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Humour/Détente
Lariviere : Chat noir chat blanc
 Publié le 29/07/07  -  31 commentaires  -  25161 caractères  -  585 lectures    Autres textes du même auteur

Proposition d'un vendredi 13 pour gens superstitieux. Voici quelques petits conseils sur : Comment se débarrasser d'un chat noir ?


Chat noir chat blanc


Comment se débarrasser d’un chat noir ?


C’est très simple, avant toute chose, il convient de se munir d’un sens de l’observation et d’un livre sur les principes de préparation du lait empoisonné pour se débarrasser d’un chat noir.


Une fois les deux éléments en votre possession, saisissez-vous d’abord du sens de l’observation.


Si celui-ci est abîmé ou émoussé par les nombreux aléas de votre existence, par exemple, la routine, l’ennui, la cécité partielle, la flemme, ou par un trop-plein de chats noirs à se débarrasser, aiguisez-le un minimum avec les outils merveilleux que vous a donné la vie avant que celle-ci s’en aille voir ailleurs si vous y étiez.


Une fois ceci fait, testez immédiatement votre sens de l’observation de manière franche, en vous dirigeant vers la penderie. Ne doutez pas, c’est la meilleure façon.


Ne soyez pas intimidé par la coalition massive qui se met en place, en face de vous. Vos vêtements et même vos chaussures agissent ainsi pour vous impressionner. Ils souhaitent vous dominer, vous dompter, pour que vous rentriez en eux comme d’habitude, pour que vous glissiez encore à l’intérieur de ces inconfortables secondes peaux, pour qu’ils puissent continuer à vous démanger, à vous happer, à vous amidonner, à vous réduire, à vous malaxer, à vous digérer des pieds à la tête comme si de rien n’était, comme s’il n’y avait pas de malaise, comme s’il n’y avait pas de chat noir à se débarrasser.


Focalisez-vous sur l’objectif, qui est uniquement de tester votre sens de l’observation pour vous débarrasser d’un chat noir. Gonflez la poitrine et armez-vous de courage, vous êtes la cible d’une guerre psychologique de bas étage, et comme vous êtes au premier, prenez de la hauteur, et au lieu de vous décourager, voyez plutôt cet affrontement comme une source de stimulation.


Visez droit dans les yeux le profil haut le regard affirmé et les yeux plissés si cela vous aide à faire la mise au point, toisez l’ensemble et plus précisément les cravates et les sous-vêtements, car ce sont eux les meneurs. Observez alors attentivement vos 367 cravates et vos 382 sous-vêtements, car vous êtes assez coquets et que vous en avez respectivement pour tous les jours de l’année, plus les autres. Vous vous apercevrez avec satisfaction que les sous-vêtements adoptent déjà une attitude de soumission. Occupez-vous maintenant de vos horribles cravates. Après les avoir dévisagées une à une, avec insistance, sans baisser les yeux, pendant tout le temps nécessaire à exercer la préhension du moindre détail utile à percer la personnalité propre à chacune, résistez à la tentation de vous pendre avec l’une d’elle. Ensuite, il s’agit de faire un croquis précis et criard à la manière dégénérée d’un styliste, dans le but de décrire exactement ce que sont vos cravates et non ce qu’elles veulent bien donner comme image d’elles. Ceci est un excellent exercice destiné à donner appétit et acuité à votre sens de l’observation.


Si vous n’y arrivez pas ou si vous n’êtes pas coquet et que vous avez seulement une demi-douzaine de cravates, ou seulement trois, ou seulement deux, ou une seule, ou si pour une raison X ou Y, vous n’avez pas de cravates parce que vous êtes une femme et que vous ne portez pas de cravate, ou que pour une autre raison génétique, vous portez sur un de vos chromosomes le gène de l’allergie à la cravate, ou pour toute autre raison autre qu’une raison de chromosome, c'est-à-dire uniquement par goût, par dégoût ou même sans aucune raison, vous n’avez quand même pas la moindre cravate, ce n’est pas grave. Laissez tomber les sous-vêtements (à part peut-être celui que vous portez actuellement), qui sont sans importance dans cet entraînement et prenez un rubik’s cube et un dé à coudre. Jouez avec le rubik’s cube si vous voulez. Observez les deux objets attentivement, et essayez, après une description des caractéristiques de chacun des deux objets que vous calculerez mentalement sur la base de votre observation, de mettre en évidence les différences que vous avez pu constater. Si vous n’y arrivez pas non plus, ce n’est pas catastrophique mais c’est quand même préoccupant.


Prenez un Aspégic 1000. Votre sens de l’observation est au point mort et en plus, vous devez avoir mal à la tête.


Il ne faut pas oublier que vous avez un chat noir à vous débarrasser.


Il faut se rendre à l’évidence, les exercices étaient en réalité trop ardus pour un début ou un débutant, et vous n’auriez peut-être pas dû jouer au rubik’s cube. L’Aspégic ne calme ni vos maux de tête, ni votre envie de vous débarrasser d’un chat noir. Vous avez peut-être une méningite. Les autres signes cliniques sont une raideur de la nuque, des nausées, une gêne plus ou moins forte à la lumière. Dans ce cas, l’obscurité devrait calmer vos maux de tête. Les examens biologiques nécessaires sont une numération formule sanguine et surtout une ponction lombaire, qui se fera en général entre la quatrième et la cinquième lombaire, ceci dans le but de collecter un peu de liquide céphalorachidien et ainsi de mettre en évidence le germe responsable, mais cela n’a aucun intérêt en l’espèce, votre méningite n’étant pas d’origine infectieuse.


Votre cerveau est tout simplement encrassé par trop de chats noirs à se débarrasser, et vous êtes victime de ce qu’on appelle la lassitude de toxémie gravidique existentielle si caractéristique des vertébrés qui ont des chats noirs à se débarrasser.


Avant d’aller plus loin, préparez-vous mentalement à éliminer les toxines qui paralysent vos capacités d’observation et d’action. Faites-vous couler un bon bain. Vous pouvez maintenant vous débarrasser du sous-vêtement que vous portiez jusqu'à présent. Rentrez dans votre baignoire. Enlevez aussi votre montre si elle n’est pas water résistante. Prenez un bain chaud. Faites un travail sur vous-même. Détendez-vous un peu. N’oubliez pas que tout affect plongé dans un liquide peut voir la vie se répandre dans le liquide en question. Dans ce cas, ne jetez pas la vie avec l’eau du bain et recousez-vous les veines. Ne culpabilisez pas, ce geste est la résultante d’une somme de grande fatigue alpha et oméga qui peut arriver à tout le monde, surtout quand on a un chat noir à se débarrasser et un rasoir tranchant à portée de main.


