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Sentimental/Romanesque
Lomig : Adam [Sélection GL]
 Publié le 13/08/19  -  11 commentaires  -  11573 caractères  -  80 lectures    Autres textes du même auteur

Ça ne fait pas souvent de vagues une ville ouvrière vous savez, les villes ouvrières ça fait des ouvriers, et les ouvriers ça fait des gosses. Alors on travaille, on boit, on baise et on meurt en laissant des marmots derrière pour être bien sûr que la campagne anglaise ne soit pas seule pour creuser son trou : c'est tout ce qu'on a trouvé pour oublier qu'il suffirait de lever les yeux au ciel pour faire s'écrouler les usines.


Adam [Sélection GL]


Y a des Anglais qui s’occupent avec les combats de chiens. Ça les fait marrer. Ils se pointent vers onze heures à l’arrière du bar qui fait l’angle et ils font un cercle autour de deux cabots à moitié crevés qui se bouffent les oreilles et qui se mordent le museau pour gagner le droit de mourir de la maladie ou de vieillesse. Les Anglais comme ça plus ils ont le nez rouge plus ils parient. Et on devine vite qui a gagné son pari quand on en voit un faire une grimace bizarre et montrer ses dernières dents. Des fois y en a qui sont pudiques et ils ne montrent aucune dent, peut-être parce qu’ils ont honte de pas en avoir plus que les cabots boiteux ou peut-être par pitié. Parce qu’au fond les gars comme ça, des fois ils sont tristes de voir ces pauvres bêtes se crever sur le sol de l’arrière du bar qui fait l’angle. Alors des fois ils ont l’œil humide. Mais pour pas qu’on les emmerde ils ont toujours une chope à la main comme ça ils peuvent mettre ça sur le compte de la blonde, au cas où. Ouais, y a pas à dire, ça occupe son Anglais les combats de chiens.


Adam lui, ça l’a jamais passionné. C’est pas vraiment que ça le rend triste de voir deux roquets se bouffer, c’est plutôt que ça l’emmerde. Déjà parce qu’Adam c’est pas un Anglais qui aime trop les autres Anglais. Il aime pas grand monde à vrai dire. En tout cas c’est tout comme parce que dès qu’il peut, Adam il sort de Cirencester pour aller faire un tour dans les bois. Dans le coin, tout le monde sait ce qu’il y fait, dans les bois, parce qu’à chaque fois qu’il sort de Cirencester on voit des grandes rosaces rouges et des grands halos bleus qui s'étendent et crépitent dans le ciel anglais. Ouais, le truc d’Adam c’est pas les combats de chiens, c’est les feux d’artifice.


Y en a qui se demandent des fois pourquoi il fait ça Adam. Mais personne lui pose jamais vraiment la question parce qu’à chaque fois que les Anglais ils voient les rosaces ils ont une quatrième blonde à la main. Du coup le soir ils se demandent et le lendemain ils oublient. Alors à l’usine personne lui a jamais parlé des feux d’artifice. Il faut dire qu’à l’usine les gars parlent pas beaucoup : y a trop de bruit pour qu’on y parle, ça oblige à crier et comme les gars quand ils crient c’est pour encourager un chien ils évitent de le faire en pelletant du charbon parce qu'y a pas de chien et que ça peut leur attirer des ennuis. En même temps, si le responsable de chaîne il entend un gars crier il va croire qu’y a un combat d’organisé dans l’usine et ça c’est le coup de pied au cul général garanti. Du coup à l’usine personne ne parle et personne ne crie. Y a que l’usine qui a le droit de faire tout ça. Et quand l’usine elle dort, c’est là que les gars peuvent aller parler autour d’une bière et crier autour de deux clébards. Les Anglais ils ne parlent que quand l’usine se tait. Et comme y a qu’à l’usine qu’on croise Adam, personne lui a jamais parlé de feux d’artifice.


