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Réalisme/Historique
Juvenal : Première fois
 Publié le 28/02/18  -  10 commentaires  -  9391 caractères  -  63 lectures    Autres textes du même auteur

Il appréhende, il est impatient, son cœur s'emballe. Il va enfin franchir le pas, et faire le grand saut.


Première fois


Il s’avance sur l’herbe. Le jour commence doucement à décliner, teintant le ciel de cette couleur insaisissable, entre gris et bleu, embrasé par l’aura du soleil couchant. Un ciel typique de la fin d’après-midi lorraine. Il a toujours aimé le ciel de sa région, à la fois serein et rassurant.


Il est encore confiant, mais son assurance s’érode à mesure qu’il s’approche de l’avion. Il faut dire qu’il n’avait jamais quitté le plancher des vaches auparavant. L’hélice tourne déjà. La voile dans son dos pèse sur ses épaules, et restreint ses mouvements. Pourtant il faut décoller, et on lui demande de presser le pas. Une odeur forte commence à emplir l’air ; celle du kérosène. Il ne le sait pas encore, mais cette odeur va s’incruster dans son esprit, et il ne pourra plus passer devant une station-essence sans revivre ces moments. Sans se rejouer sa première fois.


Il grimpe dans l’avion, et la porte se referme derrière lui. À ce moment, plus de retour en arrière possible. Il faut aller jusqu’au bout, et c’est bien ce qu’il compte faire. La rotation des pales s’accélère. Il ne le distingue pas, mais le devine à l’intensification du bruit du moteur. Ça y est, le coucou bouge. Il prend rapidement de la vitesse, et quitte bientôt le sol. C’est drôle, une première fois en avion. Il y trouve un petit côté surréaliste ; les gens minuscules, les routes comme des veines de bitume, et les quelques arbres qui fleurissent dans les champs.


À un moment, il lui semble même percevoir la courbure de la terre…


Mais l’heure n’est pas à la rêverie, les choses sérieuses approchent. Il va bien falloir les rejoindre, ces arbres et ces gens minuscules. Et pour cela, il n’y a qu’un seul chemin : par la porte.


Ils sont quatre débutants à sauter pour la première fois, accompagnés d’un moniteur. Personne ne parle. Les autres semblent tout aussi stressés que lui, et tout aussi appliqués à n’en rien laisser paraître. Le moniteur se lève, et accroche leurs « SOA », sangles d’ouverture automatique. Une simple sangle jaune, sur laquelle repose l’ouverture de son parachute.


Ça y est, l’avion a atteint la zone de largage, et commence à ralentir. Le moniteur ouvre la porte d’un geste énergique, effaçant ainsi subitement la dernière barrière entre notre homme et son ambition. Il sera le dernier à sauter. La première de ses compagnons s’avance, et s’installe. Le moniteur lui donne quelques derniers rappels des consignes, et un compte à rebours : « Trois ! Deux ! Un ! » La jeune femme s’élance, et disparaît en un instant, comme happée par le vide. Notre homme observe les deux autres en faire de même, jusqu’à ce qu’il se retrouve seul avec le moniteur et le pilote. C’est son tour.


Il s’approche tremblant de la porte ouverte, et s’y assied. Il doit passer les jambes dehors, afin d’être prêt à sauter. Très bien, il s’exécute. À ce stade il ne réfléchit plus, sa raison a déserté, submergée par la peur. Même s’il avait souhaité réfléchir à ce qu’il faisait, il en aurait été bien incapable.


À peine a-t-il sorti ses jambes, ainsi qu’une partie de son buste, qu’une force incroyable le repousse violemment, et le plaque contre la carlingue. Le vent. Il le savait, on l’avait prévenu, mais il s’est tout de même laissé surprendre. Pour autant cela ne le décourage pas, au contraire, affronter le vent lui apparaît comme un défi facile à côté de ce qui l’attend.