Même si vous n’en avez pas conscience, grâce au rubik’s cube, aux cravates, et aux maux de tête vous avez désormais appris que le réalisme est le fruit subjectif de l’imaginaire et que c’est uniquement l’abstrait qui est bel et bien réel. Ceci vous servira peut-être, dans votre action à mener pour vous débarrasser d’un chat noir, mais ce n’est pas certain. Par contre, votre sens de l’observation ainsi dédouané des lieux communs vous permettra désormais de passer les frontières hermétiques des rubik’s cubes et des cravates et d’appréhender grâce à cela l’amovible et le multiple, ou d’entrer dans un dé à coudre avec plus de facilité et de découvrir qu’il existe à l’intérieur une galaxie qui est la même que la nôtre en miniature, avec son ciel de nuit fraîche et ses étoiles, son taux d’hydrométrie appréciable, ses soupirs et ses espoirs, et aussi ses inévitables cravates à tête de gavial ; bref, d’accéder ainsi plus facilement aux alter paramètres dimensionnels qui se construisent toujours sur des mécanos pourvoyeurs d’interfaces, qui sont de consistance élastique, ce qui ne les rend pas pour autant facilement perméables quand ils se cachent dans les plans de ce que nous appelons réel et qui n’est que la vision vulgarisée du réel.


Maintenant, épongez-vous le front. Après cette réflexion alambiquée, votre méningite n’a pas dû s’arranger et votre envie de vous débarrasser d’un chat noir, elle, doit être plus forte que jamais. Si vous n’avez pas compris tout cela, tant pis. Faites alors en sorte que même l’action de mettre vos souliers vous procure la sensation de vivre un moment merveilleusement unique. Que cet acte-là soit lui aussi manqué ou non, peu importe, vous êtes prêt.


Votre sens de l’observation en poche, il convient de repérer le lieu exact où un chat noir vient séjourner chez vous avec le plus d’assiduité, ce qui devrait se faire assez facilement, dans la plupart des cas. Ce lieu est certainement l’endroit de prédilection d’un chat noir dont vous voulez vous débarrasser. Désormais, vous connaissez plus que jamais la tanière secrète de la bestiole, ce qui va vous permettre de frapper là où ça fait vraiment mal, non pas par sadisme, mais pour des raisons évidentes d’efficacité. Maintenant, mettez en place le piège fatal qui vous permettra de vous débarrasser d’un chat noir.


Déposez donc au lieu dit une soucoupe de porcelaine remplie de lait empoisonné que vous aurez préparé préalablement, à l’aide de la recette sur le lait empoisonné que vous vous êtes procuré, puis la boire cul sec, à la hâte, rapidement, en lapant le lait à la manière d’un chat. Ensuite, vous devrez éponger et nettoyer le lait et le poison qui pour des commodités tactiques ont été réunis précédemment dans un même liquide, liquide qui maintenant se répand lentement mais sûrement autour de la soucoupe de porcelaine, car vous avez pu remarquer que, n’étant pas expert en lapement à la manière d’un chat, les petits coups haletants de votre grosse langue gauche ont provoqué d’énormes éclaboussures de lait empoisonné, qui commence d’ailleurs à mener son action corrosive sur le pied de rosier de la voisine et accessoirement aussi sur l’ensemble de votre œsophage.


À ce propos et à ce stade, il est important que vous ayez suivi à la lettre les principes de préparation du lait empoisonné pour se débarrasser d’un chat noir, en sachant que peu importe l’auteur et l’œuvre que vous avez choisis parmi les innombrables recueils écrits à ce sujet, mais qu’en revanche la traduction de ce type de recette ne peut se faire à la va-vite et encore moins de façon désinvolte, l’objectif étant quand même de se débarrasser d’un chat noir. La traduction allemande étant certainement la plus dure, il aurait été préférable que vous choisissiez un ouvrage de langue latine ou wallonne, encore que ce genre de conseils ne soient donnés que sur une constatation empirique d’épiphénomènes totalement en marge des recherches en cours et totalement infondés de fait scientifique.


Par ailleurs, l’édition que vous avez pu vous procurer n’est pas une édition originale. Même si elle semble déplacée, présomptueuse, condescendante, cette affirmation doit être prise avec le plus grand sérieux, car celle-ci est totalement fondée sur des recherches en cours, totalement randomisée par de nombreux essais sur de multiples cohortes, totalement validée par les plus hautes études panaméricaines et transcontinentales, totalement fondée donc, sur des faits scientifiques.


Toujours est-il que l’édition que vous avez traduite avec le plus grand soin n’est pas l’édition originale, ce qui n’est pas grave… ce qui risque de l’être, en revanche, ce sont les erreurs d’approximation que votre connaissance tâtonnante de la langue germanique auront provoquées, si malgré toutes les mises en gardes, vous avez choisi une œuvre allemande.


Autant le dire à ce moment avec la solennité de rigueur : si le dosage du poison n’est pas conforme, si la dose du poison dans le lait dans la soucoupe de porcelaine que vous avez bu cul-sec est trop forte, vous risquez de mourir cul-sec vous aussi et vous ne pourrez pas vous consacrer au nettoyage de vos éclaboussures empoisonnées autour de la soucoupe et du plan de rosier de la voisine. Mais n’imaginons pas toujours le pire, d’autant plus que les efforts d’imagination doivent s’avérer difficiles puisque vous avez bu cul-sec du lait empoisonné, que vous avez une méningite et que vous voulez vous débarrasser d’un chat noir. En réalité, vous avez très bien réussi à doser votre lait empoisonné et vous avez très bien réussi à nettoyer vos éclaboussures. L’opération qui consiste à se débarrasser d’un chat noir commence à peine.


Il faut ensuite se munir d’un sécateur, pneumatique ou non, et tailler un plant de tomates sans se soucier de l’espèce, en faisant bien attention de ne pas regarder les fruits. Choisissez une tomate au hasard. Attention vous n’avez pas l’autorisation de la regarder. Si la tomate est mûre, ce que vous jugerez au toucher, vous la déposerez dans la soucoupe de porcelaine vidée cul-sec. Si la tomate n’est pas mûre, renouveler l’opération du choix hasardeux deux fois, même si sur la prise suivante vous tombez du premier coup sur une tomate mûre.


