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Fantastique/Merveilleux
Lariviere : Cambriolage
 Publié le 09/01/10  -  22 commentaires  -  11220 caractères  -  205 lectures    Autres textes du même auteur

...


Cambriolage


Il était là, blême.


La moiteur de juillet rentrait par la baie vitrée grande ouverte. Un petit vent s’était levé sur le soir, écartant légèrement les voiles blancs du rideau, comme une respiration diaphane. Il faisait chaud, c’était un soir de juillet et pourtant il avait froid, très froid…


Chancelant, il s’assit péniblement sur le bord du lit. Daphné (Cynthia) le regardait. Elle se tenait debout, très calme. Un calme étrange, inattendu, incompatible avec les événements qui venaient de se dérouler.


La chambre, mais aussi l’ensemble de la villa étaient complètement dévastés. C’était comme une profanation… Les pièces et la plupart des meubles avaient été retournés, les papiers étaient éparpillés, les photos de famille, les albums, les souvenirs saccagés. Le bureau avait subi une fouille soignée, méticuleuse, mais avec une rage, une fureur accablante. Les tiroirs du secrétaire en acajou style Napoléon III avaient été forcés au couteau avec une telle violence, qu’il paraissait à jamais irréparable…


- J’ai froid, j’ai horriblement froid Cynthia…

- Je sais, répondit-elle…

- Il n’y a plus rien à faire, continua-t-il… Je veux juste que tu viennes. Je veux juste que tu me réchauffes… Réchauffe-moi s’il te plaît… Viens… Réchauffe-moi une dernière fois…

- J’arrive, dit Cynthia… Ne t’inquiète pas… Je suis là. Je serai toujours là…


Cynthia se dirigea lentement vers le lit. Ses pieds nus dessous la mousseline glissaient sans un bruit sur la moquette… Elle l’aida à s’installer et lui prit la main. Elle ne pensait plus à la maison chamboulée, aux objets renversés ou brisés, au secrétaire en acajou, aux dobermans qui avaient aboyé soudain, puis le cliquetis d’une serrure, les pas précipités dans l’escalier, la bouche de l’arme dont le feu avait bondi, terrible, avec l’envergure et la rapidité fatale d’un tigre qui sort ses griffes, et cette détonation, cette détonation effrayante qui roulait encore dans sa tête comme le crépitement rugissant de mille fauves…


Elle vint s’asseoir doucement à côté de son mari qui lui ouvrait péniblement les bras… Elle l’enserra et elle eut l’impression d’enserrer un bloc de glace. Les frissons ne le lâchaient plus. Il grelottait… « Serre-moi… Serre-moi fort », dit-il… Cynthia le serra encore plus… Elle sentit la texture froide, visqueuse, qui se répandait sur sa fine nuisette couleur pêche. Ses seins se durcissaient au contact de cette étrange matière liquide. Elle serra encore plus fort, peut-être pour colmater, peut-être pour éviter que son mari ne s’échappe par ce petit filet où s’échappait déjà la vie… Il fit un effort pour la regarder dans les yeux, avec toute l’intensité que lui permettait encore son état vacillant, et il la fixa ; d’un regard déjà différent, un regard translucide, un regard qui mobilisait les dernières réserves disponibles de sa conscience, un regard qui semblait vouloir creuser, chercher des réponses profondes à l’intérieur d’elle, de lui, dans l’arrière-pays gelé de son âme, de leurs âmes, mais en vain…


- Qu’est-ce que j’ai froid, lui dit-il…

- Je sais, lui répondit Cynthia…

- Je ne t’en veux pas, tu sais, il faut…

- Ne parle pas… tu vas te fatiguer… l’interrompit doucement Cynthia en posant sa joue sur son menton, laissant les mèches brunes, éparpillées de son chignon en bataille, lui lécher le front et lui balayer les arcades sourcilières...


Elle l’enlaça encore plus fort et elle se retint de sursauter quand en laissant glisser ses doigts dans son dos, elle se retrouva aux bords d’un énorme trou, un énorme cratère de chairs déchirées, dans lequel, le temps d’un effroi, les doigts happés par ce trou noir et gluant, elle eut l’horrible impression de plonger tout entière… Tout en gardant les paupières closes et en caressant de sa joue le menton en sueur, elle sentait derrière, sur ce dos, dans ses doigts, le sang qui s’échappait à l’endroit où était sortie la balle et où se trouvait désormais la base bosselée d’un cône difforme et creux plongé dans la pénombre ; elle touchait de ses ongles le liquide rouge qui fuyait de façon irrégulière mais inexorable pour venir enfin s’échouer en amas flasque et sombre, magma adhérent à l’intérieur ténébreux de la plaie béante, essayant désespérément de colmater les berges irrémédiablement ouvertes…


- C’est étrange… dit-il… Très étrange, je vois tout en bleu… Le plafond est bleu… Il est bleu nuit… C’est comme si je voyais à travers le plafond de la chambre, Cynthia… Les étoiles… La nuit bleue… Ses milliers de petits points brillants comme des têtes d’épingles… La voûte céleste. Et puis, ça tourne… Tout est blanc… Évanescent. Vaporeux. Je te vois… Tu es aussi blanche que moi… Mais tu es un ange. Tu as des ailes… Tu peux t’enfuir. T’arracher… Moi, par contre, je suis déjà un fantôme qui erre au gré du froid, au gré du vent… Ne me lâche pas surtout… Réchauffe-moi… Je m’excuse, tu sais…

