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Réalisme/Historique
MBS : Dimanche
 Publié le 07/11/09  -  21 commentaires  -  5027 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

Que c'est long les dimanches quand on a 15 ans...


Dimanche


Les dimanches chez nous sont comme ces émissions de télé des temps anciens. Ils se traînent dans des nuances grises qui assomment et endorment.

Rien ne se passe.

L’horloge a beau faire traîner les minutes, le temps s’écoule quand même. Goutte à goutte comme dans une clepsydre antique dictant à l’orateur le rythme de sa péroraison.

Rien ne se passe.

C’est comme ça depuis toujours. De génération en génération. Chez nous, on a le culte de cette lenteur, on l’apprivoise, on la dompte. On s’y est habitué et on a fini par en faire une seconde nature, une forme d’hibernation hebdomadaire. La vitesse, la précipitation, l’agitation c’est pour les autres jours. Le stress, la course après les heures s’arrêtent le samedi soir lorsqu’on rentre de l’hypermarché le coffre bien rempli et les poches plus vides. Après, comme un brouillard sournois, la nuit descend et le silence s’étend sur nos bouches. On se replie sur nos mémoires. On s’enferme dans son monde personnel. Un livre à reprendre, une toile à peindre, un jeu de cartes à étaler sur la table.

Rien ne se passe.

Été comme hiver.


J’ai 15 ans et cette solitude ne me pèse pas. Elle est en moi, dans mes gênes, dans les codes qui me font vivre. Quand j’en parle – bien obligée puisqu’on m’invite parfois ce jour-là et que je dois décliner l’invitation - on me traite de folle.


- Comment tu peux supporter ça ? Pas de télé ? Pas de musique ?… T’as pas envie de te flinguer ?


Oui, je le supporte. Parce que ça me fait du bien. Ça, mes amies ne veulent pas le comprendre. Elles sont tellement à courir à droite, à gauche, à l’affût des dernières nouveautés, des derniers potins, des dernières sonneries de portable qu’elles ne savent même plus ce que c’est que l’immobilité. Elles n’ont jamais imaginé qu’on pouvait s’évader juste en regardant le mur blanc d’une chambre, que c’était le plus simple des écrans pour découvrir le monde, pour imaginer la vie. Qu’il y avait là autant de richesses que dans ces images, que dans ces sons qui se brouillent à force de s’enchaîner sans logique.

Ce qu’elles trouvent surtout inconcevable c’est mon absence de révolte, ma docilité coupable. Selon elles, j’aurais déjà dû depuis longtemps hurler mon besoin d’indépendance, réclamer une vraie liberté, exiger mon quota de guitares électriques et de rappeurs à la voix saccadée. Juste pour prouver que j’existe. Comme si le bruit était la vie. Comme si bouger c’était être.

Elles ne peuvent pas comprendre que dans ma solitude muette je vis plus qu’elles ne le feront jamais dans leur agitation compulsive. Je touche du doigt des vérités profondes, j’accumule des images et je me remplis de rêves. Je construis des mondes nouveaux avec des bribes de vie, des étincelles bleues avec des fragments d’illusion. J’avance immobile, je hurle dans le silence sans qu’on puisse m’entendre.

Été comme hiver.

J’écris.


C’est un petit cahier à couverture bleue. C’est un monde de mots, de phrases, de paysages muets, d’odeurs paisibles. C’est un monde grouillant de cette vie que je m’invente le dimanche. Quand les frontières tombent, quand les rêves palpitent, quand l’imagination galope.

Il y a « Elle » cette fille sans nom qui sans doute me ressemble trop pour que d’autres yeux que les miens effleurent ces lignes. Il y a « Lui », être à la vie si compliquée qu’il ne remarque jamais « Elle ». Il n’a jamais le temps, il n’a jamais la force. Leurs trajectoires si proches en viennent parfois à se frôler mais jamais elles ne se touchent, jamais elles ne s’atteignent. Ils se croisent pourtant tous les jours. Dans le métro, au fast-food, à la bibliothèque, à la piscine. Mais voilà ils ne se voient pas, ils ne se connaissent pas, ils ne savent pas que s’ils venaient à ouvrir un peu les yeux tout serait possible. L’indicible bonheur, la félicité suprême. Celle qui consiste à avoir près de soi un double imparfait, un clone construit par l’ADN de l’amour.