Calculez la probabilité avec cette méthode de tomber sur une tomate mûre utilisable en prenant en compte le taux d’hydrométrie global depuis votre naissance tout en retranchant la période antérieure au plant de tomate, multiplié par le nombre total de cravates que vous possédez.


Vous pouvez aussi vous aider de la taille globale du plant de tomate taillé, car vous ne pouvez pas regarder les tomates mais vous pouvez regarder le plant.


Vous aurez besoin pour trouver le taux d’hydrométrie global d’incorporer à votre calcul le nombre de chats noirs existants divisé par le nombre de verres de vin bus avec plaisir depuis deux quinquennats environ ainsi que le degré Celsius, Fahrenheit, ou Kelvin retranché à 273,15 qui règne à l’intérieur d’un poumon ou d’un dé à coudre, ce qui est la même chose.


Renouvelez l’opération du choix hasardeux qui prendra l’allure d’une répétition hélicoïdale aplatie par un taux d’hydrométrie au plus bas. Ensuite, faire un diagramme en projetant sur une courbe grand A de couleur rouge le nombre d’amis que vous avez perdu définitivement pendant l’opération.


Il peut y avoir une courbe grand B de couleur jaune comme projection du nombre de pucerons empoisonnés qui sont tombés du rosier de la voisine pendant l’opération, mais cette courbe est sans importance.


Ne pas se décourager, bientôt vous serez débarrassé d’un chat noir.


Surtout, ne laissez pas l’amertume vous gagner, à moins que ce ne soit déjà les effets du poison. Effectivement, vous pouvez constater qu’il fait très chaud. Vous avez la gorge sèche. Votre cœur bat très vite. Dénouez le nœud de votre cravate si vous en portez une. Vous êtes polypnéique. Des bulles de laves se baladent en suspension dans l’atmosphère. Votre cardiofréquencemètre ou votre scope portatif marque des pulsations à 140 battements/minutes en moyenne. Votre taux d’hydrométrie est au plus bas malgré un taux de pluie record. L’air vous pique les poumons, car vous êtes toujours au milieu de vos plants de tomates et que le poison commence à faire des pelotes avec les veines de votre estomac, mais ne paniquez pas et concentrez-vous sur un chat noir dont vous voulez vous débarrasser.


Est-il utile de rappeler que vous êtes toujours comme perdu, au milieu de votre plant de tomate avec votre dé à coudre et votre méningite et qu’à cet instant vous ne vous sentez pas très bien car vous êtes vous-même dans une serre qui est un énorme poumon moite, où vous êtes vous-même un poumon moite, où il y a des plants de tomates à tailler et un chat noir à se débarrasser malgré un taux d’hydrométrie au plus bas ; et que dans ce poumon tomate moite il y a un plus petit poumon moite et ainsi de suite sans qu’il soit facile de dire le nombre exact de poumons ainsi contenus les uns dans les autres, car la projection mentale de tous ces poumons de petite taille devient rapidement impossible, ce qui signe là l’atteinte victorieuse du poison sur votre système neurologique.


Puisque malgré la sueur abondante et les rayures de votre esprit vous voulez toujours vous débarrasser d’un chat noir et que vous êtes toujours au milieu de votre plant de tomate, choisissez-en une au hasard. Attention vous n’avez toujours pas l’autorisation de la regarder. Si la tomate est mûre, ce que vous jugerez au toucher, vous la déposerez dans la soucoupe de porcelaine vidée cul sec. Si la tomate n’est pas mûre, renouvelez l’opération du choix hasardeux deux fois, même si sur la prise suivante vous tombez du premier coup sur une tomate mûre.


Renouvelez l’opération du choix hasardeux qui prendra l’allure d’une répétition hélicoïdale aplatie par un taux d’hydrométrie au plus bas. Ensuite faire un diagramme en projetant sur une courbe grand A de couleur rouge le nombre d’amis que vous avez perdus, etc, etc…. Vous savez déjà que la courbe grand B de couleur jaune est accessoire. En revanche, n’économisez pas le tracé de la courbe grand A, qui vous sera utile si un jour vous avez besoin de vous débarrasser d’un chat blanc. Ne pas se décourager, bientôt vous serez débarrassé d’un chat noir.


Si vous arrivez assez rapidement à briser la répétition hélicoïdale et à déposer une tomate mûre dans la soucoupe vidée cul sec, c’est que les tomates étaient bien mûres et que les plants de tomates étaient bien taillés… À ce stade, visionnez alors l’intégrale de votre existence en vous remémorant tout, de votre naissance jusqu’au moment où vous avez ressenti la nécessité de vous débarrasser d’un chat noir, et taillez allégrement les rushs de votre vie de façon à ce que celle-ci ressemble à un plant de tomate.


Si vous y arrivez et que vous ne vous êtes pas coupé durant cette périlleuse manœuvre, malgré un taux d’hydrométrie au plus bas, un cœur à 140, un poumon brûlant, d’horribles cravates, une gorge qui pique, un rosier empoisonné, un taux de poison record et un chat noir à se débarrasser, c’est, de mémoire d’homme, une chose exceptionnelle qui mérite d’être signalée au même titre que « l’homme a marché sur la lune ».


Mais une fois l’immense gloire pompeuse que vous pourriez en tirer sur l’instant, estompée et pompée goulûment par un taux d’hydrométrie au plus bas (peut-être d’ailleurs légèrement contrarié par le fait que vous soyez rentré à l’instant dans une phase irréversible d’emprise des toxines sur votre organisme et que délire et douleur font insidieusement leur apparition) n’essayez pas de regarder dans les coupures de presse ce qui est dit de votre extraordinaire exploit, d’une part parce que vous serez à ce moment sur le point d’être définitivement débarrassé d’un chat noir et que vous n’aurez plus l’utilité de lire aucun journal quel qu’il soit, et surtout d’autre part parce que vous seriez extrêmement déçu de voir que la narration de votre extraordinaire exploit se retrouve altérée et modifiée dans sa réalité la plus dense jusqu’à se perdre vaporeusement dans des brèves du genre :


Hier, taux d’hydrométrie au plus bas malgré un taux de pluviométrie record. Blackstone achète les hôtels Hilton. Un chirurgien laisse son fils de quinze ans faire une césarienne. Quatre cadavres repérés au large de Malte. Après la tentative d’attentat, Glasgow est sous pression. Affluence en hausse au salon aéronautique du Bourget pour les marchands d’armes. Un éléphant déprime à Buenos Aires. Sandball, succès au tournoi de la mangrove. Elle défenestre son nouveau-né du huitième étage. La fille mal gardée, ballet désaltérant sur la fièvre amoureuse. Avignon, le tireur retranché se suicide. Les pompiers parviennent à sauver des flammes un chat noir.