- Tu n’as pas à t’excuser, lui dit Cynthia en le serrant encore…


Elle avait l’impression de le traverser de part en part entre sa main poisseuse qui lui collait le dos et son sein droit, son sein droit avec cette légère cicatrice en dessous de l’aisselle jusqu’à l’aréole, cette petite cicatrice comme une petite éraflure orangée, un fil de cuivre tracé sur son intimité, une trace en diagonale, une trace en spirale, seule trace de son cancer et de son opération, ce cancer qui la rongeait de tous ses feux alors que lui, mais elle avait combattu, elle n’avait pas plié, elle s’était relevée et son sein était là, comme une preuve de sa ténacité, il était redevenu ferme, galbé, éclatant, les multiples opérations de reconstruction avaient donné d’excellents résultats, son sein était reconstitué dans sa chair et aujourd’hui ce sein était là, malgré le vent, malgré la spirale, avec sa pigmentation mate et ses éclats de bronze, ce sein solide, protecteur, ferme et encore raffermi par le froid, faisant tampon, compression sur le petit orifice visqueux et vermillon causé par la pénétration du projectile…


- Je t’aime, lui dit-il

- Moi aussi, je t’aime, lui répondit Cynthia

- Cette fois je m’en vais, je le sens… Ne m’oublie pas et pardonne-moi… Moi je te pardonne ajouta-t-il d’une voix blanche, déjà éteinte…

- Je te pardonne moi aussi, susurra Cynthia pour elle-même…


Elle le serra davantage pour arrêter ses tremblements, cela dura quelques cillements, quelques battements de paupières blanchis dans le velours piqueté de bleu de la nuit, puis, ce fut le calme, le relâchement… le corps qui s’assouplit, qui accepte, et qui résigné, se laisse glisser dans les volutes de l’au-delà… Elle ne dit rien, mais elle pensait. Un apaisement intense, mais vide, anémié, l’envahissait doucement. Je ne t’oublierai pas. Tu es à moi, maintenant, pour toujours, pensait-elle. Pour toujours. Rien qu’à moi. Elle pensait, alors que le froid engourdissait sa poitrine, à ces moments terribles, à son combat contre le cancer, ce cancer, cette petite boule de feu qui lui dévorait le sein et ce double combat, contre son cancer, contre cette boule de feu, contre son mari à ce moment-là, qui la trompait, alors qu’elle avait besoin de lui pour combattre, combattre cette petite boule de feu, combattre ce mari qui la trompait au lieu de la soutenir, cette déchirure, de sa chair, de son couple, cette spirale qui lui dévorait le sein avec des feux beaucoup plus douloureux que n’importe quel cancer. Elle savait qu’il la revoyait… Daphné, Elle, une autre. Elle avait tout retourné, tout fouillé… Aucune trace dans la maison, dans ses affaires… Elle cherchait avec frénésie… Une furie bienfaitrice la soutenait, la redressait dans son honneur, une furie hennissante, une furie qui faisait frémir ses sens et sa peau bronzée dans des reflets de flammes orange, une furie pleine de juments bleues, de chevaux blancs, tonnant du sabot, renâclant, raclant le sol, le dressing, le bureau, battant des ailes, elle regardait, semblait tout survoler de pièce en pièce, car il y avait juste une petite cicatrice sur son sein rayé redevenu bronze, il avait fallu reconstruire, il avait fallu gratter, creuser l’intérieur de ce sein, dénicher ce nodule, extirper cette petite boule de feu qui n’était pas elle mais qui était en elle, puis il avait fallu colmater, refermer la déchirure, laisser cicatriser les plaies, oublier les douleurs, reconstruire, alors les opérations de chirurgie plastique s’étaient enchaînées, jusqu'à ce que plus rien ne se voie, jusqu'à oublier toutes ces souffrances dans sa chair et tous ces feux dans son sein, toutes ces déchirures à l’intérieur, dessous la cicatrice, oublier ce combat éreintant d’amazone prête à tout pour survivre, pour reconstruire, pour oublier ce cancer et cette femme qui avaient fait tous deux effraction dans son couple, dans son cœur, dans sa poitrine, oublier ce cambriolage, avec ses bistouris et ses angoisses, avec ce vent, ces spirales, et réussir malgré tout à briser le cercle, à sauver son univers, à sauver son couple. À l’aide d’un couteau, elle défonça les tiroirs du secrétaire, mais rien, rien que ce parfum qui n’était pas d’elle, rien que ce cancer, rien que cette boule de feu, ce cambriolage, cette déchirure dans la poitrine, et puis le cliquetis des clés, l’aboiement des chiens, les pas précipités dans l’escalier, le revolver dans le tiroir du secrétaire… La bouche de l’arme dont le feu avait bondi, terrible, avec l’envergure et la rapidité fatale d’un tigre qui sort ses griffes, et cette détonation, cette détonation effrayante qui roulait encore dans sa tête comme le rugissement de mille fauves…