Moi ça fait un bout de temps que j’ai la gorge sèche. Je viens quand même tous les soirs à l’arrière du bar qui fait l’angle mais je viens juste pour crier et faire un pied de nez à l’usine qui veut pas que je crie plus fort qu’elle. C’est con mais y a que comme ça que je me soulage le bide. Avant c'était quand je buvais mais maintenant que mon médecin me l’a interdit, c’est quand je crie. J’suis un Anglais standard moi : quand je veux me sentir libre je vais au bar pour cracher au visage de l’usine en bravant ses interdits.

Un foutu soir, j’ai perdu trois paris. J’avais pourtant mis mon fric sur trois braves clébards dont un qui était le champion en titre de l’arrière du bar, Noisy Jack, un terrier hargneux, un peu boiteux, qui avait dû avoir un beau poil brun avant qu’il ne soit saturé de bourrelets de peau mal cicatrisés. Celui-là a été le plus rapide à se faire descendre. Un coup de chicots du chien d’en face et l’affaire était réglée. J’ai perdu trente et une livres cette nuit-là. Il faut dire que j’ai pas le nez très rouge moi. En tout cas j’avais plus rien pour me payer une bière que, de toute façon, on refuserait de me servir : le gars qui tient le bar c’est le frère de mon médecin. J’avais pas assez pour me payer une fille non plus. Du coup, comme j’avais plus rien à foutre là, je suis sorti de l’arrière du bar.


À cette heure-là les rues de Cirencester sont vides : tous les gars sont aux combats. Et puis comme y avait personne à qui parler sur la route et que la route m'emmerdait j’ai levé la tête et je les ai vues. Y en avait des dizaines, des petites rosaces de plein de couleurs qui apparaissaient dans une explosion, qui s’étendaient en crépitant et qui s'évanouissaient dans le ciel britannique en laissant derrière elles un squelette fait de fumée que le vent des côtes viendrait bientôt disperser aux quatre coins de l’île. C’était Adam. Ce soir-là j’y suis allé dans la forêt qui borde la ville, surtout parce que j’avais rien à faire au pub, mais j’y suis allé. C’était pas du courage, le courage on le laisse aux orphelins qui pavent nos rues boueuses. C’était de la curiosité mal soignée. D’habitude, les Anglais quand ils se posent trop de questions, ils boivent, mais ce soir-là, ne me demandez pas pourquoi, je voulais d’autres réponses que celles qu’on trouve au fond des chopes vides. Alors j’ai fourré mes mains dans mes poches et j’y suis allé, dans les bois.


Il faisait noir, un noir qui fait froid aux pieds, sans odeur, et qui fait regretter le bruit des verres qu’on vide contre le bois poreux des comptoirs. Dans ces forêts-là on a toujours l’impression de déranger. À faire craquer les brindilles, on se dit qu’on en réveille deux trois, des arbres, et en général, les forêts, nous, on les préfère endormies. Alors moi, en faisant bien gaffe à être sur la pointe des pieds, je suivais le bruit des feux d’artifice et je m’éclairais à leurs lueurs. C’est con mais ces quelques minutes de marche m'avaient foutu le cafard : la campagne anglaise elle est trop laide pour qu’on l’aime sobre. J’en regrettais presque ma chambre, celle que je loue à la vieille du 2e. Là, dans le froid des nuits sans filles, je jure que j’aurais payé cher pour me glisser dans mon lit. Même s’il a des lattes cassées. Les lattes je m’en foutais dans la forêt. Mais comme j’avais toujours pas une livre, j’ai continué de marcher dans la direction d’Adam. Il fallait que je lui demande combien il aurait payé pour se glisser dans un lit avec des lattes cassées. Et puis pourquoi il était pas au bar déjà ? Pourquoi il se payait pas une fille ? Parce que j’ai beau être un petit ouvrier je sais que se cacher dans la forêt ça ressemble à de la solitude et que la solitude ça se chasse avec une fille. Je lui demanderai ça, pour sûr. Et s’il a le culot de me dire qu’il a pas le sou je lui en retournerai une direct parce qu’on me la fait pas à moi : on a pas le sou quand on parie sans avoir le nez rouge mais Adam il parie pas lui, ça l'emmerde.