Vous avez donc bien fait de ne pas lire les nouvelles. Maintenant vous sentez que c’est du sérieux et que quoi qu’en disent les journaux, vous allez bientôt être débarrassé d’un chat noir. Vous avez désormais un sac de scorpions qui grouillent dans le ventre, ce qui brûle énormément et fait très mal. Les vomissements sont très impressionnants, autant par l’intensité des jets que par leurs panachages intéressants de couleurs. Vous avez aussi des araignées à la place des yeux et la douleur fait couler des tarentules sur vos joues en feu. Il va falloir faire vite, car le temps et le poison pressent…


Débarrassez-vous rapidement de la tomate mûre qui est dans votre soucoupe en porcelaine en la jetant n’importe où mais vite, ensuite monter quatre à quatre des escaliers pour atterrir dans une cuisine sans se soucier de l’espèce, de la race, ou de la marque si celle-ci est une cuisine équipée. Faites attention à ne pas glisser sur l’espèce de morceau de foie de veau sanguinolent que vous venez d’expulser de votre bouche. Lavez aussi calmement que possible la soucoupe de porcelaine. Recommencez car vous venez de cracher un peu de sang dessus. Recommencez l’opération de nettoyage autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que la soucoupe soit propre et brillante. Ensuite, séchez-la. Désolé de vous brusquer, mais désormais il faudrait peut-être se dépêcher un peu, car vous commencez à vomir et à cracher beaucoup, ce qui est le signe que vous allez mourir très prochainement. Une fois la soucoupe de porcelaine bien sèche, tapez dessus avec votre index de manière à obtenir un tintement assez joli que vous devriez trouver drôle dans ce contexte. Amassez ensuite toute la porcelaine et tous les couverts que vous possédez. N’oubliez surtout pas le service et l’argenterie offerts à votre cérémonie de mariage. Laissez tomber l’argenterie sur vos pieds en visant malgré les tremblements spastiques les gros orteils.


La phase finale qui va permettre de vous débarrasser d’un chat noir de façon définitive va commencer.


Malgré les piqûres de scorpions et d’araignées qui vous déchirent et vous enflamment tous les tissus de ce brasier qui est encore votre corps, appliquez-vous maintenant à briser, avec un flegme théâtral si possible, l’intégralité de vos services en porcelaine, le tout le plus calmement du monde, mais en même temps avec assez d’énergie et de violence pour que le bris de la dite porcelaine soit entendu par un cercle de personnes comprises dans le voisinage allant exponentiellement de trois à neuf, en fonction de n = nombre d’habitants au mètre carré multiplié par iuc = indice d’urbanisation communale, le tout divisé par le taux d’habitants global du département sur le nombre total de porteurs de cravate, ce qui se fera de façon quelque peu aléatoire même si normalement la chose aurait bien évidemment dû être décidée avec une rigueur mathématique que ni l’algèbre, ni les capacités équationnelles, ni les facultés mentales restantes ne vous permettront d’appréhender de façon véritable à cet instant, car désormais votre taux d’hydrométrie est impossible à calculer et que votre appareil respiratoire est hors d’usage, victimes de foyers sécessionnistes fomentés par des agents toxiques qui mettent tout le territoire pulmonaire à feu et à sang, ainsi que tous les organes de voisinage et que même des régions lointaines de votre anatomie, des messages alarmants vous parviennent et que des feux comme des autodafés brûlent dans votre cerveau au milieu de ce ciel rouge sang qui ne s’éclaircit pas.


Même si par des diapositives aux bords rougis et fondus vos méninges visionnent des images où il est question de ciel bleu et d’un horizon où quelque chose de paisible avance en planant, vous n’imaginiez pas que les souffrances qui vous enserrent in crescendo puissent être aussi atroces et aussi longues.


Vous découvrez donc maintenant que le fait que vous ayez traduit scrupuleusement la recette nécessaire pour se débarrasser d’un chat noir, et que vous ayez dosé le poison parfaitement, sans excès ni surdosage, n’est pas dénué d’inconvénients, le principal étant une mort douloureusement lente, inconvénient que vous appréhendez maintenant dans sa plus parfaite valeur puisque vous êtes à l’agonie, une bave mousseuse inesthétique aux lèvres et que votre cerveau bégaye sur le choix précipité du poison et qu’à la place un deltaplane aurait aussi bien fait l’affaire comme munition, et que peut-être avec un deltaplane le recul nécessaire à la situation aurait été atteint, la mise à distance proportionnelle à la prise de vent et que de cette vision du ciel, cette prise de position plus légère, plus aérienne, aurait pu se poser de façon plus sereine, dans une direction plus sage, la question de la nécessité réelle de se débarrasser d’un chat noir…


Alors que vous expirez votre dernier souffle avec votre dernier morceau de poumon, c’est à ce genre de réflexion affligeante que l’on voit que vous avez bien fait de vous débarrasser d’un chat noir et que vous vous y êtes pris d’une excellente manière.


* * *


Pour se débarrasser d’un chat blanc, s’y prendre exactement de la même manière que pour un chat noir, à une exception près : ne vous posez surtout pas la question de savoir si les hommes et les femmes vivent sur la même planète.


Au moment où vous aurez à briser la porcelaine, feignez une hilarité détachée en riant aux éclats ce qui se fera en liant exponentiellement vos éclats de rires aux éclats de porcelaine brisée multipliés par n = nombre d’amis perdu sur VTH = volume total d’hydrométrie multiplié par votre FES = Fraction d’Éjection Systolique du ventricule gauche (en pourcentage).


