Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Réalisme/Historique
Loutre : Une histoire de feu, de foudre, de foutre [Sélection GL]
 Publié le 12/07/19  -  16 commentaires  -  9803 caractères  -  173 lectures    Autres textes du même auteur

Bien, il est temps de se poser les bonnes questions et ça, croyez-moi, c’est le genre d’exercice qui demande du courage, « Lagavulin », beaucoup de courage, « un double ».


Une histoire de feu, de foudre, de foutre [Sélection GL]


Lundi vingt-neuf juillet, 15 h 20.

Trente-huit degrés Celsius.

Trente-sept ans.


Mes dix premières années furent plutôt sympathiques, faites de regards admiratifs, d’amour et de découvertes.

Les dix suivantes furent relativement instructives, utiles pour comprendre que la vie n’est pas un cadeau mais un prêt et qu’avant de pouvoir en jouir honnêtement il convient de la gagner. C’est à cette période que les notions de métier et d’épanouissement firent leur entrée, ce qui, croyez-moi, compliqua singulièrement les choses.

Ensuite vinrent dix années d’inconfort, de doutes et de réussites. Diplôme, emploi, alcool… bravo gamin, tu la gagnes ta vie, maintenant qu’elle ne t’intéresse plus.


Les prochaines années ? Pas la moindre idée du sens qu’il convient de leur donner ni de ce qu’elles pourraient bien apporter, tout ce que je peux dire c’est que les journées sont longues et que plus personne ne prend plaisir à me regarder.


Il est temps de se poser les bonnes questions.

Et les bonnes réponses se trouvent au fond des verres.


**


Je pousse la porte et entre. Personne. C’est vide, triste et ça pue l’ennui, comme moi. Je m’installe, bon sang ce qu’il fait chaud, le serveur approche et je passe commande : une bière. Elle arrive mais pas le temps d’y tremper les lèvres qu’il demande :


– Ça roule ?


Personne ne me vole le plaisir du premier verre alors j’empoigne ma chope, goûte, la termine, la repose, laisse couler un instant, savoure, frissonne et ensuite, seulement, réponds :


– Ça roule.

– Belle descente…

– Merci.

– Quelle chaleur, hein ?

– Merci.


Bien, les salutations sont faites, c’était direct et socialement acceptable. Tant mieux parce que je suis ici pour cogiter, pas pour discuter, et c’est le genre d’exercice qui exige courage et tranquillité, « Lagavulin », beaucoup de courage, « un double ». Je reçois ma commande, paye, trempe les lèvres et savoure.

Bon sang ce que c’est bon.


J’aime cet endroit. Le mobilier est fait de bois, les tables et le comptoir sont massifs, l’épais tapis au sol absorbe les sons et les rideaux isolent du monde extérieur. Rien n’est particulièrement beau, tout est vieux, mais l’ensemble est réconfortant et fort d’une beauté propre à ce qui résiste au temps. Une invitation au voyage et à l’introspection…

… Voilà, voilà… savourer son premier verre : check. Sympathiser avec le personnel : check. Lorgner le mobilier en se prenant pour Baudelaire : check. S’assurer de ne pas manquer de courage : check… allez Johnny, plus d’excuses, cogite ! Je me mets en mode « faites pas chier », épaules voûtées, sourcils froncés, les deux pattes sur mon verre, lorsque la porte du fond s’ouvre et que deux demoiselles déboulent dans mon monde. Elles parlent fort, s’installent derrière moi et leur présence m’empêche de m’écouter. Je défronce les sourcils et lâche mon verre.


À force d’expérience, j’arrive à jauger l’intérêt potentiel d’une discussion à l’aune des boissons commandées ; « deux eaux gommées, s’il vous plaît ». Insipide. Allez Johnny, sois indulgent, l’habit et le moine bla-bla-bla, alors allez-y mesdemoiselles, emportez-moi, faites-moi oublier la raison de ma présence. Je commande une bière, pour la soif, m’envoie une rasade, pour le goût, et tends l’oreille :


– 130 francs, jambes et maillot, tu y crois toi ? C’est A-BU-SÉ !

– Grave. Perso, j’aurais pas payé !