Au bout de dix minutes à traverser cette foutue forêt je l’ai enfin aperçu. Au loin, masquée par quelques troncs, se dessinait une silhouette. C’était Adam. Je me suis approché. Le gars était assis sur un rondin miteux et avait les yeux tellement dans le vide qu’on aurait dit une des gargouilles de l’église de Birmingham. Devant lui y avait un feu qui crépitait, mais Adam il devait sûrement y voir l’océan qui s’étendait au loin parce qu’il avait le regard des femmes de marins qui attendent en se bouffant l’intérieur. Et puis comme à sa droite il ne restait plus qu’un seul feu d’artifice à tirer je me suis dit que c’était le moment pour lui toucher deux mots sur la solitude. Mais Adam, il m’a pas laissé en placer une. J’avais à peine fait deux mètres qu’il a ouvert sa gueule pour me décrocher un : « Je pensais pas que c’était toi qui allais venir » sans même tourner la tête. Et puis, comme s’il parlait à un muet, il a enchaîné sans même me laisser la chance de lui demander pour le lit ou de lui conseiller une fille.


« Tu te demandes pourquoi je passe mes nuits ici à faire ça hein ? Qu’est-ce que je fous à me les peler alors que je pourrais lever le coude près d’un comptoir ? Je me le suis demandé aussi, comme toi. Pourquoi j’arrivais pas à trouver du réconfort autour de deux clébards ou dans les bras d’une blonde ? Et puis j’ai compris. On est bloqués mon frère. Condamnés à des espérances vides de sens. On se lève, on va à l’usine, on va au bar, on baise et on s’endort parce qu’au fond c’est quand on ferme les yeux qu’on est le plus heureux. Pourquoi les gars boivent-ils à en perdre leur foie si ce n’est pour flouter un peu un monde qui les effraie ? Un monde auquel chacun essaie d’échapper. On va voir des malheureux chiens s’entre-tuer parce que la mort nous réconforte et on va coucher avec des filles parce que l’amour a claqué la porte. C’est ça notre espérance mon frère : s’anesthésier la gueule de toute cette routine. Alors on se tue doucement en se regardant le faire et le prochain qui y arrivera sera moqué. Parce qu’il n’y a que devant la mort d’un ivrogne que l’on recouvre un peu de lucidité. Dans nos campagnes on ne pleure pas nos morts, on les jalouse et si on meurt c’est parce que la mort nous paie sa tournée, par pitié. Se taire et accepter, se taire quand l’usine crie, boire pour se taire et crier quand personne n’entend. C’est ce qu’on fait, c’est ce qu’on est, tout ça et rien de plus.

C’est pour éviter tout ça que je viens ici mon frère, pour ne pas crever en soumis. Je ne veux pas boire des canons avec la mort mon frère, je ne veux pas être son copain. Je ne veux plus me taire quand l’usine crie, je ne veux pas être son chien. Parce que c’est ce qu’on est dans l’histoire mon frère : des chiens. Chaque soir, elle nous regarde s’entre-tuer. On s’offre des coups, on s’offre nos ventres nus et elle nous regarde mourir sur le sol froid de l’arrière du bar. L’usine aussi elle aime les combats de chiens, mon frère. L’usine aussi elle parie. Et l’usine elle gagne toujours, c’est toujours elle la plus riche. Alors moi dans l’histoire j’évite le sol froid du bar. Je viens ici regarder mourir les feux d’artifice. C’est con mais Dieu que c’est beau. Ces machins-là ils crèvent en lumière, ils crèvent en apothéose. Ils ne se butent pas à grands coups de routine, ils s’envolent et meurent parce qu’ils ont été trop beaux. C’est la beauté qui tue un feu d’artifice, mon frère. C’est qu’une fois dans le ciel britannique, après avoir illuminé de rouge et de bleu les rues grises, il se dit qu’il est temps de mourir. Ça meurt avant de devenir laid un feu d’artifice, c’est plein d’honneur. »

Après ça Adam m’a demandé de me taire et de regarder, et comme il avait le même air que celui qu’ont les piliers de bar quand ils ont pas de chope à la main, je me suis tu et j’ai regardé. Il a pris le dernier feu d’artifice qu’il restait, l’a allumé et l’a laissé s’envoler. Je l’ai entendu fuser vers le ciel et exploser. Et puis j’ai vu du bleu et rouge, du bleu et du rouge tellement vibrants que je jure que toutes les rues de Cirencester n’étaient plus grises. Alors il m’a demandé de partir, Adam, et je suis parti.