Ses yeux maculés, éclaboussés de peines brillaient intensément… Deux petites larmes pastel vinrent se cristalliser en bas des paupières, comme des auréoles brisées de givre bleu… Cynthia se détacha du corps qui collait à sa nuisette ensanglantée. Elle l’allongea délicatement. Il avait le visage livide, empreint de la douleur et du froid qui s’étaient immiscés profondément sur ses traits en lui creusant les joues, exagérant ses rides, dessinant sur sa figure crispée, les frontières invisibles d’un autre monde ; pourtant il gardait un sourire qui s’était figé, posé sur ses lèvres, un sourire immaculé, un sourire presque énigmatique, comme une illusion, avec sa tête qui s’enfonçait ostensiblement, en donnant l’impression qu’elle allait s’évanouir, disparaître, engloutie dans les sables mouvants et moelleux de l’oreiller pour l’éternité.


Cynthia se coucha à ses côtés. Sur sa tenue de mousseline, presque en forme d’étoile enluminant son sein, un énorme rond de caillot visqueux arraché à sa poitrine à lui, était en train de coaguler. Elle serra dans sa propre main libre, la main blanche, sans vie, complètement froide du cadavre et elle laissa glisser son autre main dans les plis du lit et les draps de satin jusqu’à ce que le révolver tombe d’un poids sourd sur le sol… Enfin, comme vidée de chaleur elle aussi, mais remplie de soupirs et de promesses étranges qui se tissaient avec l’air chaud de la tramontane, elle sombra dans le sommeil, bercée par la musique lointaine, hypnotique, de ballerines mécaniques et de carrousels lumineux.


À ce moment, dans la buanderie, les deux dobermans de la maison se mirent à hurler à la mort…


 
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   florilange   
5/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je n'aime pas trop le traitement de cette histoire, trop longue et parfois trop lourde.
Pourtant, c'est une belle histoire d'amour et de vengeance, de combat pour la vie et pour l'amour.
C'est un point dont on ne parle pas souvent, des hommes qui trompent leur femme, juste au moment où elle aurait le plus besoin de leur soutien, parce qu'ils sont lâches, parce qu'ils ont peur de la maladie, de la mort, parce qu'il leur faut aller se rassurer ailleurs.
Le style est relativement correct, détaché, extérieur, comme si la narratrice ne ressentait soudain plus rien, après avoir trop souffert.

   Anonyme   
6/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte bon mais avec des défauts, c'est ce qui me vient immédiatement à l'esprit. J'ai aimé cette sorte de ping pong, de zigzagment entre les personnages, la pièce, comme si le tracé de la balle n'avait pas été rectiligne, qu'elle avait du se frayer un chemin.

J'ai aimé cette écriture un peu folle, qui por moi ressemble surement à ce qu'on ressent à l'approche de la mort.

Mais il manque un petit je ne sais quoi pour que ça prenne vraiment. Comme une once de folie en plus, un peu plus de couleurs, même si celles ci sont présentes.

Un moment de suspend peut être? Ou d'interrogation? Bref, une latence en plus, un soupçon frénétique.

Mais c'est un bon texte.

   Maëlle   
6/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
A la fois trés cinématographique dans les images qu'il suggére, et trés litterraire. j'ai apprécié cette plage de calme étrange, cette histoire un peu folle, et simple, en même temps.

   NICOLE   
6/1/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Un paragraphe de vingt-sept lignes, c'est déja indigeste pour une page de livre (ou deux pages, en l'occurence), mais alors sur un écran d'ordinateur....
Ceci mis à part, j'ai trouvé ça plutôt gratuitement sanguignolant, et pour tout dire, le caillot final coagulant tranquillement sur la nuisette a sonné le glas de mon intérêt vacillant.
Une incohérence m'a également génée : l'auteur nous fait un récit détaillé des tourments endurés par la jeune femme durant sa maladie, pour conclure en nous disant son combat "pour oublier son cancer". Je ne crois pas qu'il soit possible d'oublier, de passer à autre chose, certainement, mais en aucun cas d'oublier.
Le sujet est interessant, et même plutôt original, c'est son traitement qui n'emporte pas mon adhésion. Désolée.

   Pattie   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai eu une indigestion de points de suspension, mais l'histoire m'a intéressée, bien qu'elle soit banale (une femme jalouse tue son mari). C'est la narration qui lui donne son relief et ses nuances. J'ai apprécié que tout soit dit « depuis l'intérieur », sans qu'on explicite trop, en laissant au lecteur le soin de remplir les blancs de l'histoire. Ça en fait un texte complexe, à penser longtemps pour en tirer tout ce que l'auteur a voulu y mettre et tout ce qu'il a laissé le lecteur y mettre.

Un exemple d'effet de style qui me semble soutenir ce parti pris de laisser le plus de blancs possible : « ce cancer qui la rongeait de tous ses feux alors que lui, mais elle avait combattu ». Ce « lui », qui n'est suivi de rien, et dont le blanc n'est même pas souligné par la ponctuation, je le trouve drôlement bien trouvé, et j'apprécie la prise de risque stylistique de l'auteur. (Mais si ça se trouve, c'est un oubli ? Tant pis, j'aime !).