– Rien à foutre, je lui ai pourri son mur Facebook.

– Ah ah ah, trop raison, la petite vengeance qui passe crème !


Déception, vide et ennui. Je lâche un bref « putain », récupère mon oreille et décide de me tenir à distance de tout ça… le temps d’une gorgée, puis j’y reviens :


– … Et là je rentre et je lui dis « bébéé, je me suis faite toute beelle ! » et le mec il en avait genre mais RIEN À FOUTRE, à peine il levait les yeux de son écran quoi ! Je veux dire si je vais chez l’esthéticienne c’est pas par plaisir, ça fait quand même super mal et je ne le fais pas pour ma mère tu vois ce que je veux dire ?

– Graave.

– Eh non, même pas un truc du genre « merci » ou « je me réjouis de découvrir tout ça » rien du tout !

– Genre !

– Ben ouais, j’veux dire quand le mec va chez le barbier moi j’en ai quelque chose à foutre tu vois ? Je lui dis « oh, t’es trop beau bébé » ou « ça te va trop bien la barbe comme ça » parce que même si c’est pas vrai, ben ça me fait plaisir tu vois ? Je veux dire il prend soin de lui et il le fait pour moi alors en quelque sorte je le remercie. Je suis polie tu vois ? La politesse c’est la base.

– Mais graaave ! J’en connais un qui n’est pas près d’avoir ce qu’il veut ha ha ha.

– Alors là c’est no way !

– T’as bien raison !


Parfois, après deux ou trois verres, mon inconscient, à la manière d’un conseiller en relations publiques, me chuchote quelques brillantes réparties afin d’interagir avec mes semblables. En ce moment-là, il hurle. Je pivote, capte le regard de l’épilée et lui signale que :


– En tout cas moi si t’es polie je veux bien te baiser !


Je force le sourire quelques secondes, afin d’appuyer le côté bon enfant de l’intervention. Le silence et l’incompréhension que je lis sur son visage (du dégoût ?) me force à lui expliquer la boutade. Je lui expose alors le double sens de l’adjectif « polie » renvoyant autant au fait qu’elle soit épilée que bien élevée. Je soulève également l’allusion à « son mec » qui ne lui manifeste aucun intérêt, ce qui n’est pas digne d’un gentleman, alors que personnellement je m’empresserais de « découvrir tout cela » et de lui témoigner toute l’attention et le respect qu’une femme de goût prenant soin d’elle et étalant sa vie dans mon putain de bar mérite de recevoir. Silence et dégoût (il s’agit bien de dégoût). Elle finit par répondre :


– Tu me traites de salope ?


Je la rassure en précisant que techniquement je suis sans doute celui qui se rapproche le plus d’une salope parce qu’on peut m’avoir contre un sourire ou un peu d’attention. Elle me suggère de dégager « espèce de gros dégueulasse » tandis que sa copine me fait remarquer que « grave, mec ! ». Je me lève, titube, et leur propose de leur montrer ce qui peut vite devenir « grave, les mecs » pour finalement me raviser ; il est trop tôt pour ce genre de spectacle et le climat est peu propice aux vieux dégueulasses. Alors je me rassois, maudis le monde et retrouve silence et solitude.


Le serveur demande : « Ça ne serait pas mieux pour tout le monde si tu ne parlais pas trop aux autres clients ? »


– Non. C’est des remerciements que je devrais recevoir, pas des insultes ! Pour une fois elle rentrera à la maison avec quelque chose d’original à raconter, pour une fois elle sera écoutée, pour une fois son homme la regardera et pourra jouer au vrai mec en disant « ouuuhh, si j’avais été là ! » pour ensuite lui faire l’amour comme un petit cochon. Je suis plus efficace et bien moins cher qu’un psychologue de couple !

– On peut le voir comme ça…

– Ouais, on le voit comme ça. Tu m’offres un verre ?