Le voilà donc en place, avec plus qu’une cuisse gauche et ses deux mains dans la cabine, sans doute les trois appuis les plus fermes qu’il n’ait jamais eus. Une fois ainsi calé, il ne peut s’empêcher de jeter un œil, de regarder ce qui l’attend, là, en bas. Il baisse la tête.


Oh putain.


« C’est haut » aurait-il pensé, s’il avait eu à ce moment l’esprit rieur. Mais il ne pense plus. En fait, il est paniqué. La peur ne l’avait jamais autant envahi auparavant. C’est totalement surréaliste, ridicule même. Il va sauter là-dedans, vraiment ? Pourtant, il se l’est rejouée cette scène, l’ouverture de la porte, le vide qui lui tend les bras, et le saut fatidique. Des dizaines de fois, il se l’est imaginée, et il était tellement certain d’en comprendre les sensations, d’y être prêt. Mais rien n’aurait pu le préparer à cela. Quel esprit eût pu anticiper la force de ces sentiments ? Non, on ne peut s’imaginer sa première fois.


Heureusement, il n’est pas seul dans cette épreuve. Le moniteur se tient à ses côtés, en tenue lui aussi. « Tu n’oublies pas, tu comptes jusqu’à cinq ! Et tu restes bien gainé ! Allez ! » Eh oui, allez. Les consignes sont sues. Y a plus qu’à. Il fixe le moniteur, il se concentre sur lui, comme un naufragé s’accrocherait à un tronc d’arbre. Il n’entend rien d’autre que sa voix. « Trois ! Deux ! Un ! »


Il pousse sur ses bras, de toutes ses forces, et il s’élance dans le vide.


Il lance par la même occasion un « cri de guerre », comme le qualifiera le moniteur, pour se donner du courage.


Et il chute. Il tombe, tout simplement. À 1 000 mètres d’altitude. Le vent lui fouette le visage, mais pas autant qu’il l’avait imaginé. Son corps ne comprend pas ce qu’il se passe. Pourquoi tombe-t-il à près de 200 km/h ? Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel. Toutes les sonnettes d’alarme sont tirées, son cœur s’emballe. À ce moment, il saisit la pleine signification du mot « adrénaline ». Mais sa tête reste froide. Étrangement, il ne se sent plus paniqué, il n’a plus peur. Au contraire, il aime ça, il adore la chute. Jamais il ne s’était senti aussi libre.


À peine a-t-il le temps d’apprécier ces quelques secondes qu’il sent quelque chose le retenir par les épaules, et il se redresse. La voile s’est ouverte, sans qu’il s’en rende compte. Ça n’a rien eu de brutal, contrairement à ce à quoi il s’attendait. Il se rend compte qu’il a totalement oublié de compter jusqu’à cinq. Oh, peu importe. Voyons cette voile à présent. Il doit vérifier qu’elle s’est bien ouverte, et que les suspentes, les cordes qui la retiennent, ne sont pas emmêlées. Tout semble en ordre. Il se saisit alors des commandes, et commence à se prendre pour un oiseau.


Il sait qu’il a au moins cinq bonnes minutes avant de devoir amorcer la procédure d’atterrissage, et il compte bien en profiter. Il tire timidement sur la commande gauche, et la voile suit, en se penchant du même côté. C’est assez impressionnant de tourner en parachute, car on effectue un mouvement de balancier, et les plus téméraires peuvent se retrouver à l’horizontale pendant un court instant. Ce qui l’amuse beaucoup. Il tourne donc, et se balance, un coup à gauche, un coup à droite. Il prend toutefois garde à ne pas en abuser, car il sait que chaque virage lui fait perdre rapidement de l’altitude. Et il tient à en profiter, de l’altitude.


Le monde est beau vu d’en haut. Il voit les hangars de l’aérodrome, la route par laquelle il est venu, et même l’usine où travaille son père, au loin. Les arbres ressemblent à de petits buissons, et les champs semblent être des tapis de velours clairsemés. À la réflexion, il se sent encore plus libre sous sa voile qu’en chute libre. Parce qu’il a le contrôle, et le temps d’admirer la vue. Le temps de profiter de ce moment magique, où plus rien n’a d’emprise sur lui. Les problèmes, les soucis, et autres tracasseries… Tout cela est resté au sol.


