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Réalisme/Historique
Luz : La corvée de bois
 Publié le 11/04/19  -  9 commentaires  -  11064 caractères  -  77 lectures    Autres textes du même auteur

Deux vies brisées par la guerre.


La corvée de bois


L’hiver, à l’aurore, il allume le feu dans l’âtre ; le bois brûle bien, sauf lorsque le vent souffle de l’est. Il décroche le large manteau noir, posé la veille sur l’encadrement de la fenêtre, et retire des jointures les cales en papier qui servent d’isolation contre les courants d’air froids de la nuit. Il les range dans le bon ordre, sur le rebord, en attente pour le soir. Les volets en fer grincent à l’ouverture. Dans le pré, les lapins de garenne ne se sauvent que de quelques mètres. Queues blanches et oreilles dressées bondissent au-dessus de l’herbe entre les filets de brume. L’humidité de décembre plonge sa grisaille entre les arbres. Il ne fait que douze degrés à l’intérieur de la maison ; parfois, ses gencives saignent au réveil. L’après-midi, la température parvient à monter jusqu’à quatorze ou quinze degrés, quand il ne fait pas trop frais dehors et que le soleil transperce les carreaux. Bien que l’hiver dure longtemps dans le pays — quasiment de novembre à avril —, il s’est habitué à ces conditions de vie un peu spartiates et ne brûle pas plus d’une dizaine de bûches dans la journée. Le soir, après avoir placé un dernier rondin dans la cheminée, il laisse mourir le feu. Le matin, au réveil, il s’habille en doublant tous ses vêtements : chaussette sur chaussette, pantalon sur caleçon, gilet sur tricot. Sa casquette ne quitte presque jamais ses cheveux épais. Il doit également réchauffer son corps de l’intérieur : pain de seigle, saucisson, miel, eau-de-vie dans le café, trois cigarettes. Le hâle de son visage fin renforce la tristesse de son regard désabusé.


Chaque mardi et samedi, jours de marché, il part à la ville distante de quatre ou cinq kilomètres, après avoir nourri son chien Bobby, un vieil épagneul breton. Son vélomoteur pétarade et fume bleu-noir dans la cote de la gare. Un cageot est ficelé à demeure sur le porte-bagages, pour quelques courses, des outils, les fruits sauvages de la belle saison, les noix ou les champignons sur les chemins d’automne. Les gens, entre eux, l’appellent Cageot, au lieu de Carle Jault. Sous la halle, il remplit son sac plastique de victuailles, puis retrouve les habitués au bistrot « Le Saint-Hubert », à deux pas. Il parle beaucoup, surtout après avoir bu deux ou trois verres de rosé ou de Ricard ; à croire qu’en deux ou trois jours, la solitude accumule chez lui toute une réserve d’histoires à partager, et surtout le besoin de les raconter.


Vers treize heures, il retourne dans sa toute petite maison au crépi grisâtre et fissuré qu’un marchand de bois lui met à disposition pour un loyer dérisoire. Il rallume le feu, mange deux ou trois œufs de ses poules, puis s’endort devant la télévision, son chien à ses pieds. Il ne possède que quelques meubles : un buffet, une table et ses quatre chaises, un canapé craquelé en faux cuir marron, deux placards entre l’évier et le réfrigérateur. Un lit étroit, derrière un rideau bleu délavé, occupe pratiquement toute la place d’une alcôve. À ce logement s’appuie une sorte de garage bâti en parpaings sur sa base, surmontée de pieux et de planches noircis par le temps, l’ensemble recouvert de tôles ondulées piquetées de rouille — attelage sifflant et cognant sous le vent, tambourinant sous l’averse. Le propriétaire y a remisé un vieux camion de l’armée, type « GMC », muni d’un treuil et accompagné de divers matériels nécessaires au débardage du bois. Le petit atelier de Carle et son vélomoteur sont relégués à l’arrière. Sur les terrains situés en contrebas, une ancienne scierie, dépecée de ses moteurs et de ses lames, tient encore debout. Il ne subsiste, à l’abri du large toit, que des alignements de billes de chêne qui disparaissent presque entièrement sous la poussière et les copeaux. Dans un angle, il range sa réserve de bois que lui livre chaque année au mois d’août le propriétaire des lieux. Au-delà de ces bâtiments, la route serpente vers le pont de la gare désaffectée, pour pénétrer ensuite dans une épaisse forêt d’épicéas.


