de blé ondoyaient follement, hérissés de vagues de pépites balayées par la houle. Un tracteur bleu électrique flambant neuf encombrait le passage, l’agriculteur eut juste le temps de sauter de son engin, la camionnette le traversa.


De grandes flaques de boue éclataient en étoiles, les cailloux volaient avec des fulgurances de comètes, le chemin s’étirait, les papillons affolés s’éparpillaient, les oiseaux détalaient, un berger allemand le poursuivit en aboyant et puis abandonna.


La camionnette filait son train d’enfer, secouée de terribles spasmes mécaniques, les champs s’estompèrent en s’écartant du bord du chemin qui s’élargit, s’aplanit et se couvrit de goudron.


La camionnette prit un nouvel élan, redoubla de vélocité, le chauffeur écumait, essuyant virage sur virage, avalant chaque ligne droite d’un trait furibond, impétueux.


Des systèmes agricoles d’arrosage hélicoïdaux montés sur rails l’encerclaient en tourbillonnant dans des volutes de jets d’eau, il les grilla en vrombissant, furieux, broutant l’asphalte.


Abandonnant les terres agricoles, de rares maisons enlacées dans le lierre, protégées par des murets de moellons, s’aplatissaient à son approche, repliées sur leurs paisibles jardins ombragés. Les chats se carapataient tandis que de vieilles gens peu impressionnables, sur leurs bancs assoupis au soleil, l’interpellaient de leurs cannes branlantes.


L’estafette trépignante dans l’air vibrant, hystérique, poursuivait sa course effrontée. Un panneau indiqua le passage de la voie ferrée, et presque instantanément, une barrière fonça à sa rencontre.


De l’autre côté des caténaires, un édicule aux murs crépis sans fenêtre se tenait penaud, paisible, les herbes sauvages balayaient les fosses, une terre juste retournée s’étalait alentour, quelques pommiers frémissaient sur le bord de la voie, des parcelles en jachères accusaient la perspective, et une note tenue, un sifflement qui emplit l’air, annonça l’approche d’un train.


La camionnette pila, fumante, dans un formidable déchirement de gomme. Le chauffeur fut projeté en avant mais tint bon, agrippé au volant plus sûrement que le volant à l’essieu. La portière s’ouvrit comme une claque et il sauta à terre…


***


Le visage plaqué contre la vitre elle regardait distraitement les nuages filer et le paysage s’étirer en éventail quand elle l’entrevit dans un éclair. Il se tenait à la barrière du passage à niveau et agitait sa casquette. Elle le reconnut instantanément. Comme une plaque photographique son cerveau, au un-millionième de seconde, imprima son image radieuse.


Il avait tenu promesse. Il était venu la saluer avant qu’elle ne parte. Une grande vague monta de son ventre au coeur. Maintenant elle pouvait à nouveau respirer. Elle en était sûre : ils se retrouveraient.


La collision, due à une stupide défaillance technique, se produisit un kilomètre à peine après le passage à niveau. Elle compta parmi les treize victimes.


***


Depuis il s’était réfugié au-dessus de la vallée, dans une ferme accrochée à flanc de montagne. Et parfois, quand la douleur se faisait trop violente, il redescendait à tombeau ouvert jusqu’au passage à niveau, maudissant le sort, voulant en finir.


Mais la mort ne l’aimait pas. Ça lui passera.



 
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   Faolan   
3/2/2009
 a aimé ce texte 
Pas
L'idée est bonne mais je n'ai malheureusement pas accroché avec la façon dont c'est raconté... Navré.

Beaucoup de répétions (désolé je suis dans une phase "répétitions" car je dois moi-même y faire attention) : camionnette, embardée, agricole,...

La descente de la camionnette se fait rapidement mais le récit donne un effet plutôt inverse. Beaucoup de (trop) longues phrases peut-être ?

   Anonyme   
3/2/2009
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
C'est lourd, confus, peu clair et à la limite du vraisemblable.

