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Fantastique/Merveilleux
Malo : La fenêtre
 Publié le 08/01/17  -  18 commentaires  -  7234 caractères  -  129 lectures    Autres textes du même auteur

Il se lève, déjeune, se lave, s'habille, part au travail. Et…


La fenêtre


Encore à moitié endormi, il plonge sa tartine grillée dans son bol de café. Une légère pellicule de beurre demi-sel surmontée d’une bonne couche de confiture. Une habitude qui remonte à l’enfance. Comme le café, de l’instantané. Juste une cuillerée pour colorer l’eau. Sa mère y ajoutait du lait chaud. Il a abandonné le lait. Cela l’écœure. Il a allumé le transistor qui déverse les nouvelles, sans cesse les mêmes, à intervalles réguliers. Il les entend tel un bourdonnement familier qui le maintient entre veille et sommeil. Il savoure ce moment de rêverie. Il souhaiterait qu’il se prolonge indéfiniment. Quelques pensées effleurent son esprit comme des bouchons flottant entre deux eaux et qui coulent sitôt entraperçus.


Il se lève après avoir aspiré la mie en charpie qui sous-marine au fond de son bol, range le beurre et les confitures dans le frigo. Un coup d’éponge sur le set de table qu’il laisse sur place. Il lave le bol, la petite cuillère et le couteau qu’il pose dans l’égouttoir. Direction le coin toilette, petit cagibi creusé dans le mur droit de la chambre à coucher. La douche, seul véritable réveille-matin. Puis se raser. La corvée. Ne pas se couper. Garder la même longueur pour les pans de la moustache. Il se dit qu’il va se laisser pousser la barbe. Deux fois par semaine, il passera la tondeuse sur son visage pour la garder très courte. Il paraît que c’est à la mode. Il retourne dans la chambre pour s’habiller : des jeans, une chemise qu’il cueille au hasard dans le placard, un pull bleu marine ras du cou. Il est prêt à sauter dans cette nouvelle journée de travail comme dans un pantalon neuf, même s’il ressent de l’appréhension à pénétrer dans cette pochette-surprise. Il attrape son blouson accroché à la patère près de la porte d’entrée, sort du studio, dévale l’escalier, atterrit dans la rue glissante. Il bruine. C’est comme cela depuis le début de la semaine. Sa voiture l’attend, accroupie contre le trottoir. Il allume la radio, embraye.


Qu’est-ce que je fais ici ? J’étouffe. Manque d’air. Je suis assis. Une chaise. Je ne peux pas bouger. Mes jambes sont liées aux pieds du siège. Mes bras tendus derrière le dossier. Les mains attachées également. J’ai froid. Mais je suis nu ! Je regarde autour de moi. Une pièce longue et étroite aux murs blancs. Le sol est pavé d’un carrelage, blanc également. Tout est trop propre. On dirait la cellule d’un hôpital psychiatrique. Devant moi une fenêtre immense. Elle occupe tout le mur. Je n’arrive pas à en détacher les yeux. Elle est tellement incongrue dans ce petit espace. Ses châssis sont peints en rouge sang de bœuf. Une laque certainement. Ils brillent, enserrant de longs carreaux qui me reflètent. Des miroirs. Impossible de voir au travers. Pas de crémone. Impossible d’ouvrir. Qu’est-ce que je fais ici ? Il doit bien y avoir une explication ? Appeler. Aucun son ne sort de ma bouche. Je suis devenu muet. Bon Dieu, qu’est-ce qui se passe ? Respirer profondément. Me calmer. Réfléchir. Seulement, j’étouffe ! Me calmer. Chut… Chut… Je m’appelle Kévin Lancelot. Un bon point. Je suis informaticien. Je suis parti au travail et… Rien d’autre. Je suis là, attaché dans cette pièce… La fenêtre ! Il doit y avoir quelque chose derrière. Mais on est peut-être au cinquième étage… Qu’importe, il faut que je sorte. Avancer avec la chaise en sautillant. Oui, c’est cela. Puis me balancer d’avant en arrière jusqu’à ce que ma tête touche la vitre.