Son sommeil est souvent écourté par les ronflements ou grognements de Bobby. Il se lève alors et va inspecter son jardin où défilent des lignes de choux et de poireaux qui dégèlent à peine au soleil pâle. Tout au bout, le tas de neige gris clair de novembre semble attendre le printemps. Il marche ensuite avec son chien, de-ci de-là : dans la futaie de chênes où les renards ont creusé des terriers à l’abri des houx verts, au bord de la petite rivière qui roule ses eaux bleu acier ou bien à la lisière des hêtres, lieu de ralliement des sangliers qui fouillent le sol à la recherche de faînes. Il termine souvent sa promenade vers les sorbiers qu’il a plantés, voici quelques années, le long de la voie ferrée. Quelques grives s’acharnent encore à gratter à leur pied, bien qu’elles aient déjà mangé tous les jolis petits fruits rouge-orangé à l’automne. Parfois, il va chez les voisins, de l’autre côté de la colline, jouer à la belote ou aider pour des travaux. Il ne rentre jamais très tard, même à la belle saison.


Juste après l’émission « Des Chiffres et des Lettres », il prépare une soupe ou fait réchauffer celle de la veille. Cela lui suffit le soir, avec du pain, du fromage et son vin noir violacé. Il découpe souvent quelques fines tranches de saucisson qu’il partage avec Bobby. Son Laguiole est parfaitement affûté ; il aime quand la lame coupe comme un rasoir. Il faisait de même avec ses crayons à l’école du village : toujours bien taillés en pointe.

Il pense parfois à cet établissement, fermé depuis plus longtemps encore que la gare et la scierie. Il l’a quitté après avoir obtenu son certificat d’études, classé deuxième du canton. La première, c’était Roseline, son amour de jeunesse ; l’amour de sa vie. Il se souvient des jeux de l’enfance dans les bois et les prés, des baignades au barrage de la rivière, des livres échangés ; puis vinrent les fleurs et le premier baiser… Et les suivants, et cent et mille autres.

Puis il y eut ce service militaire. « Appelé du contingent », il dut partir pour l’Algérie : des mois et des mois interminables, si loin des collines vertes ; avec cette brutalité, ces cris de haine ou d’effroi, si loin de la douceur de sa vallée, de son amour. Au retour, il lui semblait que tout avait changé ; il ne reconnaissait plus son monde d’avant, le monde du bonheur. Des fêlures l’avaient fragilisé, des blessures saignaient dans son esprit et dans son cœur. Et ces cris, encore, qui souvent revenaient résonner dans son crâne. Les yeux dans le vague, il cherchait leur provenance, se retournant, allant de droite et de gauche ; il y répondait parfois. Roseline, malgré tous ses efforts et sa patience, ne le comprenait plus. Déjà, au début de sa deuxième année de service militaire, elle avait ressenti qu’un changement s’opérait peu à peu chez Carle. Ses lettres, tant attendues, qu’elle ôtait fébrilement des enveloppes « Par avion », à la frise bleu-blanc-rouge, s’espaçaient de plus en plus et s’imprégnaient de pessimisme. Elle y devinait une tristesse résignée, sans doute la conséquence de son éloignement et de la dureté de cette guerre qui ne disait pas son nom.