Premièrement les lourdeurs: "Sur un belvédère dominant la vallée à la sortie d’un virage en tête d’épingle," dans ce bout de phrase il y a déjà trois lieux en un! Peut être plus simple d'écrire: sur le belvédere, à la sortie du virage abrupt,...."
Ce n'est qu'un exemple.

Deuxièmement: la confusion et le manque de clarté: la fin en entier! On comprend vaguement que le chauffeur refait cette" course " en souvenir de...mais quid de l'accident de train?

Troisièmement l'illogisme: "Un tracteur bleu électrique flambant neuf encombrait le passage, l’agriculteur eut juste le temps de sauter de son engin, la camionnette le traversa." Une camionnette de 1 ou 2 tonnes percute un tracteur du même poids et elle continue à rouler? Peu probable! Au mieux, ils sont cassés tous les deux, au pire le chauffeur meurt écrasé!

Bref, un texte trop fouillis pour être intéressant.

   kullab   
3/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai bien aimé l'histoire mais j'ai parfois été gêné par les phrases longues et les images utilisées : "La portière s'ouvrit comme une claque", "De grandes flaques de boue éclataient en étoile"...

J'ai eu des difficultés, aussi, à comprendre la phrase : "Un tracteur bleu électrique... ...la camionnette le traversa." On dirait que la camionnette traverse le tracteur, et non le passage (mais ai-je bien compris ?)

P.S.: Non, non, je ne me venge pas du dernier commentaire dont tu m'as gratifié ! J'ai seulement un peu moins aimé que d'habitude !

;-)

   Menvussa   
4/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Il y a de l'idée mais je trouve le style un peu secoué lui aussi.
Des maladresses :

Première phrase, on pourrait presque croire que c'est la camionnette qui est crispée, la faute à la virgule.

Des répétitions : camionnette 7 fois

secouée de soubresauts, le chauffeur monté sur les ressorts de son siège bondissant en tous sens. Redondant... non ?

J'ai trouvé la fin un peu parachutée.

Et puis, que vient faire la patte d'oie dans l'accident ? Elle est dans un train, non ?

Moralité, mieux vaut une patte de lapin qu'une patte d'oie.

   widjet   
5/2/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Non de dieu, on m'a volé mon JSR ! Qu'on me rendre cet auteur à la plume fluide, au rythme cadencé, à l'esprit vif et acide.
Bon, sérieux là, tu files un mauvais coton ou quoi ? : écriture d'une maladresse inattendue (une phrase prise au hasard restèrent un instant interdits devant cette apparition fulgurante proche de l’effroi. ) et très lourde, pénible à la lecture. Des mots religieux ( Componction rien que ça !) ou trop soutenu ( Irrémissible ) au beau milieu d'un texte qui se veut simple d'accès....Pourquoi ?

L'histoire ? Un fait divers sans doute... mais j'y ai surtout vu une succession de scenettes "ronflantes" et surtout un rythme poussif (paradoxalement, je n'ai pas toujours ressenti cette spirale de la vitesse !) et un final baclé.

Tout m'a semblé anormalement factice, artificiel...Jamais je n'aurai pensé écrire ça...Vraiment désolé, camarade, rien n'a fonctionné dans ce texte. STP ne m'en veux pas.

Widjet
(auteur chagriné)

   Anonyme   
26/2/2009
Il est vrai qu'il faut chercher pour voir ce que cette nouvelle a de bon. Il y a des textes qu'on lit, et dont on sort ravi, le sourire aux lèvres et la larme à l'oeil.
Non, l'Accident ferroviaire de la patte d'oie n'est pas de ceux-là.
Quand on en sort, on est essoufflé, on n'a rien compris, à cause de la vitesse, et on a franchement l'impression d'avoir perdu son temps, même si en quelques minutes seulement on a fini.
Quoi ? Il a dévalé la montagne, il s'est arrêté, il n'a même pas cogné le train. Elle l'a vu, oui. Pas de quoi faire une nouvelle, surtout quand on a un style qui franchement fait mal à la tête.

