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Sentimental/Romanesque
Luniknat : Une vie de chien
 Publié le 09/07/07  -  5 commentaires  -  3862 caractères  -  32 lectures    Autres textes du même auteur

Le titre en dit déjà long...


Une vie de chien


Je suis là et j’attends sagement que quelqu’un s’intéresse à moi. Je ne bouge pas, j’essaie d’être discret. Ici, c’est un ouragan de hurlements et de cris de détresse. Mais moi, comme la minorité, je reste silencieux.


Il y a du passage devant ma prison de fer. Mais peu de gens s’arrêtent devant moi. De toutes façons, ça m’est égal. Je n’ai pas envie de faire semblant de m’intéresser à eux non plus.


Je ne me suis pas présenté... On m’a baptisé Cham. Je suis un Beauceron de 2 ans. Et ça fait déjà 2 mois que je suis ici…. Avec tous ces autres chiens. La vie est monotone, toute la journée on entend des jérémiades et des cris de secours. Certains partent, d’autres arrivent... Il y a d’ailleurs beaucoup plus d’arrivées que de départs.

Alors moi, je reste couché, et je pense. Je pense à mon ancienne vie et à tous ces superbes espaces dans lesquels je musclais mes pattes. J’étais le chien d’une famille richissime. J’avais des privilèges impensables et un magnifique collier en diamants. J’avais une vie de rêve. Une piscine rien que pour moi, de la nourriture raffinée, je sortais toujours me promener, je n’avais jamais besoin de rien.

Puis un jour, mes maîtres se sont lassés de moi. « Trop grand et trop encombrant » répétaient-ils. Enfin, surtout Madame. Et un matin, elle ramena à la maison un ennemi juré… un Yorkshire.


Format de poche, il était toujours dans les papattes à Madame, il me narguait sans arrêt et accaparait aussi l’affection de Monsieur. Du coup, personne ne s’occupait plus de moi. J’essayais d’attirer leur attention, mais ils n’avaient d’yeux que pour le nouvel arrivant.

Deux semaines plus tard, mon maître m’appela pour une balade. Le cœur rempli de joie, j’ai sauté dans le 4x4. Je me disais que j’avais vraiment eu tort de penser qu’ils ne m’aimaient plus !


Nous avons roulé et nous nous sommes arrêtés au bord d’un lac dans une petite forêt. Je n’étais jamais venu là avant. Nous avons commencé à nous promener. Mon maître me jette un bâton dans le lac et comme j’adore l’eau, j’ai couru et plongé pour lui rapporter mon jouet. Mais au moment de revenir sur la rive, Il avait disparu… Je ne le voyais plus. J’ai déposé le bâton et j’ai commencé à courir vers la voiture mais elle n’y était plus. J’ai aboyé de toutes mes forces mais personne ne répondait... J’étais seul. Il m’avait abandonné…. Alors j’ai marché. J’ai tenté de retrouver ma route et de rentrer chez moi. Mais en passant par la ville, la SPA m’a attrapé. Chance, j’étais tatoué et ils ont appelé mes maîtres. Mais au visage du gardien, j’ai vite compris qu’ils ne reviendraient pas.


- Trouvez-lui un box, encore un abandon.


Alors depuis deux mois, je déprime et j’ai du mal à accepter ce qui m’est arrivé. J’étais l’enfant qu’ils n’avaient pas eu. Ils ne cessaient de le répéter. Mais voilà, « Trop grand et trop encombrant » disaient-ils.


Quelque part, je me console en me disant qu’heureusement qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants... Peut-être auraient-ils dit que l’enfant causait trop de soucis ou qu’il était trop encombrant aussi et l’auraient abandonné comme ils m’ont fait à moi... Qui sait ?


