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Policier/Noir/Thriller
marogne : La pluie
 Publié le 25/04/10  -  21 commentaires  -  10431 caractères  -  144 lectures    Autres textes du même auteur

Quand le brouillard se lève, au plus profond des forêts, les anciennes peurs, les choses innommables, reviennent hanter l'esprit des hommes.


La pluie


Cela faisait deux ou trois jours qu’il faisait très froid, vous en rappelez-vous ?


Le jeudi, il avait fait très beau, un soleil magnifique dans un ciel d’une pureté de cristal. La température n’était pas montée, même au milieu de la journée, au-dessus de quatre degrés sous zéro.


J’ai un bassin, vous l’avez vu en arrivant, dans lequel je garde quelques poissons rouges. J’avais peur qu’ils manquent d’air et je suis allé casser la glace qui avait pris sur toute la surface. Il a fallu que j’y aille avec la pioche tellement elle était épaisse. Elle faisait plus de six centimètres, et je peux vous dire que je me suis gelé les mains pour la sortir de l’eau. Comme elle s’était formée très vite, elle était d’une transparence telle qu’on aurait dit du cristal de roche. Je l’avais mise dans l’herbe à côté des margelles, elle brillait au soleil de mille éclats, c’était très beau.


Je me suis dit alors que c’était un temps parfait pour essayer d’aller attraper quelques bécasses, là-haut, dans les bois du côté de Vérignon.


Je suis parti le vendredi matin de bonne heure, il devait être sept heures. Il faut normalement une bonne heure pour monter là-haut. Malheureusement, il avait un peu plu durant la nuit, et l’eau, sur la terre et sur les routes gelées, avait pris en glace. J’ai roulé très lentement, on aurait dit que je me déplaçais sur une patinoire. Mais j’ai l’habitude de ces routes, et même s’il m’a fallu plus de temps que d’habitude, je suis arrivé au village sans problème. Il était neuf heures du matin.


Je n’ai rencontré personne sur la route, le froid et la pluie verglaçante avaient dû faire peur aux plus téméraires. Le ciel était nuageux, le soleil n’était pas arrivé à percer, et l'on baignait dans une lumière diffuse. Il n’y avait pas de brouillard alors.


J’ai garé ma voiture le long de la route, un peu en dessous des ruines du château, et je suis parti de l’autre côté, vers un endroit où je sais pouvoir trouver de ces oiseaux. Je n’avais pas le chien, et je savais qu’il allait falloir marcher longtemps pour arriver à en coincer un. Mais j’aime ça, vous savez, marcher dans la colline, seul, à l’affût du moindre bruit, cherchant à dénicher le gibier qui se cache sous les arbres, rusant contre lui. Ce qui me plaît, ce n’est pas de tuer l’animal, non, bien que j’aime bien le manger après, non, c’est d’arriver à être plus malin que lui, de gagner cette bataille que l’on se livre en silence dans la solitude des forêts. Ça m’est arrivé d’ailleurs, une fois l’animal dans ma ligne de mire, de ne pas tirer, juste de savourer la victoire, et puis, d’un grand cri l’humilier en le faisant fuir.


Je ne sais pas si vous connaissez la forêt de Vérignon, mais elle est assez extraordinaire. C’est une des plus anciennes chênaies de France, et l'on y trouve des arbres qui ont plusieurs siècles. On raconte beaucoup d’histoires à son propos. Des histoires de vieilles sorcières, d’enfants disparus, de monstres d’une autre ère, mais je n’y avais jamais vraiment prêté attention, et j’avais plutôt traité avec ironie ceux qui en parlaient comme des conspirateurs, de peur que de le dire trop fort n’attire sur eux le malheur. Mais ce matin-là, je ne sais pas pourquoi, toutes ces histoires me revenaient en tête. Je me rappelais, chose étonnante, mot pour mot, tout ce que l’on m’avait raconté à son propos, tout ce que j’avais pu lire. Et c’est sans doute cet état d’esprit qui me faisait voir sous un jour nouveau ce qui m’entourait.


Je ressentis le poids des branches de ces arbres qui se levaient, comme des bras menaçants, au-dessus de moi. Je remarquai les racines énormes qui couraient sur le sol, qui se soulevaient comme dans un effort terrible pour vaincre la terre qui les retenait, comme si elles avaient voulu se jeter sur ceux qui étaient assez fous pour pénétrer dans leur domaine. C’était comme si je voyais pour la première fois l’épaisse écorce sur les troncs, tourmentée, tordue, surprise dans la douleur, ravinée par des siècles de torture. Elle teintait de noir les arbres qui, malgré leurs difformités atroces, s’élevaient à des hauteurs qui devaient cacher à toute heure le soleil, et conférer à ces sous-bois une atmosphère étrange et inquiétante. Oui j’étais inquiet, et les grappes de lichens qui pendaient des plus hautes branches, enfermées dans leur carapace de glace, me donnaient l’impression d’être observé alors que j’avais de plus en plus de mal à progresser. Le vent, qui s’était levé, faisait grincer, bois contre bois, tous ces membres, et la forêt entière semblait avoir pris voix, et murmurer une étrange complainte qui au lieu de me faire fuir, et malgré les frissons qu’elle me faisait ressentir, me poussait à continuer, à aller encore plus profond dans l’épaisseur de ses entrailles. C’est à ce moment que j’entendis un grognement terrible, pas très loin sur ma droite.