Il a sûrement dû prendre ma requête comme un deal, dans le genre « tu m’offres ce verre, on trinque ensemble et je ne sympathise plus avec ta clientèle », parce que j’avais à peine terminé ma phrase que je me retrouvais avec une pinte toute fraîche entre les pattes. Pas de chance l’ami, personne n’achète mon silence et je vais te montrer ce qu’il en coûte de vouloir corrompre un esprit libre !… j’accepte la bière et retourne à mes réflexions. Épais tapis, mobilier en bois, invitation au voyage, machin, machin…


J’esquive les vraies questions durant deux, trois verres, pour finalement m’en prendre une dans la mâchoire : « Hey Johnny, t’attends quoi pour vivre ?


– Le verre suivant.

– Sérieusement. T’as besoin de quoi pour vivre ?

– De beaucoup de verres suivants, héhé.

– Sors-toi de là, Johnny, sinon tu mourras triste, seul et avant l’heure. T’as besoin de quoi pour vivre ?

– De tout, tout de suite et en grande quantité parce que là, tu vois, c’est vide… combien de fous rires ces dernières années, ces derniers jours, combien de pleurs, de cris de joie ou de sautes d’humeur ? Depuis ce matin, combien ? C’est mort Johnny, ici comme ailleurs, c’est mort en moi et c’est mort dehors… c’est silencieux et c’est mort. Je veux de l’acide, tu comprends ? Je veux du splendide, du foutu, du neuf et du laid, je veux des orages de foudre, du feu et des torrents de foutre ! Donne-moi des salopards, des anges, du whiskey, du noir et du blanc, j’emmerde le gris et la subtilité, fais-moi bouffer du brut !

– Je vois. Il te suffit de les trouver, ton feu, ta foudre et ton foutre. Tu sais où chercher ?

– Ouais. Le feu c’est l’écriture. Je veux lire, écrire, écrire sur ce que j’aime et lire ce que j’aimerais écrire.

– Le foutre ?

– Le cul.

– La foudre ?

– Les bars, l’alcool, l’alcool dans les bars. Un orage de foudre c'est deux belles âmes fusionnant dans l’ivresse d’un bar. Je veux en rencontrer, des belles âmes, les admirer, les comprendre et m’y perdre.

– À son image… la beauté brute d’une âme perdue.

– Ouais. Le doute et la souffrance subliment et c’est ce qui la rendait belle, elle. Un soleil, un triste soleil, givré et totalement cramé.

– Tu penses qu’elle est morte ?

– Je n’en sais foutrement rien. Peut-être.

– OK.

– Ouais, et maintenant ferme-la.


C’est parfois salvateur de se parler franchement, tu mets les choses à plat et c’est sain, tu vois les choses en face et prends le temps de les comprendre, tu fais appel à de vieux souvenirs, bons ou mauvais et tu les domptes ou les acceptes. Mais parfois ça t’arrache simplement la gueule et tout ce que tu souhaites par la suite c’est te foutre en l’air. Et ça, croyez-moi, c’est le genre d’exercice qui demande du courage, « Lagavulin », beaucoup de courage, « un double ».


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   plumette   
21/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très bon moment de lecture avec Johnny, une entrée dans le texte par un aperçu en raccourci du personnage puis, une entrée dans le bar, avec une caméra qui zoome et fait des gros plans,

j'aime bien la forme ( et surtout les dialogues) qui se moquent de tous ces tics de langage insupportables.

savoureuse, cette histoire d'épilation! Comme on parle en francs et non pas en euros, je em suis demandée où on était dans le temps et dans l'espace.

il boit des bières, or j'aurais pensé à du plus costaud, mais peut-être que ça dépend de l'heure? Lagavulin ( comme annoncé dans le résumé) ou Johnny quelque chose...ce qui arrive en effet à la fin.

Ce texte plutôt désespéré se termine par un dialogue intérieur à deux voix. Je crois bien que notre héros va continuer à picoler car il semble qu'il ait perdu son alter ego féminin ( si j'ai bien compris?)

un texte sombre mais dont la tonalité dégage une belle énergie.

A vous relire!

Plumette

   Corto   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
SVP on cherche un écrivain avec un surmoi !
Parce qu'ici ce n'est pas le genre.

On a du brut, du rentre-dedans, du rude façon bistrot de base avec la compagnie qui va avec.
Juste à côté San Antonio doit s'amuser et en préparer une bonne.