Le lendemain je suis retourné à l’usine et à l’usine tout le monde se taisait. Tout le monde se taisait parce que tout le monde savait : au milieu de toutes ces gueules noircies par le charbon y avait pas celle d’Adam. Le soir même personne n’a bu, on n’en avait pas besoin, l’usine s’était tue. Adam était parti et personne n’était jaloux parce que ce soir-là, il avait illuminé de rouge et de bleu tous les cœurs gris de Cirencester.


 
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   poldutor   
16/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
Belle nouvelle courte, pleine d'humanité. La vie triste d'ouvriers d'usine
dont le passe temps favori est le combat de chien et la bière...
Adam ouvrier dans la même même usine, au combat de chiens, préfère les feux d'artifice, c'est sa façon à lui de voir le beau, avec des phrases magnifiques :"c'est quand on ferme les yeux qu'on est le plus heureux" ; "Dans nos campagnes on ne pleure pas nos morts, on les jalouse", et : "Ça meurt avant de devenir laid un feu d’artifice, c’est plein d’honneur.”
Superbe.
Nouvelle très bien écrite, avec un vocabulaire populaire de bon aloi, qui donne plus de crédibilité à l'histoire.

poldutor E.L

   FANTIN   
18/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très fort. On pense à Céline avec quelque chose du Singe en hiver shooté au désespoir.
Passée l'accoutumance au style, percutant, sans fioriture, on voit se dessiner très vite le portrait sans fard d'une réalité crue: la tragédie ordinaire d'ouvriers sans voix et sans issue, sans horizon autre que l'alcool, la violence, l'amour tarifé, la routine, la soumission...
Des personnages en mal de vie qu'une mort lente grignote au quotidien. Au fond, c'est une histoire de liberté et de dignité conquises au prix fort par un lucide qui n'a plus sa place nulle part, pour cesser enfin de ramper dans l'inexistence.
Pot de terre contre pot de fer. Les couleurs et la poésie contre la grisaille. La partie est jouée d'avance. Mais "Adam"s'échappe; il se fait la malle sans retour et meurt, comme ses feux, "en apothéose". Un texte qui remue, qui secoue, qui dessille les yeux, servi en outre par des formules frappantes( au hasard quelques exemples: " ce soir-là, je voulais d'autres réponses que celles qu'on trouve au fond des choppes vides"; "la campagne anglaise est trop laide pour qu'on l'aime sobre"; "le regard des femmes de marins qui attendent en se bouffant l'intérieur"; "au fond c'est quand on ferme les yeux qu'on est le plus heureux"; "l'amour a claqué la porte", etc., il y en a beaucoup d'autres et non des moindres.)
En bref, une nouvelle qui fait le poids, son poids humain garanti, et qui laisse un écho, une trace. Bravo à l'auteur.

   hersen   
22/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Globalement, j'aime assez l'histoire, le thème de l'usine qui parie sur "les chiens", c'est un transfert intéressant, lucide aussi, sans doute.

par contre, même si je comprends l'écriture, je veux dire plus dans le parlé, je ne trouve pas que ça mette toujours le propos en valeur. c'est un peu trop, en fait, et en faire trop empêche quelquefois d'adhérer.

La fin me laisse hésitante : Adam est-il parti...ou s'est-il donné la mort ?
J'interprète la dernière phrase comme un espoir qui aurait été donné aux autres par l'absence d'Adam.

Mais c'est un peu trop confus. Ceci dit, la désespérance de petites villes industrielles de l'Angleterre est assez bien rendue, c'est en tout cs l'idée que e m'en fais.

Pour moi, un texte à affiner encore côté écriture mais un bon thème.

