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Sentimental/Romanesque
Luz : Le Pédalo Ivre
 Publié le 08/03/20  -  13 commentaires  -  12226 caractères  -  55 lectures    Autres textes du même auteur

« Il paraît insensé de ne pas être timide envers quoi que ce soit de vivant. Il s’agit de vivre sur la pointe des pieds. Nous dérangeons à chaque mouvement. Il faut une infinie pudeur pour se faire pardonner le mouvement que l’on commet. »
Jacques Brel, extrait de l’émission Radioscopie (1974)

Bon d’accord, s’il le dit ; mais c’est bien embêtant quand même la timidité…


Le Pédalo Ivre


« Oh down to the river we did ride, oh ooh ooh… » Ses doigts plaquent doucement les accords sur sa guitare sèche. Il chante, puis ses lèvres glissent sur son harmonica « Hohner Marine Band », glissent sur « The River » de Bruce Springsteen. Thomas Jantet est assis sur la marche en granite à l’entrée de la maison de sa grand-mère, le dos calé contre l’encadrement de la porte. Le soleil, au tiers levé sur l’horizon, réchauffe la pierre et son corps. Son cœur cogne encore bien fort, jusqu’à sa gorge et son crâne.


Lorsqu’il est sorti, vers deux heures du matin, de la discothèque « Le Pédalo Ivre », il venait de vivre un cauchemar éveillé.


Laurette avait voulu danser ce slow idiot de Mike Brant avec Bruno Boulanger. Il n’y avait pas prêté attention au début, car Laurette – c’était pour lui maintenant une évidence – l’aimait. Ses regards d’espérance, ses rires, dévoilaient, lui semblait-il, son attrait pour lui, ainsi qu’une soif immense de bonheur. Il avait même l’impression qu’un début de complicité s’était installé entre eux depuis la soirée de la Saint-Jean, mais il n’avait pas encore osé aller plus avant ; la faute à cette fichue timidité et sa barre du silence qu’il avait si souvent tant de mal à franchir. Tout au long de sa vie, cette barrière l’avait contrarié. Du plus loin qu’il s’en souvienne, il aimait Laurette, bien qu’il n’en montre rien. Il se demandait d’ailleurs, parfois, s’il n’était pas né amoureux d’elle ; de cette fille aux yeux gris et bleus, si belle, qui pour sa part ne paraissait s’intéresser à lui que depuis deux mois.


Bruno Boulanger, un grand sec que Thomas connaissait à peine, était agent d’assurance à Limoges. Les danseurs déroulaient leur corps dans le sens des aiguilles d’une montre, au rythme tout mou de cette vieille chanson fadasse. Thomas, qui n’appréciait pas du tout la danse en général, et les slows en particulier, s’était toujours demandé pourquoi tout le monde tournait dans le même sens. Peut-être cela s’inversait-il dans l’hémisphère sud ? Cependant, pour l’heure, son esprit ne se préoccupait absolument pas de cela, car il voyait maintenant Laurette et Bruno Boulanger se parler, se sourire un peu tristement, puis tendrement et, petit à petit, glisser l’un vers l’autre. Le front de Laurette effleurait l’épaule du grand dadais, tandis que celui-ci esquissait des caresses sur son dos nu qui étincelait sous les éclairs des couleurs psychédéliques. Ce dos fragile, mais vif comme deux ailes d’oiseau ; ce dos qu’il admirait, tout bronzé au soleil des chemins d’été, dessinant d’un trait assuré sa silhouette gracile. Il restait là, figé, perché sur un tabouret du bar ; un verre de vodka-orange irréelle à la main. Des sucs aigres avaient envahi son sang et son ventre, ses jambes tremblaient ; une infinie tristesse pesait sur ses épaules et piquait ses yeux. Il assistait, impuissant, à la fin de son monde avec Laurette, sous la torture de ce slow qui n’en finissait pas de tourner… Alors il sortit, profondément abattu.


Il alla droit vers l’étang, en face de la boîte de nuit, et s’arrêta devant la barque hissée sur le bord. Son bleu azur grisonnait sous le faible éclairage du parking. Il s’allongea à l’intérieur, ses yeux humides se brûlaient aux étoiles étincelantes.