Je passe à travers. Pas d’éclats de verre. En fait je n’ai rien heurté du tout. J’ai traversé tout en douceur et je tombe.


Il tombe, au ralenti, comme en apesanteur. Ou bien comme s’il se trouvait dans un de ces ascenseurs qui vous transporte sans faire de bruit. Le silence est total. Il pense : assourdissant. C’est la première fois que cela lui arrive. Dans la vie courante il y a toujours du bruit, aussi ténu soit-il. La vie courante… Il s’effraie. Mais il est bien dans la vie courante, jusqu’à preuve du contraire. Il a dû se passer un événement à l’échelle de la planète. Oui, c’est cela ! Quelque chose qui est hors de sa compréhension. Bon, il tombe. Mais logiquement, à un moment ou à un autre, il devra bien toucher terre. À moins qu’il soit passé dans une autre dimension où la logique n’a plus court. Ou bien qu’il ait franchi les frontières d’une autre réalité régie par une autre logique. Si encore il pouvait apercevoir quelque chose. Des objets ou d’autres personnes qui, comme lui, tomberaient. Mais rien. Il a beau écarquiller les yeux, toujours cette espèce de brouillard blanchâtre dans lequel il baigne. C’est lui, certainement qui l’empêche de voir ce qui l’entoure. Mais peut-on parler vraiment de brouillard ? Il a l’impression plutôt de tomber au cœur d’un espace complètement vide, d’où cette fausse perception de brume. Au moins voit-il ses bras, ses mains, ses jambes. En prenant des poses compliquées, il peut regarder presque tout son corps. Il se rend compte qu’il n’est plus attaché sur la chaise. En fait, il n’y a plus de chaise. Il a dû se débarrasser d’elle lorsqu’il est passé à travers la fenêtre. Des éclats de verre auront tranché ses liens. Pourtant il n’a ressenti aucun contact avec le carreau. Il est passé au travers comme s’il n’existait pas.

Tout cela est trop compliqué. Il se force à penser à autre chose. Marie, oui, Marie, sa perle d’Orient. Petite Eurasienne qu’il a rencontrée, un soir, alors qu’exceptionnellement il sortait en boîte avec des amis. La musique trop forte. Cette femme qui ondule, les yeux fermés, dans un coin de la piste. Si gracieuse, sensuelle avec ce jean serré et ce haut mettant en valeur ses petits seins d’adolescente. Il avance vers elle, se coule dans sa danse. Elle ouvre les yeux, lui sourit. Ils ont dansé, sans un mot, leurs deux corps unis dans une même pulsation. Puis ce verre au bar. Tant à se dire. Trop de bruit. Ils sortent. Elle le suit chez lui. Il ne pense pas lui faire l’amour, juste faire connaissance. Ils ont fait l’amour. Depuis…


Là, au fond, une lueur. Cela se précise. Une lumière bleue, très lointaine. Mais qui se rapproche avec rapidité. Je ne pensais pas tomber si vite. Enfin, quelque chose, c’est le principal. On dirait un lac gelé éclairé par en dessous. Je redoute le moment où je vais prendre contact avec lui, tout en l’appelant avec impatience. J’espère que je vais le franchir et me retrouver en terrain connu, sortir enfin de ce cauchemar. La lumière envahit maintenant tout mon champ de vision. Je tombe de plus en plus rapidement, puis, alors que je m’apprête à y pénétrer, ma chute est freinée, sans que je ressente pourtant une force contraire à ma progression. J’ai l’impression même de faire du surplace. Non, je poursuis ma descente, mais avec une lenteur extrême. Une douce chaleur m’envahit. Mes pieds caressent la surface de ce que je ne peux pas nommer par manque de référence. C’est seulement lumineux et tiède. Je traverse. Mais, mes jambes… Je ne les vois plus… Je ne les sens plus. Mes mains… Mes bras… Mon torse… Les mots… Tant de mal à former des mots dans ma tête… Je… voudrais… tant…