Le résultat devrait être assez précis et surtout assez bruyant pour que 10 puissance 3 voisins sur IG = Grand Inconnu, vous entendent cette fois. Il est important malgré tout de ne pas couvrir de votre rire le bruit du bris de porcelaine, ce qui n’est pas évident, mais il ne fallait pas vouloir se débarrasser d’un chat blanc.


 
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   Cyberalx   
30/7/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je pense que mes suppositions sont dorénavant fondées :

Tu es fou.

Au cas où tu te poserais la question, c'est un compliment.

Moi qui m'attendais à une parodie du grand Emir Kusturica, je n'ai trouvé ici que drôlerie montypythonesque et grand n'importe quoi organisé, bravo et merci pour ces larmes de rires.

   Absolue   
30/7/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'ai pas tout compris mais j'aime beaucoup ce genre d'humour absurde:-) Et c'est super bien construit! Bravo!

   Pat   
10/10/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Si y'avait pas eu cette panne, j'aurais pu être la première... Le texte me lorgnait avec provocation depuis hier, mais impossible d'y mettre un commentaire. Je ravale mon esprit de compétition... En fait, je t'ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce texte. C'est encore plus délirant que Cortazar (et ses instructions), mais aussi dans le même type d'univers que Kusturika (que j'adore aussi)... En fait, un mélange de plein de choses, (c'est ce qu'on appelle l'intertextualité) qui est à mourir de rire. Un humour décalé, avec plein de degrés, à relire plusieurs fois car c'est tellement riche qu'on en découvre toujours... Même si au début j'ai cru que j'avais un nouvel ennemi des chats à combattre ! Et que je commençais à sortir mes griffes. Mais un énorme éclat de rire m'en a empêché (t'as de la chance !).
Ce qui est particulièrement intéressant dans les textes que tu proposes c'est leur diversité. Ici, on rejoint l'ubuesque avec des images qui nous parlent (ouais je sais, ça parle pas des images, mais tant pis !) et un looser vraiment ridicule (individus que j'aime passionnément... en littérature uniquement !).
Merci de nous faire partager une créativité aussi riche... Et que tu exprimes avec une aisance remarquable (je suis jalouse! Tant pis, je ravale ma jalousie !).

Edit du 10/10/2009 : intéressant de relire ce texte qui ne vieillit pas. En fait, ce qui le rend particulièrement attrayant à mes yeux, c'est le ton, l'inventivité dans les digressions, typique du style de l'auteur quand il fait de la quasi impro (comme dans la "fuite de Milou"), inventivité où l'humour est d'une grande finesse. Mais ce qui je trouve réussi, là, c'est que l'auteur ne perde pas le fil. Il s'échappe dans ses digressions, mais revient sans cesse... Du coup, on ne perd pas le fil. C'est un exercice difficile (et périlleux) car cela rend les digressions tout à fait indispensables (ce qui pourrait être paradoxal) et font écho au thème central. Cela donne la cohérence indispensable à un texte, malgré sa nature plus que fantaisiste (déjantée).

   Togna   
31/7/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Je n'avais jamais lu Larivière. (Pardon, mais ce site est infernal, on ne sait plus où porter son attention !) La drôlerie et l'ingéniosité de ce texte me le font regretter.
La recette est compliquée, elle se prolonge au fil des paragraphes sans jamais lasser. (Je ne suis pas certain de l'appliquer lorsque le chat noir m'assaillera.)
Toutes les phrases sont bien construites, ce qui est un exploit pour certaines particulièrement longues.

La loufoquerie de l'intrigue repousse sa critique.
Pour corroborer le propos de Cyberalx, je dirais qu'il y a un peu de folie dans cette histoire, mais ne faut-il pas qu'un auteur soit un peu fou pour être bon ?
Merci Larivière

   Pattie   
31/7/2007
Juste après avoir corrigé cette petite merveille, je suis allée voir ce qu'il y avait de neuf sur le forum, et j'ai trouvé cette intervention de Cyberalx sur "Absurdus Virtuelum Encyclopediae", page 2, et vraiment, avec la perspective, c'était... bien fait ! (Vive les chats !) Un bel hommage avant-publication !

Cyberalx :
"Clap clap clap !
(bruit d'applaudissements)
Maitre Lariviere, je me permet de te féliciter pour ces nouveaux éléments qui ne manqueront pas de jeter le discrédit sur les prétendues définitions de messieurs Robert (petit et gros), Larousse, Lablonde, Laromatisée et consort...
Accessoirement, j'ajoute que je me suis dilaté la rate jusqu'à la cravate."

   Ninjavert   
2/8/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'aime pas les chats.
N'y voyez pas d'offense, c'est un fait.
Pour tempérer la chose, j'ai même quelques affinités avec certaines chattes. Comme quoi.

Ceci pour dire que comme Togna, je n'avais jamais lu Larivière. Ce titre a piqué ma curiosité, et c'est avec une certaine appréhension que je me suis jeté à l'eau (notez le jeu de mots avec Larivière) pour en découvrir les arcanes.

Que dire de plus ? Il y a dans ce grand n'importe quoi une certaine forme de génie qui force le respect et l'admiration. Il est une chose d'écrire un texte burlesque, c'en est une autre de pondre un pavé aussi impressionnament rempli de non-sens et d'absurdité qui soit pourtant totalement addictif.

Les images et situations sont formidables d'humour barré, et je dois dire que comme mes comparses oniriens je me suis franchement fendu la poire en deux.

Mon seul reproche, s'il en faut un, c'est que tes phrases sont foutrement longues. C'est stylistique, mais il est vrai que malmené par cette impitoyable méningite et la détérioration aussi progressive qu'ineluctable de mes poumons, j'arrivais parfois au terme d'une phrase en me disant "putain, la vache, il va me tuer, ce con."

Après, elles sont formidablement bien écrites, construites, et ponctuées à la perfection ce qui les rend tout à fait abordables, mais il fallait bien dire quelque chose ce qui est fait.

Bravo, c'est dingue et surréaliste, comme j'aime.

Une question subsiste, pourtant, qui aurait je pense mérité d'être un peu plus creusée :

Dans le cadre d'un chat noir et blanc, dont la proportion de blanc et de noir est rigoureusement égale (moustaches, et poils laissés sur le canapé inclus), quelle est la méthodologie à appliquer ?

   Ama   
3/8/2007
Et pour les chats qui ont d'autres couleurs?