J'ai bien aimé aussi les répétitions un peu étourdissantes. Pas pour l'histoire, parce qu'elles sont lourdes, mais parce qu'elles servent la narration, et donnent un côté poétique au texte. Je les ai appréciées parce qu'elles sont un choix de narration.

Mais tous ces points de suspension... Pfiou. C'est fait exprès, en plus, puisque même dans la présentation, on a ce souffle essoufflé. (Au moins, on est prévenus !)

   widjet   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Est-ce Larivière derrière ces mots et surtout ce traitement ?

C’est la première réflexion que je me suis faite après la double lecture de cette nouvelle. Si ses « Lézards » avaient rebuté de par leur opacité, ici, c’est tout le contraire, c’est très accessible… Et pourtant ça ne marche pas. Du tout. Je ne vais pas tourner autour du pot : c’est une grande déception. Je m’interroge, donc. Dans son souci d’accessibilité, l’auteur n’a pas lésiné sur les moyens : le message enfoncé à coup de pilon. C’est tellement répété, tellement surligné que c’en est agaçant. Cette redondance (dans les mots, des phrases entières même, les mots sont répétés un paquet de fois sans que cela ne donne le vertige désiré, cette sensation de manège infernal, si tu vois ce que je veux dire). Bien que (souvent) volontaire, c’est parfois franchement dispensable et même épuisant à lire.

Alors, des choses m’ont plu bien sûr car il y a des couches dans ce texte… enfin, je crois (ou je le ressens comme ça) Je vois bien l’antagonisme des couleurs et des sentiments « bleu/froid », rouge (sang)/rage/(boule de)feu ainsi que ce phénomène de « perforation », « d’ intrusion » (cambriolage dans le sens large : matériel (appartement), mais corporelle (balle) ou intime (sein, féminité), même de l’esprit, cambriolage de la confiance (trahison adultérine)… Je vois tout ça et j’aime les textes avec plusieurs niveaux de lecture.
Le long passage du « Elle le serra… » (d’ailleurs tu aurais pu trouver des synonyme merde, serrer, enserrer a tout bout de champs, y’avait autre chose). Tout est trop expliqué, surligné à outrance. On est tellement prit par la main qu’on laisse notre cœur et notre interprétation aux vestiaires. Je ne t’ai pas reconnu dans ce procédé. Tu es passé d’un extrême (« Les Lézards ») à un autre. Le virage est trop brusque pour moi, le contraste trop grand.

En revanche, il y a quelque chose qui m’a troublé et qui peut-être (je n’y crois pas trop mais ça me titille quand même) offre une autre compréhension de l’intrigue. Il y a ce « Daphné (Cynthia) le regardait ». Je me suis dit pourquoi l’homme fait il l’amalgame des deux femmes ? Est-ce sa fin prochaine qui trouble sa vision… ? Mais, d’un autre côté il l’appelle Cynthia (alors qu’inverser les noms de temps en temps aurait conforté mon interprétation). A cela s’ajoute une ambigüité, celle de ce cambriolage. Que cherchait Cynthia ? Tout porte à croire que c’est l’arme, mais je n’en suis pas certain (pourquoi foutre en l’air toute la maison ?) Peut-être cherchait-elle autre chose ? Des preuves de l’infidélité de son mari, par exemple ? Un mot doux, un parfum…

Et c’est là que je me pose une question un peu folle. Et si cette Cynthia et Daphnée n’était qu’une seule et même personne ? Si Cynthia avait des accès de schizophrénie ? Cela expliquerait cette fouille de l’appartement et qu’elle soit tombé sur un mot qu’elle aurait (en tant que son épouse) écrite elle-même ? Cela pourrait expliquer aussi toutes ces répétitions, dont la phrase complète « La bouche de l’arme dont le feu avait bondi, terrible, avec l’envergure et la rapidité fatale d’un tigre qui sort ses griffes, et cette détonation, cette détonation effrayante qui roulait encore dans sa tête comme le rugissement de mille fauves… »
Je vais peut-être loin, mais si j’ai vu juste alors, je tire mon chapeau car l’idée est géniale.

Déception sur les dialogues totalement ratés (ceux du mec agonisant surtout, j’y ai pas cru une seconde, ça sonnait et trop « pensé » pour un gars sur le point de crever) et parfois même… comiques (« je vois tout en bleu… »…ça fait un peu le mec sous ecstasy, désolé…ou ce « qu’est-ce que j’ai froid » qui m’a fait sourire alors qu’un « J’ai tellement froid » eut donné un ton plus dramatique…enfin, mon avis quoi…).

Bref, voilà un commentaire sur le vif, comme toujours. Grosse déception car la forme, le traitement ne m’a pas emballé.

W

EDIT : Widjet a lu le comm de Estelle...Et il sourit tout pareil....