   Corto   
23/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici une nouvelle d'un style insolite car elle n'utilise que le langage parlé. Ici aucun souci de raconter avec délicatesse ni raffinement.

Non, on a du brut, du cru dans une ville ouvrière anglaise dominée par les exigences de l'usine devenue elle aussi personnage: "Les Anglais ils ne parlent que quand l’usine se tait."

Ainsi vue "Cirencester" ne donne pas trop envie de s'y installer, mais le vécu des ouvriers est raconté sans fard.

C'est l'ennui et l'accablement qui tiennent compagnie à la misère.

Les combats de chiens (comme ailleurs on trouve des combats de coqs) essaient de casser cet ennui, mais il faut beaucoup arroser avec la bière en regardant "deux cabots à moitié crevés qui se bouffent les oreilles".

Un personnage, Adam, essaie de s'extraire de cette routine en jouant avec des feux d'artifice. Original ? Tout le monde s'y est habitué, et pourquoi pas si ça lui permet de casser la grisaille.

Jusqu'au jour où "au milieu de toutes ces gueules noircies par le charbon y’avait pas celle d’Adam".

Ce tableau hyper réaliste d'une vie accablante dans une ville minière est étonnamment prenant.

Les faits sont décrits avec cohérence, précision, sans recherche esthétisante, car ici on a guère le souci de la beauté raffinée. On vit, on survit du moins un certain temps.

Il fallait du courage et un certain talent pour réussir un tel récit où rien n'est exagéré, basé sur une réalité sur laquelle en général on évite de s'attarder.

Bravo à l'auteur.

   plumette   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Une ambiance à la Ken Loach.

j'ai eu du mal avec cette histoire, à cause du style que j'ai trouvé lourd, pesant. Beaucoup de : des fois, de il, de qui de que, de quand, de y'a...je ne suis pas contre un style parlé, familier, mais là j'ai ressenti comme un artifice qui m'a dérangée.

je n'ai pas trop compris ce qu'était une usine qui crie.

Quand au narrateur, il est à la fois dedans ( participe aux paris des combats de chiens, fréquente les buveurs de bière) mais également dehors car il est observateur de tout ce monde assez glauque et cela crée un certain flottement dans le texte.

bizarre cette façon de désigner le ciel " britannique" ! où que l'on soit, lorsqu'on évoque le ciel, c'est le ciel me semble-t-il? Je ne songerais pas à lui donner une nationalité!

Et puis, il y a Adam, qui a une certaine conscience, et se tient à l'écart et cherche un peu de beauté avec les feux d'artifice. Pourquoi pas? Mais pour nous dire quoi?

Son monologue m'a paru très cérébral, cette répétition de "mon frère" en fait une sorte ed prêcheur ou de prophète.

Quant à la chute, là encore, j'ai du mal à cerner les intentions de l'auteur.

Je suis perplexe ! peut-être suis-je passée à côté?

Plumette

   cherbiacuespe   
13/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle pas très joyeuse. Une tranche de vie qui me rappelle du Zola. C'est noir, c'est dur, C'est beau. C'est beau comme du noir de ces nuits ou on a trop froid pour sourire. Même l'espoir est triste. Et même la fin laisse froid dans le noir de la désillusion. Certains diront "c'est l'Angleterre". Ce qui est un peu réducteur!

Mais une nouvelle bien écrite et qui tient la route, du début à la fin. Et peut-être qu'Adam contesterait et m'expliquerait combien mon commentaire est dérisoire...

   maria   
14/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Lomig,

N'interrompant pas une personne quand celle- ci raconte une histoire, j'ai lu religieusement ce texte. Ainsi donc, Le choix du parlé me paraît judicieux.

Adam s'échappe de l'univers sinistre, cruel et sans espoir en s'improvisant artificier ; c'est beau. Son " frère" aussi à une âme de poète puisqu'il "a l'impression de déranger la forêt ", quand il choisit d'y pénétrer au lieu de tenir dans ses mains une chope ou une femme !

Je n'ai pas compris ce qui est arrivé à Adam, à la fin. Dois-je m'inquiéter ?