J'adore ce texte. Je suis d'accord avec les commentaires précédents et d'accord aussi avec la seule petite critique de Ninj. Tu manies parfaitement ton style, tu as le don pour tenir des phrases très longues sans jamais te perdre ni perdre le lecteur, mais de temps en temps, un rythme moins rapide ou une ligne moins longue, ça permettrait de reposer le lecteur entre deux. Ou alors racourcir le texte, au choix. Mais j'aime bien le développement.

Je redis : j'adore. Toutàfé le genre de lectures qui me transporte! ^^
Bravo.

   guanaco   
4/8/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
CHAT ALORS! (oui je sais...facile)
La folie de la raison ou la raison de la folie. Ce texte montre très bien que le processus d'autodestruction est totalement fondé pour celui qui le vit et s'appuie sur des éléments qui échappent totalement à l'objectivité de l'entourage, du monde extérieur. Toutes les équations proposées mènent à une solution pour la victime.
Faire des phrases plus courtes? Jamais! Agonisons ensemble. Laissons pénétrer le poison et prendre les chemins qu'il désire...

En revanche (ben oui faut bien qu'y est quequchose)
Je pense que la nouvelle pouvait s'arrêter au chat noir avec la ligne de l'électrocardiogramme désespérément plate!

   Bidis   
25/8/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
C'est génial. Encore qu'un peu long pour un cerveau aux capacités moyennes. Mais qu'une lectrice comme moi vous apprécie, c'est un grand plus : cela veut dire que beaucoup de gens parfaitement normaux seront prêts à trouver votre surréalisme tout à fait acceptable.
Encore que je me pose la question avec angoisse : suis-je bien normale après tout ?

   Anonyme   
23/9/2007
Bon....moi je ne pense pas que Larivière est "fou"....je pense au contraire qu'il est trop lucide, trop sensible peut-être....et que du coup, ces "trops" lui font appréhender et décrire le monde comme une source inépuisable d'épreuves allant se nicher dans les moindres recoins d'un quotidien pouvant apparaître "banal" pour ce "tout un chacun" dont il ne fait pas parti....
Ses protagonistes agonisent alors même qu'ils sont encore en vie....alors autant mourrir, autant rompre, autant arrêter d'aimer...ils sont déjà des ombres....Pour moi qui découvre sa littérature, c'est un peu une "épreuve" de lire ses textes, tellement ils sont noirs et desespérés.....mais....bien écrits

   studyvox   
17/10/2007
C'est difficile d'écrire un commentaire, après avoir lu les commentaires des autres lecteurs, mais pourquoi pas, chat peut servir!
Il y a parfois quelques redites volontaires, mais c'est pour bien faire passer le ton et la forme d'humour.
C'est parfois un peu redondant, et le texte aurait gagné à être un peu plus court, mais c'est facile de faire des remarques de cette nature.
Pour les compliments, je trouve que ce texte rivalise avec de très bons surréalistes.
En remontant plus loin, je lui trouve des accents d'Isidore Ducasse.
On y retrouve l'humour grinçant de Lautréamont, mais tellement jubilatoire, avec ses phrases interminables, ses formules mathématiques délirantes, sa folie créatrice...
Je ne sais pas si l'auteur en est conscient?
Merci pour ce moment de folie humoristique

   jensairien   
30/10/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
CLAP! CLAP! CLAP! (bravo)
j'aime ce texte noir à souhait, nourrit d'absurde et d'un humour tout autant noir. C'est si bien que j'en viendrais à regretter des tournures de phrases qui manquent de fluidité. En tout cas pas de trace de Ducasse dans ce texte, plutôt du Vian dans certaines de ses massacrantes et fantaisistes nouvelles

   i-zimbra   
7/1/2008
Bon alors évidemment la méthode ne marche pas et la raison en est toute simple.
Le patient, en bon monomaniaque, ramène tout à sa personne (Larivière), c'est pourquoi il emploie obsessionnellement le terme d'hydrométrie. Or ce que détestent les chats, c'est bien l'hygrométrie. Mettez-leur du lait, ce n'est plus le même liquide.
D'autre part, ces chats noirs ne seraient pas arrivés si monsieur Larivière n'avait pas appris le nombre 732 au collège. Pour laisser les chats vivre en paix, évitons de nous mettre Martel en tête.
Ne me remerciez pas, c'est mon métier.

   nico84   
7/1/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément
Moi aussi, j'ai bien ri, quel humour décalé et quelle imagination, bravo, je rejoins aussi tout ce qui a été dit précédement surtout dans la phrase "tu es fou" sinon tu n'aaurais jamais écris ce genre de texte mais merci de nous en faire profiter, de nous inviter dans ton univers, quel moment de bonheur !

   Andromaque   
10/1/2008
Je n'ai pas tout compris, mais cela ne change rein au fait que j'ai beaucoup apprecié! Notamment ce passage-ci: Calculez la probabilité avec cette méthode de tomber sur une tomate mûre utilisable en prenant en compte le taux d’hydrométrie global depuis votre naissance tout en retranchant la période antérieure au plant de tomate, multiplié par le nombre total de cravates que vous possédez.
En tout les cas! bien joué!

   Anonyme   
14/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon, alors, j'avais déjà lorgné sur cette nouvelle mais rebuté par la longueur j'avais reculé, lâchement je te l'accorde. Là j'ai pris une putain de bordel d'énorme inspiration pataphysique et j'ai plongé dans ton cervelet de gypse et de murmures de gibbon déguisé en princesse. J'avoue que des fois, j'ai eu du mal hé oui hé oui, faut bien s'accrocher nom d'un espadon aveugle!
Je n'ai pas ton talent en ce qui concerne les commentaires, ainsi j'ai simplement relevé une phrase que j'ai trouvé fort juste qui résume parfaitement cette nouvelle et ton oeuvre en général:

"Le réalisme est le fruit subjectif de l'imaginaire et c'est uniquement l'abstrait qui est bel et bien réel"

Voilà, inutile de te préciser que j'ai apprécié cet ovni à sa juste valeur et que j'ai noté sur mon petit carnet à rayures et poils ras tes techniques d'erradiction féline...

   marogne   
21/9/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Allez je ne vais pas bouder mon plaisir, et dans l'ensemble ce texte m'a fait bien rire, même si au début j'étais un peu géné par la référence à Prévert, mais c'était juste comme il faut, un clin d'oeil, l'annonce d'un monde rose et improbable.