J’écris l’histoire d’amour ultime. Celle qui n’existera jamais. Celle que les circonstances étoufferont toujours sous un édredon de péripéties improbables. Parfois j’aimerais en rire mais le silence de cathédrale qui règne à la maison me dissuade. Alors j’en pleure. Parce que c’est plus sobre, plus feutré, plus discret. J’en pleure à faire crever tous les nuages de brume qui accompagnent mon adolescence perdue.

Le petit cahier à couverture bleue se remplit de leur histoire. Ils ne sont pas seuls au monde, ils sont juste seuls dans le monde. Comme moi dans cette chambre tranquille seulement couvée par les regards glacés de Brad Pitt et de Robbie Williams. Attendant que tout s’emballe à nouveau. Mon cœur, mon sang, ma vie.

Personne ne sait. J’ai enfoui cette romance inaboutie au fond d’un tiroir. Elle y dort toute la semaine, prisonnière d’un fourbi d’ancienne petite fille, entre une poupée sans bras et une peluche défraîchie. Elle attend de renaître sous mes doigts dans un écrin de silence.

Dimanche, c’est le jour idéal pour vivre ce que les autres six jours de la semaine ne peuvent inventer.


 
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   jaimme   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour MBS,
c'est un très bon texte. Très bien écrit. Sur un sujet qui porte une souffrance réelle. Et ce qui est fort c'est qu'on ne sait plus où est le lieu de cette souffrance. Le silence de la maison, l'agitation des autres jours. Les deux sans doute. Tu ne donnes aucune piste tangible (peut-être: "Attendant que tout s’emballe à nouveau.").
Mais il reste ce cahier à rêve, lui-même perçu comme exutoire, réceptacle de l'espoir, mais quand même seul, lui aussi.
"cette solitude ne me pèse pas", pourtant...
Voila c'est ce qui me plaît dans cette nouvelle, elle est en phase avec le réel de la souffrance: on croit qu'on peut s'en accommoder, mais... et on s'en accommode!
"Alors j’en pleure"!
Cet aller et retour entre rêve et réalité. Coincé entre les deux sans vivre aucun des deux. Alors c'est quoi "vivre"?
Ce texte est riche. Fort.
Quelques défauts, mais bref, pas envie de les noter.

Merci MBS.

   widjet   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Parce que c’est bien dit (comprendre sans mièvrerie) et que ça me parle (le début du texte, sur l’immobilité salutaire et nécessaire, l’envie de se retrouver soi)

Parce que la plume est simple, mais virevolte avec une douce morosité

Parce que c’est bien observé (parler de l’adolescence et des ados sans les prendre pour des idiots, c’est rare) et bien identifié

Parce ce qu’en plus il y a ce petit supplément « d’âme » littéraire (des jolies tournures « J’en pleure à faire crever tous les nuages de brume qui accompagnent mon adolescence perdue » ou « J’écris l’histoire d’amour ultime. Celle qui n’existera jamais. Celle que les circonstances étoufferont toujours sous un édredon de péripéties improbables »)

Pour toutes ces raisons, je dis « bravo » (même si tout n'est pas parfait).

Voilà un nouvel auteur qu’il faudra suivre…Ca faisait longtemps.

W

   Anonyme   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
"Dimanche, c’est le jour idéal pour vivre ce que les autres six jours de la semaine ne peuvent inventer." rien qui pour ça, cela mérite des félicitations, mais, en plus il y a tout le reste.

