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Humour/Détente
M-arjolaine : La petite roublarde
 Publié le 15/10/10  -  16 commentaires  -  3224 caractères  -  235 lectures    Autres textes du même auteur

Astuces enfantines.


La petite roublarde


- Maman m'a coupé les doigts, me confia Adèle alors que nous étions en train de colorier des citrouilles.


Je commençai par rire, parce que la phrase était amusante, et qu'Adèle voulait forcément dire que sa maman lui avait entaillé les doigts par maladresse. Puis lorsque je notai qu'elle tenait son feutre dans la main gauche, alors qu'elle avait toujours été droitière, je me posai quelques petites questions.


- Pourquoi a-t-elle coupé tes doigts ?

- Parce que j'ai fait une bêtise.

- Alors, tu ne pourras pas dire qu'on ne t'avait pas prévenue !

- Mais normalement, c'est un seul doigt par bêtise !

- C'est que tu as dû en faire une vraiment grosse.

- J'ai mangé notre trousseau de clefs parce que je m'ennuyais dans la voiture.

- Et puis ?

- C'est tout.

- Et ils t'ont coupé cinq doigts rien que pour ça ? Tu as raison, ils sont vraiment sévères !

- Tu as déjà mangé les clefs de tes parents ?

- Comme tout le monde ! C'est un passage obligé de l'enfance, s'ils te punissent pour ça, ils ont oublié ce que c'est que d'être une petite fille.

- Combien de bêtises tu as fait, toi ?


Je lui montrai ma main droite, à laquelle il manquait l'index.


- Une seule ! Tu devais être vraiment très sage !

- Ils m'ont coupé l'index parce que je le suçais le soir pour m'endormir.

- Moi, c'est le majeur que je suce.

- Comme la plupart des enfants. J'ai voulu faire mon originale, et j'en ai payé le prix ! Je les en remercie d'ailleurs. L'autre jour, à l'université, une amie a révélé que petite, elle suçait son pouce pendant la nuit. Le lendemain, elle était morte.

- Elle s'était suicidée parce qu'elle avait trop honte ?

- C'est ce qu'a dit la police. Moi, je pense plutôt qu'on l'a tuée. Tu sais, les gens n'acceptent pas qu'on soit différent d'eux.


Je laissai ma petite nièce de trois ans (qui parlait tout de même remarquablement bien pour son âge) méditer là-dessus, et continuai de colorier ma citrouille. À dix heures trente, ses parents devaient venir la récupérer, et il me semblait qu'il était de mon devoir de leur conseiller d'être moins sévère avec elle. La pauvre petite commençait dans la vie avec cinq doigts en moins, et je songeais aux entretiens d'embauche qui lui seraient refusés, et aux hommes qui ne voudraient pas d'elle... les morveuses désobéissantes devenaient de méchantes garces, c'était bien connu. Adèle n'avait rien d'une morveuse, mais on la traiterait comme une garce, et cela me faisait grand-peine.


À dix heures trente précises, la sonnette retentit, et je m'empressai d'aller ouvrir.


- Adèle a été sage ? me demanda ma belle-sœur sans un regard pour moi.

- Très sage ! répondis-je avec un sourire délicieux, on a fait du coloriage, et on a un peu discuté. Tu lui as coupé les doigts ?

- En effet. Elle t'a dit pourquoi ?

- Elle aurait mangé un trousseau de clefs.

- Elle ne t'a rien dit de plus ?

- Rien du tout.

- C'était les clefs de notre BOÎTE AUX LETTRES !


J'éclatai de rire : comme les enfants savaient bien me convertir à leur cause ! En omettant un tel détail, vraiment, Adèle m'avait bien eue !


- Si tu veux mon avis, glissai-je à l'oreille de la mère très très juste, une petite morveuse pareille, tu aurais dû lui en couper six !


 
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   Anonyme   
10/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Le style est très correct, le texte se lit facilement. J'aime bien cette façon un peu cruelle et ironique de parler des enfants qui parfois, il faut l'avouer, nous cassent les pieds eux...

Bref, je n'ai pas grand chose critiquer dans ce texte que j'apprécie pour ce qu'il est un divertissement très sympa.

   doianM   
12/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une histoire gentille, amusante.