   Anonyme   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
j'ai trouvé ce texte trop répétitif, l'histoire avance très lentement, au moment où Cynthia vient s'asseoir près de son mari pour l'enlacer, l'histoire reste figée sur cette partie: elle l'enlace, elle le serre, elle le réchauffe, le 3 quart du texte tourne autour de cet enlacement avec quelques dialogues qui n'empêche pas cette partie de l'histoire de tourner en rond, tu t'es trop attardé, que c'est lent!

Et puis parler de nombreuse fois des seins de Cynthia dans un moment pareil: "ses seins se durcissaient au contact de cette étrange matière liquide" j'ai trouvé ça obsessionnelle.
Bien qu'à la fin j'ai compris l'importance d'en parler, elle en porte des cicatrices gravées sur et dans sa chair.

"Daphné (Cynthia) le regardait", si la victime en plein hallucination voit devant lui Daphné, logiquement il aurait dû s'adresser à sa femme en l'appelant par ce prénom, à moins que l'image de Daphné ait soudainement disparu de sa vision
mais cela n'est pas précisé donc à nous de deviner.
Un drame qui me laisse froid.

   Anonyme   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Etrange ...
L'écriture est belle...
Dès les premières lignes, cette étrangeté est posée par les oppositions, les dualités : le froid/le chaud, une soirée chaude de juillet (c'est familier et agréable pour chacun d'entre nous) s'oppose à son aspect malade ...Dans les dualités et doubles, nous aurons ensuite deux femmes qui semblent ne faire qu'une ...un sein reconstitué et torturé qui semble colmaté une blessure conique ...
Comme si elle guérit (après que l'on lui ait extirpé un nodule), lui devait mourir avec un corps étranger.. Un étrange état fusionnel du couple...Comme si lui avait récupéré le nodule ...
Des images intéressantes " une furie henissante ... de pièce en pièce"
Une répétition "crépitement rugissant de mille fauves" à la fin deux paragraphes différents me paraît maladroite. Le thème porte sur la jalousie ce qui semble être curieusement une vengenance qui se mange froid ...et puis se calme extrême après la furie générale ..encore étrange ..;
Toute cette étrangeté semble voulue
Des longueurs trop importantes qui nuisent je trouve au texte.

Tout ceci dans une lueur fantomatique : du blanc, diaphane ...

   Anonyme   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n'ai pas aimé ce texte et surtout, je n'en ai pas aimé l'écriture, trop pesante, trop répétitive, trop démonstrative sans que j'en comprenne la nécessité. Cette antienne autour du sein, franchement, ça ne m'a pas convaincu du tout.

De plus j'ai très vite été arrêté par ce "Daphné (Cynthia)" que je n'ai pas compris, pour être franc et que j'ai plus attribué à une indécision de l'auteur qu'à une véritable volonté littéraire. Un personnage et son double ? Ma foi, si c'est ça, alors vraiment, je n'applaudis pas à la performance, tant je trouve le procédé maladroit. Rien vraiment qui puisse me convaincre à ce niveau-là.

J'ai aussi eu quelques soucis avec certaines phrases qui me semblent mal contruites, notamment :

"Les tiroirs du secrétaire en acajou style Napoléon III avaient été forcés au couteau avec une telle violence, qu’il paraissait à jamais irréparable… ". En l'état, pour moi, la phrase est grammaticalement incorrecte, le "qu'il" devrait en toute logique faire référence aux tiroirs qui sont le sujet de la principale, et non au secrétaire. Il aurait fallu à ce moment-là écrire "que ce dernierr" ou "que celui-ci".

"ce cancer qui la rongeait de tous ses feux alors que lui, mais elle avait combattu," ce "alors que lui," me laisse vraiment perplexe, je n'y vois pour ma part aucune audace littéraire, juste une faute de ponctuation pour le moins...

Les seins qui se redressent sous l'effet du froid me semblent être une notation assez hors de propos ici (et pas convaincu que les lois de la physique soient respectées dans de telles circonstances...). Les dialogues m'ont paru aussi totalement artificiels et empesés dans un tel contexte.

Il y a quelque chose dans la litanie de la femme qui aurait vraiment pu me séduire (je suis assez adepte de ces leit-motiv psychologiques), mais j'avoue que trop de détails ont agacé ma lecture et ne m'ont pas permis d'être vraiment disponible pour savourer pleinement les qualités de ce texte.

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Alors ce texte il n'a rien fait qu'à m'embêter dans mon espace lecture, je pouvais pas le lire, et le titre...
Enfin le titre m'attirait. (moi les cambriolages tout ça...)

Et le titre est un joli leurre.
Comme l'histoire, racontée de manière très originale par Larivière, qui nous a plus souvent habitué à une écriture plus recherchée, plus alambiquée.

Ici, j'ai eu l'impression de regarder un tableau se mettre à bouger devant mes yeux, par petits cercles, comme si je voyais des ricochets prendre forme.
Un instant figé, quelques minutes tout au plus... une narration figée sur une seule pièce, mais plein de sentiments, d'idées, d'images qui jaillissent comme des flashs de couleur vive...
Tout dans cette nouvelle, et je pense que c'est une technique intéressante, est racontée de manière très visuelle, et originale, ici.