Une écriture toute en douceur, harmonieuse. Une histoire courte et intense, un sujet remarquablement traité. C'est beau et en plus c'est loin d'être "creux"

J'ai passé un excellent moment. Merci beaucoup MBS

   brabant   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien,

C'est bien écrit, facilité d'expression, style aisé. Sans larmoiements, sans pleurnicheries. Lambeau de rêve sur un rêve en lambeaux, sans cesse reprisé.
Nous avons l'impression de les avoir connus ces dimanches à Orly de Bécaud, ces vacances au bord de la mer de Jonasz, aimable médiocrité de l'adolescence qui nous poisse la peau, nous colle à la vie, mais n'empêche cependant pas le rêve; il y a toujours une lucarne par où regarder, une lucarne par où s'évader, et cette lucarne, ici, c'est un "cahier bleu". Tant qu'il y aura des cahiers bleus, il y aura des princesses, même dans les foyers aux écrans de télé en noir et blanc, aux écrans de grisaille et d'ennui, puis dans les pauvres chambres aux murs nus, il suffira d'ouvrir un tiroir...

Merci pour ce "petit cahier", MBS, qui permet de voir la vie en "bleu".

   liryc   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte chuchoté à l'oreille du lecteur comme s'il était un confident. Tout se tient, s'harmonise. C'est bien pensé et profond.
Que dire de plus? Bravo.

   Myriam   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle sensibilité et quelle justesse dans ces mots qui disent la lenteur, le silence, la solitude nécessaires au rêve et à l'écriture. A l'écriture du rêve.

Il a y dans ce texte des phrases que j'aurais aimé écrire:
"Elles ne peuvent pas comprendre que dans ma solitude muette je vis plus qu’elles ne le feront jamais dans leur agitation compulsive."... et l'ensemble du paragraphe...
"j’accumule des images et je me remplis de rêves."
Le "petit cahier à couverture bleue"...
Je ne vais pas tout citer!
Magie de se retrouver un peu dans les mots d'un(e) autre.

J'aime beaucoup aussi la progression du texte, qui commence avec une tradition familiale d'un autre temps, et s'achève dans l'intimité créatrice d'une jeune fille d'aujourd'hui.

Bravo et merci, vraiment, de ce moment de grâce.
Myriam.

   colibam   
7/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'atmosphère qui voit s'installer une léthargie coutumière est assez bien retranscrite. Le phrasé et les pensées de certaines ados de 15 ans également.

« Un livre à reprendre, une toile à peindre, un jeu de cartes à étaler sur la table. » : comment ça, « Rien ne se passe. » ? Ce sont de nouveaux univers qui s'ouvrent au contraire mais des univers sans doute un peu ternes je le reconnais pour une gamine de 15 ans. Cela étant, la force des habitudes lui fait accepter sans rechigner cette état de fait dominical plutôt salutaire.

« Elles n’ont jamais imaginé qu’on pouvait s’évader juste en regardant le mur blanc d’une chambre, que c’était le plus simple des écrans pour découvrir le monde, pour imaginer la vie. » Et que dire alors des terres largement inexplorées de l'Imaginaire !

« Comme si le bruit était la vie. Comme si bouger c’était être. » : le bruit comme besoin vital, pour éviter d'être confronté à soi-même dans une société ou Avoir prime largement sur Être, où l'on cherche désespérément à gagner du temps au lieu de le prendre.

« J’en pleure à faire crever tous les nuages de brume qui accompagnent mon adolescence perdue. » : une phrase peut-être exagérée si l'on considère que seuls les dimanche sont « perdus ».

Globalement, ce bouquet de pensées, cette exhalaison adolescente typiquement féminine est agréable à lire. La forme est tout à fait correcte, le sujet de fond est bien traité et je ne serais pas surpris que l'auteur(e) de cette nouvelle se confonde avec la narratrice.

J'ai particulièrement apprécié les passages suivants :

« L’horloge a beau faire traîner les minutes, le temps s’écoule quand même »

« Chez nous, on a le culte de cette lenteur, on l’apprivoise, on la dompte. On s’y est habitué et on a fini par en faire une seconde nature, une forme d’hibernation hebdomadaire. La vitesse, la précipitation, l’agitation c’est pour les autres jours. » : réalité assumée et maturité avérée.