J’épaulai tout de suite le fusil, le pointant dans la direction d’où était provenu le son, inquiet. Je dois avouer que j’avais presque eu peur. Ce n’était qu’un sanglier, énorme, aussi surpris que moi, et qui, après quelques instants pendant lesquels il sembla m’observer, dédaigneusement, se retourna, et disparut, nonchalamment. De toute façon je ne pouvais pas tirer, j’avais chargé avec du petit plomb.


Cet épisode me remit les idées en place. Ce devait être la fatigue qui m’avait conduit à avoir toutes ces idées bizarres. Je décidai que j’allais avoir ce sanglier, et je changeai les cartouches pour mettre des chevrotines. Je sais que c’est interdit, mais il n’y a pas mieux pour le sanglier, et je ne suis pas sûr que tirer avec des balles ne soit pas plus dangereux. Je me lançai alors à sa traque, décidé à y passer la journée s’il le fallait.


On peut dire qu’elle m’en a fait voir cette bête. J’ai dû la suivre pendant des heures. De vallons en collines, il semblait qu’elle voulait me faire traverser tout son territoire. Plus de cent fois je l’ai entendue, soit devant moi, soit derrière moi, comme si elle se jouait de moi. Mais je n’arrivais pas à la voir, c’était comme si elle devinait à l’avance mes mouvements, ou comme si elle était avertie de ce que je faisais.


Dans ma hargne, je n’avais pas prêté attention au temps. Et alors que je décidais de m’arrêter pour souffler un peu, je me rendis compte qu’il pleuvait, et que la brume s’était épaissie à un point tel que l’on se serait cru le soir alors qu’il n’était que midi. Je continuai néanmoins à la suivre, guidé par ses grognements, trébuchant sur les racines, me giflant sur les branches basses, comme si c’était la seule chose que je pouvais faire alors, la poursuivre, la trouver, l’abattre.


Au fur et à mesure que le temps passait, la fatigue sans doute, les étranges pensées qui m’avaient habité au début revenaient. La brume qui flottait à hauteur d’homme, percée seulement par le rouge des feuilles des chênes blancs, avait rétréci le monde. C’était comme si j’étais enfermé dans un espace qui diminuait sans pitié. Je croyais entendre le rire de la bête que j’avais cru traquer, et qui m’avait pris au piège. Tremblant de froid, et, je dois l’avouer, la peur au ventre, je décidai de rentrer. Mais alors, l’effroi me gagna, j’étais perdu. Je n’avais suivi aucun chemin, je n’avais pas fait attention aux directions dans lesquelles l’animal m’avait entraîné, et le brouillard terrible, implacable, faisait de tout lieu la copie de celui que je venais de fuir. Je me mis à courir, fou, me cramponnant à mon fusil comme à une bouée dans un naufrage. Je trébuchai plusieurs fois, tombant dans la terre détrempée, me meurtrissant sur les racines et les rochers. Et les arbres au-dessus de moi riaient. Leurs branches s’agitaient dans des tentatives désespérées pour m’attraper, pour me jeter dans les hauteurs afin de me faire disparaître dans les frondaisons millénaires. J’entendais gémir tous ceux qui, depuis que le monde est monde, avaient été assez téméraires pour défier la forêt, et qui avaient disparu pour la nourrir. Je butai dans un obstacle, et ma tête cogna contre le tronc d’un arbre.


J’ai dû rester étourdi quelques secondes, suffisamment pour que mon esprit se calme et que je regarde autour de moi de manière plus sereine. Vous ne pouvez pas savoir comme j’ai été content quand je me suis aperçu que j’avais buté sur les vestiges d’une fondation en pierre de taille. Je savais où j’étais. J’avais réussi à atteindre les ruines du château de Vérignon, ma voiture n’était plus qu’à quelques centaines de mètres en contrebas.


Je me levai, presque rassuré, et alors que je me dirigeais vers le bas de la colline, j’aperçus devant moi une forme dans la brume. Je la suivis quelques instants des yeux, mais elle disparut, avalée par le brouillard. Je décidai de continuer, j’avais retrouvé ma bête. Nous étions à l’endroit où la forteresse avait été construite, et il y avait des dizaines de caches possibles. Je connaissais un des passages que les sangliers empruntent pour gagner le vallon qui est en contrebas, j’y avais été posté une fois déjà lors d’une battue. Je le rejoignis, et m’installai sur un pan de mur qui le surplombait. Il ne me restait plus qu’à attendre.