Maintenant, elle cherchait à l’aider par tous les moyens, essayant de le distraire, l’encourageant à reprendre ses études de mécanique. Elle aurait bien demandé à son oncle si la fonderie d’aluminium où il travaillait en tant que contremaître recrutait, mais Carle refusait toute assistance. Elle l’accompagna consulter un médecin, puis un guérisseur, sans aucun résultat : « Il faut de la patience, penser aux moments de bonheur, manger de la soupe de corbeau avec les trois herbes des tourbières… », conseillèrent-ils, sans y croire eux-mêmes. Enfin, il proposa qu’ils ne se voient plus. « Ce sera mieux pour toi : tu dois reconstruire une vie heureuse, sans moi. Je me sens pris dans un piège où je me débats sans fin, et te fais du mal sans le vouloir. » Deux ans plus tard, un hiver, au bout de ses larmes, elle le quitta pour s’en aller vivre avec ses grands-parents dans une ville située à une trentaine de kilomètres. Lui, resta à la campagne, à travailler de ferme en ferme à la belle saison, puis dans les bois, de l’automne jusqu’à mai, se tuant à la tâche pour oublier son amour, pour oublier la guerre. Il lui fallut une bonne quinzaine d’années pour qu’il retrouve une existence à peu près apaisée, mais les fantômes du passé ne se terraient jamais très loin.

Parfois, il se dit qu’il pourrait revoir Roseline ; elle ne s’est jamais mariée. Mais le jour suivant, il sait que ce n’est plus possible ; depuis quarante ans, ce n’est plus possible. Sa vie lui a échappé. Il murmure, il bougonne et râle avec le vieux Bobby ; on croirait qu’ils se disputent. Il fume cigarette sur cigarette, le plafond de la petite maison se couvre d’une brume grisâtre.

En janvier deux mille, il a fêté — seul avec son chien — ses soixante ans, comme un ultime espoir à l’entrée du siècle. « Maintenant, mon camarade, je vais reprendre ma vie en main. Toi, tu vieillis trop vite, mais moi j’ai encore beaucoup d’années à vivre », avait-il expliqué à Bobby qui semblait sourire en coin, tout en remuant un peu la queue pour montrer qu’il comprenait, mais sans être dupe.

Six mois s’étaient écoulés et rien n’avait changé. Pourtant ce soir, à nouveau, les mots, les images se bousculent dans son esprit : « Je trouverai le courage de souffler, sans arrêt, sur les braises de la vie, dans l’âtre d’une nouvelle aurore pour que tu reviennes ; je ne laisserai alors plus jamais s’éteindre notre feu et prolongerai jusqu’au bout des mille collines nos chemins de jeunesse… » Voilà ; il parlerait ainsi à Roseline.


Après la soupe, il va chercher du bois pour le lendemain dans sa réserve de la scierie. Il n’aime pas ça. La nuit, il a l’impression qu’un grand oiseau vole, assez haut, mais juste au-dessus de lui, sans bruit. Il sent le souffle froid de ses ailes sur ses épaules. Ses muscles tremblent autour de la brassée de bûches, de plus en plus avec le temps. Il pourrait y aller dans la journée, mais il n'y arrive que le soir ; c’est ainsi.

Il regarde les informations à la télévision, puis boit un dernier verre de vin et va se coucher. Il ne ressent pas le froid. Le sommeil vient dans le silence inquiet de la nuit, sous l’édredon à l’odeur de cendre. Il suffit de ne pas penser à la « corvée de bois »* et au vieux Kabyle qui ne parlait pas ni ne baissait les yeux.

Demain, il irait retrouver Roseline...


***


(*) La « corvée de bois » était l’expression utilisée par les soldats français, entre eux, pour désigner les exécutions sommaires des prisonniers durant la guerre d’Algérie, le plus souvent des civils, qui devaient creuser leurs propres tombes (sources Wikipédia).


On estime à trois cent mille, le nombre de militaires ayant souffert de graves traumatismes à l’issue des « événements » d’Algérie.


 
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   FANTIN   
20/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une nouvelle qui emporte son lecteur de bout en bout et le tient à la fois par son sujet (grave, profond, humain) et le pouvoir de son écriture (évocatrice, belle, précise).
On regrette juste qu'il n'y en ait pas plus, que ce ne soit pas là le premier chapitre d'un roman car on s'attache au personnage et on aimerait passer plus de temps en sa compagnie, - ce qui est déjà la preuve d'une réussite en si peu d'espace.
Un très bon moment de lecture. Merci.