Quelques détails néanmoins, mais qui ne changent pas l'appréciation globale:

"Hydrométrie" ou "Hygrométrie"
"Randomisé": pas très beau cet anglicisme
Répétition peut être trop fréquente de l'espression " à se débarrasser", même si la gramaire est respectée, parfois je trouve celà "malsonnant" - mais bon, là c'est vraiment du personnel....
La recette se perd peut être prfois trop dans la complexité, comme si on était dans un atracteur étrange en train d'essayer les dimensions non entières....



Bravo quand même.

   Menvussa   
10/10/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément
Les points négatifs:
- 1- Sauf erreur de ma part bien entendu.
A propos de la mini galaxie située dans le dé à coudre(J'ai le même à la maison), il s'agirait plutôt d'un taux d'hygrométrie.
- 2 - J'ai déchiré mes cravates.
- 3 - J'ai manqué mon rendez-vous avec le patron qui voulait m'embaucher ce qui n'est pas grave vu qu'il ne l'aurait certainement pas fait en me voyant arriver en caleçon.

Y-a pas à dire, c'est troublant au point de choir au fond d'un grand trou noir, point de non retour s'il en est... Autant passer par le chas d'une aiguille, chameau ou pas, il faut être d'ailleurs bien noir pour essayer cha che chur.

Bon si je te dis que je me suis fais chier en lisant ton récit, tu ne me croiras pas donc pas la peine d'essayer.

Avec un très grand regret, celui peut-être de ne pas l'avoir écrit, je vais dire que ce texte est passablement exceptionnel. Ça y est, j'ai la migraine, l'ami... graine de vaurien.

T'es tout de même pas très malin... T'aurais tout de même pu jeter le chat noir à la rivière (attaché ou pas)

   marichka   
5/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne sait pas pour vous ,mais ce texte m'a laissé un certain malaise.Je ne nie pas qu'il écrit bien et sait ce qu'il écrit,je dis simplement qu'il faut être un peu dérangé pour pondre une telle noirceur,un humour aussi macabre.
BRRR,ça fait froid au dos!

   Anonyme   
7/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est fou, les petits bijoux d'humour qu'on repêche parfois dans les tiroirs d'Oniris!

Je ne sais pas si je me souviendrai de toutes les étapes décrites ici mais je me suis bien amusée!

Ouf! Mon chat est gris. Il a de la chance...

   Anonyme   
1/7/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bon, faut bien recommencer quelque part... alors je reprends la boucle du début...

le 18/5/2008, je commentais ce texte pour la première fois, c'était mon premier texte de Larivière... (et l'une de mes premières lectures sur le site en tant qu'inscrite) on me l'avait conseillé, et on avait eu raison! (merci W)

Comme Pat, j'ai eu un flash en commençant à lire, j'ai eu peur que tu ne massacres des touts petits chats... ce qui n'est heureusement pas le cas, enfin, pas comme ça.

J'ai apprécié l'humour, le côté absurde (j'aime trop ça), que je peux mettre en parallèle avec les lézards sur la construction... enfin peut-être pas tout à fait, mais c'est le même genre de recherche.

J'ai moi aussi dans mon entourage, pas mal de chats (noirs ou blancs) et il m'aurait plu, à bien des reprises, d'avoir cette fameuse recette... juste pour leur en parler, et leur offrir?

Que rajouter à ce qui a déjà été dit?

Que depuis, je regarde les chats différemment... je me suis débarrassée du mien, de chat noir, mais ces sales bêtes ça revient en permanence se frotter, et que j'applique encore la recette, parfois, mais elle ne marche pas vraiment...

J'ai un petit coup de cœur particulier pour ce texte, peut-être parce que c'est celui qui m'a donné gout à la lecture lariviérienne... les origines de la lariviérette? j'en sais rien, mais j'aime à le relire quand j'ai un coup de blues.

Et puis j'apprécie particulièrement le fait que ce genre de textes soit rare sur Oniris...

MERCI
:)
Estelle

Ps : j'avais pas noté la première fois, je pouvais pas gnagnagna, maintenant, je peux.

   Farfalino   
17/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
bon évidemement la maitrise de la langue est exceptionnelle, c'est un humour décalé, c'est du délire, du grand n'importe quoi.

sauf qu'au bout d'un moment cela devient lassant et que c'est trop long. Au bout d'un moment je me suis ennuyé. Je ne suis pas sensible à ce genre d'humour peut-être.

   jaimme   
1/11/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
On embarque dans ce texte, on met sa ceinture et... impossible de le quitter. Une fois de plus Larivière joue à l'hypnotiseur!
Il n'y a absolument rien de comique dans ce texte, et donc j'étais écroulé de rire par moment!
Il faut que ce texte soit remboursé par la Sécurité Sociale, vite avant que les pompes funèbres ne s'en aperçoivent!
Ce texte a tout. Voire et même surtout des vertus qui doivent être cachées par les Américains dans l'area 51 depuis 1947!

Un jour je viendrai le relire. Il le faut!


PS (même si j'ai pas encore signé): j'ai vu quelques trucs, mais j'ai oublié où! Là aussi il est très fort Larivière, car noter les bricoles tient de la volonté de se débarrasser d'un chat noir. Au moins!

   Selenim   
19/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Au début, j'ai pensé à un passage du tribunal des flagrants délires où l'ami Desproges dressait le portrait de François de Closets par le biais d'un chat poreux.

Au-delà du travail méticuleux qui se cache derrière le texte, j'ai été séduit par un paradoxe : l'écriture a beau être riche et soutenue, il se dégage du récit une étonnante fluidité. Les phrases dans l'ensemble sont longues, elles s'étalent, picorent sans retenue dans les figures de rhétorique les plus gracieuses. On frôle parfois l'indigestion tant les constructions sont savoureuses, voire trop.

L'humour est présent mais je le trouve trop enfermé dans l'absurde intellectuel. Je suis désolé de reprendre l'exemple de Desproges, mais l'humour s'en rapproche fortement. Pour la maîtrise de la langue, l'auteur n'a pas à rougir de la comparaison ; et je connais peu de personnes capables d'aligner des phrases aussi racées et enrobées d'un humour idéalement décalé. Concilier ces deux éléments me montre la somme de travail importante consentie par l'auteur.