J’ai dû rester plus d’une heure à cet endroit. J’entendais l’animal autour de moi, je l’aperçus une fois ou deux, à trop grande distance pour tirer. J’ai dû m’assoupir un instant.


C’est un grognement terrible qui me réveilla, il provenait de derrière mon dos. Je me retournai vivement, et je vis une ombre gigantesque se ruer vers moi, c’était comme si la brume elle-même s’était transformée en monstre. Je tirai mes deux cartouches, au jugé. Le cri poussé alors par l’animal m’indiqua que je l’avais touché, mais que je n’avais fait que le blesser. Je partis alors en courant et dévalai la pente qui menait à la route.


Je ne me rappelle plus vraiment le retour, j’ai dû conduire dans un état second, et le plus vite que je pouvais.


Voilà, ça fait deux jours que cela s’est produit. Je sais que vous avez trouvé Hubert à l’endroit où je m’étais posté. Je sais qu’il est mort de deux coups de chevrotines. Mais je peux vous assurer que je ne suis en rien responsable de ça. Ce n’est pas sur lui que j’ai tiré, c’est sur la bête qui habite la forêt de Vérignon. Non, ce n’est pas une bête, j’en suis convaincu maintenant, c’est la forêt qui m’a attaqué, c’est la forêt qui se transforme en monstre quand elle veut se nourrir des humains. Non, ce n’est pas moi, c’est elle.


 
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   Anonyme   
17/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ah, j'ai apprécié.
C'est imparfait au niveau de la simple narration, maladroit par endroit, mal exprimé, le style est encore hésitant, mais vraiment, j'ai apprécié la chute.
Je me demandais un peu comment ça allait terminer, je me suis dit que ça pouvait pas bien finir et j'avais espéré... et oui! Paf.

Bon, voilà, je suis très enthousiaste sur le fond, que je trouve rigolo. La forme me convainc moins. Comme je le disais, c'est encore un peu juste au niveau du style, je pense qu'une relecture peut permettre de parfaire le tout.
Mais l'histoire est bonne, indubitablement.

Merci! Et bonne continuation.

   Anonyme   
17/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Le vent, qui s’était levé, faisait grincer, bois contre bois, tous ces membres, » : l'excès de virgules aussi !
Peut-être une invraisemblance : « percée seulement par le rouge des feuilles des chênes blancs, »  car il semble que ce soit l'hiver ? Les feuilles du chêne blanc mesurent de 10 à 20 centimètres de longueur et se composent de sept à neuf lobes. Elles sont vert vif sur le dessus et plus pâle sur le dessous, et virent au rouge-violet à l’automne avant de tomber.
«et puis, d’un grand cri l’humilier en le faisant fuir. » à mettre en regard avec « Je croyais entendre le rire de la bête que j’avais cru traquer, et qui m’avait pris au piège. Tremblant de froid, et, je dois l’avouer, la peur au ventre, je décidai de rentrer. » : no comments !
Au final, une intrigue bien menée, un traque inversée, un homme terrassé.

   Anonyme   
18/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour

J'ai bien aimé ce récit et surtout le ton, tranquille, calme qui ne prépare pas du tout à la fin.

J'ai relevé quelques petites choses, des détails qui reviennent souvent dans le texte, très facile à corriger il me semble au vu de la qualité de l'écriture :

"l’habitude de ces routes, et même s’il m’a fallu plus de temps que d’habitude" répétition

"je sais pouvoir trouver de ces oiseaux. Je n’avais pas le chien, et je savais" idem

"Plus de cent fois je l’ai entendue, soit devant moi, soit derrière moi, comme si elle se jouait de moi." moi 3x

"m’avait conduit à avoir toutes ces idées bizarres. Je décidai que j’allais avoir ce sanglier" avoir

"que le temps passait"... les tranges pensées qui m’avaient habitées...La brume qui flottait à hauteur d’homme... un espace qui diminuait sans pitié... le rire de la bête que j’avais cru traquer, et qui m’avait pris au piège" : il y en a beaucoup dans le texte : "gagner le vallon qui est en contrebas..."

Une bonne histoire, agréable à lire et un ton très "conteur."
Bonne continuation

Ha... j'aurais peut-être supprimé la toute dernière phrase.

   ANIMAL   
19/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une nouvelle d'ambiance où le décor est planté avec soin et que j'ai lue avec plaisir.

Le vocabulaire est recherché, les descriptions sont riches, la conception de la chasse satisfaisante. L'intrigue frôle le fantastique de si près que je m'attendais à un sanglier ensorcelé, une forêt dévoreuse ou un monde parallèle qui emporte les disparus...

La chute semble pourtant essentiellement policière, avec meurtre à la clé, mais je n'ai pas tout compris. Notre chasseur meurtrier a-t-il été capturé ou se parle-t-il à lui-même ? Je penche pour la seconde solution.

A part ce dilemme, j'ai bien apprécié le style de narration et le déroulement de cette histoire.

