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Policier/Noir/Thriller
MAC3 : Les ombres de Nice
 Publié le 20/07/26  -  3 commentaires  -  4812 caractères  -  25 lectures    Autres textes du même auteur

À Nice, une policière reçoit un rendez‑vous mystérieux à l’aube.
Un inconnu l’entraîne dans une librairie oubliée où un carnet étrange semble défier le réel.
Guidée par cet homme qui en sait trop, elle suit une piste qui l’amène à une vérité capable de bouleverser sa vie… et de révéler ce que personne n’avait vu dans la disparition sur laquelle elle enquête depuis des mois.


Les ombres de Nice


I


Nice avait cette façon unique de mêler le bleu du ciel au parfum des souvenirs.

Ce matin-là, Camille Ardent, lieutenant à la brigade criminelle, marchait sur la promenade des Anglais avec la sensation étrange que quelque chose l’attendait.


Elle avait reçu, la veille, une lettre sans signature.

Une simple phrase, écrite d’une main sûre :


« Venez demain à 7 h 12. Vous comprendrez. »


Camille n’était pas du genre à suivre les messages anonymes.

Mais quelque chose dans cette écriture l’avait troublée.

Une familiarité qu’elle n’arrivait pas à nommer.


À 7 h 12 exactement, une silhouette s’arrêta à quelques mètres d’elle.

Un homme, la trentaine, costume clair, regard d’un bleu presque transparent.


— Vous êtes venue, dit-il.


Sa voix avait la douceur d’un souvenir.


— Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, méfiante.

— Celui qui peut vous aider à résoudre l’affaire qui vous obsède.


Camille sentit son cœur se serrer.

Il parlait de l’affaire Delmas, cette disparition inexplicable d’une jeune femme, trois mois plus tôt.

Aucune piste. Aucun témoin.

Juste un vide.


— Suivez-moi, dit-il simplement.


Et il se mit à marcher.


II


Ils traversèrent la vieille ville, ses ruelles étroites, ses façades couleur miel.

Camille observait cet inconnu.

Il marchait avec une assurance tranquille, comme s’il connaissait chaque pierre, chaque souffle de la ville.


Ils s’arrêtèrent devant une petite librairie, La Page Blanche.

L’homme poussa la porte.


À l’intérieur, une odeur de papier ancien, de bois ciré.

Et sur le comptoir, un carnet noir.


— Ouvrez-le, dit-il.


Camille hésita, puis tourna la première page.


Elle resta figée.


Le carnet contenait des dessins de la disparue, réalisés avec une précision troublante.

Des scènes de vie, des lieux de Nice…

Et sur la dernière page, un dessin d’elle, Camille, en train de lire ce carnet.


— Comment…

— Elle n’a pas disparu, dit l’homme. Elle a fui.

— Fui quoi ?

— Quelqu’un qui voulait la réduire au silence.


Camille sentit une tension monter.


— Et vous, qui êtes-vous dans cette histoire ?


Il la regarda avec une intensité nouvelle.


— Celui qu’elle a choisi pour vous guider.


III


Ils sortirent de la librairie.

Le soleil commençait à chauffer les façades.


— Pourquoi moi ? demanda Camille.

— Parce que vous êtes la seule à avoir vu ce que les autres ont ignoré.

La seule à avoir remarqué que la dernière photo de Delmas n’était pas un selfie… mais un cliché pris par quelqu’un d’autre.


Camille se figea.

C’était vrai.

Elle l’avait remarqué, mais n’avait jamais pu le prouver.


— Où est-elle ?


L’homme sourit.


— À un endroit où les gens vont pour se retrouver.

Ou pour disparaître.


Il lui tendit une adresse écrite sur un papier blanc.


— Si vous y allez maintenant, vous la verrez.

Mais sachez que ce que vous découvrirez changera votre vie.


Camille sentit un frisson.


— Pourquoi m’aider ?


Il la regarda avec une douceur presque douloureuse.


— Parce que je vous dois plus que vous ne le pensez.


IV


L’adresse menait à un petit café sur les hauteurs de Nice, Le Belvédère.

Camille entra.


Une femme était assise près de la fenêtre.

Elle leva les yeux.


C’était Delmas.

Vivante.

Sereine.


— Je savais que vous viendriez, dit-elle.


Camille s’assit, bouleversée.


— Pourquoi avoir disparu ?


Delmas posa une main sur le carnet noir.


— Parce que quelqu’un me surveillait. Quelqu’un qui voulait mes dessins.

Ils ne sont pas que des dessins, Camille.

Ils sont… prémonitoires.


Camille sentit son souffle se suspendre.


— Et l’homme de la Promenade ?


Delmas sourit tristement.


— Il est mort il y a trois mois.

La veille de ma disparition.


Camille sentit le sol se dérober.


— Ce n’est pas possible. Je lui ai parlé ce matin.

— Je sais.

Il vous protège encore.

Comme il l’a toujours fait.

— Toujours ?


Delmas la regarda avec une douceur infinie.


— Camille… cet homme était votre frère.


V


Camille resta immobile.

