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Réalisme/Historique
LEVENARD : La mémoire d'Orgepluis
 Publié le 31/12/09  -  12 commentaires  -  13312 caractères  -  57 lectures    Autres textes du même auteur

Tout à fait ringard cette fixation...


La mémoire d'Orgepluis


Orgepluis est de ces petites villes, de ces bourgades devrais-je plutôt dire, de deux trois mille âmes, qui n’ont pas changé depuis plus de cinquante ans et somnolent dans la crasse et l’ennui.

Toutes les rues, étroites et tortueuses, ravinées et ravaudées de méchantes pièces d’asphalte de toutes nuances, convergent vers la place centrale, quintessence de l’art d’amonceler. Bordant un côté, la façade de vieilles halles promises depuis longtemps à une restauration qui tarde, présente pour l’heure une succession de palissades disjointes, constellées d’affiches défraîchies et de slogans tracés à la bombe barrant l’espace entre de vénérables piliers de bois ouvragés pourris et rongés. En limite haute de la place, une église sans style, étouffée par la proximité de hautes maisons étriquées, paraît devoir s’effondrer bientôt dans l’accomplissement dernier d’un lent mouvement glissant accordé à l’atmosphère de décrépitude qui frappe tout ici, et à laquelle, semble-t-il, ni la force des hommes, ni celle des cieux ne pourraient la soustraire. Au centre, sans que l’on puisse décider si leur disposition tient du hasard ou d’une quelconque volonté, le monument aux morts de rigueur, dont l’outrancière banalité pourrait tenir lieu de caractère remarquable, et une croix bancale que protège un périmètre de grilles chétives, souvenir d’une mission plus qu’oubliée.

Mais c’est là, où la perspective s’élargit un petit peu, que l’on croit enfin apercevoir le ciel !


D’où que l’on vienne, Orgepluis , au fond de sa cuvette, apparaît comme un entassement sans ordre et sans harmonie de toits aigus aux tons variés de rouille.

Pas une masse de feuillage, une allée de tilleuls suffisamment importantes pour donner le change à ces vieux roses pâlis et passés, si ce n’est, mais à l’entrée du bourg, à l’écart, et comme s’il s’agissait de corps étrangers, les marronniers ombrageant la cour de la maison de retraite, et, lui faisant pendant, ceux qui se déploient aux abords de la gendarmerie.

Leur ombre enviée en fait un but de promenade. Les familles le dimanche s’y arrêtent un instant, levant le nez vers les bâtiments, qui pour être les plus récentes constructions d’Orgepluis, n’en sont pas moins d’une stricte négation architecturale, hauts par nécessité, mais sans élévation par manque de goût, raides et dépouillés, venus voici sept ans compléter le décor sans déparer son indifférente laideur.


La première vague de lettres fit le bruit sourd d’une mine enterrée.

Au bureau de poste, on avait bien remarqué cette centaine de plis en provenance de Cahors, aux adresses calligraphiées de cette sorte d’écriture surannée que l’on voit aux anciennes pièces d’état civil, ou aux anciens actes notariés.

Chacun se serait sans doute bien tenu de faire état avec trop d’ostentation de ces missives anonymes, mais le « corbeau », dont le but évident était de semer une belle discorde, avait adressé les mêmes lettres aux différents protagonistes des événements qu’il se plaisait à rappeler. Ainsi, la lettre parvenue à l’amant et à la femme volage, était-elle aussi entre les mains du mari trompé. Supplément de raffinement, chacun était tenu au courant des différents autres destinataires.

Alors, pour tous ceux qui se voyaient jeter à la figure leurs mésaventures et qui voyaient dénoncer les tribulations dont ils avaient été ou étaient les victimes, comment demeurer muets ?

Le plus souvent, dans ce genre d’affaires, le fait relaté était, sinon de notoriété publique, au moins bien éloigné d’une stricte confidentialité. Mais, un certain tact et une règle tacite avaient toujours permis que les choses se passent au mieux. Le mari était jusqu’alors censé ne rien savoir, ou alors, n’en pas savoir assez…

Mis devant l’impudique vérité, ou en tout cas, en mesure de l’éclairer, il y eut des sursauts imbéciles d’amour-propre ce que voulaient, précisément, déclencher les messages.

On ne se tua pas, non ! Mais il y eut force cris, parfois des coups, et des menaces formidables.