« Nous avons fait notre possible pour le ranimer. Il y a bien eu un petit sursaut de sa part, mais nous n’avons pas réussi à le maintenir en vie. Désolé. »


 
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   toc-art   
13/12/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Voilà un texte bien écrit dont le rythme est agréable. J'aurais peut être vu les paragraphes où le personnage devient le narrateur en italiques pour exprimer ses pensées.
On ne sait rien de ce qui est arrivé au personnage, c'est le choix de l'auteur, ça crée une frustration qui n'est finalement pas désagréable.
J'ai bien aimé.
Bonne continuation

   Anonyme   
17/12/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ouf, Quelle lecture, c'est totalement génial, vous attrapez votre lecteur et vous ne lui laissez pas le choix, c'est haletant, rebondissant, incroyable. C'est écrit en deux temps et c'est très réussi.
L'écriture est absolument maitrisée et quand c'est bon y a rien d'autre à dire que c'est bon et à laisser aux autres le plaisir de la découverte. Un détail cependant qui pourrait éveiller votre intérêt, j'aurais plutôt vu "pulsion" au lieu de "pulsation", trop lourd et donc mal adapté.
Merci pour ce moment fort. Vous ne faites pas de compromis, et quelle chute! Bravo!

   vendularge   
8/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Malo,

J'aime bien ce petit court, plutôt bien écrit qui laisse voir un tas de possibilité sur les raisons de son état "gazeux", le "il" qui décrit son présent et le "je". A ce sujet d'ailleurs j'aurais bien vu une coupure franche entre les deux pronoms, ici, il y a une alternance des il et des je même dans la phase d'inconscience..un détail.

Le fait de ne rien savoir est très bien vu

Agréable lecture en tout cas
vendularge

   plumette   
8/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Malo,

J'ai bien aimé faire connaissance avec votre personnage par la banalité de cette mise en route matinale qui nous donne tout de même quelques détails sur sa personnalité, ses goûts : la tartine, le café bien clair, la corvée du rasage, l'habillage un peu machinal. dans cette première partie j'ai spécialement apprécié cette image "Quelques pensées effleurent son esprit comme des bouchons flottant entre deux eaux et qui coulent sitôt entraperçus."

Et puis le texte s'accélère,on entre de plein pied dans le monologue intérieur du personnage qui se trouve dans une situation très intriguante. En tant que lectrice, j'ai essayé d'imaginer ce qui avait pu se passer, et à aucun moment je n'ai eu l'idée de la chute!

Dans une troisième partie , on retrouve le narrateur observateur, mais il se mélange avec le personnage lorsqu'il s'agit d'évoquer Marie. L'évocation de Marie est actualisée par l'utilisation du présent, j'ai trouvé cela assez habile.

vous n'avez pas fait le choix de rester tout du long dans le monologue intérieur du personnage, soit ! cela fonctionne, mais pour faciliter la lecture, vous auriez pu peut-être mettre des italiques ou des guillemets lorsque vous faites parler Kevin.

Vous nous laissez volontairement avec des zones d'ombres, qu'est-il arrivé à Kevin? Au fond, peut importe, le texte se tient de bout en bout. Je ne sais pas si je saurais imaginer comme vous l'avez fait ce processus mystérieux dont on ne revient pas , la plupart du temps, pour le raconter!!

Quant à l'écriture, elle est agréable, vive, efficace.

je n'ai pas adhéré à toutes les images: " il ressent de l'appréhension à pénétrer dans cette pochette surprise" ou encore la voiture accroupie contre le trottoir. Mais il s'agit là de vos références, de votre écriture singulière et c'est toujours intéressant de voir comment les lecteurs peuvent s'approprier ou pas notre univers!

un bien bon moment de lecture!