La discothèque était de la même couleur que la barque, mais en plus foncée. C’était un ancien moulin rénové dont les bâtiments, en trois parties, s’accrochaient à un pré en pente douce. Vu de la colline opposée, le tout ressemblait à un bateau carré, une sorte de catamaran ; d’où le nom de la boîte de nuit : « Le Pédalo Ivre » – son patron était un peu poète à ses heures… Des bois et des pâtures s’éparpillaient tout autour : la pleine nature à trois cents mètres d’une départementale et d’une petite bourgade.


– Tu fais quoi, là, bon sang ! Je te cherche partout, lui cria son copain Simon encore assourdi par le volume sonore de l’intérieur.

– Rien… Rien, je prends l’air, articula-t-il après avoir retrouvé un peu de lucidité. Je rentre à pied par la voie ferrée, ne t’inquiète pas… Je ne retourne pas chez moi, je vais voir ma grand-mère.

– Tu déconnes, c’est ta déprime de pleine lune. Tu as plus de dix bornes à te taper !

– Tu leur expliqueras que j’ai dû partir, mais pour un problème pas grave. Tu sais qu’il faut que je marche quand j’ai un coup de blues, c’est tout.

– Purée, toi et ton moral qui fait la girouette ! D’accord, je te « couvre », mais c’est la dernière fois ; comme je te le dis toujours… Je t’emmène jusqu’à la route de Barsanges.

– Oh non, merci, nulle part. Je vais traverser par les champs, c’est à deux pas. Je récupère ma veste dans ta voiture.

– À deux pas ; tu parles…


Thomas partit sous le regard un peu inquiet de Simon.

Il connaissait un raccourci pour rejoindre les rails. À cent mètres de la départementale, il coupa à travers un grand pré. La lune ronde éclairait les toiles d’araignées accrochées aux chardons. Il retrouva facilement le chemin qui menait à la voie ferrée. Il prit à gauche, en direction de l’ancienne ferme de sa grand-mère où il avait vécu une partie de son enfance.

Un passage d’une cinquantaine de centimètres bordait le ballast en pouzzolane. Il n’y voyait pas très clair, surtout lorsque des arbres masquaient la lune. Il se guidait grâce à la luisance du haut des rails, décelable sur à peine quatre à cinq mètres. Il rencontrait parfois des obstacles : relais électroniques et autres équipements ; il décida donc de marcher directement au milieu de cette piste ferrée, en ajustant son pas à l’écartement des traverses. La nuit, aucun train ne roulait sur cette voie de moyenne montagne. Il n’y avait pas de tunnels non plus sur ce tronçon, seulement deux courts viaducs qui enjambaient une rivière. De temps à autre, des petits animaux s’enfuyaient dans les fourrés, probablement des lapins et des rats. Le poudroiement de la Voie lactée qui devançait ses pas s’éparpillait comme de la neige entre les sapins noirs. Il traversait les odeurs de la nuit : fougères, genêts, sève des bois, prés et champs se couvrant de rosée.

Il n’était pas pressé. L’air doux fredonnait dans les feuillages. Il avançait au rythme de la nature qui était censée l’apaiser. Les kilomètres de randonnées avaient toujours produit sur lui un effet réparateur, comme un onguent sur une plaie. Cette fois-ci, il se disait qu’il lui faudrait marcher vraiment longtemps – des mois sans doute – pour atténuer cette souffrance, refermer un peu la blessure reçue en plein cœur. Parfois, il s’arrêtait, allait s’asseoir sur une souche ou une pierre en haut d’un talus. La tête entre les mains, il observait alors le creux d’une vallée qui, peu à peu, comme son crâne, se remplissait de brumes. Il cherchait ce qu’il avait bien pu faire ou dire pour que Laurette détruise ce bonheur qui s’était installé en lui ; et cela, sans qu’elle lui en parle, sans quelques lignes, sans un regard annonciateur… Il ne comprenait pas, ne se souvenait de rien qui aurait pu la choquer et ne connaissait personne qui aurait pu le dénigrer. Ces jours derniers, l’attitude de Laurette envers lui avait paru d’une égale gaîté et douceur, de même que cette nuit ; jusqu’à cette danse, ce slow imbécile qui avait tout détruit en l’espace d’à peine cinq minutes.