Des amis de longue date ne se parlèrent plus, des couples sans autres histoires que des histoires de couples, soudainement, s’en allèrent à vau-l’eau.


Mais, les lettres ne se limitèrent pas à recenser les coucheries adultères ou autres déviances, dont les conséquences se faisaient finalement peu sentir au dehors du cercle familial, ne gagnaient que rarement la place publique. D’autres péripéties, plus sombres, plus tragiques aussi, ressortirent de l’ombre, scindant des quartiers entiers en partis farouchement opposés.

C’était l’attitude du pharmacien, aujourd’hui retiré des affaires, durant l’Occupation, la richesse soudaine acquise au moment de la Libération par le garagiste installé à proximité du pont d’Aigues, les agissements du notaire dont on savait ou apprenait suivant le cas qu’il avait procédé à des liquidations d’héritages de manière bien peu orthodoxe. C’était ainsi, fil à fil, un demi-siècle de mesquineries, de trafics et de combines diverses, de mauvais coups et d’affaires louches qui se révélait au grand jour.

Souvent, les victimes se trouvaient bien embarrassées de ces révélations à propos de malversations dont elles avaient vaguement connaissance, mais qu’elles avaient la sagesse de laisser dormir dans une pénombre propice.

Devant quelques réactions un peu vives, et fort légitimes, chacun finalement, pour ne pas être en reste en quelque sorte, se crut en devoir de faire établir sa justice, de réclamer, et au besoin d’organiser sa vengeance.

Durant ce temps, régulièrement, un nouveau lot de lettres parvenait à son port. Il ne venait pas de Cahors, mais de Toulouse, de Brive, puis de Fleurance.

Chacun désormais, s’il n’était touché, se sentait en danger, et bien souvent attaquait, arrogant, pour mieux préparer sa défense. Toute décence était abandonnée, les ragots les plus éculés, les affirmations les plus extravagantes couraient sans frein. Ce fut une débauche abominable qui n’épargna personne. Nul innocent, nul à qui l’on n’eût quelque chose à reprocher, afin de n’être soi-même, ni plus ignoble, ni plus salaud que n’importe qui.

Au troisième envoi, les autorités, et principalement le maire qui n’avait pas plus que les autres échappé à la particulière sagacité du « corbeau », conçurent un plan de salut public. Le Conseil municipal délibéra que l’on opère désormais un retrait à la source, en dirigeant directement les maudites lettres de la Poste vers la mairie où elles seraient sans consultation préalable, réduites en cendres. Adoptée à l’unanimité, cette mesure ne put toutefois être mise en application, l’Administration des Postes refusant de déroger à son obligation de remettre le courrier aux adresses mentionnées, sauf ordre exprès des destinataires. À grand renfort de publications, il fut alors annoncé dans Orgepluis que le Conseil municipal souhaitait vivement que la population eût la sagesse de confier sans les lire ces lettres facilement identifiables aux services municipaux qui se chargeraient de les détruire. L’auteur des missives ne pouvant être qu’un habitant d’Orgepluis, qui s’était arrangé pour faire expédier ses messages de différentes villes, il serait rapidement au fait de la désaffection dans laquelle on tenait ses révélations, et l’on augurait fort que les effets de sa malveillance s’éteindraient d’eux-mêmes, faute de porter leurs fruits.

Ce fut un coup d’épée dans l’eau.


Quelques citoyens, rares, comme il sied par nature à l’exemplarité, firent l’effort de céder au bon sens lors du quatrième envoi, en provenance de Tulle, mais constatant qu’ils demeuraient largement minoritaires, ils révisèrent bien vite leur position, et dès la vague suivante, on dut bien constater que personne ne remit de courrier aux autorités municipales.

Le premier envoi datait maintenant de trois mois, et la gravité de la situation se révéla en plein jour lorsqu'eurent lieu les premiers départs. Il avait fallu à ceux-là bien de la détermination pour laisser une maison, quelques amis qui pouvaient leur rester, pour envisager une nouvelle vie professionnelle. Ils quittaient plus souvent plus par lassitude que parce qu’ils étaient les plus exposés aux attaques, car, devant le flot des révélations, une relative apathie s’était finalement abattue sur Orgepluis. On s’aperçut en fait que ceux qui quittaient la ville étaient avant tout ceux qui y avaient le moins d’attaches, qui, installés depuis à peine une génération, ignoraient la plupart des histoires qui aujourd’hui traînaient les rues, et que, ce qui les chassait était moins la honte que le dégoût. Ceux-là avaient de l’urticaire et semblaient fuir la peste !