   Maëlle   
22/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il y a une forte ambiance dans ce texte. En général, les répétions me dérange, mais là, elle donnent un rythme au texte, comme des lambeaux de brumes accrochées dans le style.
L'histoire se dévoile à peine, dissimulée dans tout le reste. Et je trouve ce procédé narratif interessant.

   David   
25/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Marogne,

Ce que j'ai bien aimé, c'est que dès le début avec :

"vous en rappelez-vous ?"

J'ai l'impression que ça s'adresse au lecteur, que je vais être mêlé à l'histoire, mais en "quidam", sans rôle particulier. Alors la fin m'a bien saisit, je suis le gendarme, le maire, l'inspecteur ou autre dépositaire de l'authorité ?

Et puis, je croyais être dans une histoire fantastique et pas dans un fait divers (oui, je suis encore ce dépositaire de l'autorité qui regarde celui qui a tué Hubert d'un oeil interdit ? incrédule ? avec de la compassion ? de la sévérité ?) Un très joli morceau !

   Flupke   
25/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Texte intéressant sur un bête accident de chasse, si tant est qu'il existe des accidents de chasse intelligents. Oups désolé, le coup est parti tout seul en nettoyant mon commentaire :-)

L'atmosphère narrative est très bien crée pour faire monter la tension. On sent qu'il va se passer quelque chose au fil du texte, une perception biaisée, un sentiment de malaise.

De mon point de vue subjectif je me demande si la comparaison de la route verglacée avec une patinoire n'entrerait pas dans la catégorie des clichés.

Au niveau de la chute, le mystère est bien gardé, mais dés l'introduction des ruines du château j'ai imagine la possibilité d'un accident de chasse (subtil et raffiné, donc) avec des enfants jouant à cache cache. Car les interpellations (vous l’avez vu en arrivant) me sont revenues comme un coup de fouet.

Pourtant si j'avais fait attention à la classification dans la série policier/thrillers, je m'en serai douté plus tôt je pense.

"Non, ce n’est pas moi, c’est elle." je trouve ce non superflu.

"frondaisons millénaires", bon je veux bien que les chênes puissent vivre pendant plusieurs siècles voire dans certains cas, dépasser 1000 ans, mais la frondaison étant l'ensemble du feuillage, se renouvelle annuellement me semble-t-il. Arbre ou houpier multimillénaire peut-être, mais les feuilles, j'en doute, donc pas très convaincu par l'expression.

J’épaulai tout de suite le fusil, le pointant dans la direction d’où était provenu le son, inquiet. La fin de la phrase est-elle la meilleur place pour ce "inquiet", même envirgulé ? Je suggérerais plutôt de le mettre en début de phrase.

Cela me rappelle le gars dans le canyon (un coin de ciel bleu), et ce n'est pas la première fois que tu réussis à bien personnifier, voire anthropomorphiser psychologiquement la nature.
Dans l'ensemble un très bon texte avec des descriptions qui accompagnent efficacement une atmosphère bien construite.

Bravo.
Amicalement,
Flupke

   placebo   
25/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
les répétitions m'ont aussi un peu gêné, heure notamment. Mais je crois que je vais bientôt arrêter de les commenter tellement il me paraît improbable que l'auteur ne les relève pas. ça doit rentrer dans ce qu'on appelle le style.

Celui-ci ne m'a pas trop convaincu. L'histoire a l'air bien, la chute sympa, mais je n'ai vraiment pas réussi à me mettre dans la peau du personnage. Il course le sanglier, il y a un peu de brouillard et tout d'un coup des morceaux de phrases genre ''j'étais inquiet'' ''grognement''. l'exercice de la peur n'est pas facile en général mais je trouve le rendu moyen ici
Je n'arrive pas à voir si c'est un problème de cohérence (le narrateur a l'habitude des longues ballades, c'est son chien qui lui manque?) de style ou que je suis à froid...

désolé, mais je n'ai pas vraiment apprécié
placebo

bonne continuation

   belaid63   
26/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellent texte. l'atmosphère y est asphyxiante par moments.
la chute est surprenante et l'écriture est impeccable.
les mots sont soigneusement choisis
j'ai beaucoup aimé

   florilange   
26/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Marogne,
J'ai aimé l'histoire que vous avez contée et tout du long.
Quand j'ai vu toutes ces répétitions, j'ai hésité. D'accord, on peut penser que c'est un gars pas trop instruit qui s'explique avec les gendarmes du coin. Mais il connaît la région, qu'il a l'habitude d'arpenter. Il connaît les routes, où il roule même sur sol verglacé. Il sait qu'il est interdit d'utiliser des chevrotines pour le sanglier mais en charge quand même son fusil. Il prétend s'être perdu dans la brume mais retrouve vite ses repères et, comme par hasard, ce jour-là, il n'a pas le chien, etc. Bref, le discours est trop bien soutenu pour que ce soit un hasard, il l'a préparé et veut faire croire qu'il a perdu la tête. Par conséquent je pense à un meurtre avec préméditation. Me serais-je trompée?
Merci de cette lecture,
Florilange

   Bidis   
26/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Texte plein d’atmosphère et teinté de suspense, que j’ai pris plaisir à lire.