Le café semblait soudain silencieux, comme suspendu hors du temps.


Son frère.

Mort.

Et pourtant… présent.


Elle repensa à son regard bleu, à sa voix, à cette façon qu’il avait eue de marcher comme s’il connaissait la ville par cœur.


Elle comprit alors que certaines présences ne disparaissent jamais vraiment.

Elles se glissent dans les interstices du monde, dans les ombres des rues, dans les rencontres improbables.


Delmas posa une main sur la sienne.


— Il vous a menée à moi.

Maintenant, c’est à vous de choisir la suite.


Camille regarda la mer au loin.

Un bleu immense, vivant.


Elle se leva.

Elle savait que sa vie venait de basculer.

Et que certaines enquêtes ne se résolvent pas seulement avec des preuves…

mais avec le cœur.


 
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   GLOEL   
6/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Bonjour,

Votre nouvelle est bien construite, élégante et agréable à lire. Elle témoigne en effet d'un réel sens du rythme narratif et d'une bonne maîtrise des codes du suspense teinté de fantastique.
Son principal atout est sans doute sa grande fluidité : le récit progresse naturellement jusqu'à une conclusion émouvante.

Votre nouvelle privilégie l'efficacité narrative et la clarté. C'est un texte facilement accessible, car finalement assez classique dans la genre.

Elle offre ainsi l'expérience d'une lecture plus immédiatement satisfaisante. Cependant, la faiblesse reside sans doute dans son imaginaire largement exploré. Le texte manque d'une idée véritablement neuve qui le distinguerait. Les personnages n'apparaissent qu esquisses, si bien que le lecteur s'attache davantage à la situation qu'à la personne. L'absence d'un adversaire incarné diminue egalement considerablement la tension dramatique du texte. La resolution de l'enquete apparait trop rapide. Enfin, le fantastique ne presente aucune ambiguite. Or, le fantastique est souvent plus puissant lorsqu'il hésite entre une explication rationnelle et surnaturelle, laissant le lecteur dans une incertitude féconde.

Je suis donc reste un peu sur ma faim ! Dommage c etait bien parti...

Mais, en retravaillant un peu le txte, il est tres certainement possible de combler ses faiblesses pour en faire une oeuvre aboutie.

Bonne continuation, Frank Gloel

   Mansoul   
20/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Une nouvelle policière-fantastique dont la principale force constitue également la principale faiblesse. Cette écriture lapidaire, minimaliste, lui confère un rythme indéniablement plaisant ainsi qu'une atmosphère brumeuse, presque onirique qui colle plutôt bien au récit d'une part, mais également à l'état d'esprit de l'enquêtrice que l'on suppose à côté de ses pompes de par la fatigue et le choc du deuil de son frère trois mois plus tôt.

Mais, et c'est là le souci, que l'on suppose seulement. Car de nombreux deux ex machina émaillent le récit au détriment d'une véritable cohérence de fond. Dont ce frère revenu d'entre les morts et que la narratrice ne reconnaît pas, dont la mort n'est même jamais mentionnée auparavant. Ces dessins prémonitoires qui n'ont malheureusement aucun impact significatif ou cettte enquête, bouclée avec le coeur peut-être, mais à mes yeux sans véritable conclusion... Bout à bout, tout cela (et bien d'autres) pourrait constituer une chouette histoire j'en suis sûr, mais il manque précisément tel quel ce liant qui ferait sens de l'ensemble.

   Lebarde   
20/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour MAC3

A peine « P’tit nouveau « et déjà « Apprenti onirien » avec cette première nouvelle qui m’invite, moi le non spécialiste du genre à m’intéresser et à déposer timidement mon premier commentaire dans la catégorie.
La force de ce joli texte qui m’a interpelé dès la première phrase que je trouve délicieusement poétique, réside dans l’élégance, la netteté et la douceur de l’écriture qui entraine le lecteur par la main dans un cheminement narratif, facilement accessible, sans vague ni emphase jusqu’ au dénouement inattendu.

Certes les personnages manquent-ils un peu d’épaisseur et le récit de densité dramatique, mais c’est en fait là, l’atout majeur de ce texte qui repose et libère des intrigues policières, alambiquées, noires et violentes auxquelles on est trop souvent habitué.

J’ai été séduit par la fraicheur du style, fluide, vivant et efficace, qui avec des phrases concises et précises et des dialogues remarquablement intégrés dans l’histoire donnent à cette nouvelle d'une délicate sensibilité, un rythme maitrisé et équilibré très plaisant à la lecture.
J’ai bien aimé l’allusion à la librairie, bien nommée : » La Page Blanche » qui incite sobrement, à la fois à la découverte des livres et par l’écrit ou le dessin à communiquer, laisser une trace, une empreinte, un souvenir.
Emouvant de clarté.
Et puis il y a cette phrase que je retiens :
« Elle comprit alors que certaines présences ne disparaissent jamais vraiment »
particulièrement touchante par sa simplicité qui, à mon sens, pourrait constituer le thème central du propos…Au diable l’enquête policière qui ne m’a pas trop tenu en haleine en effet.

Bravo et merci.


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