Dans Orgepluis, on ne se parlait plus guère, certes, mais on ne se haïssait plus avec l’ostentation et le goût du drame qui avaient prévalu durant les premières semaines. Ce n’était plus l’explosion, les cris et les fulgurances des premiers jours, c’était un long pourrissement, l’insensible et pourtant certaine déréliction des familles d’Orgepluis, la délitescence progressive d’un tissu social d’immémoriale origine.

Les choses allaient leur train de désastre, on attendait leur fin naturelle, lorsque tout le pus serait vidé, chacun se persuadant que le pire était passé.

Lors du huitième « arrivage », un épisode nouveau sembla se dessiner qui donna espoir : la terrible gangrène attaquait la gendarmerie. Pour être tardif, le coup n’en était pas moins rude, et ce d’autant plus que les missives ne pouvaient exciter que des plaies ouvertes. Gens de passage, étrangers à l’histoire du bourg, les gendarmes en effet, ne participaient pas de toutes les turpitudes anciennes, n’étaient pas impliqués dans des décennies de vicissitudes diverses. On apprit que leurs missives faisaient état d’allées et venues de voisinage qui toutes n’étaient pas innocentes. Jetées les unes contre les autres, l’atmosphère devint rapidement irrespirable entre ces familles condamnées à vivre ensemble, à partager une même cour, un même immeuble, un même palier, à se voir et se fréquenter quotidiennement, sans parler de l’obligation pour les gendarmes de continuer à assurer le service en équipe.

Et pourtant cela fit souffler un vent de mieux à Orgepluis dont la population constituait pourtant l’exutoire par lequel les gendarmes déversaient leur trop-plein d’acrimonie. Mais le choix de cette nouvelle cible, étrangère au tissu de la ville, était interprété comme le signe que la source en matière de médisances et de racontars, termes que l’on employait préférentiellement à celui de révélations, concernant les habitants de bonne souche se raréfiait et bientôt, allait se tarir.

Puis, véritablement, les lettres cessèrent d’arriver. En ville, mais aussi à destination de la maréchaussée. Un mois passa sans nouvelle alerte, un mois et demi, deux mois, le cauchemar avait pris fin. Noël qui approchait allait pouvoir être une fête.


On avait enterré Madame Muller le 12 octobre.

Les pensionnaires de la maison de retraite avaient en nombre accompagné sa dépouille en terre.

Il faut dire que, bien qu’elle habitait une petite maison du bourg qu’elle avait acquise deux ans plutôt, Madame Muller venait journellement à la maison de retraite où elle avait créé un atelier de couture et de tricot qu’elle faisait travailler au bénéfice des enfants du Tiers-Monde.

Elle offrait chaque après-midi le thé et les petits fours aux vieilles dames d’Orgepluis, et les mauvaises langues disaient qu’il fallait bien cela pour faire aller leurs vieux doigts. Elle repartait chaque soir avec quelques nouveaux vêtements ou lainages qu’elle se chargeait d’expédier elle-même aux organisations de bienfaisance. À la maison de retraite, on disait « de charité ».

On en trouva d’ailleurs tant et plus dans toutes ses armoires, dans des cartons entassés dans son grenier et dans sa cave, de ces vêtements plus ou moins habilement réalisés que l’on dut bien se convaincre qu’elle n’avait jamais créé cet atelier que pour s’assurer de la compagnie, et qu’aucun effet, jamais, n’avait quitté Orgepluis.

Étrange lubie ! Étrange idée ! Toutes ces brassières, ces châles, ces napperons, ces bonnets, ces gants de laine, ces pulls de toutes sortes, ces manteaux sans allure, tout cela en pure perte, seulement pour s’offrir le plaisir de la conversation des vieilles radoteuses d’Orgepluis, pour supporter le flot ininterrompu de paroles où chaque épisode de ces quatre-vingts dernières années était ressassé, retourné sens dessus dessous prestement comme une chaussette que l’on raccommode.