- « elle était d’une transparence telle qu’on aurait dit du cristal de roche. »
J’aurais trouvé plus léger d’écrire : « elle avait une transparence de cristal de roche »
- « Je suis parti le vendredi matin de bonne heure, il devait être sept heures. Il faut normalement une bonne heure pour monter là-haut »
Avec « le matin tôt », on pourrait éviter la répétition du mot « heure »
- « J’ai roulé très lentement, on aurait dit que je me déplaçais sur une patinoire. »
J’aurais trouvé plus léger d’écrire « J’ai roulé très lentement sur cette patinoire. »
- « où je sais pouvoir trouver de ces oiseaux. Je n’avais pas le chien, et je savais qu’il allait falloir marcher longtemps pour arriver à en coincer un. »
« je sais », « je savais » : le verbe « savoir » m’a paru répétitif. D’autant qu’il revient tout de suite après : « Mais j’aime ça, vous savez, ».
Peut-être, enlever celui du milieu : « où je sais pouvoir trouver de ces oiseaux. Je n’avais pas de chien : il allait falloir marcher longtemps pour arriver à en coincer un. »
Et là, tout de suite, me saute aux yeux quelque chose qui m’avait échappé : le « en » me renvoie à l’objet direct qui précède immédiatement, c’est-à-dire le chien, alors qu’il fallait remonter aux oiseaux…
- « On raconte beaucoup d’histoires à son propos. Des histoires de vieilles sorcières… » : répétition du mot « histoires », d’autant qu’il revient immédiatement après (« toutes ces histoires me revenaient en tête »), facilement remplaçable, en ce qui concerne le deuxième, par « contes » : des « contes de vieilles sorcières »
- « Je ressentis le poids des branches de ces arbres qui se levaient,… » : je trouve le démonstratif un peu lourd. Pourquoi ne pas écrire « le poids de branches des arbres » ? Non, cela ne va pas. Ne pourrait-on pas enlever « des arbres » tout simplement ?
- « leurs difformités atroces »
Le mot « atroce » fait penser à de la souffrance, je ne pense pas que les arbres souffrent, difformité est suffisant je trouve.
- « et les grappes de lichens qui pendaient des plus hautes branches, enfermées dans leur carapace de glace, me donnaient l’impression d’être observé alors que j’avais de plus en plus de mal à progresser » : j’aurais trouvé plus fort – et plus léger aussi – de ne pas parler d’impression et de laisser les grappes de lichens observer le personnage de façon autonome.
- « faisait grincer, bois contre bois, tous ces membres, »
Je n’aime pas ici le mot « membres ». Il m’aurait semblé convenir peut-être avec un possessif pour les arbres (tous leurs membres) et encore… ! De toute façon, je trouve que ce démonstratif lui donne une signification plus large, dans le sens de « membre d’une confrérie ». Peut-être : « toutes ces ramifications » ?
- « De toute façon je ne pouvais pas tirer, j’avais chargé avec du petit plomb. » : il faut être spécialiste pour comprendre immédiatement. L’explication viendra dans le paragraphe suivant, mais pour celui-ci, non seulement manque le mot « fusil » (« j’avais chargé mon fusil avec du petit plomb ») mais le « je ne pouvais pas tirer » n’est pas une cause à effet évidente, (ce n’est pas parce qu’on charge une arme avec un projectile inadéquat pour la proie, qu’on ne peut pas tirer, ça n’a rien à voir d’emblée, il y faut une explication préalable pour le non initié à la chasse…
- « et je ne suis pas sûr que tirer avec des balles ne soit pas plus dangereux »
Ma remarque se poursuit. Le petit plomb, ce sont des balles ?
- « soit devant moi, soit derrière moi, comme si elle se jouait de moi. »
Trois fois « moi ». Je trouve que l’on peut enlever sans dommages le deuxième. « soit devant moi, soit derrière, comme si elle se jouait de moi ». Encore que si l’on trouvait quelque chose pour le troisième, ce serait encore mieux. (comme si elle se jouait de ma confusion » ?)
- « comme si elle se jouait de moi. Mais je n’arrivais pas à la voir, c’était comme si elle devinait à l’avance mes mouvements, ou comme si elle était avertie de ce que je faisais. »
Trois fois « comme si ». On peut mettre « semblait deviner » pour le second et enlever le « si » pour le troisième. (« comme si elle se jouait de moi. Mais je n’arrivais pas à la voir, elle semblait deviner à l’avance mes mouvements, comme avertie de ce que je faisais »)
- « Dans ma hargne, » : tout comme le mot « atroce » donnait une impression exagérée de souffrance pour les arbres, ici « hargne » (= mauvaise humeur, irritation accompagnée d’agressivité) donne une impression de colère mauvaise pour le personnage, impression qui ne cadre pas bien avec le moment de plaisir que reste pour lui, encore à ce moment-ci du moins, la chasse. Il peut devenir enragé dans un sens plus ou moins figuré, mais je ne le vois pas bien « hargneux. »
- « Je continuai néanmoins à la suivre… »
On a parlé de la bête mais dans ma tête cela restait un sanglier, le pronom « la » m’a semblé mal approprié, d’autant plus que depuis le texte avec la bête, il y a eu quatre propositions et donc que grammaticalement, ce pronom est mis à la place du dernier substantif féminin employé, ici « la brume ».