   Corto   
20/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Il m'a fallu beaucoup me forcer pour lire cette nouvelle.

Pour ceux de ma génération "corvée de bois" représente comme d'ailleurs "torture" une tache indélébile sur l'honneur de mon pays. Et pour comble, des officiers qui mourront dans leur lit, dans leur maison, justifient (ou ont justifié) ces pratiques inhumaines, écœurantes, barbares.

Cette nouvelle réactive donc des souvenirs d'adolescence ou de jeune adulte que tout un chacun s'efforce d'apaiser, voire d'annihiler en criant "Pas en mon nom !"

Ce dégoût pour le thème formulé dès le titre n'enlève rien à la capacité de l'auteur de réaliser un texte vivant, réaliste où de nombreux anciens combattants se reconnaîtront de plus ou moins près.

Je ne formule une appréciation que parce qu'elle est obligatoire.

   Iktomi   
26/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Neveu et fils d'appelés ayant servi en Algérie, ce texte m'a forcément interpellé.
J'ai aimé la grande sobriété de l'écriture et le ton dépassionné qui me paraissent tout à fait adaptés à l'évocation d'un pan de notre histoire faisant lui aussi partie d'un "passé qui ne passe pas".
Les notes en bas de page ont un côté un peu didactique qui à mon sens n'apportent pas grand-chose à la compréhension du récit.
Dans l'ensemble c'est de la belle ouvrage.

   hersen   
11/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Luz,

Un texte qui dit combien restent les traces, toute une vie.

Et tu le dis très bien, avec à la fois une poésie, et aussi une douceur pour évoquer ce destin brisé qui encore, redoute d'aller chercher une brassée de bois, sachant ce que ça ravive, que l'homme kabyle est toujours dans sa mémoire, qu'il n'a pas baissé les yeux. Et que rien ne l'en chassera.

la description de l'environnement de Carle est à la fois très simple, et très juste de ton. On visualise tout à fait chaque étape de ses journées.

Pour les notes de fin de texte, je n'aime jamais trop ça car je trouve que ça nous déconnecte des impressions qu'on aimerait laisser vagabonder dans notre esprit en fin de lecture.

Je pense que, d'une façon ou d'une autre, il y aurait moyen d'inclure ces info dans le texte.
D'un autre côté, j'avais besoin de l'explication car je ne connaissais pas l'expression "la corvée de bois".

merci pour ce texte très sensible et qui nous rappelle un pan d'Histoire, et les séquelles qu'elle laisse.

Je suis très contente de te lire de plus en plus souvent dans la section nouvelle !

   senglar   
11/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Luz,


Une histoire très difficile racontée avec beaucoup de sobriété.

Ben vu le surnom donné à Carle. Détail pittoresque et vraisemblable. Cela se passait ainsi dans la vraie vie. A l'époque j'ai connu un gars qu'on surnommait Peugeot :)

Il faut oser s'attaquer (lol) à ce sujet sensible qu'a été la guerre d'Algérie. Pour beaucoup de mes potes le contentieux subsiste. Je n'y ai échappé que de peu grâce à un sursis, nombre de mes copains l'ont faite mais c'était la fin, et certains prêtaient à plaisanterie quand ils en parlaient car planqués à Alger d'où ils ne partaient plus en opération. D'autres, plus âgés comme Carle Jault, l'ont faite dès ses débuts et sont partis en opération, eux ont combattu - ce que la France a fait faire là à ses enfants est innommable - certains en sont revenus malades à en mourir, ce qu'on a fait faire à certains d'entre eux, à d'autres de leurs camarades, ce qu'ils ont vu, je m'interdis d'en parler.

