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Sentimental/Romanesque
lettti : Béton
 Publié le 01/08/15  -  10 commentaires  -  2475 caractères  -  62 lectures    Autres textes du même auteur

Du béton, venu d'on ne sait où, remplit l'habitacle d'une voiture.


Béton


J’ai les pieds dans le béton.


Ce matin, le ciel était gris et j’ai, comme d’habitude, pris ma voiture pour aller travailler.


Et là, j’ai les genoux dans le béton.


J’ai, comme d’habitude, écouté la radio : des guerres un peu partout, du chômage un peu partout aussi, le pouvoir d’achat des ménages, le maillot, jaune, du Tour de France, des marées, noires, bla bla bla.


Mais pour l’instant, mon unique préoccupation, c’est ce béton. J’en ai jusqu’aux cuisses maintenant.


J’ai, comme d’habitude, passé les deux feux tricolores : le premier était vert, mais pas le deuxième, parce qu’ils ne sont pas synchronisés. En tout cas, pas depuis que je passe là tous les matins. Parfois, je me dis que les ingénieurs qui conçoivent les alternances des feux ne doivent pas avoir de voiture. Ou alors que c'est une règle un peu sadique qu'on leur enseigne dans leurs écoles : "Surtout, ne rendez pas la circulation fluide !"


Et ce béton qui, inexorablement, continue de monter : il a presque atteint ma taille.


J’ai tourné à droite et je me suis ensuite, comme d’habitude, engagé sur l’autoroute. Elle était saturée de véhicules conduits par des gens, qui comme moi, ou leur voiture, connaissent le chemin par cœur. Leur regard est comme le mien : il fixe un point précis droit devant. Surtout ne pas le détourner. Rester dans le mouvement : surtout ne pas dévier. C'est la règle.


Il est maintenant au niveau de ma poitrine. Cela devient un peu oppressant tout ce béton.


Et que se passerait-il si l’un d’entre nous décidait de ne plus respecter cette sacro-sainte règle ? Si l’un d’entre nous cassait cette loi qui nous oblige à regarder tous dans la même direction ?


Ma respiration devient difficile : le béton a enveloppé mon corps jusqu’au cou.


J’ai décidé ce matin-là de ne plus suivre mes habitudes, de ne plus respecter cette loi : j’ai tourné la tête et j’ai regardé le paysage qui défilait à 130 km/h. J’ai vu des toits, rouges pour la plupart, gris parfois. J’ai vu des arbres, verts pour la plupart, gris parfois, morts certainement. J’ai vu des champs de blé, de colza, de lin. Verts, jaunes, bleus, mais pas gris. Les champs gris n’existent pas. Alors d’où vient tout ce gris ?


Faits divers : un choc frontal entre une voiture et une bétonnière sur l’autoroute A22 a fait un mort ce jeudi matin. Les pompiers ont mis plusieurs heures à désincarcérer le corps de la victime : le béton avait complètement envahi l’habitacle du véhicule.


 
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   in-flight   
16/7/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

J'aurais enlevé le "faits divers...". Je vous explique pourquoi: Dès le début je me suis dit voilà une parabole sur l'étouffement que suscite le quotidien (trajet sur la route, travail, paysage inchangé, mine terne des automobilistes, infos moroses....). Je voyais se remplir le béton dans la voiture à mesure que le type perdait courage et lâchait prise sur la vie. Je trouvais ça assez habile. Le béton symbolise l'urbanisme industrielle, le rendement, et l'éphémère (quoique, c'est discutable) Bref, je trouvais votre métaphore plutôt réussi.
Vous comprenez désormais ma déception. Sans les les deux dernières lignes, vous aviez tout bon pour moi.

Merci tout de même

   AntoineJ   
22/7/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Boaf ... bon l'idée est originale mais je ne vois pas trop en quoi c'est du polar ....
le style est un peu lourd (cf. Elle était saturée de véhicules conduits par des gens, qui comme moi, ou leur voiture, connaissent le chemin par cœur. Leur regard est comme le mien : il fixe un point précis droit devant. Surtout ne pas le détourner. Rester dans le mouvement : surtout ne pas dévier). trop de mots / phrases inutiles ...
La chute est facile ... et le jeu sur le gris / béton pas très intéressante.
le seul truc bien est que cela semble amusé le futur cadavre ...

   Anonyme   
1/8/2015
Bonjour lettti

Bonne histoire courte, mais bien remplie. Dommage les deux lignes de la fin. Ce court exprime beaucoup de choses. Vraiment dommage cette fin qui explique quand l'écriture porte assez l'imaginaire pour demeurer dans l'expectative sans trop souffrir ni devenir prise de tête. Ces deux lignes transforment le texte, lui donne les couleurs d'une histoire drôle alors que...
Au plaisir de vous suivre.

   Anonyme   
3/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

La chute m'a surpris, dans le bon sens du terme.

Une situation peu commune - et tout de même assez étrange - dans laquelle on ne voudrait figurer pour rien au monde...

Le personnage a dévié de la route (malencontreusement), et son cerveau est en état de choc, raison pour laquelle l'analyse de la situation est biaisée, notre "héros" ne se rendant tout simplement pas compte de ce qui lui arrive.