Est-ce parce qu’elle m’a empoignée de façon telle que mon esprit critique s’est tu ? Ou bien toute cette fin de texte est-elle parfaite, quoiqu’il en soit je ne relève plus rien. Très bonne chute à laquelle on ne s’attend pas, mais qui est tout à fait logique : la peur nous fait commettre des actes insensés. De plus, l’impression de mystère persiste comme si l’on voyait les choses avec l’œil du personnage…

En cours de lecture, j’ai aussi beaucoup aimé ce petit passage : « Ce qui me plaît, ce n’est pas de tuer l’animal… » (surtout la fin du paragraphe où le personnage s’amuse de l’animal qu’il laisse fuir).

   nemson   
26/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bon deroulement style tres agreable, un probleme de chute qui decoit un peu ça manque d'action sur la fin.
amicalement.

   liryc   
27/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo pour la construction de ce récit, les descriptions de la nature, les métaphores qui traduisent merveilleusement une peur qui frise la folie.
Cette lecture m'a dans certains passages rappelé des textes "impressionnistes" de Guy de Maupassant tant par le choix du thème (forêt, chasse) que par l'atmosphère qui s'en dégage.
J'ai beaucoup apprécié ce texte et retrouve ici tout les ingrédients des très bons textes de l'auteur.
une petite remarque quand même : beaucoup de tes paragraphes commencent par "Je" alors que parfois une autre tournure plus simplifié l'éviterait.
exemple, à la place de :
"J’ai garé ma voiture le long de la route, un peu en dessous des ruines du château, et je suis parti de l’autre côté, vers un endroit où je sais pouvoir trouver de ces oiseaux"
j'aurais plutôt commencé par:
Ma voiture garée le long de la route = un je en moins!
Bonne continuation
Liryc

   Anonyme   
26/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je les ai vus ces bois, ces racines, cette brume, ce sanglier.
Vous ne me les avez pas montrés. Non, je les ai vus.
J'ai été inquiet. J'ai eu peur aussi.
Vous avez réussi cet incroyable pari que nous espérons tous gagner, celui de nous faire traverser la page et ressentir ce qu'il se passe derrière.

J'ai été interrompu juste un instant vers le milieu du texte en pensant que je coterais très favorablement et en espérant que je ne trouverais rien ensuite pour m'en dissuader. Je n'ai rien trouvé.

Votre écriture est d'une fluidité impeccable, vos mots sans concurrents pour prétendre à la substitution.

Aucun encouragement... seulement mon admiration.

   widjet   
28/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Shalom,

Hormis la fin, un peu ratée car trop vite expédiée, j’ai retrouvé le Marogne que j’aime bien. Précis, mais jamais ennuyeux dans ses descriptions, limpide dans sa façon de narrer et ce souci d’immerger son lecteur dans une ambiance ici, plutôt bien rendue sans s’embarrasser pour cela d’un vocabulaire artificiel ou trop recherché.
Depuis le temps, l’auteur sait très bien que simplicité n’est pas synonyme de simplisme.

La nature, souvent comme toile de fond, est le second personnage, les détails aident à personnaliser cette forêt, à l’humaniser même. Et permet une fois encore de créer le climat qui va bien et faire intervenir les sens (à ce titre, tu aurais peut-être pu insister davantage sur le sens olfactif qui est également mis à contribution lors de cette « investigation »)
Comme je l’ai dis, c’est écrit simplement, mais c’est efficace et ça coule tout seul. J’ai noté quelques broutilles (« lesquels il sembla m’observer, dédaigneusement, se retourna, et disparut, nonchalamment », deux adverbes dans la même phrase là où « il semble l’observer avec dédain » c’est mieux et ça évite la répétition non ?....ou encore « un endroit où je sais pouvoir trouver de ces oiseaux », 3 verbes à la file (savoir, pouvoir, trouver), c’est moyen).

Je regrette aussi que l’étude psychologique du héros ne soit pas allée plus loin, il aurait peut-être été intéressant de développer cet aspect, l’entrainer même aux confins de la démence (avec ces légendes, toutes ces peurs ancestrales etc.…). C’est un sujet qui s’y prêtait bien et que l’auteur aborde d’habitude avec une certaine réussite (voire ses nouvelles précédentes). Ici, c'est suggéré, mais pas franchement jusque boutiste.