Mais je n'ai pas voulu m'arrêter là. Le travail de l'écrivain, ce n'est pas de reposer le lecteur.
Et là, Jensairien, tu ne m'as pas reposé, loin de là.

Comme une brève dans un journal, à laquelle on repense au milieu de la nuit, en pyjama, debout au milieu du couloir, en train d'aller aux toilettes : "Putain, chuis fatigué ; mais cette pôv fille qui s'est faite écorcher par un lapin géant, elle avait pas de chance."
Le titre d'ailleurs y fait penser.
La brève veut raconter rapidement, succintement, elle ne cherche pas à amener de suspense.
Mais elle se doit d'être irréprochable.
D'avoir tous les mots à la même hauteur.
"Aurélie, âgée de seize ans, a été retrouvée morte dans les bois du côté de Jonchy par un groupe de promeneurs. Selon les premières investigations, s'appuyant sur les témoignages des habitants de Jonchy, qui ont afflué dans l'après-midi, un lapin de très grande taille, comme on en trouve dans la région, serait responsable de l'état du corps de la jeune fille."
Désolé si je semble m'égarer un peu, mais j'espère que je suis compréhensible.

Ce que Jensairien a fait, c'est d'exposer les faits, des faits parfaits pour les faits divers, une histoire d'amour en arrière-plan, on insère des descriptions en vrac, on donne au lecteur un peu du vertige de la vitesse de la camionnette, l'humour est sous-entendu et on reste objectif.
Et à partir des faits, c'est au lecteur de rire, pleurer, trembler.
La démarche est originale, de faire d'un fait divers un fait divers.

A ceux qui ont dit que ce texte était mauvais, je conseille de revenir après s'être réveillé la nuit au milieu du couloir...

Petit appendice à mon commentaire...
J'ai lu avec attention les autres commentaires, dont je n'avais qu'entr'aperçu des bribes auparavant.
La forme, trop brouillonne, à la limite de l'illisible, est citée comme un défaut du texte.
Moi, je dis : Si vous allez à cent à l'heure sur une route de montagne, vous n'avez pas le temps de dire "A gauche, le belvédère. Juste à sa droite, en surplomb de la vallée, un camion rouge pâle, suivi d'une petite voiture bleue qui semble avancer sur la même route,route étant un bien grand mot, puisqu'il ne s'agit que d'une fine bande de ciment délabré qui serpente sur le haut du plateau." Il est vrai qu'on est habitués à la description tranquille, puisque par essence la description est un arrêt dans le temps.
Jensairien a voulu aller plus loin que ça, en intégrant le flou de la vitesse aux paysages autour de la camionnette ; je crois qu'on ne peut que l'en féliciter.

   i-zimbra   
3/6/2012
Merci aux commentateurs d'avoir remisé ce texte de jeansairien à la soixante-dixième page du classement, autrement il m'aurait sûrement échappé !
• Si l'on tient au réalisme, on peut dire que le tracteur était un enjambeur.
• Pour la patte d'oie, ce n'est évidemment pas un aiguillage de chemin de fer. Ni un rail aérien (le crash du Concorde a eu lieu à la "Patte d'Oie"). Mais c'est aussi, je crois, un quartier de Toulouse ou un autre camionneur inconscient a causé un accident ferroviaire il y a trois semaines. jeansairien est peut-être visionnaire.

Je suppose que la mort, à sa place (du mort) dans la camionnette, a été éjectée quand le héros a pilé au passage à niveau, et qu'elle s'est retrouvée à bord du train. Non, « la mort ne l'aimait pas », il lui a fait trop peur.
Sans pinailler, j'ai beaucoup aimé. J'espère que t'es pas mort, jeansairien !


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