Dès l'introduction on sent qu'on ne va pas faire de chichis: "Diplôme, emploi, alcool… bravo gamin, tu la gagnes ta vie, maintenant qu’elle ne t’intéresse plus".

Le déroulement des événements est bien senti.

Une lecture distrayante dans un style inattendu dans le monde Oniris.

Bravo à l'auteur.

   hersen   
12/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Grave, le mec !

Que des trucs qui m'agacent, dans ce texte.
Entre le poivrot courageux courageux et l'échange entre copines, je ne sais si je dois rire ou pleurer.

Et sans m'en rendre compte, j'ai souri.

Ce texte ne me restera pas gravé en tête, il a pour ça trop de copies de par le monde.
Mais l'écriture fait bien passer, et même, c'est un comble, je l'ai trouvé sobre :)

Pour le titre, je doute, je ne trouve pas le narrateur à la hauteur de ses souhaits. Ma proposition : Une histoire cuite ? (ça, c'est juste pour rigoler, être raccord avec le narrateur, en quelque sorte.

Une évaluation bien polie. Pile poil épilée :)

Au fait, 130 francs, c'est dans quel coin sur la planète ? et comme il y a une allusion à Facebook, ce n'est pas une question d'époque.

Je connais les francs cp, les francs cfa, et quoi d'autre ?

@Toc-art, gloups, je les avais oubliés, les fs. C'est parce que je n'en ai pas :(

   toc-art   
12/7/2019
Bonjour,

Ma première impression à la lecture de ce texte, c'est que vous n'avez rien à dire. C'est à la fois embêtant et dommage car l'écriture est bonne, la scène avec les filles est bien croquée, le dialogue est vivant, mais à part ça, que retenir de ce texte ? Rien (pour moi bien sûr). Je reconnais que j'en ai un peu marre de ces textes qui tournent autour de l'écriture, je trouve que c'est faire preuve de paresse ou d'un manque d'imagination vraiment usant. Les affres de l'écrivain amateur, sérieux, tout le monde les connait, surtout ici, on pourrait pas passer un peu à autre chose ? C'est peut-être un passage obligé quand on démarre, je ne sais pas, mais vraiment, il faut à mon sens dépasser ce stade.

Je le répète parce que je ne voudrais rester sur un message trop sévère, vous écrivez bien, votre écriture est dynamique, mais il vous reste maintenant à vous mettre au boulot en cherchant un vrai sujet, une vraie histoire, quelque chose d'un peu plus ambitieux que le portrait archi-usé de l'écrivain maudit, désabusé, qui trouve dans l'alcool la vérité du monde. à ce titre, toute la fin du texte, qui se veut presque philosophique, me semble trop appuyée, grandiloquente, laborieuse, à l'image de la question qui arrive de façon très maladroite "Hey, t'attends quoi pour vivre ?", prétexte à la tirade tirade-profession de foi emphatique qui va suivre : "Je veux du splendide, du foutu, du neuf et du laid, je veux des orages de foudre, du feu et des torrents de foutre ! Donne-moi des salopards, des anges, du whiskey, du noir et du blanc, j’emmerde le gris et la subtilité, fais-moi bouffer du brut !" Là, pour moi, on frise le ridicule. On peut l'admettre puisque le mec est ivre mais on est à la limite car on a trop le sentiment de sentir le point de vue de l'auteur ici. Si tel est le cas, eh bien, écrivez donc, inventez-nous des salopards, des anges, du noir et du blanc, bouffez donc du brut ou faites-en bouffer à vos lecteurs au lieu de vous contenter d'écrire sur l'envie d'écrire.

Après, ce n'est bien sûr que mon avis et certains seront sans nul doute adeptes de ce genre de littérature. Ce sera ensuite à vous de faire la part des choses et de retenir dans les commentaires que vous recevrez ce qui sera susceptible de vous faire progresser.

Bonne continuation.

@ hersen : qqun m'a soufflé qu'il devait s'agir de francs suisses.

   ecritvain   
12/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Merci pour ce moment de lecture, j’aime beaucoup ce style “tranche de vie” qui nous laisse la place pour fantasmer sur le passé, la vie et les tourments des protagonistes. Ici ceux du personnage principal sont un peu usés (peine passionnelle, tourments de l’écrivain) mais ils sont amenés d’une manière rafraîchissante avec des dialogues vivants et crédibles et une écriture dynamique.
La partie introspective est un peu lourde mais nécessaire au propos.