Les couleurs d'abord... du noir, du bleu ciel, du blanc ou du pèche et cette tache de rouge (un peu la peau de madame, bronze, mat)... moi ça m'a fait penser à l'Inspiration de Chagall (qui oppose des triangles bleu, blanc et noir divisés en carrés des mêmes couleurs ...)...

Puis les petits cercles, les échos, les ricochets... à la manière de certains auteurs de nouvelle que j'affectionne, on se fait mener en bateau. (si je dois transposer au cinéma, j'ai un peu l'effet 5è élément) On pense qu'on assiste à une scène post cambriolage... et puis le délire du narrateur nous dévoile, petit à petit, les véritables évènements qui ont ponctué son dernier soir... sa vie... le tout apparait très lentement, de manière réfléchie....
Le prénom Daphné (Cynthia)... j'aurais voulu qu'il les confonde plus... parce qu'il leur parle à toutes les deux je crois, je me demande même s'il les voit pas vraiment toutes les deux... il y a ce parfum qui n'est pas d'elle...
(Edit Widj : je trouve l'idée de W pas mal pour les prénoms, tu me diras s'il a bon?)
L'histoire en soi me plait moins. Enfin, je veux dire ce qu'il y a derrière l'histoire. Bien que je comprenne l'intention.
En première lecture j'ai pas apprécié l'évocation du cancer... je l'ai trouvé superflue, l'histoire n'en ayant pas besoin pour être crédible. Et puis ensuite, j'y ai compris un parallèle... et puis une manière d'insérer dans l'histoire la touche de rouge. La couleur, vive, comme la douleur, ou son absence...

Les oppositions (j'aime les oppositions) de chaleur, de froid... de calme, de tempête...
Et puis l'écriture résolument masculine dans la narration... le côté protecteur et en même temps détaché de la femme qui est complètement décalé. Lui qui est finalement très "comme tous les hommes malades", très enfantin dans sa manière de rechercher du réconfort, là...

Et j'aime que ça se termine sur les dobermans...

J'ai donc bien aimé. Dans la douceur et la violence, la sensualité dans la mort, le traitement qui me séduit dans la fièvre (merde on devrait vouloir le tuer, et on a juste envie de lui faire un bisou sur le front au personnage principal, pour qu'il ait pas peur...) et les images très surréalistes et picturales qui me renvoient à Dali avec les tigres... à Chagall avec les couleurs... à Munch dans le cri silencieux...

Merci Lari, j'ai passé un bon moment. J'en ai trop dit, c'est pas bien de commenter des toiles... mais tant pis...

Si j'avais un seul bémol... j'aurais aimé que la nouvelle soit un peu plus longue. Un rien plus explicative... mais finalement le non voyeurisme c'est sympa aussi.

Au plaisir de te relire, dans quelque chose d'encore différent, de risqué avec ton écriture...

Edit je lis le com de Widj... je souris... je trouve qu'on retrouve Larivière tout au long de la nouvelle au contraire... dans la technique, dans l'usage de certains mots, dans la violence des images...
mais bon, c'est moi aussi...
Pour les répétitions, je crois sincèrement que c'est induit par la mort à venir... je crois qu'à ce moment là on est juste dans ce qu'on a encore envie de dire. Peu importe la manière de le faire..
Edit2 j'ai pas été perturbée du tout par les suspensions (mais j'en abuse moi-même) que je trouve nécessaires à cette espèce d'urgence suspendue (justement) dans l'élocution des personnages... dans l'arrêt sur l'instant...

Bises
Estelle

   shanne   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Un bon Texte avec une description bien détaillée de cette souffrance morale et physique, de cette lutte pour la vie; Oui, le sein s'est bien cicatrisé mais le traumatisme est encore bien présent, le seul moyen pour cette femme est la destruction de cet homme qui l'a trompée au moment où elle luttait pour la vie, plus jamais ça...la mort de cet être pour elle est la solution
Une lecture agréable, j'ai bien imaginé cette scène
merci et bravo

   marogne   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Entre sa sœur (Cynthia) et Daphné, Apollon aurait-il hésité? Mais chacune a réservé à ses amants la même fin, et le sein qui durcit est peut être l'image du seul plaisir charnel qu'elles se permettaient.

Un beau texte, à lectures multiples, aussi réussi sur le fond que sur la forme. je n'ai pas grand chose à rajouter. Un bémol néanmoins sur les dialogues qui peuvent un peu apparaître surréalistes dans ce contexte, mais bon, il n'y en a pas beaucoup (et puis moi je ne sais pas faire, alors...).

   jaimme   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je connais maintenant le style de Larivière et je m'attendais à... plus délirant, plus poétique. En définitive je crois que c'est là qu'est ma principale déception.
Les longues descriptions du sang qui s'échappent ne m'ont pas plu. Je n'en vois pas vraiment l'intérêt. En revanche la longue description des pensées de la femme est intéressante, elle apporte, presque à chaque phrase, quelque chose au récit.