Plumette

   Bidis   
8/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je suis frustrée.
Un bon moment de lecture, un excellent moment de lecture même.
Mais je suis frustrée quand même. Peut-être d'autant plus que le texte est bien écrit, que l'atmosphère est bien rendue dans sa banalité quotidienne et que le mystère qui suit intrigue.

   hersen   
9/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Texte dont le titre aurait aussi bien pu être "le passage" puisque c'est cet aspect qui est le plus décrit.

Je suis dubitative sur cet état de conscience-inconscience quand ça nous arrive, mais comme j'ai zéro expérience en la matière, je le prend pour argent comptant, d'autant plus que c'est bien raconté.

Les images sont belles, paisibles. Je n'irais pas jusqu'à dire que ça donne envie mais le côté jolie lumière du lac gelé remplace l'angoisse de comprendre ce qui arrive.

J'ai aimé cette opposition entre le début, un truc aussi routinier que se préparer le matin, pendant lequel le narrateur évoque des choses simples le ramenant à son enfance.

Comme par exemple les miettes qui sous-marinent au fond du bol, quelque chose d'aussi terre à terre ne prépare bien sûr pas à la suite.

Petit détail : j'aurais aimé que le petit sursaut évoqué par les infirmiers soit plus clairement dédié à Marie, j'aurais aimé plus de feu dans ce paragraphe, que bon sang, dans la vie, on ne va pas regretter de la mie de pain mouillée u fond du bol, mais qu'une Marie...mais peut-être n'était-ce pas l'intention de l'auteur.

Merci pour cette lecture.

   silvieta   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'arrive à peine sur le site et le hasard m'a donné à lire ce premier texte (premier dans mes découvertes) . Bien écrit, bien construit, une rupture entre le contexte rassurant des deux premiers paragraphes et le troisième suscite la curiosité.
A ma première lecture, trop rapide, j'ai fait un gros contresens: sautant par dessus quelques lignes tellement j'avais hâte de connaître le fin mot de l'histoire et du pourquoi des juxtapositions de ces tranches de vies j'ai cru que l'impression ressentie par le narrateur (chaise, immobilité, ligoté) n'était qu'une transposition de son imaginaire par rapport au ressenti de son corps qui se paralysait et que la fameuse lumière bleue qui surgit à la fin était celle d'une ambulance.
Cela m'a glacée et enthousiasmée.
Mais je suppose que je me suis trompée et me demande maintenant si le narrateur ne serait pas réellement enfermé au début dans un asile psychiatrique, n'aurait pas décidé ensuite de sauter par la fenêtre expérimentant alors en s'écrasant une sensation de mort imminente.
Hypothèse qui me transporte un peu moins que la précédente car dans ce cas on a deux coups de théâtres chocs 1-l'asile 2-l'agonie... et trop de chocs tuent les chocs.
Ou alors, 3e hypothèse...bref, une nouvelle bien mystérieuse à mes yeux .

   Francis   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau texte, bien écrit, bien construit qui emmène le lecteur de son univers quotidien vers un autre monde où les repères disparaissent quand le il devient je. Seul, le souvenir de Marie, le relie à sa vie antérieure. Tout a basculé très vite et le texte laisse la liberté d'interpréter les images qui défilent. La rue était glissante. Il a eu un accident. Il est dans le coma. Un instant le souvenir de la petite eurasienne l'a raccroché à la vie. Il est dans le bloc opératoire. Il est passé de l'autre côté du miroir. Évidemment, c'est une lecture personnelle. Merci pour ce partage.

   GillesP   
10/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
L'idée de l'alternance entre un narrateur externe et un narrateur interne, en soi, est bonne. Mais dans le cadre de votre histoire, elle pose un problème: comment le narrateur interne peut-il raconter ce qui lui arrive, s'il est mort? Certes, la narration au présent indique que c'est ce qu'il se passe dans son esprit dans ses derniers instants. Mais malgré tout, cela ne fonctionne pas totalement, selon moi. D'une manière générale, je n'ai lu qu'une fois un texte convaincant dans lequel le narrateur finissait par mourir: c'était une nouvelle de Boris Vian, dont je ne suis plus sûr du titre (Les Fourmis, peut-être): là, cela fonctionnait, car le narrateur écrit ses derniers instants sur un calepin avant de le lancer au loin. Il est à la guerre et vient de s'apercevoir qu'il a mis le pied sur une mine. Il est seul et il sait qu'il va bien devoir enlever son pied à un moment, car il ne pourra pas rester éternellement ainsi. Là, la mort du narrateur est expliquée d'une manière cohérente.