La descente se fait sans encombre. Il reçoit de temps en temps des instructions par la petite radio accrochée à son harnais. Il jette de temps à autre un regard à son altimètre. 600, 500, 400… Le voilà à 300 mètres du sol, il est temps d’atterrir. Il longe les hangars, puis effectue un large virage, pour se diriger vers une cible de sable, au centre de l’aérodrome. Le but du jeu étant évidemment d’arriver au cœur de la cible. Il vérifie qu’il est bien face au vent, à l’aide des plis de son pull, et commence à anticiper le moment où il devra se poser.


Ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît, mais heureusement, une fois encore, il n’est pas seul dans cette épreuve. La voix rassurante de la radio le guide, pas à pas. Il n’est plus qu’à quelques mètres du sol. Au signal, il tire les deux commandes simultanément, jusqu’à ses genoux. Cela a pour effet d’affaisser la voile, et lui permet de se poser. Le sol arrive à vive allure, mais il l’anticipe, il se prépare… Raté, un peu trop en arrière, il se retrouve sur les fesses. Tant pis, il parviendra à rester debout la prochaine fois. La cible est ratée également, mais pas de beaucoup ! Et la voile vient se poser en douceur derrière lui, marquant définitivement la fin de cette aventure.


Il reste un instant assis, dans l’herbe, comme s’il venait de s’éveiller d’un rêve. Puis il se relève, fait un signe de la main à un camarade qui a atterri non loin de lui, que ce dernier lui rend, et s’attelle à ramasser la voile. Elle pèse nettement moins lourd dans ses bras que dans son dos. Il se dirige enfin vers les hangars, où on lui apprendra à replier cette voile dans son parachute.


Mais il ne pense pas à ça. Il se sent fier, fier de ce qu’il vient d’accomplir, et surtout vivant, à nouveau vivant, comme s’il venait de retrouver quelque chose de perdu depuis longtemps, quelque chose d’essentiel. Il se sent passionné, et il n’a qu’une idée en tête : y retourner. Il veut cultiver cette passion nouvelle, il veut ressentir à nouveau cette peur, pouvoir l’affronter, encore, et la dépasser. Il veut de nouveau tutoyer les nuages.


 
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   SQUEEN   
10/2/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Pour moi il ne se passe rien dans ce texte, c'est un simple compte-rendu qui ne m'emmène nulle part. On lit les actions successives se déroulées en bonne chronologie, pour ma part j'attendais que quelque chose arrive, pas forcément dramatique ni spectaculaire mais quelque chose. Je pense qu'un introduisant un élément perturbateur ou un changement de perspective de votre personnage, sur sa vie ou sur n'importe quoi en fait, vous auriez rendu ce texte plus profond. L'écriture est précise et fluide et donc plutôt agréable. SQUEEN

   Tadiou   
11/2/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
(Lu et commenté en EL)

Je trouve que le thème est intéressant et pourrait faire vibrer.

Hélas ! Pour moi il n’en a rien été et je n’ai pas ressenti une once d’émotion (d’où sentiment de frustration) ; je pense que c’est parce que j’ai ressenti l’écriture comme plate, descriptive, linéaire ; une écriture qui ne me permet pas de plonger dans le personnage.

On passe d’une ambiance à l’autre d’une façon qui me semble artificielle et tout cela ne m’est pas crédible. Ni la peur, ni le soulagement, ni la joie… Tout m’apparaît anecdotique. Désolé.

Auteur(e), comme c’est dans le genre « Réalisme/Historique », je pense que vous racontez votre expérience (qui a été sûrement forte pour vous) et je pense que c’est une bonne idée.

Mais, à mon avis, il serait nécessaire (si cette nouvelle n’est pas publiée) de reprendre l’écriture pour faire plonger le lecteur dans le tréfonds du personnage et lui faire partager la forte émotion de cette « première fois » (et le lecteur ne demande que cela !!).