« Après, comme un brouillard sournois, la nuit descend et le silence s’étend sur nos bouches. On se replie sur nos mémoires. »

« Comme si le bruit était la vie. Comme si bouger c’était être.
Elles ne peuvent pas comprendre que dans ma solitude muette je vis plus qu’elles ne le feront jamais dans leur agitation compulsive. Je touche du doigt des vérités profondes, j’accumule des images et je me remplis de rêves. Je construis des mondes nouveaux avec des bribes de vie, des étincelles bleues avec des fragments d’illusion. J’avance immobile, je hurle dans le silence sans qu’on puisse m’entendre. » : Superbe !

« C’est un petit cahier à couverture bleue. C’est un monde de mots, de phrases, de paysages muets, d’odeurs paisibles » : je trouve que le petit cahier à couverture bleue renvoie une image très poétique.

« J’écris l’histoire d’amour ultime. Celle qui n’existera jamais. Celle que les circonstances étoufferont toujours sous un édredon de péripéties improbables »

« J’en pleure à faire crever tous les nuages de brume qui accompagnent mon adolescence »

« Elle y dort toute la semaine, prisonnière d’un fourbi d’ancienne petite fille, entre une poupée sans bras et une peluche défraîchie. Elle attend de renaître sous mes doigts dans un écrin de silence. » : j'adore le ressenti qui m'imprègne à la lecture de ces mots d'une grande justesse.

Un premier essai très prometteur.

   Chene   
8/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour MBS

La lecture est fluide, l'écriture est sobre avec quelques passages fort bien imagés et très poétiques ("l'édredon de péripéties", "J'en pleure à faire crever tous les nuages de brumes",...).

Et il y ce regard sur l'adolescence hyperactive et le contraste avec l'adolescente "sans révolte", "à la docilité coupable", que je trouve d'une rare pertinence.

Ce texte ressemble à une sorte d'introduction, une invitation à découvrir ce qu'il y a dans le "petit cahier à couverture bleue".

Une lecture très appréciée qui en appellera d'autres de ma part.

Chene

   thea   
8/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
MBS, j'ai adoré vraiment, le texte est bien construit on avance dans le silence de ce WE dédié à l'écriture et où l'auteur retrouve et construit ses rêves..et puis il y a le petit cahier bleue..le désir d'une histoire, l'invention d'une réalité exutoire...

je ne suis plus toute jeune mais je me retrouve d'une certaine façon dans ce texte où la souffrance à peine murmurée vous blesse autant qu'un coup d'arme blanche.

On ne ressort pas indemne d'une telle lecture.Merci.
Théa

   Anonyme   
8/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

un texte simple et fort à la fois. Cette monotonie des dimanches comme sésame à l'imaginaire et à l'écriture est très bien rendue. Peut-être un peu trop appuyé par la déclinaison des saisons "été comme hiver", on peut penser que ce rythme immuable change quand même un peu lors des vacances scolaires. Mais c'est un détail. Un peu de manichéisme aussi dans l'opposition des deux adolescences, l'une superficielle et hyperactive, et l'autre introspective et immobile, je pense que tu aurais pu gagner en crédibilité en n'étant pas si définitive dans ta description et ton jugement implicite de l'une et l'autre.
Mais ton texte recèle des phrases d'une poésie touchante, sans mièvrerie, rappelle en outre l'importance de l'ennui dans la création. Après bien sûr, chacun répondra à sa façon à la nécessité de se sentir incompris pour avoir envie d'écrire. Je n'ai pour ma part aucune réponse, mais comme disait l'autre, il n'y a que la question qui importe...

   Anonyme   
8/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte surprenant! Bon nous sommes dimanche et je déteste ce jour! C'est celui de l'ennui que MBS décrit parfaitement au début.