Il en parlerait à mémé ; pourquoi pas ? Lorsqu’il était enfant, elle trouvait toujours un moyen, une idée pour réconforter son petit Tom et le faire repartir du bon pied. Ses parents avaient déménagé à Limoges voici trois ans et son frère aîné s’en était allé explorer le monde. Sa mémé « Jazzée », comme il l’appelait depuis quelque temps, constituait désormais sa seule famille dans la région. Il s’était dit que si Laurette et lui vivaient un jour ensemble, ils pourraient rénover la grange de la ferme et la transformer en habitation. Ainsi, il demeurerait tout près de sa grand-mère, et cette fois c’est lui qui pourrait l’aider au long de ses vieilles années à rester heureuse, avec la meilleure santé qui soit. Il y aurait à nouveau des rires d’enfants dans la cour, et peut-être des poules de toutes les couleurs et des tourterelles, comme autrefois… Mais il s’était trompé : il avait, comme souvent, trop tôt espéré le bonheur ; du rêve, beaucoup trop de rêve…

Il fallait une saute de vent, le cri d’une chouette ou d’un engoulevent pour le tirer de ses réflexions. Alors, il se remettait en route sous l’infini du ciel étoilé.

Souvent, lorsqu’il marchait ainsi dans le silence, il ressentait la diversité des mondes autour de lui – multiplicité des espèces animales, des végétaux, des roches et des terres modelées par le temps –, composant le merveilleux mystère de la nature. Mais bien sûr, il était très éloigné de ce genre de réflexion cette nuit-là ; il avançait comme un somnambule.

Enfin, l’instant d’avant l’aube frémit. Un oiseau voleta dans la pénombre ; d’autres aussitôt lancèrent de petits cris aigus. Un frêle voile bleuté apparut après quelques minutes à l’est de la vallée, puis, progressivement, une pâle lumière descendit des collines et le ciel prit alors une clarté orangée.

Il accéléra le pas et bientôt la ferme de sa grand-mère se dessina à flanc de coteau. Il quitta la voie ferrée avant la maison du garde-barrière et monta par un chemin de terre en direction des bâtiments ; l’aurore s’éveillait sous un ciel sans nuages. Les deux chiennes, Mirette et Nouchka – vagues croisements de bergers belges et de dobermans – l’accueillirent à grands bonds et couinements. Mémé Jazzée était déjà réveillée et prenait son petit déjeuner.


– Ah, mon Thomas, ça fait plaisir ! dit-elle en l’embrassant. Eh bien, tu es venu me voir de bonne heure aujourd’hui, le soleil se lève à peine. Tu m’as l’air très fatigué.

– Un peu fatigué, oui… J’étais au « Pédalo Ivre », tu sais la boîte de nuit. Simon m’a laissé au passage à niveau de Barsanges.

– C’est bien, tu profites de tes vacances. Prends le café avec moi, ça va te remettre d’aplomb.


Elle lui servit un grand bol, presque à ras bord, comme à son habitude. Que ce soient les assiettes, les verres, les tasses ou même la bassine d’eau des poules, elle remplissait toujours tout au maximum. Elle se rendait bien compte que derrière le masque de la fatigue transparaissait un profond abattement. Thomas réussit à avaler deux ou trois gorgées de café, reposa le bol sur la nappe à damiers orange, gris et blancs, et expliqua tout à sa mémé Jazzée.


– Avec qui tu dis ?

– Bruno Boulanger, il est agent d’assurance ou je ne sais quoi, à Limoges.

– Bon… Alors, écoute-moi bien mon petit – expression qu’elle employait très souvent avec lui. Premièrement, ce Bruno Boulanger a perdu sa grand-mère le mois dernier ; deuxièmement, c’est le cousin de Laurette et ils sont très proches l’un de l’autre, bien qu’ils aient vécu dans des régions différentes. Donc, à mon avis, tu n’as pas de souci à te faire, à part soigner au plus vite ton manque de jugeote…


Thomas, bien que déjà très pâle, blêmit encore, puis rougit et fondit en larmes dans les bras de sa mémé Jazzée.