P.S. Lomig, si tu passes à Canterburry, mon beau frère, Adam se fera un plaisir de t'offrir une pinte de bière et non une place pour un quelconque combat !

   thierry   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
J'aime bien ce texte aux choix bien balancés. Le rythme y est, le ton est juste, le choix du parlé est pertinent.
Après, il a ses limites. Résumé par ces choix métaphoriques la condition ouvrière est un peu facile pour un auteur visiblement capable de mieux, de beaucoup mieux ! L'alcool facile bien sûr, les combats de chiens pourquoi pas, le feu d'artifice est plus original.

Le sermon du personnage ne colle pas vraiment, il y a peut-être une rupture de ton difficile à encaisser, on passe de la description impliquée à la dissertation. Une action spectaculaire (mettre le feu à l'usine pour faire un beau spectacle pyrotechnique ?) vaut mieux qu'un discours laborieux.
Bravo pour cet ensemble malgré tout bien ficelé !

   senglar   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Lomig,


Une nouvelle réaliste dont on se dit qu'elle va être difficile à lire - des ouvriers misérables et des combats de chiens - lourde de sens (ou de non-sens) et de sang.

Mais non... Il y a même une certaine poésie qui s'en dégage.

- parce que le texte n'est pas voyeur, on ne déchiquette pas les bêtes, elles meurent au combat sans que ce soit sordide.

- parce qu'on devine assez vite (et qu'on nous l'explique aussi) que le vrai méchant c'est l'usine. Et qu'on craint que les ouvriers ne soient ses chiens.
Alors on se dit : "Calmos les potos !"
Mais ils sont calmes
Pour ne pas tomber au niveau des chiens
(voire plus bas)
Que bizarrement ils respectent à leur manière
Alors que l'usine ne les respectent pas, eux

- parce qu'il y a Adam qui a tout compris, qui est beau comme une fusée de son feu d'artifice, magnifique comme une fusée et qui est la caution qu'on peut se détacher de toute cette misère, de cette servitude, qui apporte un peu de sa splendeur, de sa différence aux autres et qui partira en fumée après avoir été un arc-en-ciel.
(après avoir composé mon com. je suis avoir voir celui de Thierry. Bravo tu m'as fait comprendre qu'en fait Adam avait pulvérisé l'usine en un formidable feu d'artifice et qu'il s'en était allé de la sorte rendant leur liberté et leur dignité aux ouvriers-esclaves. Merci !)

"Maman les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes ?"
Adam, lui, avait des ailes.
Bienvenue au pays des étoiles !

Un soupçon de magie c'est sûr a flotté sur cette nouvelle :)))


Senglar
Bravo !

   Malitorne   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Ce qui me gêne dans cette histoire c'est je la trouve complètement improbable. À part les combats de chiens et la vie à l'usine le personnage d'Adam me paraît tiré par les cheveux, pur produit d'un imaginaire loin de la réalité. Un ouvrier qui tire des feux d'artifice à la fin du turbin, non mais sérieux ? Une impression d'invraisemblance renforcée par le discours final d'Adam où des considérations philosophiques se mélangent à des remarques triviales. Le ton argotique, en général, m'apparait d'ailleurs forcé. Vous avez essayé de tenter une sorte de récit poétique mais pour moi l'effet ne prend pas.

   jaimme   
7/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Plus j'ai avancé dans ma lecture plus cette nouvelle m'a touché. Donc bravo.
Un seul point me chiffonne: où cet ouvrier a-t-il trouvé l'argent pour ces feux d'artifice? C'est cher, non, les feux d'artifice? Bon, ok, il avait un petit héritage etc. Je laisse tomber.
Je laisse tomber aussi la qualité d'écriture du narrateur, simple ouvrier. La plupart des auteurs fait ça aussi (difficile de faire autrement d'autant qu'on tombe souvent dans l'illisible; même Terry Pratchett est tombé dans ce travers, c'est dire).
Vous avez une belle écriture, touchante, intéressante et le sujet est vraiment bien choisi.
Au plaisir de vous lire à nouveau, donc.


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