En tout état de cause, merci pour cette lecture et à vous relire.

Tadiou

   Marite   
12/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Génial de vivre ce premier saut en parachute par procuration ... La présentation du récit, aérée en paragraphes bien dosés, facilite la progression de la lecture. L'écriture se fait oublier en faveur des sensations vécues par l'auteur. Une belle expérience relatée simplement et avec réalisme.

   hersen   
14/2/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Le fait de centrer une nouvelle sur un premier saut en parachute est risqué, car au bout du compte, il n'y a pas d'histoire, le lecteur le sait et va donc s'accrocher à sa lecture en pensant que l'auteur va lui en faire voir de toutes les couleurs, qu'il va se passer quelque chose, en plus du saut. Il y a le mot adrénaline dans le texte, ben, oui, on en voudrait aussi, nous, lecteurs en chute libre…

C'est une description pas à pas d'un saut, mais rien de plus. A la fin de la nouvelle, je ne connais personne dans l'histoire. Même celui qui a sauté, après ses trois collègues, me laisse indifférent. Il ne m'a rien donné de lui. La 3ème personne nuit beaucoup, à mon avis, car les sensations très physiques, mais aussi psychologiques, ont besoin du « je », que ça nous vienne direct de la source, à nous lecteur,s et non pas « retransmis ». (j'utilise ce mot à dessein)

Et puis, j'ai une grosse, très grosse interrogation : pas de TU en Lorraine ? Un avion avec quatre premiers sauts décolle à la fin du jour ? J'ai franchement un gros doute. Parce que le temps que l'avion monte à l'altitude requise, ça fait un petit bout quand même ; A force d'à force, on ne doit plus voir trop clair. Je m'appuie sur le premier paragraphe qui nous parle bien, ou je n'y connais rien, d'un coucher de soleil, non ? Je cite

 « Le jour commence doucement à décliner, teintant le ciel de cette couleur insaisissable, entre gris et bleu, embrasé par l’aura du soleil couchant. »


Surtout qu'en aéronautique, on rigole pas avec ça. C'est un euphémisme de le dire ainsi. Le TU, personne ne discute avec ça : personne en l'air au-delà d'une heure qui varie chaque jour. Comme la marée, en somme. Je parle bien sûr d'aérodromes pas d'aéroport.

Je suis donc très mitigée.


hersen

   plumette   
28/2/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Juvenal

je me suis demandée pourquoi ma lecture m'avait paru assez fade alors qu'il s'agit du récit d'un événement qui a manifestement laissée une forte impression à ce "il" . Deux premières fois en une, puisqu'il y a un baptême de l'air et un premier saut en parachute.

le texte est presque trop écrit, le choix d'une écriture distanciée me semble affadir le récit. je vous propose un petit essai pour rendre le texte plus nerveux et plus en phase avec cette aventure.


"Ça y est, l’avion a atteint la zone de largage, il ralentit, Le moniteur ouvre la porte d’un geste énergique : plus de barrière entre notre homme et son ambition. Il sera le dernier à sauter. La première s’avance, et s’installe. Le moniteur rappelle les consignes, et lance le compte à rebours : « Trois ! Deux ! Un ! » La jeune femme disparaît en un instant, comme happée par le vide. Notre homme observe les deux autres, puis très vite, il se retrouve seul avec le moniteur et le pilote. C’est son tour."

j'espère que vous ne m'en voudrez pas de cette proposition, l'auteur étant bien sûr maître de son écriture et de son histoire!

A vous relire

Plumette

   Hananke   
28/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

J'ai bien aimé cette nouvelle.
Un texte est pour moi réussi lorsqu'il me fait mettre à la place
du héros ou de l'auteur.
C'est ce qu'il est advenu, en lisant, je me suis cru dans l'avion puis
au bout des ficelles jusqu'à l'atterrissage final.
C'est bien décrit, autant de l'extérieur que psychologiquement.

Dur de se retrouver dans le 'coucou' pour un premier vol : ça doit être quelque chose !