– Écoute-moi bien : tu vas la revoir et tu lui parles ; avec des fleurs, une chanson – et sans ton harmonica triste, je t’en prie ! –, avec ce que tu voudras ou même rien du tout : peu importe, mais TU LUI PARLES, nom d’un chien… Tu es le portrait exact de ton grand-père ; si tu savais le temps qu’il lui a fallu pour qu’il ose m’offrir un bouquet d’œillets…

– Oui, Mémé… Oui, je vais lui téléphoner aujourd’hui.

– Voilà, mais d’abord je pense que tu devrais aller te coucher.


« We'd go down to the river and into the river we'd dive… ». Il pose sa guitare contre le tilleul de la cour et range son « Hohner Marine Band » dans sa veste de jean. La vieille Renault 5 de Laurette dévale la colline.

Dans l’eau fraîche du vase, sur la table de la cuisine, les roses rouges attendent de briser la barre du silence.


 
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   Mokhtar   
2/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Déjà vu le coup de la grand-mère confidente qui console des peines de cœur avec son café…Mais reconnaissons que la pub était émouvante, mignotée par deux jeunes réalisateurs (Les Dr Bowman).

Ce qui n’empêche pas que l’on trouve ici de l’intérêt au choix du thème.

Tout d’abord la référence à Brel est pertinente, lui qui jeune et complexé par son physique a souffert de cette timidité si bien exacerbée et caricaturée dans sa chanson : les timides. Notons tout de même que le bougre avait du charme, et qu’une réputation de séducteur le suivra plus tard.

La timidité paralysatrice, à la limite du refoulement, est assez courante chez les jeunes gens. Ce n’est pas tant la timidité que la peur de la femme idéalisée, le « n’est-elle pas trop bien pour moi », le « ça serait trop beau pour être vrai » qui poussent à la procrastination l’amoureux transi. Et la peur de l’échec accroissant le risque d’échec, la belle demeurera dans l’ignorance, ou dans le doute, à propos des intentions de l’amoureux.

Lequel a encore, culturellement, l’obligation d’être celui qui prend l’initiative et de se déclarer. Mesdames les féministes, pour que l’égalité soit effective, il serait bon que ces demoiselles fréquentent le fleuriste et se lancent dans la sérénade, elles aussi.

Pour moi ce texte vaut surtout par la description du « blocage » du soupirant défaitiste, qui anticipe sa disgrâce en se morfondant, et se laisse envahir par la détresse plutôt que d’agir et se déclarer.

Pour le reste, j’ai eu un peu peur lorsque j’ai vu le désespéré se rapprocher de la voie ferrée. La conclusion « happy end » fait un peu roman de gare : c’est ce qui fait chuter ma flèche. Mais l’écriture et la construction du texte sont remarquables. Les descriptions sont riches et le style incontestablement littéraire. Le « beaucoup » s’impose donc pour la qualité générale de l’ensemble.

Mokhtar en EL

   maria   
5/2/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Thomas, trop timide pour draguer.
Je trouve le thème très banal, et les personnages, les scènes manquent d'originalité, aussi.
Il regarde la femme qu'il aime prendre plaisir à danser un slow avec un autre. Trop cliché.
Les dialogues simples contrastent avec le style très soigné des descriptions de "la pleine nature".
L'auteur(e) s'est appliqué à décrire la nature qu'il aime et sait observer. Il emploie de belles tournures :
"Le poudroiement de la voie qui devançait ses pas s'éparpillait comme la neige entre les sapins noirs." C'est magnifique mais cela ne fait pas vivre l'histoire, et je trouve que la chute ne relève pas le texte.
Je pense que sans les dialogues cette nouvelle aurait été plus harmonieuse.

Merci du partage et à bientôt.
Maria en E.L.

   plumette   
6/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien
heureusement qu'il y a les grand-mères! Elles ont l'expérience de la vie, elles savent des choses que le commun des mortels ne sait pas, et surtout elles savent lire dans le coeur de leurs petit-enfants.

J'ai compatis avec Thomas, rongé de jalousie, écrasé sans avoir rien tenté, et soignant sa peine en fatiguant son corps: 10 bornes de marche en pleine nuit le long d'une voie ferrée voilà un remède assez personnel mais qui semble efficace.
Ce personnage m'a touchée mais j'aurai eu envie de le "secouer" . timide peut-être mais aussi très vulnérable parce qu'amoureux?

une fin qui contente mon sentimentalisme!