Et paradoxalement, je trouve que cette nouvelle transforme ce moment très mélancolique en quelque chose d'unique. Tout d'abord avec ce cahier bleu réceptacle des moments, réceptacle des petits mots (sans péjoration)

Il y a aussi un regard intéressant sur l'adolescence.

Certes le style est un peu lourd parfois : "Goutte à goutte comme dans une clepsydre antique dictant à l’orateur le rythme de sa péroraison." cette phrase notamment que je trouve empesée...
Certes, il y des maladresses: " - Comment tu peux supporter ça ? Pas de télé ? Pas de musique ?… T’as pas envie de te flinguer ?"
le dialogue sonne faux.

mais c'est un bon texte.

   littlej   
8/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voilà un texte de qualité brillant de simplicité et de justesse.

Je me suis identifier avec facilité au narrateur (vu l'âge surement) et ça m'a grandement plu.

C'est indéniablement mon "coup de coeur" du mois.

Et je remercie l'auteur(e?) que j'encourage vivement à nous offrir d'autres petits bijoux.

-j-

   Automnale   
9/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà un texte que nous ne pouvons lire - me semble-t-il - sans laisser une trace de notre lecture. MBS sait écrire, aime écrire, dans un petit cahier à couverture bleue... La page, intitulée "Dimanche", nous offre de la beauté, de la vérité, un peu de mystère et de poésie.

Pour ma part, je retiens certains enseignements, par exemple : "Comme si le bruit était la vie. Comme si bouger c'était être". Ou bien encore : "Ils ne sont pas seuls au monde, ils sont juste seuls dans le monde". Pour l'aspect poétique, je vais me souvenir des étincelles bleues avec des fragments d'illusion, ainsi que des nuages de brume accompagnant une adolescence perdue.

J'ai beaucoup apprécié cette idée de trajectoires si proches qui se frôlent sans se toucher. Oui, l'auteur a entièrement raison, nous ne nous voyons pas.

Et j'ai adoré la conclusion - la chute - soulignant que le dimanche est un jour idéal pour vivre ce que les autres six jours de la semaine ne peuvent inventer.

J'ai l'impression qu'il y a, derrière cet écrit et dans cet écrit, une vie intense. Le petit cahier bleu, si MBS veut bien nous le faire lire intégralement, nous le prouvera.

   Perle-Hingaud   
9/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je crois que ce texte parle à tous ceux qui ont écrit, écrivent ou écriront. Tous, nous connaissons ce moment de solitude, cette différence qui nous rassemble. Il y a aussi cet instant saisi de l'adolescence, à peine effleurée, et donc dans lequel nous pouvons sans peine nous projeter. Trés fort. Les commentaires précédents ont relevé quelques maladresses, je ne reviens pas dessus. Elles peuvent être facilement gommées, et alors...

   Selenim   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Il se dégage de ce texte un profond sentiment de solitude et de fuite.
L'écriture est un juste équilibre de ce qu'il faut faire pour déclencher l'intérêt du lecteur : concise, rythmée et imaginative.

L'essai est concluant mais l'auteur est resté, à mon gout, trop limité dans son exploration. Mais, ma curiosité est maintenant aiguisée.

A bientôt

Selenim

   alifanfaron   
9/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte intelligent et sensible. Pas dans l'excès ni dans le cliché. Juste ce qu'il faut de calme et de poésie pour un dimanche.

Comme une brume agréable.

   Anonyme   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Mister Blue Sky...
J'ai lu cette nouvelle bien avant de lire ton post d'accueil et je suis surprise, vraiment surprise de constater que c'est un homme - et non pas une adolescente de quinze ans (ou un peu plus) - qui a écrit ce fort joli texte.
J'aime beaucoup la répétition de ce "rien ne se passe" "été comme hiver" qui rythment parfaitement cette langueur des dimanches.
L'apparition du cahier bleu fait rêver... il 'y a plus qu'à écrire, avec cette écriture là, très douce, l'histoire d'amour ultime déjà très joliment décrite.
J'espère qu'il y aura d'autres textes à lire. Yapluka... (se serait dommage d'en rester là). Un texte qui serait capable de me faire aimer les dimanches...
Bonne continuation.