Et pourtant pour un tel sujet j'aurais bien lu du larivièren: l'homme meurt et plutôt que de voir "simplement" du bleu, le délire d'un agonisant aurait été un cadre parfait pour... ben le truc, là, que seul Larivière est capable de faire... ben, faut lire quelques"fragments" quoi!
Au total une bonne idée: Daphné/Cynthia, femme maîtresse, ou femme d'avant et après.
Un cambriolage intérieur et extérieur.
Oui, mais un traitement qui n'est pas assez marqué du sceau de son auteur (pas aimé l'avant-dernière phrase, trop facile, par exemple).
Dommage. Faut se lâcher, même dans les nouvelles!

jaimme

   Anonyme   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
L'idée globale m'a plu;
faire croire à un cambriolage, alors qu'il s'agit d'un geste fou d'une épouse trompée;
Pour le reste, j'ai trouvé l'idée de ce cancer un peu en trop; un cambriolage, un cancer, une femme trompée, ça fait un peu beaucoup non ?
Je n'ai pas aimé les trop nombreuses répétitions, certainement volontaires, mais qui m'ont rendu la lecture indigeste, notamment celle de "la boule de feu";
Le ton du mari mourant est peu crédible;

L'impression générale est donc le traitement d'une bonne idée, par un récit manquant de légereté.

   feexlin   
9/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un seul mot me vient à l'esprit en ce qui concerne ce texte : indiscipliné. Le plus étrange, c'est que je ne sais pas si j'aime ou si je n'aime pas cette "indiscipline". Peut-être est-ce parce que le texte lui même me laisse cette sensation d'étrange...
Néanmoins, j'ai aimé beaucoup de choses :
-La description ; elle est domptée je dirais. J'apprécie beaucoup.
-L'ambiance sombre et funeste.

En conclusion, j'ai pris plaisir à lire ce texte, il m'a amené à réfléchir, et j'ai aimé ça.

   Anonyme   
10/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte je l'avais eu dans mon espace lecture, et le temps de m'en remettre et d'y revenir pour commenter à peu près correctement il avait disparu et Pour une fois que j'arrive à comprendre un texte de Larivière (et encore pas si sûre tellement la lecture est multiple ) je vais m'essayer à un commentaire.

J'aime bien cette façon de perdre le lecteur, tout d'abord on croit à un cambriolage qui a mal tourné et puis on comprend... ou croit comprendre. Ce parallèle entre le cancer sa blessure à lui l'adultère est extrêmement bien trouvé dans les trois cas c'est je crois l'essence même de la femme qui est touchée. La boule de feu qui ravage l'intérieur de la femme et n'est pas elle est également bien vu autant pour la jalousie que le cancer ...Merci pour ces trouvailles
J'ai apprécié l'intrusion des couleurs désordonnées, se confrontant, luttant entre elles, ce me semble. Comme cette femme qui finalement se bat contre elle aussi

Certains cotés m'ont moins plus
D'abord les dialogues que j'aurais aimé plus sobres:
ex J’arrive, dit Cynthia… Ne t’inquiète pas… Je suis là. Je serai toujours là…: le je suis là je pense aurait suffi
Ensuite les répliques de l'homme qui sonnent trop longue ... Je crois qu'il aurait été judicieux de les couper quitte à en renforcer les passages narratifs (notamment au niveau du bleu)

Dans le paragraphe sur l'oubli les répétitions m'ont un peu gênée parce que pas assez "hypnotisées" je trouve, cela a gêné ma lecture, sans apporter quelque chose de plus à la narration. Par contre ce paragraphe me donne cette interprétation là et même si je suis quasi sûre d'avoir tout faux je reste sur ca : Elle a cherché à oublier, à pardonner (pour moi, la trahison et le cancer je les ressens un peu anciens datant de quelques mois) et elle ne peut pas ... Du coup elle croit qu'il la trompe toujours ou alors il y a rechute du cancer je ne sais pas...

'lors que lui, ' j'ai beaucoup aimé cela...

Et le paragraphe juste avant la phrase finale m'a semblé trop banal finalement

Merci beaucoup pour cet écrit

Xrys

Edit sur l'interprétation de Widjet Non y'a un truc qui ne colle pas ce sont ses excuses à lui sa compréhension... à moins que Daphné ne soit Cynthia avant le cancer (genre il ne l'a pas soutenu, pas trompée non plus mais il ne peut aimer que celle qui n'a pas eu le cancer)... Et là de toute façon le meurtre était tout aussi légitime

   MissGavroche   
11/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
L'histoire est excellente, le titre équivoque bien choisi. Les images sont belle, les descriptions fournies, voir très fournies, voire trop fournie.
En effet par moment ces descriptions nuisent à la fluidité du texte et la longueur du plus long paragraphe pourrait décourager certains lecteurs.
J'ai résisté à l'envie d'arreter là ma lecture et bien m'en a pris d'ailleurs. Mais d'autres ne passeront peut-être pas outre.

   jamesbebeart   
12/1/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Texte magnifiquement réussi, qui bouleverse - comment dire l'indicible, raconter l'horreur et les fracas du monde ?- Récit qui est servi par une écriture impeccable, un vrai poème en prose qui permet de supporter la douleur en ouvrant des portes de sortie : beauté qui nous emporte vers des rivages plus sereins. J'ai ressenti dans ce texte un hommage vibrant à la femme, à son corps dont l'intégrité est menacée et le sang de la victime comme une métaphore du mal qui s'immisce doucement... Le bleu inonde le récit comme le voile de la nuit qui s'annonce. Je relève quelques jolies formules (il y en a beaucoup) : "...juments bleues, chevaux blancs tonnant du sabot, renâclant, grattant le sol" ((belle musique !) ; "Deux petites larmes pastel...givre bleu". Merci pour ce texte lyrique et douloureux qui est un message porté au monde sur la condition humaine.