   Donaldo75   
11/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé cette jolie histoire, parce qu'elle est bien écrite, bien racontée, réaliste et humaine. Parfois - ma grand-mère me le disait souvent ;) - il n'y a pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour intéresser le lecteur. La vie est assez remplie d'histoires à dormir debout pour embouteiller les auteurs et embrouiller les lecteurs. Ici, rien de tout ça, tout le monde - du moins, j'espère - a connu un Thomas, peut-être même en se regardant chaque matin dans le miroir, qui en pinçait pour une Laurette mais qui la regardait les yeux fermés.

Aussi simple que ça.

Et puis, Bruce Springsteen, en pleine ère "trumpo-macronienne" ça en jette, quand même - même si personnellement, de la même époque je préfére REM - dans un tel récit, une si jolie histoire.

Merci pour le partage.

   Robot   
8/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire sans complications mais dont le déroulé linéaire m'a retenu.

Parfois, la simplicité d'un récit peu lui donner un attrait. Ce n'est certes pas une "histoire extraordinaire", mais cette nouvelle possède les attributs d'un conte. "Il était une fois un jeune garçon timide qui avait passé la nuit en discothèque… "
Boulanger, le loup de l'histoire n'est semble-t-il qu'un gros chat sympathique, et il y a même une grand-mère, alors…
A la fin, le lecteur est laissé à son imagination pour envisager la suite. Une bonne fée viendra-t-elle favoriser une idylle ?

Ce texte a suffit à mon bonheur en ce dimanche.

   plumedeplomb   
8/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Jolie histoire bien écrite. Vous êtes concise, très perfectionniste dans les descriptions. J'aime votre utilisation du narrateur omniscient et comment vous dévoilez les pensées de thomas, je trouve également que le dialogue est bien mené. Au niveau de la forme rien à dire. Le seul bémol pour moi serait la fin, en lisant les dernières lignes, "dévale la colline", j'ai pensé à un accident de la route et une Laurette qui meurt avant que tom ne puisse tout lui avouer.
Pour le coup il me semble qu'une fin dramatique du genre " il aurait du le faire , maintenant il est trop tard" donnerait une autre dimension à votre nouvelle. Un petit électrochoc final, avec une morale sur la timidité excessive.

   hersen   
9/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Même si l'histoire est plaisante, je déplore un peu un manque d'incarnation des personnages. Naturellement qu'il ne manque rien pour comprendre, mais développer un peu plus les psychologie des persos aurait pu apporter de la profondeur.
J'ai par contre vraiment aimé les passages où tu décris la nature, quand Thomas marche vers chez sa grand-mère. Il y a des passages très poétiques.

Mais ne t'en va pas pleurer sous un saule, Luz, j'ai bien aimé ta nouvelle :))

   claiborne   
10/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
eh bien ! je suis conquis. cette histoire m'a emporté dans un passé lointain, celui des discothèque et de la verdure environnante. je vais tacher, après avertissement, d'en dire un peu plus.

ce que j'ai aimé (entre autre) c'est les dialogues entre les personnages. tout simplement. le récit est ficelé et c'est agréable, ça se lit d'une traite et puis dans le fond c'est tellement vrai.

   solane   
9/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La sensibilité et la timidité de ce garçon le rendent très sympathique. Il est encore plus attachant quand il va se confier à sa grand-mère qui doit être très gentille elle aussi. Le dialogue est en effet très facile entre un jeune et une personne âgée, et cela vous l'avez très bien fait ressortir. J'ai apprécié le récit de la marche dans la nuit, dans un style élégant.
Un bon moment de lecture dont je vous remercie cordialement.

   Alfin   
9/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci Luz,
J'ai vraiment apprécié l'approche à la fois réaliste, nostalgique et poétique de votre texte, les mots sont fluides et tout coule de source.