   Marite   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C’est une adolescente qui parle dans cette nouvelle mais je pense que tout ce qui y est écrit est valable pour les adultes. Enfin quelqu’un qui dit ce que beaucoup pensent tout bas mais n’osent plus exprimer. Il est de bon ton, de nos jours, de ne jamais s’arrêter, de toujours remplir les moments libres par de multiples choses que l’on s’oblige à faire tout en se plaignant d’être stressé. Pourtant se poser, ne rien faire, laisser le temps couler autour de soi, rêver, imaginer… ça peut être agréable non ? Quant à l’écriture, de qualité, elle coule aussi, sans heurt. Plusieurs belles et même très belles expressions. Merci MBS pour ce coup d’œil simple mais si juste sur la vie.

   aldenor   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai aimé la première partie, le portrait de cette jeune fille solitaire, atypique, rêveuse. Avec de beaux passages sur la lenteur, l’intériorité ; s’évader juste en regardant un mur blanc (en passant, je trouve superflu « d’une chambre »).
Elle écrit. Jusque là je suis captivé. Mais ensuite la qualité du texte baisse, sur la forme comme sur le fond. Elle écrit une histoire d’amour, pourquoi pas, mais alors on s’attendrait à une histoire d’amour autrement exceptionnelle. Or je la trouve bien banale. Et la plume n’est plus la même : « …qu’il ne remarque jamais « Elle ». Il n’a jamais le temps, il n’a jamais la force… » et en fait toute la suite du paragraphe, m’a parue plus faible.
Dans l’ensemble, un beau thème, romantique, et un bon traitement, mais certaines fausses notes, à mon oreille.

   Anonyme   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sans pathos excessif, nous voici transportés avec une délicatesse feutrée dans l'univers dominical d'une jeune fille de quinze ans, souffrant de solitude sans l'admettre explicitement.
J'ai apprécié ma lecture d'emblée, dès la première partie, martelée par ces pesants "Rien ne se passe", où l'ennui profond se lit dans et entre les lignes : "se traînent", "assomment", "endorment", "lenteur" etc. ... A noter la répététion peut-être un peu abusive de "se traînent" / "traîner" sur les premières lignes, mais peut-être est-ce voulu ? Je note aussi de jolies formules comme "hibernation hebdomadaire", "on se replie sur nos mémoires".
La seconde partie commence par un délicieux "J'ai 15 ans et cette solitude ne me pèse pas", qui laisse entrevoir le contraire de ce qu'elle affirme. Solitude renforcée par la comparaison avec ces "autres" qui "ne peuvent pas comprendre" ...
Puis, la troisième partie : le cahier bleu. Ah ! Elle écrit. Elle s'invente une histoire plus belle. Trop belle. Elle ne peut pas en rire (trop bruyant), alors elle en pleure. Et la range dans son tiroir jusqu'à dimanche prochain.
J'aime bien la dernière phrase, bien que (je chipote) les "autres six jours" me paraisse une tournure assez anglo-saxonne, n'aurait-il pas fallu écrire "les six autres jours" ? Bref, c'est un détail.
En résumé, j'ai beaucoup aimé cet écrit et ce style. Je repasserai sans doute vous lire.

   florilange   
21/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beaucoup aimé cette nouvelle, au style bien maîtrisé, suivant parfaitement le cheminement de la pensée, dans cette lenteur ouatée.
Heureusement que le cahier à couverture bleue existe, sinon cette adolescente exploserait. Quoiqu'elle puisse en dire, si elle était ma fille, je l'obligerais à sortir, à voir du monde, à faire de l'exercice. Il est vrai que je suis si matérialiste...
Malgré tout, ce qu'il m'en reste, c'est le poids d'1 souffrance trop lourde à force d'être tue.
Florilange.


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