Pourtant, malgré ses qualités, le texte m'a paru souffrir d'un trop gros défaut : le trop.
Dans un récit si dense et intense, il faut savoir économiser le lecteur et ne pas trop lui donner.

Malgré une lecture agréable, j'ai dû la scinder.

Je soupçonne l'auteur de posséder une imagination dantesque, et couplée à une soif d'écrire insatiable il en ressort un texte si dense qu'il en devient écœurant. Ce reproche est totalement subjectif car nombreuses sont les personnes qui peuvent engloutir une dizaine de truffes au chocolat d'affilée. Moi non.

Savoir se raisonner pour ne pas en faire trop...

Selenim

   wancyrs   
26/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Qu'est ce que je dirais ? le délire d'un scientifique qui voit des chats noirs et blancs partout ? c'est assez étrange ces superstitions sur les chats non ? d'autant plus que dans le monde occidental et nordique, au moins 2 ménages sur trois possèdent un animal de compagnie, et la plupart du temps, les chats...

En tout cas, j'ai bien ri du traitement à la légère de ce sujet, la superstition, qui terrorise bien d'êtres, et aussi bizarre que cela puisse paraître, je ne comprend pas la cause de telle faiblesse... et si Maître Larivière se versait à nous expliquer le phénomène de la superstition ?

À quand un sujet sur le vendredi 13 ? ou les 7 ans de malheurs pour avoir cassé un miroir ?

J'ai aimé ma lecture, merci

Wan

   Cortese   
10/1/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très bon texte, en effet. Absurdité jubilatoire qui m'a parfois fait penser à un Villa-Matas énervé. C'est bien construit, et l'auteur est un maître de l'humour noir.
Quelques phrases un peu longues, mais ça va bien avec l'abracadabrant du texte.
Merci pour cette lecture !

   Anonyme   
18/12/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'auteur est une orange givrée. C'est un postulat.

J'ai été attirée par le titre qui d'habitude est un morceau joué à l'accordéon. Je me suis ensuite laissée emporter par l'écriture rapide et mûre et le récit tourbillon.

Mais vous êtes fou ! Mais c'est reposant !

   jamesbebeart   
20/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Larivière,

J'ai une passion immodérée pour les chats-qui représente pour moi le plus bel être vivant- et donc j'ai doublement souffert tout le long du récit, redoutant à tout instant l'issue fatale... Fil rouge qui s'étire au bonheur des digressions météorologiques (l'hydrométrie étant pour vous une réelle addiction) avec le concours d'un chat policier -peut-être le chat de Schrödinger- et d'un plant de tomate-garanti sans OGM-. Substrat alimenté, sans modération par une sève exponentielle. Bulletin météo, fait divers, remugle d'un vieux journal télévisé présenté par Claude Darget (ou peut-être Léon Zitrone). Faut-il pour cela être allergique à la crème du lait ? Question de dé-ontologie.

   socque   
20/3/2011
Peu à peu, je me suis laissée entraîner par ce délire, et j'ai aimé le texte, même si je pense qu'il pourrait être un peu plus percutant avec des phrases moins compliquées (mais pas trop, parce que cette escalade fait partie de la drôlerie du texte !) Au total, j'ai vraiment aimé.

Quelques remarques.
"un trop-plein de chats noirs à se débarrasser, aiguisez-le un minimum avec les outils merveilleux que vous a donné la vie" : je crois qu'il s'agit plutôt de chats noirs "dont" se débarrasser, puisqu'on se débarrasse de chats noirs et non à chats noirs ; par ailleurs, "les outils merveilleux que vous a donnés la vie"
"comme s’il n’y avait pas de chat noir à se débarrasser" : même remarque
"vous avez un chat noir à vous débarrasser" : idem
" trop de chats noirs à se débarrasser" : idem
"qui ont des chats noirs à se débarrasser" : idem
"quand on a un chat noir à se débarrasser" : idem
"où il y a des plants de tomates à tailler et un chat noir à se débarrasser" : idem
"Si vous n’y arrivez pas ou si vous n’êtes pas coquet et que vous avez seulement une demi-douzaine de cravates, ou seulement trois, ou seulement deux, ou une seule, ou si pour une raison X ou Y, vous n’avez pas de cravates parce que vous êtes une femme et que vous ne portez pas de cravate, ou que pour une autre raison génétique, vous portez sur un de vos chromosomes le gène de l’allergie à la cravate, ou pour toute autre raison autre qu’une raison de chromosome, c'est-à-dire uniquement par goût, par dégoût ou même sans aucune raison, vous n’avez quand même pas la moindre cravate, ce n’est pas grave." : lourd, pour moi, et laborieux
"Si vous n’y arrivez pas non plus, ce n’est pas catastrophique mais c’est quand même préoccupant." : ah oui, là je trouve marrant !
"le nombre d’amis que vous avez perdu définitivement" : perdus, non, les amis ?
"Débarrassez-vous rapidement de la tomate mûre qui est dans votre soucoupe en porcelaine en la jetant n’importe où mais vite, ensuite monter quatre à quatre des escaliers" : toutes les instructions ayant jusqu'à présent été données à la deuxième personne du pluriel, je suppose que "montez" serait plus approprié

   silvieta   
27/1/2017
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai décidé aujourd'hui de prendre un peu de temps pour lire quelques nouvelles classées premières en liste ainsi que des nouvelles classées dernières, et les annoter éventuellement.

J'ai beaucoup de mal à lire celle-ci. Le style est poussif et répétitif. J'aurais bien pris l'aspirine qui était proposée dans le texte. Après plusieurs tentatives j'abandonne cette lecture à laquelle je ne comprends pas grand chose.

Quand je tombe plusieurs fois sur des phrases construites ainsi " il ne faut pas oublier que vous avez un chat noir à vous débarrasser " et qu'en plus c'est le narrateur qui les profère et non des personnages de dialogues, je cale.

On ne prête qu'aux riches, dit-on. Je prends le risque de ne pas aimer une nouvelle adulée de tous, quitte à ce qu'en représailles le ciel me tombe sur la tête et qu'il en pleuve des chats et des chiens.

   Thimul   
5/6/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Délirant !
Aussi hilarant et décalé que Fluide Glacial. Je pense qu'Edika adorerait lire cet ovni. En tout cas c'est aussi déjanté que ses BD et c'est un compliment.
Encore une fois bravo. J'ai passé un excellent moment !


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