Je n'ai pas aimé cette phrase, très lourde selon moi : " Il est prêt à sauter dans cette nouvelle journée de travail comme dans un pantalon neuf, même s’il ressent de l’appréhension à pénétrer dans cette pochette-surprise. Mais j'aime beaucoup ce passage, très léger dans son formulation décalée: "Il ne pense pas lui faire l’amour, juste faire connaissance. Ils ont fait l’amour."

Au plaisir de vous relire.

   Eccar   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Malo,
Voilà, je suis allé au bout de ma lecture tout au long de laquelle je gardais un espoir, celui de découvrir une idée vraiment originale. Et puis voilà, grosse déception. C'est juste quelqu'un qui meurt, qui "tombe", le cliché est d'autant décevant qu'il est très bien écrit.
L'image de la chaise sur laquelle le héros est ficelé nu emmène vers une autre piste, (celle d'un hold-up, d'un enlèvement, un acte criminel quelconque où il serait une malheureuse victime) mais n'est absolument pas crédible dans le cas d'une personne en agonie, du moins c'est ma façon de voir.
Désolé mais je suis passé à côté du suspense que vous vouliez entretenir pour cette mort, banale en fin de compte j'aimerais dire, dont on ne sait d'ailleurs rien. Il y a un trop grand écart entre la préparation du personnage, sans beaucoup de consistance à mon avis, et cette fin inattendue. La chute de la nouvelle est trop basée sur cet inattendu qui, en vérité, attend chaque personne de cette planète.
Les dernières phrases entre guillemets sonnent trop faux et viennent juste donner l'explication de l'histoire. Je ne trouve pas cela très bien amené et là encore fait trop cliché.
Tout ça pour ça. Cette nouvelle est courte, bien écrite avec quelques belles images. Dommage.

   Clavil   
12/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Malo,

J'ai pris plaisir à lire votre texte. Je me suis senti immergé dans la situation des deux premiers paragraphes, la description détaillée mérite d'être soulignée.
Toute fois, je trouve mal appropriées les expressions "sol pavé d'un carrelage et voiture accroupie".
L'absence de transition entre les deux ambiances intrigue le lecteur, je visualisais très bien Kévin dans sa voiture et ensuite je suis déstabilisé de le voir nu sur une chaise. J'avais hâte de connaitre l'issue de cette situation ; j'ai tout d'abord pensé à un hôpital psychiatrique, ou une garde à vue musclée dans un commissariat.

Beau travail d'écriture.

   MissNeko   
13/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir

J ai aimé
- l'écriture fluide et agreable
-l'intrigue mystérieuse qui ne se dévoile qu à la fin
- les descriptions de ce que vit le personnage.
- l'univers qui se dégage de votre nouvelle : on flotte entre rêve et réalité

On se questionne : est-on en présence d'un malade mental, d'un homme sous l'influence de stupefiants ?
Je suis juste un peu déçu par la fin un peu trop convenue.
Merci pour ce partage

   Tadiou   
11/2/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cela commence comme une petite histoire du quotidien, un peu ennuyeux, certes. Mais tranquille et serein. Et puis c'est l'aventure.
Des mots précis, presque une description chirurgicale. Je n'ai pas l'impression d'un "cauchemar"; car c'est le silence (agréable) l'apesanteur...

Puis cela semble être un beau voyage dans une "une autre dimension", certes étrange mais serein. Le style est tranquille, paisible. Le passage du "je" au "il" est intéressant, accentuant cette impression d'aventure rassurante (je ne crois pas vraiment aux pieds liés et au corps nu...).