Au plaisir de vous relire

   senglar   
12/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Loutre,


Une belle leçon de philosophie, limite sartrienne, mais qui coûte cher au prix du "Lagavulin". Doit quand même avoir réussi dans la vie le mec pour se payer des déprimes d'auto analyse à ce prix-là. Heureusement pour le lecteur c'est pas le gars à porter une Rolex. Alors, pétasses mises à part, on se dit que cela n'a pas été avoir perdu totalement son temps que d'avoir bu une chope à son côté..

Quelle existence dans une ambiguïté foutraque ! Albert doit être dans le coin aussi : "Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime."

Garçon ! Les "Carnets" !

Lol


Senglar

   thierry   
13/7/2019
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   Dugenou   
13/7/2019
Bonjour Loutre,

"En tout cas si t'es polie, moi je veux bien te baiser"--> cette phrase à elle seule a égayé la lecture de ce texte ! Malheureusement, il semble que le discours de Johnny, bien qu'alcoolisé, n'ait rien à envier aux discussions chiffons et autres frivolités de réseaux sociaux de ses interlocutrices... en dessous de la ceinture, ou au dessus, où se trouve la différence ?

Un souci de vraisemblance aurait été le bienvenu : le genre d'animal dont vous parlez est sociable, rarement seul, et pétri d'habitudes dans les bars où il a plein de copains, et de soutiens... Sa venue dans un bar inédit est incongrue. Peut être, vu le mois où vous situez votre texte, son café habituel était fermé ?

Pour le reste, votre texte est bien écrit, le sens du dialogue est juste, mais toc-art vous a fait une critique judicieuse : il ne se passe pas grand chose...

Au plaisir de vous relire, quand vous serez en meilleure forme !

Dugenou.

   Donaldo75   
13/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Loutre,

Cette nouvelle a du style, elle est brillante ; tu plonges le lecteur dans les affres de l'alcoolique devenu presque asocial. Le regard sur les autres et sur lui-même est acerbe mais réaliste. Les dialogues sont excellents. Certes, la fin est moins forte que la scène avec les deux filles mais cela n'empêche en rien de trouver cette nouvelle très réussie.

Bravo !

Donaldo

   thierry   
14/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très bon moment de lecture et de cinéma. J'ai aimé fréquenter ce Belmondo de retour d'un Singe en Hiver et son double au fonds d'un verre.

Les dialogues tiennent bien la route sinueuse et difficile. C'est plus que vivant, ce qui est bien le but de l'alcool et de la littérature.


Perdre son double féminin, c'est aussi l'obligation de se retrouver soi même et c'est pas toujours joli joli, en tous cas ça oblige à se dire la vérité assez directement.

Et trêve d'hypocrisie, nous avons tous rêvé de dire "– En tout cas moi si t’es polie je veux bien te baiser !" ou du moins on l'a pensé très fort. Polie et jolie, ça va bien ensemble.


Bref, c'est le genre de texte qui me fait penser que les hommes sont des petits garçons qui vieillissent… Tous les enfants pensent aussi ce truc : "je vais te montrer ce qu’il en coûte de vouloir corrompre un esprit libre !" L'insolence de cet enfant devient difficilement socio-compatible et il faut en payer le prix.


Bref, une fois de plus, derrière ce genre de texte, il y a une réalité que peu d'entre nous - les hommes - sont capables d'exprimer (les femmes sûrement plus facilement mais elles ont d'autres problèmes...) J'arrête avec ces propos sexistes, après avoir souligné cette qualité de description, de dialogue, de cheminement dans l'histoire.


Et puisqu'il faut bien une réserve, je pense que ce héros mérite mieux que de s'appeler Johnny.