Je n'ai cependant pas saisi la cause du malentendu.

   jaimme   
12/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Le fond est excellent: le décalage/l'absurde/le présupposé est d'une vraie originalité.
Malgré l'avertissement sur l'âge je trouve que trois ans c'est trop jeune, j'aurais plutôt vu cinq ou six.
Pour moi c'est de la SF (un autre monde, une autre société, mais avec nos travers en toile de fond). Et de la bonne avec une écriture un peu plus riche.
Merci!

   brabant   
12/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est alerte, guilleret. Cela se veut court.

Couper des doigts pour des bêtises, je ne connaissais pas. Comment la maman peut-elle arriver à suggérer cela à la fillette ? Semblant d'estafilade ? On est dans le domaine du jeu complice, trait au stylo rouge ? Bon le fait est que cela marche puisqu'elle gribouille de la main gauche. Merveilleux enfantin, affabulation.

Comment l'amie a-t-elle pu révéler qu'elle suçait son pouce si elle est morte ? Là encore, l'imaginaire complice joue à plein...

"les gens n'acceptent pas qu'on soit différent d'eux" ça me fait un peu trop penser au Petit Prince. Bon, c'est mignon.

Un trousseau de clefs... pour une boîte aux lettres ?

Amusante complicité entre la grand-mère et la maman à la fin ; il aurait cependant les faire pouffer ensemble toutes les deux. Trop elliptique à mon avis.


Trop de non-dits pour moi, j'ai été un peu lourd sur ce coup-là.

   florilange   
12/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
C'est mignon et, en même temps, très surréaliste. Cette nouvelle bien écrite se lit aisément, agréablement.

   Anonyme   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Texte plutôt original qui se lit très bien, mais il est vrai que tous ses doigts coupés met un peu mal à l'aise.

Je ne connaissais pas l'idée : couper un doigt quand on a fait une bêtise, c'est raconté avec beaucoup de second degrés, choquant mais juste ce qu'il faut pour que l'on se pose des questions.

Sympa en fait.

   Anonyme   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je me suis demandé ce que la mère allait faire de tous ces doigts ? Car une fois coupés, ça ne peut plus servir. Éventuellement, si on a beaucoup, on peut faire un bouquet. C'est joli un bouquet de doigts.
En plus, il va falloir nourrir la gamine à la cuillère. Remarque, plus tard elle ne pourra pas lancer de pavés sur les CRS. C'est au moins ça de gagné. Quant à ouvrir la boîte aux lettres pour aller chercher le courrier à maman, bernique.

Finalement, je l'ai bien digérée cette petite nouvelle. Burp !

   emi   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Cette sanction est un peu rude, mais elle a bien des avantages : l'enfant ne se mettra plus le doigt dans le nez ou dans l'oeil, il ne fera pas de doigt d'honneur.
Le délire de Marjolaine est communicatif ce qui prouve la qualité de son texte surréaliste à l'écriture alerte

   Anonyme   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
c'est trop chou, on dirait une parodie d'une histoire déjà comique, alors ce passage là:
" L'autre jour, à l'université, une amie a révélé que petite, elle suçait son pouce pendant la nuit. Le lendemain, elle était morte."

franchement ce passage est énorme d'aberration.
j'aime beaucoup, le texte est aéré, se lis sans prise de tête et cela ne ruine en rien la qualité, juste un bon moment de sourire où l'histoire accentue et pointe du doigt le quotidien banal et familial en transformant les évènements simples en des évènements surréalistes, exagérés et acides.

   Jagger   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah oui, un peu de cruauté et envers un enfant qui plus est.
C'est politiquement incorrecte et ça choquerait certain bien pensant.

Bref, j'aime beaucoup.

Mais pourquoi la boîte-aux-lettres est-elle si importante???

Merci pour ce moment.

   Anonyme   
26/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Et Zut ! Encore raté !
Moi qui cherche un texte auquel je pourrais coller un "Très faible", je me suis encore fait avoir. On va finir par croire que je le fais exprès.