La chute (si je puis dire..) est brutale et me sort de ce moment très doux. Tant pis...

J'ai été envoûté. Merci Malo. Ecriture bien maîtrisée et bien rythmée. Bravo.

PS : je n'ai encore jamais vu de voiture "accroupie" contre un trottoir. J'ai dû mal regarder.. Je vais essayer.

J'ai oublié de dire que je ressens l'épisode avec Marie comme anecdotique : l'essentiel est ailleurs et la vie est ailleurs.

   Donaldo75   
10/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Malo,

J'ai été frustré par cette histoire dont j'attendais qu'elle décolle, parce qu'elle démarrait bien et qu'il y avait un réel ton. J'ai l'impression qu'elle se termine trop vite, dans une chute en trompe-l'œil.

Quand il parle de Marie, le personnage principal a de la matière pour un retour en arrière plus développé, surtout quand on connait l'issue de l'histoire. Au lieu de cela, cette partie est expédiée, comparée aux sections précédentes.

C'est dommage.

Merci pour la lecture,

Donaldo

   Hareng   
26/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

J'ai bien lu. C'est un bon thème. Ren Hang, le photographe chinois, s'est suicidé hier. En se jetant par la fenêtre. Je pense à lui en vous lisant.

   Henri22   
18/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Votre texte est bien écrit :
- Les phrases sont courtes et ne laissent aucune possibilité au lecteur de lever les yeux, de rêver, tout en donnant un aspect scientifique à cet ouvrage.
- Les détails sont très nombreux, très précis, et augmentent le stress por moi lecteur. Que va t il se passer ? On a une description, au début du moins, très réaliste des habitudes ennuyeuses d' un personnage, et cela nous interpelle.
- Chaque mot est bien choisi, sonne juste à mon oreille, malgré quelques expressions un peu simples. Lire ce texte me donne vraiment l' impression de voir un cailloux toucher la surface de l' eau et d' entendre chaque son au ralenti.

Ce qu' il y a de bien, dans votre nouvelle, c' est le personnage lui-même. On part du plus ennuyeux des hommes, un informaticien qui vit dans ses éternelles et inchangeables habitudes, un anti héro type, et l' on assiste à sa métamorphose. Vous ne lui offrez le droit, jusque dans les derniers paragraphes, de ne ressentir que des sensations, ou plutôt de réfléchir. Il est incapable d' avoir le moindre sentiment, du fait de son état comateux. Il ne devient humain qu' à partir du moment où il voit la flaque bleue que forment le Ciel. Cet anti-héro devient alors moins repoussant, et le changement de point de vue y est pour quelque chose. Le malhejreux devient alors un héro avec cette histoire d' amour, qui sera tragique, et le fait qu' il meurt ainsi transforme ce drogué de sommeil et de son quotidien en martyr.

Ce texte mr fait réfléchir sur ma manière de percevoir une personne, de la juger. Suivant le côté que celle ci nous présente, un côté barbant par exemple, on peut tout à fait se tromper, et votre martyr m' aura au moins transmis une instruisante morale.

J' ai moyennement apprécié votre tout dernier paragraphe qui, pas sa breveté et sa brutalité, coupe bien rapidement l' effet produit précédemment.

Bonne continuation à vous,
Henri.

   marin   
19/8/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
je trouve le style plutôt clair, les mots précis et la construction, bien que classique, suffisamment équilibré pour intéresser jusqu'au bout.
les deux premiers paragraphes sont très bien amenés, les suivants un peu convenus mais l'exercice est plus difficile donc...
la fin est, par contre, en deçà de la progression.

   Asicq   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je me suis laissé emporté par l'écriture, l'envie d'en avoir plus et puis fini: "Déjà ?"

vraiment captivant de par le style et la façon d'enchaîner les événements, de diffuser de ça et là des indices pour essayer de se construire des images de cet homme , de sa vie.

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