J'ai bien rigolé avec le "Peut-être cela s’inversait-il dans l’hémisphère sud ?" comme les tourbillons.... Je n'y avait jamais pensé :-D

En fait, l'histoire n'est pas vraiment trépidante, mais c'est un choix assumé qui veux seulement faire ressentir une tranche de vie. La ballade nocturne est agréable...

Merci beaucoup pour ce partage et au plaisir de vous lire

   thierry   
10/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah les agents d'assurance de Limoges ! J'ai eu le mien, comme Thomas. Et forcément, tous les garçons vont se retrouver devant leur souvenir de lâcheté, le rêve qui nous évite la confrontation.
Sinon l'histoire n'a aucun intérêt, les clichés sont partout (le pire reste la grand-mère) et tout votre talent consiste à rendre ce récit plaisant.
Ceci étant, enfin une histoire d'amour qui finit bien, par les temps qui courent c'est assez gonflé !
Vous êtes un vrai styliste, un naturaliste, bien que beaucoup de détails pourraient être évités (les noms des chiens, ...).
Vous êtes de ces peintres qui devant un paysage qu'on ne remarquerait pas sont capables de nous faire voir la beauté d'un ciel ou le mystère des moyennes montagnes.
Bravo pour cette maîtrise, ce rythme et cette force de l'évocation.
J'avoue que je serais plus sensible si cette capacité de profondeur pouvait être appliquée en même temps à l'âme humaine. En effet, pour un récit parfaitement abouti, j'espère que se rejoignent ce naturalisme et le romantisme dont votre personnage porte haut les couleurs.
Bref, c'était un bon moment de lecture pour un récit remarquablement maitrisé.

   Vincente   
10/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un récit bien sympathique ; il doit parler à nombre d'entre nous, nous rappelant la fragilité émotionnelle dans laquelle nous mit nous premières émois amoureux…

J'ai trouvé l'écriture simple et juste, sans anicroche, assez adroite, mais au ton presque qu'un peu rapide avec ses phrases courtes, assez directes, sans emphase. Car le narrateur oscille entre une morosité qui le rend mollasson et des atermoiements le plongeant dans le doute ; il me semble qu'un ajustement dans ce sens serait bénéfique. Mais l'on comprend aussi que son esprit soit embrouillé avec des idées qui s'enchaînent malgré lui, elles justifient tous les doutes qui manifestent ses incompréhensions de la situation, et ces œillères que la douleur lui impose. Quand il choisit de se "sauver" vers le "refuge" affectif qu'il trouvera chez sa grand-mère, la progression narrative fonctionne à la bonne mesure et la scène sonne là aussi très simplement, si bien que la chute apporte l'air de rien sa délivrance, pleine de modestie, mais qui nous la rend sympathique.

Le choix de démarrer le récit par un flashback, dans la première strophe, m'est apparu judicieux pour attirer vers la suite quand l'on a du mal ensuite à saisir la survenue de ce "cauchemar éveillé au Pédalo ivre". Quand tous nos pions sont réunis à la fin, le retour à la première scène ferme bien le récit.
Juste mais c'est la seule inadéquation que j'ai ressentie et elle est ténue, quand "la vieille Renault 5 de Laurette dévale la colline", j'ai été surpris de la promptitude de son incursion dans le récit. En fait, c'est le "Oui je vais lui téléphoner aujourd'hui. " qui ne me semble pas dans la bonne temporalité. Je crois que cette phrase aurait dû suggérer plus d'empressement, vu le contexte, un "très vite" plutôt qu'un "aujourd'hui" aurait été plus approprié.
J'aime beaucoup la dernière phrase qui nous place dans une contemplation ré-apaisée, après cette tourmente partagée avec le narrateur.

   Germain   
22/3/2020
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai été happé dès les premières lignes faisant référence à une de mes idoles, Bruce thé Boss.
Pour le reste, je trouve l'histoire un peu trop banale. Le personnage central me semble un peu vite découragé par la vision de son amie dansant avec un autre homme. Il doute beaucoup de lui même et des sentiments de sa copine, ne se sens pas digne de son amour.
Je m'attendais à une tout autre chute. L'histoire du cousin qui a perdu sa grand-mère me paraît un peu saugrenue.
C'est certes un texte sur les mots qu'on ne peux pas dire, sur le manque de confiance en soi, bien narré mais au final un peu creux.


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