Chaque épisode, les moins glorieux, les plus mesquins, les tragiques, les risibles, tout le limon de leurs existences. Que cela pouvait-il bien vouloir dire pour cette étrangère venue s’abreuver de toute la mémoire d’Orgepluis ?

Une étrangère. En qui la mémoire d’Orgepluis n’avait su reconnaître, car les vivants vieillissent au contraire des souvenirs qu’ils laissent, une passante de naguère. Il faut dire, à la décharge de cette mémoire défaillante, que ses cheveux avaient repoussé blancs depuis ce fameux jour de 1944 où on les lui avait rasés sur la place d’Orgepluis à la satisfaction et à la joie générales.


Et Moi ? Moi, comment je le sais ?

Je m’appelle Paul Muller, et je suis visiteur médical pour le midi de la France.

C’était un peu loin pour venir visiter Maman, mais j’en profitais pour lui prendre son courrier.


 
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   jaimme   
31/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Lecture régal!
Une vraie histoire. Savoureuse. De mesquineries, de douleurs refoulées si longtemps. D'une nature humaine que l'on aime croire peu partagée (celles des villageois, bien sûr!).
Et très bien racontée. Oui, un art narratif excellent! Un rythme.
Quelques phrases Jphiliennes (il fallait bien que je le chine une dernière fois cette année! Mais il sait aussi que c'est un compliment) un peu longues, et l'ensemble est racontée avec le style français de la fin du XIXème que j'affectionne.
Bref, pour mon dernier commentaire de nouvelles de cette année 2009, un très beau cadeau!
Merci Levenard!

   Anonyme   
31/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Levenard

Sensible en tout premier lieu à la qualité de l'écriture, j'ai dégusté ton texte comme une friandise, où plutôt comme un de ces plats canailles comme on savait en mitonner au siècle dernier.

L'introduction est excellente. Je cite ce passage parmi tant d'autres:
"le monument aux morts de rigueur, dont l’outrancière banalité pourrait tenir lieu de caractère remarquable"

L'histoire est assez classique et fait la part belle aux clichés. J'avoue avoir par moments cédé à une pointe de lassitude. Mais si les ingrédients sont ordinaires, le talent du saucier sait fort bien les accommoder pour flatter les papilles du lecteur.

De toute façon, le dénouement rattrape le coup, surtout lorsque à la chute le narrateur "sort du placard"

Merci Levenard d'offrir aux veinards que nous sommes ce joli cadeau pour ce dernier jour de l'année.

   Anonyme   
31/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour LEVENARD
J'ai eu un peu de mal avec le style, que je trouve trop chargé. Mais l'histoire est excellente, la construction bien pensée et la chute, jubilatoire.
Merci

   Perle-Hingaud   
31/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une lecture agréable. J'aime le style travaillé, savoureux, parfois un peu trop lent, cependant. On avance avec assurance dans cette nouvelle confortable. Moins caustique que Jeux de plage, mais l'ironie reste présente, à la grande joie du lecteur.
Merci,
Perle

   Anonyme   
31/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte honorable dont on goutte la sagesse et le regard descriptif précis. j'ai trouvé l'écriture ancienne et précieuse, chargée mais ce n'est pas une critique, je ne me permets pas, c'est l'expression d'un goût personnel. C'est bien classique et ce n'est pas le genre que j'affectionne d'habitude. Ce texte ne déroge pas, je n'apprécie pas la charge excessive de mots soutenus, la construction académique des phrases.

Il n'empêche, la lecture est intéressante.

   florilange   
31/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Apprécié l'histoire, sa construction, son déroulement & sa chute. Le tout bien écrit, avec 1 vocabulaire toujours bien choisi.
Pour être 1 peu méchante, en cette fin d'année, j'ai tout de même relevé ces petits détails, détonnant parmi des phrases bien bâties :
- "ce que voulait... déclencher les messages" - voulaient;
- "ils quittaient plus souvent plus par lassitude..." - répétition de "plus" mais aussi : "quittaient", incorrect sans complément, dans le sens de "partaient".
Cela n'enlève rien à l'intérêt de la nouvelle, qui se lit fort bien.
Florilange.