Ca fait froid dans le dos !

Bien à vous,

Wall-E

   Diafus   
3/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Une construction simple, cinématographique, mais presque convenue. Elle fonctionne assez bien, mis à part quelques petites erreurs stratégiques.
L'incipit, cette petite phrase qui annonce le contenu du texte, donne déjà trop de détail sur l'histoire, c'est un peu dommage.
Quelques répétitions "Comme d'habitude" "Loi"...
Les détails sur les feux tricolores mal synchronisés, qui auraient pu sauver la vie, ne sont peut-être vu leur place dans le texte pas assez exploité. Après la révélation sur l'accident, leur existence aurait pu appuyer l'absurde de l'urgence, le hasard qui préside à nos destins...
Accuser juste les ingénieurs de la voirie au moment de mourir, c'est quand même étonnant, une pourrait s'attendre à quelque réflexion plus essentielle, plus immédiatement liée à son présent. cette légèreté est un peu antinomique de cette phrase qui la précède "Mon unique préoccupation, c’est ce béton".
Cette phrase est en contre-point avec tout ce qui est raconté. La seule chose qui n'arrête pas son esprit, même au fil du temps qui passe, c'est ce béton. Peu de sensations décrites, peu d'émotions, l' insensibilité liée à l'état de choc ne me parait pas tout expliquer.
Il y a aussi quelques phrases qu'on pourrait voir plus rigoureuses:
"Elle était saturée de véhicules conduits par des gens, qui comme moi, ou leur voiture, connaissent le chemin par cœur"==> elle était saturée de véhicules conduits par des comme moi. Comme moi, ils connaissent la route par cœur.
La fin fait un peu parachutée, elle dénote d'avec le reste du texte. Le point de vue journalistique est trop distant du sujet impliqué dans l'action "la victime" qui s'exprime partout ailleurs.
La règle n'est pas si sacro-sainte que cela, qui ne jette un œil sur le paysage.
Le regard du conducteur devait être au contraire très appuyé ou inopportunément appuyer pour avoir de telles conséquences
On aurait plus rapprocher le texte et sa chute en questionnant simplement sur ce qu'il eut suffi pour éviter la catastrophe.
Il eut finalement suffit qu'il choisisse de respecter mieux ou autrement le feu, qu'il se trouve ailleurs que derrière ce camion, que le regard dure moins longtemps, soit moins rêveur ou poétique, que le véhicule devant le camion ne pile pas...
Un point de départ dramatique qui pourrait encore un peu se structurer et gagner en rigueur dramatique.

   AlexC   
5/8/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Hello lettti,

Le fait divers, revu et corrigé par l’œil de la victime, j’adore l’idée ! Cela peut donner naissance à une bonne série de mini-textes.

Le traitement convient parfaitement au niveau du style et de la mise en page. On sait vite où la narratrice nous emmène - dans un cercueil de béton - mais pour le coup, j’ai été assez surpris qu’il s’agisse d’une utilisation littérale. Je m’attendais à une métaphore, référence du corps qui s’alourdit juste avant la mort.

Au demeurant, une agréable lecture express !

Merci.

A vous relire.

Alex

   carbona   
5/8/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Votre texte est agréable à lire, l'écriture est fluide.

J'ai eu du mal à adhérer à la progression du texte. Le narrateur évoque la béton dès son installation dans la voiture alors que dans la chronologie du texte l'accident a lieu une fois sur l'autoroute.

Après relecture, je constate que je n'ai pas été attentive à l'utilisation des temps, ce qui explique que la nouvelle n'a pas eu sur moi l'effet escompté.


On peut voir tout ce béton, tout ce gris comme une métaphore d'un quotidien qui manque de fantaisie mais je trouve la comparaison un peu "clichée".

A vous relire !

   Blacksad   
23/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bon, l'écriture n'a rien d'exceptionnel. Et je me permets d'autant plus de le dire que j'écris de la même façon. Mais j'ai aimé cette gradation dans la montée du béton en parallèle de la description de la vie bien normée projetée au travers de ce trajet routinier. La chute arrive, brutale et impromptue comme il convient à ce genre de texte.
Quelques répétitions et maladresses de forme mais l'essentiel est là et ce texte m'a plu. C'est tout à fait ce que j'aime dans une micro-nouvelle.
Bravo

   Donaldo75   
10/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour lettti,

J'ai bien aimé cette histoire courte, avec son refrain sur le béton et son chant autour de la vie quotidienne et de sa routine. Le ton employé, le style, tout concourt à se mettre dans la peau de cet automobiliste blasé, presque monochrome finalement. Le passage à la couleur par le biais d'une question, "et si ?" est réussi car il n'est pas trop violent.

La chute ramène le lecteur dans sa triste réalité. C'est bien vu.

Bref, j'ai passé un très bon moment à cette lecture.

Merci

Donald

   toc-art   
11/12/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Abandonner un carcan de normes pour un carcan de béton, la tentation de liberté se paie cash dans ce court récit ! :-)
C'est concis et efficace mais sans relief et oublié dans l'instant.
Bonne continuation


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