Enfin et pour finir, je reviens sur la fin décevante qui ramène le récit dans quelque chose de plus rationnel (et plus traumatisante aussi) là où j’aurais préféré je l’avoue (je sais, je suis casse couille) quelque chose de plus troublant ; à savoir laisser le lecteur se faire une idée, s’interroger, voire glisser vers une éventuelle interprétation fantastique ou surnaturelle (l’auteur avait malicieusement bordé le terrain dans ce sens là, d’ailleurs).

Marogne en a décidé autrement. Soit.

Merci, j’ai passé un agréable moment.

W

PS : le titre ne fait pas honneur à la nouvelle. Enfin je trouve.

   jaimme   
28/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire bien racontée. C'est indéniable. Un style qui va crescendo du simple récit à la peur du narrateur dans un cadre qui glisse du réaliste au quasi-fantastique. La fatigue et la brume aidant.

Mais je déteste la chasse. Et la preuve, une fois de plus en est donnée ici: tirer n'importe où, sans voir, est d'ailleurs interdit!
Il n'aime pas tuer, mais... bien un discours de chasseur ça!

Bref, ce texte est plus un pamphlet contre la chasse que l'apologie du plaisir de tuer, c'est déjà ça.

La fin est intéressante. On ne s'y attend pas. Pas du tout d'ailleurs. Pas d'indice.
J'aurais bien aimé une bête qui...

Intéressante par son traitement, cette nouvelle ne m'a pas passionné. Question de goût pour le sujet.

Merci Marogne.

   Margone_Muse   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour marogne,
Le texte est court, et pourtant il m’a semblé très long. Les actions du personnage central sont trop détaillées pas à pas à mon sens. Ne serait-ce que l’introduction, avec le passage de la glace sur la mare qu’il brise pour donner de « l’air » (le terme est mal choisi je pense, les poissons respirent le dioxygène présent dans l’eau) à ses poissons rouges.
J’avoue que je ne vois pas bien ce qu’elle fait là cette scène, mis à part qu’il décide d’aller chasser après avoir vu les jolis scintillements de la glace dans la pelouse au soleil. Bon…
J’aurais bien vu l’histoire commencer directement dans la forêt ou à ses abords. Ou même par le personnage principale qui boit un coup au bar du village et qui ne se laisse pas dissuader par les histoires que tous sont en train de lui raconter après qu’il ait énoncé les projet de sa journée. Un truc genre Jonathan Harker avant de monter dans la calèche qui est censée l’amener à Dracula (Bram Stoker).
Mais bon, c’est le choix de l’auteur… Moi je n’ai pas été prise tout de suite dans l’histoire.
J’ai aimé les allées et venues de l’angoisse (voir de la peur profonde) du personnage lorsqu’il est dans la forêt et qu’il panique ou qu’au contraire il reprend un peu ses esprits et se résonne. Ce petit jeu a été bien mené je trouve.
J’ai également aimé les descriptions de la forêt « vivante » qui semble hostile à cet homme tout à coup… (A partir de « Je ressentis le poids des branches… »).
Par contre, la fin m’a déçue. Je n’ai pas aimé la chute. Non pas qu’elle soit mal écrite, mais c’est ce qu’elle raconte.
Le texte semble au final traiter de ce que peut avoir de déformé une réalité dans laquelle on a peur. L’homme ne voit plus les choses de manière rationnelle et au lieu de son ami, il a vu une bête formée par la brume elle-même.
J’aurais bien aimé (mais là encore, ce n’est que moi et l’auteur fait ce qu’il veut avec son texte:)) qu’il y est réellement quelque chose de fantastique dans cette forêt… Quelque chose qui pourrait me donner la chair de poule la prochaine fois que je retourne me balader en forêt et que je repense à cette nouvelle (perso, j’ai appris depuis longtemps à maitriser cette peur du rien qui peut surgir en forêt, à la nuit tombée par exemple…).
Et en parlant de peur du rien, dans le résumé, on peut lire « les choses innommables » mais ça fait plus penser à Voldemort par exemple : une chose dont on ne doit (en italique le « doit » :)) prononcer le nom mais qui existe tout de même. Moi, j’aurais plus vu un mot du genre « impalpable » qui renvoie plus à quelque chose qu’on a du mal à saisir, du mal à définir, du mal même à dire si elles existent ou non.
Une dernière chose sur le mot « bien » répété deux fois : « bien que j’aime bien les manger après ». La phrase m’a dérangée…
Voilà marogne, merci pour ce petit texte, même si je n’ai pas été très convaincue.
Magone_Muse

   caillouq   
30/4/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
De belles images ou tournures dans cette nouvelle à couleur Maupassant (sauf « depuis que le monde est monde », qui rappelle vraiment trop une scie radiophonique récente à ne pas inscrire, merci, au panthéon de la musique contemporaine ...). La cristallinité est bien rendue dans le début du texte, avec ces phrases courtes et simples qui se succèdent. En les lisant, je sens le froid vif qui empêche de s'épancher trop.