   Anonyme   
12/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Le fond est riche, hélas beaucoup de termes répétitifs m'ont forcé à faire des pauses dans la lecture.

La forme est concise. L'intensité des sentiments est moins palpable que le texte l'augure.

L'écriture est parfois trop ciselée, voire pointilleuse. Néanmoins le style de l'auteur ressort de temps en temps.

   veldar   
13/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci à l'auteur

Première remarque

"Elle l’enserra et elle eut l’impression d’enserrer un bloc de glace." enserrer.
D'autant plus dommageable que l'écriture dès les premiers mots a de la prégnance. Puis vient ce "serre moi... " pire encore, s'échappe, s'échappait. C'est étouffant. "s'enfuyait la vie" était pourtant tentant.

"l'interrompit doucement Cinthya"... je suis perplexe, le style de ce texte est très difficile à commenter. "l'interrompit-elle" s'imposait mais il y a cette confusion dans les prénoms, dès le départ. Insistance nécessaire ?
Il y a une incohérence entre le fait qu'il la fixe de toutes ses dernières volontés, on le sent exsangue, fini et le monologue qui s'ensuit. "Tout est bleu"...

"cette petite cicatrice comme une petite éraflure"... Je ne sais plus trop que penser, l'auteur ne se serait-il pas suffisamment relu ? Etranges ces répétitions qui servent le texte, et ces autres qui l'alourdissent maladroitement. D'autant plus surprenant que le vocabulaire ne fait pas défaut à l'auteur.

"une furie pleine de juments bleues, de chevaux blancs, tonnant du sabot, renâclant, raclant le sol, le dressing, le bureau, battant des ailes"... magnifique, excellent passage, délire organisé, méthodique, dédoublement de la personnalité ? Cynthia et Daphné seraient-elles "une" ?

Retournement de situation déjanté : le secrétaire, la trahison supposée, le cancer, le crime, même cambriolage, même effraction ...
La présence des dobermans, fictive ou réelle jette sur le texte l'ultime folie. la violence est époustouflante parce qu'à peine supposée.

Le texte a eu du mal à démarrer, il s'est enlisé dans l'installation de l'histoire mais les derniers paragraphes rachètent largement les lourdeurs du début.
Un style caracolant, qui ne se sent vraiment à l'aise que dans la longueur, le délire et la folie imbriqués.
Surprenant.

   Cortese   
5/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai eu du mal à lire ce texte. Suivre l'intrigue demande de la concentration, et je ne me suis pas sentie suffisamment récompensée. Il y a quelques maladresses de style qui m'étonnent, et qui ont du être relevées dans les précédents commentaires.
Quant à l'histoire, on a du mal à suivre, c'est un peu nébuleux mais pas assez fou pour qu'on se laisse porter. Et puis cette histoire de cancer du sein... Il y a une bonne intention c'est sûr, mais c'est extrêmement difficile d'aborder un tel sujet en nouvelle. Là, c'est pas complètement raté, mais quand même redondant, et plat, au bout du compte. C'est vraiment dommage d'écrire "réussir malgré tout à briser le cercle, à sauver son univers, à sauver son couple." juste après une belle image comme celle-ci : "une furie bienfaitrice la soutenait, la redressait dans son honneur, une furie hennissante, une furie qui faisait frémir ses sens et sa peau bronzée dans des reflets de flammes orange, une furie pleine de juments bleues, de chevaux blancs, tonnant du sabot, renâclant, raclant le sol, le dressing, le bureau, battant des ailes..." Ça ne va pas ensemble, ça détonne et ça casse l'effet. Peut-être que ce texte demande encore du travail ?
En tout cas, l'auteur semble plus à l'aise avec la folie douce qu'avec une histoire ordinaire et un texte simplement déchiffrable.
A bientôt pour d'autres lectures.

   Mellipheme   
9/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Arrivant sur ce cambriolage alors que je venais de lire les Lézards du même auteur, quelle surprise ! Ou sont la richesse verbale et le délire de mots qui gonflaient les voiles de l'imagination et faisaient que j'avais si bien accroché aux Lézards ?

Ici, le style s'assagit, trop pour mon goût. Il reste une jolie nouvelle bien léchée, une peinture sentimentale du meurtre non prémédité du mari adultère par son une épouse minée par la maladie et de s'être trouvée trop seule face à son mal.

Je précise (mais mon commentaire le montre assez), que je n'ai pas compris le "Daphné (Cynthia) le regardait." J'ai donc continué ma lecture en oubliant ce double nom que rien ne justifie ou n'explique dans la suite du texte.

Le texte offre ce qu'il faut de sang et de sentiments pour faire une nouvelle à succès dans un grand magazine. Mais je crois l'auteur capable de beaucoup plus et de beaucoup mieux !


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