Je ne connaissais pas l'expression "corvée de bois" mais je sais ce qu'ont fait les paras, je sais aussi ce qu'on a fait faire à certains appelés. Aussi oserais-je dire que ce texte, d'autant plus fort qu'il st sobre, me touche personnellement.
Trois de ces amis sont morts aujourd'hui, malgré cette sale guerre je les classe parmi les Justes. Oui...
Attention : personnellement je n'ai pas de haine mais c'est facile pour moi, cette guerre je ne l'ai pas faite. Mais mes potes il fallait les ceinturer quand ils... Ah ! Merde !
L'un est encore en vie, c'est celui qui a évité les opérations.
Ceci dit tous se sont mariés, leurs fiancées les ont attendus et devenues leurs femmes elles ont été un baume et un refuge mais ils ne se sont jamais remis de cette guerre ; je souhaite bonne chance à Roseline dans l'imaginaire de ce récit.

Une nouvelle très pénible pour moi ; tu n'avais pas le droit de me faire ça...


Senglar de Brabantie

   plumette   
11/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz

Une histoire qui m'a vraiment remuée.

On pénètre doucement dans l'univers de cet homme par ses gestes du quotidien, par son décor sapartiate et l'évocation de sa vie répétitive.
pas de pathos mais on sent bien la vie dure et un peu rétrécie.
Pas de plainte mais on a envie de comprendre pourquoi la vie prometteuse a tourné court.

je me suis dit que ce décor, si bien et si précisemment décrit devait exister vraiment, grâce à tous les détails qui sont donnés, j'ai senti cet homme très réel, très vrai.
et puis par le biais de l'évocation du certificat d'étude, on a un zoom arrière sur sa jeunesse et les promesses d'avenir, brisées par cette guerre qui ne dit pas son nom.
Le rêve n'est pas totalement absent de la vie de Carle qui pense encore à Roseline et espère avoir la force de sortir du silence.Et le lecteur découvre que Carle a une âme de poète lorsqu'il s'adresse à son aimée de toujours.

Et puis vous ménagez un suspens avec votre titre! le feu, la scierie, le bois sont trés présents dans la vie de Carle, on attend quelque chose au sujet de cette corvée de bois en rapport avec sa vie actuelle et puis... voilà que se révèle cette image d'horreur qui le hante à tout jamais.

Une grande force dans ce texte, pourtant tout en simplicité.

   Pouet   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

l'écriture est impeccable de justesse et de sobriété où la sonorité et le rythme ne sont pas absents (aux premières phrases je me suis même imaginé quelques allitérations)

D'une grande tristesse, d'un réalisme poignant, d'une humanité palpable, la (sur)vie de cet homme nous est contée superbement, dans les détails intimes qui en font l'universalité.

Une véritable réussite.

   Donaldo75   
19/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

Terrible, cette histoire, terrible. Et le pire, c'est que cette corvée de bois a réellement existé, comme tu le soulignes après le récit, et que nombre de jeunes soldats ont perdu leurs illusions et leur foi en l'humanité. Tout ceci est bien raconté, dans un style approprié à l'état de Carle, à sa vie en gris. Même Bobby porte sa contribution silencieuse.

Bravo !

Donaldo

   Jocelyn   
30/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte rythmé de mélodie et de poésie se voulant descriptif et évocateur. C'est l'image générale que je garde d'un récit qui au début présente un personnage austère n'attendant plus rien de la vie, egrainant les saisons comme on récite un chapelet. Mais c'est dans les souvenirs que reviennent visiblement au personnage aussi bien qu'au lecteur l'objectif du protagoniste : l'amour. Alors là commence réellement l'énigme parceque ce personnage féminin si important aux yeux du protagoniste n'est qu'en partie décrit. Et les souvenirs du soldats en Algérie ne sont qu'evoqués en de simples mots, ce qui est très intéressant car ça stimule l'imagination du lecteur et ça conserve la position de l'auteur qui est celle de présenter les faits.
Il y a des images que j'ai vraiment adorées comme la scène de la balade avec Boby dans la neige... Une très belle lecture matinale. Espérant qu'elle réchauffe ma journée...


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