Mais ça se gâte au neuvième paragraphe, avec le passage brutal au passé simple qui donne un rendu moins moins naturel, moins « parlé ». C'est peut-être voulu, mais je regrette la fraîcheur du début.
Et, effectivement, certaines phrases gagneraient certainement à être coupées, ou allégées d'un excès de virgules. Bon, le côté un poil logorrhéique de ces longues phrases entrecoupées, comme haletées, atténue un peu l'effet « passé simple », mais parfois c'est quand même un peu trop. L'obligation de se concentrer pour suivre une phrase nuit à la fluidité de la lecture.

Le passage final vers la folie, ou l'hallucination, est un peu trop rapide pour qu'on puisse y goûter pleinement, du coup il en devient presque anecdotique.
On le sentait un peu venir, mais comme le charme du texte réside dans la description de la nature, ce n'est finalement pas très grave.

   xuanvincent   
5/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Merci à l'auteur pour cette nouvelle, que j'ai apprécié lire.

L'adresse au lecteur, très présente il m'a semblé dans ce texte, m'a tout d'abord vite frappée, elle m'a dans l'ensemble plu.

Deux passages dans cette nouvelle ont retenu (plus particulièrement mon attention), pour la qualité de leur écriture et pour la tension que j'y ai trouvé :
"Je ressentis le poids des branches de ces arbres qui se levaient (...) un grognement terrible, pas très loin sur ma droite." et de "Au fur et à mesure que le temps passait, la fatigue sans doute, les étranges pensées (..) et ma tête cogna contre le tronc d’un arbre."

Avant le premier de ces deux paragraphes, le récit m'a surtout intéressée pour les descriptions car l'action, le noeud du récit, comme parfois m'a paru tarder à arriver (sans que cela ne me gêne vraiment).

Après ce premier paragraphe, l'action se précise, la tension du récit également, et par endroits j'ai apprécié retrouver la qualité d'écriture et la tension dramatique que l'auteur sait mettre dans ses nouvelles.

Pour ceux qui ont lu des nouvelles plus anciennes de l'auteur, l'on retrouve, ce que j'ai apprécié, le cadre de la forêt varoise de Vérignon.

. Détail : un peu dommage, dans un texte dans l'ensemble bien écrit j'ai trouvé, de trouver la répétition "un grognement terrible" (les autres répétitions, relevées par certains lecteurs, ne m'ont pas gênée).
. Par ailleurs, les alternances de temps, tantôt au passé composé, tantôt au passé simple, m'ont par moments un peu gênée.
. Le titre de la nouvelle, après avoir lu le texte, m'a un peu étonnée. A l'image de widjet il ne m'a pas paru le mieux choisi pour mettre en valeur ce texte (avis personnel et subjectif).

La chute de l'histoire m'a surprise (c'est plutôt bon signe).

Bref, sans être ma nouvelle préférée de l'auteur, cette nouvelle m'a dans l'ensemble plu.

Bonne continuation à l'auteur.

   Mellipheme   
13/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Cette histoire d'accident de chasse manque de vraisemblance psychologique. Le début du texte nous laisse penser que le personnage connait parfaitement cette forêt, ce bois de Vérignon. C'est son pays, il va souvent y chasser.
Dès lors, le lecteur ne comprend pas cette peur enfantine (il se rappelle les histoires de sorcières que l'on raconte aux enfants) qui apparait avec le paragraphe "Je ressentis le poids des branches....".

Un vieux chasseur connaissant parfaitement son bois qui panique en voyant les racines des chênes qu'il connait depuis l'enfance, non décidément ça ne passe pas ...

Et (à mon goût) le texte n'est pas assez poétique pour "racheter" cette invraisemblance.

   littlej   
31/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est bien écrit, fluide. Quelques défauts tout de même : un peu trop de "que" et de "qui" comme ici :

"Le cri poussé alors par l’animal m’indiqua que je l’avais touché, mais que je n’avais fait que le blesser."

Des trouvailles par contre très sympathiques, par exemple :

"La brume qui flottait à hauteur d’homme, percée seulement par le rouge des feuilles des chênes blancs, avait rétréci le monde."

Un choix de mot pas toujours très précis :

"Et les arbres au-dessus de moi riaient." j'aurais plus vu, mais c'est tout à fait personnel, j'aurais plus vu "ricanaient" au lieu de "riaient".

Mais ce n'est que des détails, car dans l'ensemble, par son fond très maîtrisé, bien construit (j'aime particulièrement la première phrase qui introduit magnifiquement le récit), par son style sobre et élégant, c'est une nouvelle bien ficelée.

Néanmoins, la démence que témoigne le narrateur aux dernières lignes tombe de façon brusque car il n'y a justement pas eu une montée progressive, lente ou rapide, de la folie de ce personnage assez énigmatique. A ce titre la petite anecdote sur le fait qu'il laisse des fois la proie filer le rend plus vivant, plus vrai.

Merci pour ce moment de lecture.

j


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