   Bidis   
12/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette lecture m'a fait passer un très bon moment dans la mesure où j'aurais bien voulu faire du parachutisme étant jeune. Plus tard, je n'y ai plus pensé, mais en fait, ce texte me fait réaliser que ce vieux rêve est toujours là. Je pense que l'écriture simple, précise et directe aide à s'identifier au personnage, d'autant qu'il n'est pas dessiné autrement que comme un néophyte dans un sport pour moi extrême.
Et, j'y pense, il aurait mieux valu, je trouve, dire "La première des néophytes s’avance" au lieu de "La première de ses compagnons" qui, pour moi, ne va pas du tout. Ou alors "la première de ses camarades" qui vaut pour le féminin autant que pour le masculin.

   Thimul   
4/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé cette histoire.
Mais je n'ai pas vraiment vibré. Il manque quelque chose, un enjeu.
On sait que ce premier saut est très important pour lui mais on ne comprend pas vraiment pourquoi.
C'est dommage parce que le dernier paragraphe éclaire un peu plus les motivations (cette perte du goût de l'existence) et je crois que vous auriez du insister là dessus dès le début : qu'il cherchait quelque chose de perdu. Vous auriez donné je pense plus d'épaisseur à cette aventure.
Au plaisir de vous lire à nouveau

   Donaldo75   
27/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Juvénal,

Je dois faire partie des nombreux lecteurs qui n'ont pas expérimenté le saut en parachute; je suppose que ce doit être effrayant au moment où le corps doit se lancer dans les airs.

Ce texte décrit bien cette expérience, dans l'avant-saut. Il n'en fait pas trop, puisque le personnage veut réussir sa première fois et s'est durement entrainé pour. Peut-être qu'il reste un peu froid, le texte, quand il s'agit d'aborder la montée d'adrénaline, l'envie de recommencer, la victoire sur soi-même. Mais, et je comprends, c'est un choix de l'auteur de rester sobre même dans ce pic d'émotion.

Merci pour le saut.

Donaldo

   Lulu   
1/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Juvénal,

J'ai vraiment beaucoup aimé ce texte qui m'a agréablement surprise par sa qualité d'écriture, sa dynamique, et son thème.

L'écriture est simple, claire et fort plaisante à parcourir. On aurait pu s'embourber dans un vocabulaire technique qu'aurait découvert notre personnage avant de partir ou au travers des moniteurs, mais non, on reste dans quelque chose de simple, à la portée de tous, comme si nous étions susceptibles de vivre une telle aventure.

La dynamique du texte me semble provenir tant de l'écriture (on trouve souvent des phrases simples, courtes, qui ponctuent l'ensemble) que de l'action progressive que je trouve belle, intéressante et faite de suspens. Pour moi, en effet, même si l'on devine les événements - et même le dénouement -, tout est dans les sensations qu'éprouve le personnage qui "n'avait jamais quitté le plancher des vaches". J'ai d'ailleurs été touchée dès le départ avec les sensations éprouvées lors du décollage. Je trouve que vous avez su rendre ce décollage réaliste, car on a vraiment cette impression de partir avec ce personnage qui voient très vite "les gens minuscules"... C'est le travail que vous avez mené sur une ponctuation maîtrisée qui l'accentue...

Concernant le thème, j'ai sans doute aussi été séduite parce que j'ai peur de monter en avion, éprouvant un vertige très vite... J'ai donc lu, il est vrai, avec un intérêt supplémentaire cette histoire qui mène quelqu'un au bout de son défi.

Puis, je trouve que c'est sobre. Il n'y a pas de lourdeur dans le style ou dans la narration. Vous auriez pu tomber dans le piège - ce que j'aurais fait à coup sûr - de trop insister sur sa peur, ses impressions. Or, vous dites juste ce qu'il faut pour laisser le lecteur goûter et apprécier l'ensemble.

Enfin, j'ai apprécié le côté aéré du texte.

Au grand plaisir de vous relire.


Oniris Copyright © 2007-2018