Merci !

   jaimme   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Loutre,
à la lecture de votre texte j'ai cru voir double (trop bu sans doute): du bon et du moins bon (le fond du verre peut-être).
On est dans le réel. Un poil caricatural non? Le gars a l'air aussi con que déglingué. Un humain, mais un humain qui ne m'intéresse pas du tout. Le genre de gars que j'évite comme la peste. Qui se croit malin (voir la fin) mais qui n'a rien à dire en fait. On est un poil au-dessus des télé-réalités. Et c'est là que ça cloche: pourquoi? Pourquoi est-il dans cet état? On n'en sait rien et ça manque sérieusement. Il s'ennuie? Il rêve de fureur et de sexe. Il devrait tomber amoureux et entrer chez les pompiers... Problème: il parle bien mal aux filles et sa condition physique est sans doute déplorable. Écrire? Bon courage, effectivement.
Bref, je ne suis pas très friand des instantanés qui ne me bouleversent pas. Là j'ai lu un épisode de la vie d'un gars qui m'énerve (il s'il a réussi à m'énerver c'est que vous avez réussi à me toucher, un peu).
Votre écriture est bonne, utilisez-là dans un registre un peu moins usé.
Bonne continuation.

   Tiramisu   
18/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Votre nouvelle est agréable à lire. J’aime beaucoup le début de dix années en dix années. J’apprécie aussi l’écriture nette. Les dialogues sont bien fichus. Le passage de l’épilation est amusant et le dialogue entre les deux jeunes femmes plutôt bien rendu. La répartie du narrateur est dans la même veine mais sans réelle surprise. Il y a un fond d’humour permanent qui dynamise le texte. Mais mais … C’est le seul fond que je vois c’est là où cela pêche à mon avis, il n’y a pas réellement de fond. Le personnage du narrateur a un air de déjà vu, le poète maudit qui boit dans un bar et qui se cherche…même le monologue final ne parvient pas à lui apporter de la consistance. Cela donne une impression de superficialité.
Il y a vraiment de beaux atouts dans l’écriture et les dialogues pour le reste je reste sur ma faim.

Bonne continuation.

   Inner   
18/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai énormément apprécié comme les descriptions et les dialogues ont été parfaitement affinés, derrière un semblant de facilité qui rend le tout très naturel.
Caustique et terriblement efficace à mon sens. Félicitations.

   moschen   
25/7/2019
Modéré : Commentaire hors charte (se référer au point 6 de la charte).

   Malitorne   
25/7/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Exemple type d'une écriture qui se regarde le nombril, brillante mais vaine. Nous nageons dans un pathos narcissique où l'individu se complait dans son amertume pour mieux jauger ses pairs. La position préférée de l'intellectuel qui se dit écorché. Ainsi le passage avec les deux copines est certes amusant au premier abord mais finalement très caricatural. Vous renvoyez la gente féminine à ce qu'elle a de plus superficielle, et quand le narrateur se décide à les aborder c'est avec vulgarité. Comme si ce type de femmes ne méritait que le mépris. Pas glorieux pour lui...

Cette déclamation énergique « Je veux du splendide, du foutu, du neuf et du laid, je veux des orages de foudre, du feu et des torrents de foutre ! » est révélatrice d'un écrivain en herbe qui se croit porteur d'une révolution littéraire. Non seulement elle brise la crédibilité du personnage de bar que vous étiez arrivé à construire mais en plus le renvoie à la masse des soi-disant éternels incompris. Encore un qui beugle son génie le verre à la main !

Bref, du potentiel mais exploité d'une façon trop convenue.

   dark_matters   
11/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
On a envie de lui claquer le beignet, à votre personnage. Il est pénible, il est mal poli, il ne prête attention qu'à une discussion de femmes (!) teeeellement moins cultivées qui lui et pour qu'en faire ? Ben pour leur casser les pieds. Et les "baiser", sur un malentendu, si possible. Alors de deux choses l'une. Soit on prend votre texte pour de l'autofiction et ça peut irriter, je le conçois, soit on le lit comme de la littérature et on se dit que vous avez un sacré talent. Le talent de donner envie de claquer le beignet d'un personnage, ce n'est pas donné à tout le monde. Créer un moi idéalisé, beau mais pas trop intelligent mais pas trop musclé mais pas trop rêveur mais pas trop, c'est facile. Créer un enquiquineur snob et dépressif, c'est difficile. Bravo.


Oniris Copyright © 2007-2019