Ce matin, un nouvel arrivant a fait son entrée, dans la même cage que moi... C’était Crocky, le petit Yorkshire qui m’avait délogé. En discutant, il m’a appris que finalement mes anciens maîtres le trouvaient trop collant et qu’il demandait trop d’attention. Alors Madame est revenue avec un Persan… Un chat demande moins d’attention, ça se lave tout seul et ça fait sa petite vie. Du moment qu’il a à manger quelque part...


Alors voilà, Crocky et moi attendons. Ennemis au départ, nous nous retrouvons frères de galère. Nous avons subi le même sort et notre orgueil a été bafoué. Qui voudra de nous maintenant ? Moi trop grand et lui trop collant… une vie de chien… c’est une expression tellement bien trouvée….



 
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   Togna   
9/7/2007
Ce soir, je vais lire cette nouvelle à Ulysse, mon berger Belge, pour qu'il goutte tout le bonheur de m'avoir pour maître. Et je lui dirai aussi que Luniknat doit beaucoup aimer les chiens pour savoir si bien les faire parler.
Merci pour ce texte bien venu en ce début de départ en congés.

   Pat   
11/7/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Effectivement, c'est un texte de circonstance. A envoyer comme article aux journaux de l'été (ça nous changera des x façons de perdre 3 kilos pour se mettre en maillot de bain). Ceci dit, c'est un texte d'humain, un peu trop anthropomorphique à mon goût. (j'aurais préféré du discours rapporté, mais ce n'est que mon avis). C'est difficile de savoir vraiment ce que les animaux ont dans la tête. Ce texte est plutôt le pamphlet d'un ami des animaux adressé à ces irresponsables de propriétaires qui confondent l'animal avec un jouet.
C'est assez agréable à lire, toutefois.

   Lariviere   
11/7/2007
Je suis d'accord avec Pat quand elle dit que c'est vraiment difficile de savoir ce que les animaux ont dans la tête. D'ailleurs, un chat doit "raisonner" différemment d'un chien, par exemple. Moi aussi le coté anthropomorphique m'a gêné au départ. Malgré tout le récit de Luniknat tient la route tant au niveau de la narration que de la psychologie du chien, telle qu'on peut se l'imaginer. Après tout, puisqu'on ne sait pas ?... Autant laisser ce crédit à la bête, qui est peut être parfois plus humain que nous pouvons l'être. Preuve en est le sujet choisi par Luniknat.
Faire parler un animal reste tout de même un défi particulièrement périlleux et d'autant plus courageux, alors, merci Luniknat ! Moi même je suis tenté de faire ça depuis longtemps, mais je renonce devant la difficulté.
Inventer le langage et la "pensée" d'un animal reste une gageure intérressante comme exercice de style, pour tout ce que ça pourrait comporter comme destructuration du langage et transgression des règles de l'écriture.

   teeth   
2/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte me plaît assez. Il m'a fait légèrement penser à une histoire qui circulait dans la blogosphère l'année passée. Et j'espèrais que la fin serait différente.

"Quelque part, je me console en me disant qu’heureusement qu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants... "
la phrase est assez gênante. Pourquoi pas : "Quelque part, je me console en me disant qu'heueusement, ils ne pouvaient pas avoir d'enfants..."?

"...l’auraient abandonné comme ils m’ont fait à moi..."
Même chose qu'en haut. "...l'auraient abandonné comme ils l'ont fait pour moi." Et encore, je ne suis aps sûr de la mienne. Si quelqu'un a une idée, peut-il se manifester?

   carbona   
6/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis partagée. Des passages qui me plaisent (l'abandon au lac par exemple), d'autres moins. Un sujet que je ne trouve pas passionnant mais j'ai quand même poursuivi ma lecture jusqu'au bout.

Une réflexion peut-être trop attendue, un manque de subtilité dans la description des sentiments. Vous dites peut-être trop les choses.

Une écriture correcte mais qui mériterait d'être retravaillée, peaufinée pour éviter certaines répétitions par exemple et pour donner plus de panache au récit.

Merci pour cette lecture.


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