   Anonyme   
3/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cadre bien posé (la description de la ville : le côté vieillot, triste, et sentant le renfermé est bien rendu) et parfait pour accueillir un corbeau.
Bonne progression de la problèmatique de la sphère familiale à la sphère publique, nous voyons enfler à vue d'oeil les conséquences des lettres.
Bonne structuration du texte et de ses différentes parties. les enchainements arrivent au bon moment. L'ensemble est rythmé par un certain suspens.
Richesse du vocabulaire (mais trop parfois dans une même phrase :certaine "déréliction" des familles d’Orgepluis, la "délitescence" progressive d’un tissu social "d’immémoriale "origine.)
La chute est superbe, inattendue, et en même temps tout à fait réaliste. Vraiment bravo !
Dommage que des phrases longues peuvent nuire à la fluidité, voire à la clarté (exemple :de "Pas une masse de feuillage ", "aux abords de la gendarmerie").
Bonne continuation

   MissGavroche   
4/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Pour moi certaines phrases sont un peu trop longues, un peu trop lourde, mais néanmoins cette histoire est un bonheur, un peu trop "cliché" certes mais un bonheur tout de même. Une histoire de vengeance bien ficelée et méritée. Une histoire qui aurait pu se passer à peu près dans toutes les villes de provinces.
Merci pour se moment

   xuanvincent   
5/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'écriture de cette nouvelle - je l'ai appréciée - a retenu mon attention.

Les descriptions - cette nouvelle ne contient aucun dialogue (cela ne m'a pas dérangée) - m'ont paru bien écrites, soignées.

L'histoire par ailleurs, celle de cette petite bourgade, m'a intéressée.

Bonne continuation à l'auteur.

   Anonyme   
7/1/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
La narration est fluide, le style entre simplicité et un brin soutenu à tout pour plaire et se laisser absorber tranquillement.

Ce village est un village parmi tant d'autres, un peu à la Brassens un peu à la Marcel Aymé.

J'ai aimé cette "description" d'une ville de Province. Par contre j'ai franchement moins accroché à l'histoire. Elle est pour moi trop évidente, trop classique, pas originale malheureusement.

C'est dommage, parce que la plume de Levenard est bonne je le redis, mais il faudrait peut être prendre un peu plus de risques? Je pense.

Bref, j'aime la forme et pas le fond, navré.

   widjet   
22/1/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Déçu par son « Jeu de plage », mais assez séduit par l’esprit de l’auteur, voilà que je m’en vais lire un autre de ses textes. C’est chose faite… et je ne le regrette pas !

Au début, c’est vrai, j’ai eu un peu peur. Ensevelies de détails (certes, pour implanter le décor assez poussiéreux, renfermé...antique presque !), j’ai eu du mal avec certaines phrases, trop longues, trop chargées nuisant un peu à la fluidité. Mais assez vite, je me suis fait et j’ai même apprécié, cette minutie, ce soin particulier qui témoigne d’un véritable amour de la langue française. Et puis je ne me suis pas trompé, il y a de l’esprit derrière cette broderie de mots, et un esprit par ailleurs assez caustique, incisif, assez jubilatoire pour le lecteur que je suis. L’auteur/agresseur semble prendre un malin plaisir face aux tourments de la population … et cette apparente satisfaction, on ne la comprendra qu’à la toute fin.

LEVENARD sait raconter une histoire, c’est évident, il sait aussi conduire son récit et maintenir l’intérêt du lecteur à son terme en dosant intelligemment son suspense (à ce propos, Le passage sur les gendarmes m’a fait étrangement penser à « Hécatombe » de l’ami Brassens et j’ai retrouvé par moment un peu cette acidité dans le propos).

Alors on suit avec une certaine jubilation cette intrigue jusqu’au dénouement, certes guère spectaculaire, mais qui ne déçoit pas.
La vengeance est un plat que se mange froid.

Une nouvelle réjouissante !

Widjet

   Mistinguette   
27/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je dois avouer monsieur Levenard, qu’aux premières lignes de votre nouvelle j’ai mis ma lecture en suspend. Non pas que ce soit mal écrit, bien au contraire, mais pas assez fluide pour mon intellect ‘rudimentaire’. Puis je suis allé lire quelques commentaires, et j’ai repris tout du début. Grand bien m’en a pris, car une fois qu’on est rentré dans l’histoire on ne la lâche plus. Vraiment ce récit est un vrai régal, je trouve la construction parfaite et la chute aussi inattendue que savoureuse. Un seul regret donc, le début à mon goût un peu longuet qui a faillit me faire passer à côté d’une lecture au final particulièrement agréable.


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