C'est surprenant. Et comme il est agréable d'être surpris !
La moindre des surprises n'étant pas d'avoir découvert un texte qui n'est fait presque exclusivement que de dialogues, du reste percutants et bien menés.

Peut-être d'accord sur le fait que trois ans, c'est fort peu. Mais bon... détail.
C'est pas facile un texte très court... et c'est très réussi.

Perso, je n'aurais pas mis ça en SF, comme suggéré (sauf si l'on considère qu'il s'agirait là d'une évolution possible des choses), et même pas en "Humour/détente", en fait, même si c'est marrant, mais en "Réalisme/Historique", car il ne s'agit finalement que de transposition.
Mais comme les classifications, moi, je m'en fous, je me contente d'applaudir et d'attendre le prochain... avec impatience.

   widjet   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Etonnante nouvelle, cruelle et assez jubilatoire avec le ton décalé, surréaliste qui lui va bien. Court, efficace, plutôt une réussite dans son genre.

W

   Niels   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Oui et non. Est-ce que c'est une fable ? Je suis ravi du choix de désinvolture et de distance, mais je trouve que c'est trop ou pas assez ; et si message il y a, je crois que je suis passé quelque peu au travers (ou alors c'est prendre un marteau pour écraser une mouche).

Néanmoins, une parfaite fluidité à la lecture et je répète que j'aime bien le point de vue narratif décalé adopté.

   Margone_Muse   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,
Heu... j'avoue ne pas être conquise du tout par cette nouvelle.
Elle est décalée, morbidement légère, mais... c'est tout.
C'est trop peu pour moi, une idée lancée comme ça, sans consistance derrière... c'est frustrant.
Trop court, à l'image d'une bonne blague, quand on pourrait écrire quelque chose de succulent d'humour noir si on construisait une réelle histoire au sein de cette "société parallèle" où les châtiments corporels semblent être poussés à l'extrême.
Margone, sur sa faim.

   Leorante   
18/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'apprécie vraiment beaucoup ce texte où se heurtent de front une activité "sage" et une conversation "violente". Ne serait-ce pas là un exemple du genre "fantastique" dans lequel j'aurais classé cette nouvelle ?
Quelques phrases gagneraient à être retravaillées peut-être.
Un trousseau de clés pour une seule boîte aux lettres, c'est peut-être beaucoup aussi, mais puisqu'on est en plein surréalisme, pourquoi pas !
Ces légères faiblesses n'ont pas gâché mon plaisir de lire cette nouvelle... au 1568743e degré !

   Anonyme   
18/10/2010
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Je n'ai pas du tout aimé cette nouvelle, j'en suis navrée.

L'écriture est assez maladroite et ne sert pas le texte, qu'on aurait voulu plus incisif, à double tranchant entre l'humour (noir) et la cruauté.

La narratrice s'exprime comme une enfant :

Citation :
Je commençai par rire, parce que la phrase était amusante, et qu'Adèle voulait forcément dire que sa maman lui avait entaillé les doigts par maladresse. Puis lorsque je notai qu'elle tenait son feutre dans la main gauche, alors qu'elle avait toujours été droitière, je me posai quelques petites questions.


Ce paragraphe, notamment, est relativement dérangeant, parce que la personne qui parle semble avoir dix ans, alors que ce n'est pas le cas (on apprend par la suite qu'il s'agit de la tante).

Les dialogues, malgré leur côté 'décalé', ne m'ont pas amusé, ni convaincu, mais plutôt paru ennuyeux.

Le fait que les 3/4 de la nouvelle en soient composés ne joue pas non plus en faveur du texte, qui manque ainsi de substance, de contexte.

Citation :
L'autre jour, à l'université, une amie a révélé que petite, elle suçait son pouce pendant la nuit. Le lendemain, elle était morte.
.

Je n'ai pas compris cette phrase. Si l'intention de l'auteur était de créer une atmosphère "surréaliste" burlesque, l'effet n'a pas fonctionné sur moi.

Il y a aussi des détails inutiles qui me laissent sceptique "sans un regard pour moi" : quel est l'intérêt de cette précision ?

Beaucoup de répétitions également ...

Je suis passée complètement à côté de ce texte qui me semble malheureusement raté.


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